Rallye - Sardaigne - Le mea culpa de Loeb
Contraint à l´abandon dans la 13e spéciale alors qu´il était largement en tête du rallye, Sébastien Loeb revient sur les circonstances de sa sortie de piste et admet qu´il a fait une erreur de pilotage. Fataliste, il rappelle aussi qu´il n´est jamais aisé de remporter un rallye, et veut maintenant se préparer au mieux pour la manche en Grèce dans deux semaines.
«Sébastien Loeb, comment vous sentiez-vous dans cette 3e étape ?
Je n´étais pas très à l´aise ce matin, je n´étais pas dans un bon rythme, je cherchais un peu mes repères et dans le début de cette spéciale il y avait plusieurs virages où j´étais un ton en dessous. Ce n´est pas une question de concentration, c´est plutôt une question d´adaptation. C´est toujours difficile quand on est en tête, même avec un bon avantage, et qu´on n´attaque pas à 100% tout le temps, sans se poser de questions : 30 secondes d´avance sur 50 km, ça ne permet pas de se promener, on ne peut pas vraiment assurer ou être à l´arrêt complet pendant toute l´étape du dimanche. Du coup, on perd un peu le feeling de la voiture.
Que s´est-il passé exactement dans San Giovanni (ES13) ?
C´était une nouvelle spéciale, difficile, piégeuse, avec beaucoup de bosses. J´ai peut-être surestimé la vitesse, dans les notes, je me suis fait déporter après le sommet d´une bosse et j´ai touché le talus avec l´arrière. Je suis parti dans le fossé et on a tapé une pierre avec la roue avant gauche. J´ai continué comme j´ai pu, pour essayer de sortir de la spéciale, et puis le train avant a complètement lâché, donc on s´est arrêté.
Quel est votre état d´esprit après cet abandon ?
C´est dommage, je m´en veux, mais c´est la course. Et c´est un peu un remake du scénario de l´an dernier, mais en sens inverse. Marcus était en tête, tout seul, intouchable, et il a fait une faute. Cette fois-ci, c´est moi. Il y a des fois où ça passe très fin, et là ce n´est pas passé. Ca prouve aussi qu´à ce rythme-là ce n´est jamais facile de gagner des courses, comme certains pourraient le penser. On est toujours à la limite et la moindre faute se paye cher, comme je le répète souvent.
Comment envisagez-vous la suite du championnat du monde ?
Il n´y a pas le choix, et si on veut repasser devant Marcus il faut gagner, étant donné qu´on est toujours les deux seuls pilotes à se partager la plupart des victoires. En Grèce, je pense que la C4 sera mieux que la Xsara l´an dernier, qui était derrière les Ford. Et pendant la deuxième partie de la saison, il y aura quatre rallyes sur asphalte, ce sera bien pour moi. Il faudra en profiter et saisir l´occasion de reprendre des points à Grönholm à ce moment-là.»
Propos recueillis par Daniel ORTELLI pour l´AFP