et voilà ca c´est un de mes chap préféré ^^
- Partie 19 –
Ce devait être un geai. De toute façon, peu importait son nom. Il ne faisait pas encore jour mais la faible lumière accordée par les étoiles brillait au-dehors. Tout était embrouillé dans sa tête. De vieux souvenirs, peut-être trop douloureux, avaient ressurgit sans qu’elle le veuille. Il lui avait fallu tellement de temps pour les oublié et tellement d’amour. Aujourd’hui tout recommençait, encore. Une nouvelle fois, elle se sentait impuissante mais autrefois elle était petite, si jeune et si fragile. Elle revoyait malgré elle les cris atroces mélangé à l’odeur âcre du sang et tous ces gens. Tous ces gens morts autour d’elle. Et elle qui restait là. Elle qui restait agenouillée. Agenouillée avec le corps sans vie de sa mère posée sur ses jambes de petite fille. Elle restait là. Elle regardait les gens morts autour d’elle, elle était la dernière survivante. Elle était seule. Et le corps de sa mère gisait sur ses genoux. Elle ne pleurait pas. Elle ne pouvait pas pleurer, mais peut-être que si elle avait pu, cela aurait été moins douloureux. Et elle restait là, toujours, inlassablement seule. Elle était restée là longtemps, trop peut-être, mais il lui semblait se rappeler que la pluie était tombée et que le sang de sa mère et de celui de tous les habitants s’en était aller. Elle avait regarder encore, toujours agenouillée. Le temps ne comptait guère, elle était seule, tellement seule. Elle regardait les morts et leur sang partir avec la pluie. Puis, l’odeur était partie pour laissé place à celle de la rosée. Et elle était encore restée là. Elle ne se souvenait pas s’être relevée, elle se souvenait seulement que quelqu’un était venu. Quelqu’un qui avait l’air gentil. Et elle restait toujours là avec le corps de sa mère inerte. Il l’avait prise dans ses bras et alors, lentement, sa mère tomba de ses genoux et rencontra le sol humide. Edea n’avait pas crier, elle n’avait pas pu. Elle regardait sa mère, morte sur un sol mouillé. Sa mère qui était la dernière personne de sa famille. Sa mère qui était morte en la protégeant. Sa mère qui baignait dans une eau poreuse et tachée de sang. Sa mère qui avait les yeux encore ouverts et qui les garderait toujours ainsi. Puis, lentement, la petite fille regarda son village. Piller. Détruit. Brûlé. Mort. Il y avait tellement de morts qu’Edea ne parvenait plus à voir le sol. Il y avait tellement de morts qu’elle ne savait même plus s’il restait un sol. Et, sans qu’elle le veuille, sa tête se tourna vers sa mère. Et, peut-être fus-ce à cause de son chagrin mais il lui sembla à ce moment précis où l’homme l’emmenait hors du village, que sa mère se relevait de cette eau poreuse et lui tendait la main. Et elle souriait. Elle souriait et semblait heureuse. Edea regarda tout son village mais les autres corps ne bougeaient pas, seule sa mère était debout. Et elle suivit l’homme qui portait Edea dans ses bras mais, étrangement, il ne semblait pas la voir. Edea regardait sa mère qui la suivait en souriant. Et, alors qu’enfin l’homme sortait du village, La mère d’Edea s’arrêta et sourit tendrement et pour la dernière fois à sa petite fille. Elle tendit encore une fois la main, fit un signe d’adieu et disparut dans le brouillard qui commençait à tomber. Edea regarda encore une fois son village où la dernière maison qui tenait encore debout était la petite église. Puis, elle regarda les morts et revint sur l’endroit où était sa mère. Il n’y avait plus rien. Rien d’autre que le brouillard et le froid. Et ce ne fut qu’à ce moment là qu’Edea pu enfin pleurer et qu’elle cria le nom de sa mère. Mais sa mère ne revint pas. Elle était partie. Partie à jamais. Partie avec ceux de son village. Partie avec son peuple, avec tout son peuple. Désormais, elle était seule. Elle était la dernière de sa race, et elle n’avait plus de famille. Edea sauta des bras de l’homme et couru vers l’emplacement où se tenait le corps de sa mère. Il y était toujours. Elle se laissa pleurer sur la poitrine de sa mère et le brouillard froid l’enveloppa doucement. Elle appuya sa joue contre celle de sa maman chérie et continua de pleurer en la serrant fort contre elle. L’homme revint vers Edea et lui tira gentiment la main. La petite fille se releva et suivit l’homme en marchant. Elle se retourna et regarda le corps de sa mère, couché ici à jamais. Elle essuya les larmes qui coulaient sur ses joues mais ne parvint pas à retenir celles qui continuaient de couler. Elle regarda encore sa mère pour la dernière fois en lui envoyant un petit baiser de la main avant de quitter son village pour toujours.
Le geai cria à nouveau et fit sursauter Edea qui avait quelques larmes aux coins des yeux. Elle se leva de son lit et regarda le ciel sombre. Il y brillait la même lune qu’à l’époque. Cette même lune qui avait vu sa mère se fait tuer, lâchement poignardée par un soldat. Sa mère qui n’était rien d’autre qu’une femme, tuée par un homme vêtu de noir. Edea ne sut jamais pourquoi les soldats l’avait laissée en vie. Peut-être était-elle si petite qu’ils ne l’avaient pas vu. Ou peut-être l’avaient-ils fait exprès pour accroître sa douleur. Elle regardait toujours la lune et, lentement, elle laissa couler une larme le long de sa joue.