D’un mouvement habile, Lorian se jeta sur le côté et dégaina sa propre épée. Le comportement pleutre qu’il avait eut n’était pas digne de sa fonction et, s’en étant rendu comte, il reprit ses moyens. Le géant se jeta brutalement sur sa victime qui retint la puissance du coup de sa solide lame. Elle réussit même à le rejeter en arrière et à prendre l’avantage du second assaut. Les lames lancèrent des éclairs de tout côté, en haut, en bas, et encore à droite. Le soldat avait pour lui une remarquable agilité qui décontenançait son opposant. Un autre éclair écarlate. Le sang du géant avait coulé. La lame avait entaillé ses vêtement et pénétré la chaire du ventre. Stoïque, il reprit la bataille, avec un courage propre à glacer le sang. Dans un accès de fureur le Prétorien propulsa sa lame en un large moulinet propre à trancher la tête de son adversaire, mais celui-ci se baissa suffisamment vite pour le déstabiliser. Toujours agile comme l’anguille, Lorian saisit l’occasion de porter un coup décisif au bras musculeux qui s’apprêtait à encore frapper. Slish ! Une éclaboussure de sang macula son visage au moment ou il trancha une grosse veine, arrachant un cri de douleur au géant et lui faisant lâcher son arme qu’il se pressa de faire tomber dans l’escalier d’un bon coup de pied. Il mit en joue le vaincu qui s’adossa à un mur sans rien dire, le regard plein de colère.
“ Tu es peut-être fort “Prétorien”, lança Lorian, mais tu manies l’épée beaucoup trop approximativement pour être un garde royal. Parle ! Qui es-tu ? Et qu’as-tu fais au roi ?
- Suis-je si mal déguisé, souffla l’autre en souriant, pour être si vite démasqué ? “
Le Prétorien prit la lame de Lorian entre ses mains et la lui arracha brusquement. Ensuite, il la jeta comme s’il eût s’agit d’un bout de métal inutile. Lorian resta interdit un court instant devant cette démonstration d’insensibilité à la douleur et en fit ensuite lui-même l’expérience: un coup de poing semblable à un boulet de canon l’envoya dans l’inconscience. Comme dans un rêve, il se sentit soulevé aussi facilement qu’une feuille dans le vent. La triste vérité, c’est que son gigantesque adversaire l’avait prit entre ses bras avec la ferme intention de le jeter par dessus la balustrade. Tant bien que mal, notre ami revint à lui et tendit désespérément les bras vers le lustre au moment où il passa à côté. Échappant à son étreinte, il réussit à s’y accrocher à l’hilarité du “Prétorien”.
“ Ha ! Ha ! Ha ! T’as l’air d’un jambon qui pend à son crochet ! Je peux savoir ce que tu comptes faire ?
- Je vais juste t’aider...à descendre ce bel escalier !”
Achevant à peine sa phrase, il projeta ses pieds le plus violemment qu’il pouvait dans la mâchoire du géant, un coup suffisamment fort pour le faire basculer en arrière. Hors, comme je vous l’ai déjà dit, le palier était assez étroit, et il n’y eut point de sol pour arrêter sa chute. Juste la rambarde qui craqua sous son poids et l’envoya à plusieurs mètres en dessous des deux portes de chêne. Un long cri précéda l’horrible craquement de sa nuque lorsque il s’écrasa sur le marbre poli.