re pitit forum adoré ^^
- Partie 24 –
Il faisait sombre et humide. Elle voulu se frotter les yeux car ils la piquaient horriblement mais ses mains étaient attachées dans son dos. Elles heurtèrent une pierre tranchante et elle se coupa légèrement le bout du doigt. N´y prêtant que peu d´attention, elle commença à faire des mouvements de va et vient avec ses poignets pour couper ses liens. Après de longues minutes, elle parvint enfin à se libérer mais ses mains étaient en piteux état. Son premier geste fut de retirer le bandeau qui l´empêchait de voir et de se tasser contre le mur derrière elle. Respirant silencieusement, elle regardait autour d´elle, cherchant vainement un endroit familier, une issue où s´enfuir. Se terrer dans un coin était inutile, il fallait agir, agir rapidement. Elle se leva et courut discrètement vers le mur en face d´elle. Elle plaqua son dos contre le mur et regarda à nouveau autour d´elle. A sa droite, un long couloir sombre l´attendait, à sa gauche, un précipice sans fond attendait sa prochaine proie et devant elle se tenait le mur grâce auquel elle s´était libérée, quelque minutes plus tôt. Elle s´engouffra dans le tunnel en restant collée au mur et en étant le plus silencieuse possible. A force de marcher, elle finit par apercevoir une lumière devant elle. Elle voulu courir mais se ravisa et continua à marcher lentement, sans un bruit. Arrivée devant l´ouverture d´où sortait la lumière, elle resta quelques minutes le dos plaqué contre le mur, cachée ainsi de la lumière. Puis, prenant son courage à deux mains, elle jeta un coup d´œil derrière elle et aperçu un feu grésillant. A ses côtés se tenait une créature, courbée, maigre et monstrueuse. Elle ne pouvait distinguer son visage d´où elle se tenait mais une irrésistible envie la poussait à attendre que cette créature se retourne et dévoile ainsi son visage. Attendant silencieusement, la jeune femme fixait la créature avec insistance. Soudain, la créature tourna rapidement sur elle-même et la fixa de ses énorme yeux noirs. En fait, ce n´était pas vraiment des yeux, il s´agissait d´énormes cratères oculaires. La jeune femme poussa un cri et tomba en arrière. Elle ne pouvait plus détacher son regard de cette monstrueuse créature. Sa tête était énorme et dégarnie, deux trous remplaçait son nez et un autre béant, parsemé de filet de bave se trouvait en dessous. Son corps semblait chétif et étonnement froid. Il avait de longues jambes et de longs bras mais sa position courbée le rendait plutôt petit. Sa peau était brunâtre et le bout de ses doigt se terminait par des sortes de magnons hideux. Ses énormes yeux la fixait toujours. La jeune femme recula en se poussant de ses pieds du mieux qu´elle pu. La créature se leva brusquement.
- Ellone… Appela-t-il d´une voix rauque et étouffée.
Ellone se releva en trébuchant un peu et se précipita à l´autre bout du tunnel. Elle courait le plus vite possible mais ce n´était pas suffisant. Elle jeta un coup d´œil par-dessus son épaule et s´arrêta. La créature ne la poursuivait pas. Le tunnel derrière elle était vide de toute présence. Ellone soupira et ferma les yeux. C´est alors qu´elle sentit un souffle glacé sur son épaule, venant de la voûte, au-dessus d´elle. Une main gelée se posa sur son épaule et la lui serra fermement.
- Ellone…
Ellone fit volte face et se retrouva face à la créature. Ses jambes étaient accrochées à des lianes de la voûte et son corps était braqué, courbé et sa main était toujours sur l´épaule d´Ellone. Son regard froid était plongé dans le sien. Il cligna des yeux, puis, il tourna lentement la tête sur le côté sans quitter Ellone des yeux. Ellone ne parvenait plus a décrocher son regard du sien, elle était pétrifiée. La créature tomba doucement du plafond et se leva sur toute sa hauteur. Ellone dû alors lever la tête pour voir ses yeux. La créature approcha lentement sa deuxième main du visage d´Ellone, comme pour l´étrangler, l´étouffer. Ellone eut un hoquet d´effroi et elle recouvra alors ses esprits. Elle se détourna de la bête et couru à toute jambe à l´opposé de ce monstre. Elle atteignit le feu mais ne le vit pas et le piétina. Les braises volèrent et tombèrent en partie sur son voile vert qu´elle portait autour des bras. Le voile commença à se consumer rapidement mais la jeune femme ne s´en rendait pas compte. Elle courait, loin, loin, le plus loin possible. Son pied heurta une pierre lisse et elle tomba dans une crevasse très profonde. Ellone regarda en bas. Le sol se rapprochait. Bientôt, il serait trop tard…