allez ^^
- Partie 18 –
Les rayons incertains de lune entraient par les fentes laissées par ses stores entrefermés. Elle avait ses deux mains posées sur son ventre et respirait profondément en regardant le plafond blanc qui recevait les lumières dansantes de l’extérieur. Elle soupira. Cela faisait bien cinq heures qu’elle ne trouvait pas le sommeil. Elle pensait à Ionna. Elle était tellement heureuse de l’avoir enfin retrouvée, elle qu’elle n’avait pas vue depuis sept ans. Elle s’en souvenait encore. Laguna l’avait laissée dans un coin de son palais présidentiel et Ellone s’ennuyait à mourir. Elle était alors sortie de la pièce et avait quitté la résidence sans que personne ne la voie. Et, enfin, le monde d’Esthar s’était ouvert à ses yeux curieux de petite fille. Elle avait marcher durant des heures et des heures et avait fini par se perdre, non loin du centre commercial. Ionna qui devait avoir le même âge qu’elle à l’époque était arrivée sans qu’Ellone la voie. La petite fille perdue s’était assise par terre et pleurait toutes les larmes de son corps. Ionna l’avait alors rassurée et Ellone avait séché ses larmes. Ionna lui avait pris la main et l’avait conduite jusqu’au palais présidentiel où elle l’avait laissée. Depuis, Ellone sortait presque tous les jours du palais pour parcourir Esthar avec Ionna. C’était comme cela qu’elle s’était connue. Mais Ionna ne venait pas d’Esthar, Ellone pensait le savoir. Ionna venait d’une contrée lointaine, oubliée de tous. Ionna lui en parlait beaucoup. Elle disait que sa ville était cachée parce que les autres n’accepteraient certainement pas leur mode de vie, parce qu’ils étaient trop… différents. Ellone riait quand Ionna disait cela car c’était effectivement vrai. Ionna était tellement différente des autres personnes ! Avec ses habits en peau bizarre et ses sens surdéveloppés. Quand Ellone lui demandait comment elle avait réussi à entrer dans Esthar sans se faire repérer, Ionna répondait toujours :
- « Toutes les technologies et machines ne font qu’obéir aux ordres qu’on leur donne, elles sont incapables de réfléchir d’elles-mêmes, elles ont forcément une faille, à toi de la trouver. »
Il est vrai qu’Ellone avait rencontré Ionna il n’y a pas si longtemps de cela, sur un vaisseau Estharien mais tout s’était passé tellement vite qu’elle n’avait pas eu beaucoup de temps pour parler avec la jeune femme. Et puis, après l’avoir enfermée de force dans une capsule en direction de la base lunaire, Ellone était entrée dans une colère monstrueuse mais avait eu le temps de se calmer durant le voyage. Ellone se retourna dans son lit et regarda sa chambre, assombrie par la nuit envahissante. Elle entendait le chant du premier oiseau matinal, il devait être près de cinq heures du matin. Elle regarda distraitement les ombres mouvantes qui se formaient grâce aux derniers rayons de la lune et aux premiers rayons discrets du soleil. Elle soupira et se retourna encore une fois pour regarder le mur qui se tenait devant elle. Elle se demanda où Cid allait envoyer Squall et son équipe et ce qu’il allait faire de Ionna… et de Seifer. A cette pensée, Ellone fit la moue. Il est vrai que le jeune homme n’était plus possédé par la sorcière Ultimecia mais il n’avait toujours pas changé. C’était toujours le même hypocrite, prétentieux et borné ! Ellone sourit à cette pensée car il avait toujours était ainsi même durant son enfance à l’orphelinat. Ellone se retourna encore une fois et regarda à nouveau les ombres mais, cette fois-ci, quelque chose attira fébrilement son attention. Une ombre mouvante planait et se dirigeait vers elle. D’abord, Ellone cru que c’était son imagination ou sûrement la fatigue, puis une douleur aiguë la surpris à la tête. Et, avant de sombrer dans un noir total, elle entendit une voix rauque et apeurée répété comme une litanie :
- Je suis désolé, je suis désolé, je suis désolé…