Les grenouilles.
Ce sont deux grenouilles
Deux amies, deux sœurs
Qui avaient du cœur
Et que j’écrabouille !
Les pauvres ! Les damnées ! Je ne les avais pas vues !
Dieu me le pardonnera…
Bon, voilà ce que j’aurais dit à leurs deux âmes…
« Mes chères grenouilles,
Il était bien imprudent de, comment dire…
On doit apprendre à marcher tout droit, tout doucement, tout gentiment !
Mais non, vous, vous sautillez, vous allez gaiement par les prés et vous oubliez le principal !
Je ne suis pas un meurtrier. Non, non, je ne suis pas un meurtrier. »
Elles m’auraient répondu…
« Nous battons du lait dans une cruche pour éviter de nous y noyer et c’est sur une motte de beurre que nous retombons. Sauvées, nous le sommes. Vous n’avez pas un cœur de beurre, mais un pied inconscient.
Qui peut vous accuser ? Et de quoi ? »
« Le remords, mes chères, le remords »
« Allez en paix, et n’oubliez pas… Le beurre adoucit les cœurs ».
Voilà, mon cœur est de beurre.
J’aimerais, en faisant le tour du monde, tartiner l’idée…
Sur le ciel pour moins de labeur
Sur les grenouilles du bonheur,
Sur les gens de mauvaise humeur
Sur les fillettes qui ont peur
Sur les malades et leurs tumeurs
Et sur tous les détonateurs !
Le beurre est un joli moteur !