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Harry Potter et la Guerre des Sages

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
30 décembre 2006 à 18:12:31

Certes, les cours n’étaient pas ce qu’on pouvait appeler « ennuyeux » dans une école de sorcellerie, surtout depuis qu’il avait choisi les matières qui lui seraient sans doute les plus utiles pour la voix qu’il s’était choisi : celle d’un Auror. Les sortilèges étaient très pratiques dans la vie de tous les jours, et il y en avait toujours de nouveaux à apprendre auxquels il n’avait encore jamais pensé – et il fallait ajouter les différentes versions d’un même enchantement, qui pouvait se jeter de diverses manières selon la situation ou tout simplement le niveau de puissance magique (celle que dégageait le sort tout comme celle qui était nécessaire à son exécution). La métamorphose était également captivante – au début.
Au bout d’un semestre, cela passait d’excitant à plus ou moins intéressant, jusqu’à la deuxième année où une certaine routine s’installait. Bien sûr, il existait de nombreuses variantes du sortilège de métamorphose – l’un destiné aux solides, l’autre aux liquides puis à la vapeur, sans compter les distinctions entre les transformations sur des êtres vivants ou non. Il y avait également d’autres sortilèges apparentés qui s’infiltraient à partir de la quatrième année – les sortilèges de Disparition et d’Apparition, de Transfert et de Transplanage.
Mais la quantité prodigieuse et la difficulté du travail exigé par les professeurs ne pouvaient laisser une image très positive dans l’esprit des élèves de septième année. Même la défense contre les forces du Mal pouvait lasser Harry ; mais cela prenait beaucoup plus de temps que pour une autre matière – comme les potions magiques, qui n’étaient devenues que « supportables » depuis que Slughorn avait pris la place de Rogue (auquel Harry préférait ne pas penser). Il était toujours « passionné », et avait retrouvé sa volonté d’autrefois dans ce domaine, même si tout ce qui lui était arrivé ces dernières années avait nettement nuancé son désir de se battre d’un certain sentiment de maturité, et d’une gravité bien plus importante.
Et soudain, en repensant à tout ce qu’il avait vécu en six ans et demi, Harry réalisa du même coup qu’il ne lui restait plus que six mois à passer à Poudlard. Depuis sa première année, il avait très vite considéré le vieux château, son parc et sa forêt comme son foyer, et une partie de ses élèves comme sa famille… mais en admettant qu’il ne se fasse pas tué d’ici là, il quitterait le célèbre collège en juin, où il devrait trouver une nouvelle maison et se consacrerait à chercher et détruire les Horcruxes, pourchasser et tuer Voldemort.
Il ne savait pas encore s’il comptait passer les tests d’aptitudes et suivre une formation d’Auror dans le même temps, où s’il allait attendre que le Seigneur des Ténèbres, ses Mangemorts et son armée soient vaincus…
Mais il fut brusquement tiré de ses longues réflexions. Quelqu’un frappait à la porte.
– Entrez, dit Harry d’un ton plus brutal qu’il ne l’aurait souhaité.
La porte s’ouvrit et Ginny entra dans la pièce.
– Salut…, dit-elle sur un ton gêné et un tantinet agacé. Je me demandais ce que tu faisais. Ron et Hermione sont toujours en « tête-à-tête » et je n’ai pas très envie de parler de Quidditch avec Charlie et Neville pour l’instant…
Quelque chose dans l’intonation de sa voix – une irritation plus prononcée en parlant de Charlie – poussa Harry à croire qu’elle avait une autre raison d’éviter son frère, mais il n’aborda pas le sujet, pensant qu’il ne valait mieux pas la contrarier.
– Je m’avançais un peu pour les devoirs de vacances, répondit-il. Abel nous a encore donné deux ou trois rédactions pour la rentrée.
Il s’était en effet arrêté au beau milieu d’un premier devoir donné par Abel. Il avait écrit quelques lignes mais s’était arrêté depuis dix minutes, nonchalamment absorbé dans ses pensées de nostalgie et d’avenir.
– O.K., dit Ginny. Euh…
Elle parut très hésitante.
– Tu veux faire les tiens avec moi ? suggéra Harry, dissimulant avec assez de talent l’espoir qui l’animait à présent. Mais son talent n’était peut-être dû qu’à son appréhension de se retrouver de nouveau avec une Ginny distante…
– Euh… oui, pourquoi pas…
Elle avait toujours l’air franchement sceptique.
– Je vais chercher mes affaires. Non, attends, il vaut mieux qu’on aille dans ma chambre, objecta-t-elle, c’est moins serré qu’ici où vous êtes deux.
– Mais toi aussi tu dors avec Hermione, remarqua Harry.
Ginny eut un sourire ; un vrai sourire, sans embarras.
– C’est vrai, répondit-elle d’un ton amusé, mais tu te doutes qu’Hermione est plus… ordonnée que Ron – et donc moins encombrante.
Harry éclata de rire en repensant à la mine déconfite de son meilleur ami lorsqu’il était entré dans la maison pour déjeuner.
– D’accord, d’accord, dit-il, soudain beaucoup plus détendu, je te suis…
– Alors suis-moi !
– Attends ! protesta Harry en la voyant partir et dévaler l’escalier. Maintenant c’est moi qui dois prendre mes affaires…
Deux minutes plus tard, il pénétrait dans « l’antre » des filles. Il était très rare qu’il ait l’occasion de voir où elles dormaient. A Poudlard, dans la tour de Gryffondor, l’escalier qui menait à leur dortoir était même ensorcelé de telle sorte qu’aucun garçon ne pouvait y grimper, ce que Harry et Ron avaient découvert à leur dépend en cinquième année.
La chambre de Ginny était plus que bien rangée. Il n’y avait que deux lits aux couvertures orange, disposés côte à côte sur la gauche, deux valises, ainsi qu’un bureau sur lequel était déposés un livre, une pile de parchemins vierges et une bouteille d’encre. Mais rien ne décorait les murs, aucune affaire ne traînait sur le sol comme dans la chambre de Ron.
– Je ne m’attendais pas à ce que ce soit… ordonné à ce point, avoua Harry.
Ginny fut soudain saisie d’un fou rire.
– Qu’est-ce qu’il y a ? s’étonna Harry, de plus en plus déconcerté
Il ne comprenait décidément plus rien à quoi que ce soit.
– Oh… rien, répondit Ginny, en essayant de retrouver son sérieux. C’est juste que… enfin, j’ai fait un peu le ménage pendant que tu prenais tes affaires. Tu ne t’attendais tout de même pas à voir mes sous-vêtements traîner sur le sol ?
Harry n’aurait sans doute pas paru très différent si on avait allumé deux bougies de part et d’autres de ses joues.
– Merci beaucoup, Harry, dit Ginny en s’essuyant les yeux – apparemment, elle avait même pleurer de rire. Ça faisait longtemps que je n’avais pas autant rigolé…
La jeune fille finit par retrouver son sérieux et ils s’installèrent sur son bureau.
Au grand désespoir de Harry, il n’y eut plus d’autre fou rire. Ils passèrent tout leur après-midi à faire leurs devoirs pour Abel, et Harry n’osa pas l’aborder comme il l’avait fait de nombreuses fois dans la bibliothèque de Poudlard cette année (c’est-à-dire en faisant des plaisanteries d’un très bas niveau humoristique). Il se décida donc à tenter une autre approche : le soutien scolaire…
– Tu as besoin d’aide ? demanda-t-il innocemment.
Il était près de six heures du soir et Ginny semblait avoir les plus grandes difficultés à remplir sa feuille – ce qui ne l’empêcha pas de répondre sèchement :
– Non merci, ça ira.
– Tu es sûre ? Tu sais, je pourrais…
– Merci, mais je préfère me débrouille seule, coupa Ginny.
Harry se raidit un peu : ces douches glacées devenaient vraiment agaçantes… Ginny leva les yeux vers lui, puis au plafond, et de nouveau vers Harry. Ce dernier ne s’était pas aperçu qu’il dardait la rouquine d’un œil vexé, voire indigné.
– Ecoute, dit-elle d’un ton exaspéré mais très ferme, je sais que tu n’aimes pas ça, mais on ne sort plus ensemble, toi et moi. Alors si tu pouvais arrêter de chercher un prétexte pour pouvoir me draguer, j’aimerais bien que tu le fasses !
Harry eut d’abord le réflexe d’ouvrir la bouche pour répliquer, mais il changea d’avis. Au bout d’un long moment, il finit par répondre sur un ton très sérieux :
– Je suis désolé. Mais je t’aime, Ginny…, déclara-t-il.
Il se sentait un peu idiot, voire ringard, en prononçant des paroles si solennelles, mais d’un autre côté, il ne faisait qu’être parfaitement honnête.
Ginny releva la tête et soutint son regard sans sourciller.
– Je t’aime parce que tu es jolie, bien sûr, mais pas seulement. Je t’aime aussi parce que tu es Ginny, celle qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, qui dit tout haut ce qu’elle pense – comme maintenant, ajouta-t-il avec un léger sourire –, qui sait se défendre, qui aime le Quidditch… Mais tu as raison, ce serait stupide de te draguer, et encore plus de te « faire la cour ». Je veux juste qu’on puisse passer du temps ensemble, s’amuser… comme ce matin, ou aux entraînements de Quidditch… Qu’on se parle, tout simplement. Et peut-être qu’un jour, tu auras envie de me pardonner mes « tendances protectrices » et de sortir avec moi. Mais en attendant de voir si ça arrive vraiment, tu veux bien qu’on soit amis ?
– Tu veux dire, comme avant qu’on ne sorte ensemble ?
– Qu’est-ce que tu as dit ?
– Rien, répondit précipitamment Ginny, devenant brusquement rose vif sous ses tâches de rousseurs. Ecoute, je crois qu’il vaudrait mieux que j’arrête pour ce soir, après tout, on aura tout le temps pour…
– Ginny, l’interrompit Harry, extrêmement troublé – mais pas autant que la jeune fille –, est-ce que tu te souviens de moi ?
– Bien sûr, je…
– Tu as des souvenirs de moi qui datent d’avant le soir où Nott t’a jeté ce sort d’amnésie ?
– Harry, retourne dans la chambre de Ron, s’il te plaît…
Cette fois-ci, elle paraissait vraiment bouleversée, et son teint avait abandonné ses couleurs pour une pâleur de mort.

Encore une fois, Harry passa une bonne partie de la nuit, allongé mais éveillé, à méditer au sujet de Ginny. Elle avait évité son regard toute la soirée et il ne savait vraiment pas quoi penser. De toute évidence, Ginny avait été très secouée mais il ne pouvait pas non plus être certain qu’elle avait bien retrouvé la mémoire, ou plutôt une parcelle… Peut-être la réaction de la jeune fille n’était-elle due qu’à la façon assez brutale dont Harry l’avait pressée de répondre ? Après tout, elle avait sûrement subi une sorte de traumatisme après le sortilège d’Amnésie de Nott, et il l’avait peut-être fait « ressurgir » en la bousculant ainsi, pensa Harry…
Il décida de ne plus lui en reparler. Après tout, son but premier n’était pas que Ginny se souvienne de lui, mais qu’elle sorte avec lui…
Le lendemain, un mercredi, était aussi la veille du jour de Noël. Mrs Weasley avait déjà installé elle-même quelques éléments décoratifs – principalement de petits Pères Noël qu’elle posait sur les meubles et qui avaient pris la mauvaise habitude de crier : « Oh ! Oh ! Oh ! » ou : « Joyeux Noël ! » au moment où l’on s’y attendait le moins, et où tout le monde avait oublié leur présence ; mais maintenant, le jour de la fête organisée par les Weasley était arrivé et toute être présent dans l’enceinte du Terrier était réquisitionné afin de prêter main forte.
Le matin, des guirlandes furent disposées un peu partout par Charlie, Ron, Ginny, Harry, Hermione et Neville. Mrs Weasley, elle, avait été obligée de se rendre en catastrophe sur le Chemin de Traverse : le sapin qu’elle avait commandé et qui aurait déjà dû se trouver dans le jardin depuis la veille n’était toujours pas arrivé et son mari n’était pas encore rentré du ministère.
A midi, ils durent donc préparer eux-mêmes leur déjeuner, et Harry se fit la promesse de ne plus jamais rien manger de la cuisine de Ron. Heureusement, Charlie dénicha du pain et du bacon et ils purent manger quelque chose de convenable.
– J’espère qu’on aura autre chose à se mettre sous la dent, ce soir, dit Charlie d’un ton dégoûté tout en mâchant son maigre repas.
– Je pense qu’on peut faire confiance à ta mère, lui répondit Neville sur un ton très confiant.
Il n’avait pas cessé de faire les louanges de la cuisine de Mrs Weasley ces deux derniers jours.
– En tout cas, c’est dommage que Maman n’ait pas pu transmettre ses talents culinaires à tous ces enfants, déclara Ginny avec un sourire moqueur.
– Ce n’était quand même pas si mauvais que ça, répliqua Ron d’un ton boudeur.
– Oh, si, répondirent en chœur Harry, Ginny, Charlie et Neville.
– Je n’avais encore jamais entendu dire que l’on pouvait transformer de simples pommes de terre en charbon sans magie, jusqu’ici, ajouta Hermione avec un air amusé.
Tout le monde éclata de rire, et même Ron parut un peu moins grognon.
Une demi-heure plus tard, un gigantesque sapin qui devait mesurer au moins six mètres de haut se matérialisa dans un craquement assourdissant au beau milieu du jardin du Terrier. Quelques secondes plus tard, Mrs Weasley transplanait à son tour.

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
30 décembre 2006 à 18:13:23

– Ils n’avaient plus personne ! s’exclama-elle, toute agitée, en se précipitant vers ses enfants et ses trois invités, devant la porte d’entrée. Ils ont « oublié » de nous l’envoyer hier soir et il a fallu que je les harcèle toute la matinée pour qu’un nombre suffisant de leurs employés accepte de faire transplaner l’arbre !
– Pourquoi est-ce qu’ils ne voulaient pas faire transplaner un sapin ? s’étonna Ron.
– Ils avaient peur, répondit Mrs Weasley, irritée. En vérité, la plupart étaient partis en vacances et ils avaient soi-disant peur de revenir, même pour une seconde, à cause de Tu-Sais-Qui… Mais bien sûr, deux sorciers, c’est trop peu pour envoyer un sapin de cette taille et sur une telle distance !
Elle pesta encore pendant un petit moment avant de retrouver un peu de son calme et de lancer :
– Au travail !
Ils passèrent toute l’après-midi à accrocher des boules et des guirlandes, magiquement lumineuses, au sapin géant. Cela représentait un gros effort de diriger de si loin (même par magie) les décorations et de les disposer de façon à dégager la plus grande beauté possible de l’arbre de Noël. Mrs Weasley, qui supervisait les opérations, ainsi que toute la bande de décorateurs improvisés, ne furent donc que trop heureux lorsque arrivèrent d’abord Bill et Fleur à trois heures, puis Mr Weasley deux heures plus tard.
– J’ai eu du mal à quitter le bureau, raconta-t-il tout en essayant avec les autres d’enrouler une guirlande mauve tout autour du sapin, du pied de bois jusqu’au sommet muni d’une étoile qui dégageait une intense lumière blanche ressortant dans le crépuscule. Et pourtant, je suis obligé de reconnaître qu’ils ont fait des efforts pour nous laisser partir plus tôt pour les fêtes, mais Tu-Sais-Qui continue à faire des ravages et nous devons tout faire pour que ces imbéciles qui vendent de faux objets de défense ne fassent pas empirer les choses…
– Personnellement, je trouve qu’il devrait aussi exister un bureau pour éviter que « ces imbéciles » ne te donnent toujours plus de travail, déclara Mrs Weasley d’un ton à la fois désapprobateur et résigné.
Tous acquiescèrent silencieusement.
Une demi-heure plus tard, les invités commencèrent à arriver : Elphias Doge accompagnait Dedalus Diggle ; quelques collègues de Mr Weasley transplanèrent quelques minutes plus tard dans le jardin. Parmi eux, Harry reconnut Perkins, le vieil homme qui avait travaillé au Service de Détournement de l’Artisanat Moldu avec Mr Weasley. L’épouse de ce dernier avait maintenant regagné son antre – la cuisine – afin de préparer le repas, tandis que Charlie et Neville vérifiaient quelques petits détails de la décoration du sapin. Harry, Ron, Hermione et Ginny, eux, furent chargés d’inspecter l’intérieur de la maison à la recherche d’éventuelles imperfections dans leurs travaux du matin.
Au bout de deux minutes, Ron et Hermione disparurent mystérieusement ; mais Harry était absolument certain d’avoir entendu la porte de derrière s’ouvrir et se refermer, et il n’avait aucun doute concernant le sort de ses deux amis. Il continua d’examiner minutieusement les lieux et s’aperçut soudain qu’il était seul : les invités étaient ressortis dans le jardin pour admirer « cette superbe plante », comme le disait Dedalus Diggle. Non, en fait, il y avait encore quelqu’un…
Ginny ajustait une branche de gui au plafond du salon, perchée sur un tabouret branlant. Il s’approcha lentement.
– Tu veux que je t’aide ? demanda-t-il.
Elle se retourna si brusquement qu’elle faillit tomber. Elle lui lança ensuite un regard étrange, mêlant l’exaspération la plus totale mais aussi la gêne.
– C’est juste histoire de finir plus vite, ajouta-t-il précipitamment. Comme ça, on pourra enfin faire partie de ceux qui profitent de la fête, et pas de ceux qui l’organisent…
Ginny soupira – peut-être plus de soulagement qu’autre chose – puis descendit du tabouret.
– Vas-y. Qu’on puisse regarder ce sapin avec les autres, dit-elle avec un sourire.
Harry sortit sa baguette, la leva vers la branche et murmura : « Mobiliarbus ! ». Il accrocha convenablement la plante puis se tourna vers Ginny.
Qu’est-ce qu’elle pouvait être jolie… Son visage, dont la peau blanche – comme le devait être celle d’une rouquine – brillait légèrement de sueur à cause de la journée passée à décorer le Terrier, semblait se rapprocher… Harry s’aperçut alors qu’il avait fait un pas en avant, et maintenant un second… Il distinguait désormais chacune des nombreuses tâches de rousseur qui compensaient la pâleur naturelle de la jeune fille. Il se pencha très lentement – ils n’étaient plus qu’à quelques centimètres l’un de l’autre…
Et leurs lèvres rentrèrent en contact. Elles se séparèrent encore pendant une fraction de seconde puis ils s’embrassèrent de nouveau, de façon plus poussée, plus « vraie »… Cela faisait longtemps que Harry n’avait pas connu quelque chose d’aussi agréable, et il aurait voulu que cela dure, que le pouvoir de la branche de gui continue d’opérer, mais…
– Hum, hum.
Ils se lâchèrent et se tournèrent en direction de l’endroit d’où provenait le bruit. Il venait de l’encadrement de la porte de la cuisine où se tenaient Mrs et Mr Weasley. Apparemment, ce dernier s’était éclaircit la gorge lorsqu’il avait surpris sa fille…
– Molly a besoin d’aide en cuisines…, annonça-t-il, un peu embarrassé.
Il y eut un silence un peu pesant.
– Rassurez-vous, vous aurez tout le temps de… enfin, pour l’instant, il faut préparer le repas.
Ils rejoignirent silencieusement Mrs Weasley dans la cuisine et épluchèrent diverses sortes de fruits et légumes pendant que la mère de Ginny s’occupait du – ou plutôt des – plats principaux. Elle avait paru aussi gênée que son mari mais maintenant, elle affichait un visage radieux.
Harry se sentait un peu honteux. Il devinait que Mrs Weasley était sans doute heureuse pour sa fille ; mais d’un autre côté, rien n’était certain. Il ne savait même pas si ce qui venait tout juste de se passer signifiait réellement quelque chose… pour Ginny. En fait, il avait du mal à penser correctement après cela…
Ses mouvements avaient déjà atteint un rythme machinal lorsqu’une visiteuse imprévue fit son entrée dans la cuisine du Terrier : le professeur McGonagall. La directrice se précipita vers Mrs Weasley pour lui serrer la main et dire chaleureusement :
– Bonsoir, Molly. Je suis contente de voir que vous ne vous laisser pas abattre, vous… Cette fête est une excellente idée pour unir les sorciers, et votre sapin et votre maison sont magnifiques : je vous félicite !
Mrs Weasley rayonnait.
– Merci beaucoup, Minerva, dit-elle. Arthur et moi, nous sommes habitués à faire des économies et comme notre revenu a augmenté, nous nous sommes dits que ce serait bien d’inviter… plus de gens que d’habitude à passer Noël avec nous.
La seule fois où Harry avait vu la directrice de Poudlard aussi ravie, c’était lorsque Hagrid l’avait embrassée sur la joue. Il s’agissait du premier véritable réveillon de Noël que Harry avait passé, lors de sa première année, six ans plus tôt… à une époque mille fois plus joyeuse et moins sombre ; une époque où Hagrid avait encore quelques années devant lui… une époque où il ne devait pas encore se soucier de Voldemort.
– D’ailleurs, nous serions enchantés d’accueillir une invitée supplémentaire, Minerva, ajouta Mrs Weasley avec un sourire.
– Je sais que votre cuisine vaut largement celle des elfes de maison, mais malheureusement, je ne peux pas rester, répondit McGonagall sur un ton d’excuse. Je dois retourner à Poudlard pour le banquet de Noël.
Elle se retourna vers les éplucheurs en retrouvant son visage strict coutumier.
– En réalité, si je suis venue ici, c’est pour m’entretenir avec Harry, annonça-t-elle. Pourrais-je vous l’enlever un instant ?
Perplexe, Harry suivit McGonagall dans le salon, puis dans le jardin où ils trouvèrent un coin isolé, à l’ombre d’un arbre – qui n’était évidemment pas le sapin géant.
– Harry, je crois que vous avez des choses à me dire, dit-elle.
Harry hésita un moment, puis répondit le plus calmement possible :
– Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.
– Je pense au contraire que vous savez pertinemment de quoi je veux parler, répliqua sèchement McGonagall.
Harry ne répondit rien. Oui, il savait, mais il ne voulait pas… Constatant son silence, la directrice poursuivit :
– Dimanche soir, vous êtes sorti comme une furie de mon bureau, et ce sans la moindre explication. Et des explications, maintenant, j’en demande. Je devrais même dire que j’en exige, rectifia-t-elle.
Harry hésita. Il s’était vaguement douté qu’il serait obligé un jour de s’expliquer auprès de McGonagall, mais il n’y avait pas vraiment songé…
– Ce n’est pas… important, finit-il par répondre.
– Vous êtes peut-être majeur et qui plus est, en vacances, mais vous êtes toujours mon élève et je vous prierai donc de ne pas vous moquez de moi, dit McGonagall d’un ton sévère. Vu la façon dont vous êtes sorti de mon bureau – et sous mon nez, en plus – vous ne pouvez pas sérieusement croire que je vais vous laisser en paix sans plus de précision ? J’ai parlé au professeur Dumbledore, et…
– Son portrait…, l’interrompit Harry sans se soucier d’être poli.
– C’est cela, oui…, répondit McGonagall, prise au dépourvu, et il m’a dit qu’il s’inquiétait sérieusement pour vous. Selon lui, ça n’a rien de banal. Il m’a dit que vous aviez subi une sorte de… choc psychologique.
Harry éclata alors d’un rire sans joie qui eut l’air de glacer la présidente de l’Ordre du Phénix.
– Alors comme ça je suis fou ? Moi ? Mais réveillez-vous ! DUMBLEDORE n’était qu’un vieil imbécile, cinglé et sénile !
PAF !! !
Harry vacilla un instant, la main plaquée sur sa joue gauche. Il était complètement sonné ; la claque qu’il venait de recevoir était autant physique que mentale… C’était la seconde fois de sa vie qu’il franchissait les limites du tolérable avec un directeur de Poudlard…
– COMMENT OSEZ-VOUS !? tonna McGonagall, le visage écarlate. Comment osez-vous parler ainsi du professeur Dumbledore ! Après tout ce qu’il a fait pour le monde des sorciers, pour Poudlard, pour VOUS !
La directrice tremblait tout en dardant Harry du regard le plus noir qu’il eût jamais croisé. Il n’osait plus la regarder en face. Il remarqua soudain que les invités s’étaient désintéressés du sapin. Beaucoup avaient été attirés par les cris de Harry puis du professeur McGonagall et une petite foule les observait à quelques mètres… Ron, Hermione, Neville et Ginny étaient là, ainsi que Mr et Mrs Weasley, Bill et Fleur, et Charlie. Tous avaient l’air très surpris et inquiets.
– Je vous laisse le temps de réfléchir…, murmura McGonagall, la voix toujours chancelante. Nous reparlerons de tout ça… la prochaine fois. J’espère que vous serez redevenus raisonnables d’ici là.
Puis elle s’en alla d’un pas résolu. Harry prit immédiatement la direction de la chambre de Ron. En passant devant les Weasley, il murmura seulement : « Excusez-moi », en espérant de tout cœur qu’ils avaient compris qu’il s’agissait d’excuses et non d’une demande de dégager le chemin. Trente secondes plus tard, il refermait la porte de la chambre de Ron derrière lui et se jetait sur son lit.
Et il demeura ainsi pendant un long moment, qui lui parut interminable. Ensuite, il se retourna sur le dos, les mains derrière la tête, et consentit enfin à réfléchir… Et quand il y repensa, il se rendit compte que son comportement était puéril.
Il avait parlé comme l’aurait fait un enfant de cinq ans… et maintenant, il se retrouvait enfermé dans sa chambre pour réfléchir à ce qu’il venait de faire… encore heureux qu’il se le fût lui-même imposé. Et il était allé plus loin qu’il ne l’avait jamais été, non pas avec McGonagall, mais avec Dumbledore. Autrefois, il ne se serait jamais permis d’insulter l’ex-président de l’Ordre du Phénix, son directeur et même précepteur, qu’il fût présent ou non, qu’il soit vivant ou mort… mais Rogue…
Il savait qu’il devait y réfléchir encore, arrêter de fuir cette phrase qu’avait prononcée Dumbledore. Mais pour le moment, il y avait une fête pour le réveillon de Noël, une fête qu’il craignait d’avoir refroidie, voire gâcher. Il méditerait plus tard : dans l’immédiat, il ne devait pas donner aux Weasley une nouvelle bonne raison de lui en vouloir.

RookWood
RookWood
Niveau 7
02 janvier 2007 à 12:14:04

J´en suis en haut de la page 5 , mon Dieu tu ecris vite et bien mdr . J´ai du mal a suivre le rythme XD .
Enfin je vais essayé de finir de lire avant la fin des vac ^^

DJPeeve
DJPeeve
Niveau 10
02 janvier 2007 à 12:24:46

Moi j´attend avec impatience le chapitre 29 Jim j´espere que tu le feras vite
______________________________

DJpeeve. :ok:
2002-2007 sur les forum de JV

Fandesoad88
Fandesoad88
Niveau 10
02 janvier 2007 à 12:31:41

Rookwood :d) Tu sais ça il l´a déjà écrit depuis longtemps ^^

RookWood
RookWood
Niveau 7
02 janvier 2007 à 12:44:46

Aaaaaaaa , je me disais aussi ^^
En tout cas c´est très bien ecrit

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
02 janvier 2007 à 12:58:27

:merci: beaucoup Rookwood et DJPeeves, mes premiers lecteurs de ce forum :lol: .

DJPeeves :d) Je ne peux rien promettre sur la vitesse, désolé, surtout que j´écris moins vite qu´avant. J´espère achever le chapitre 29 avant la fin des vacances de Noël mais après, il ne faudra pas s´attendre à plus d´une suite par semaine ni à plus d´un chapitre par mois.
J´espère que vous serez suffisamment patients pour m´attendre, je fais de mon mieux :ange: .

En tout cas je suis content que cette fic remonte des oubliettes d´hp5 :lol: .

:ange:

tati11
tati11
Niveau 10
03 janvier 2007 à 12:14:39

je suis complètement perdue :snif2: sur quel forum ta fic est-elle la plus avancée?

Fandesoad88
Fandesoad88
Niveau 10
03 janvier 2007 à 12:24:59

C´est pareil :ok:

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
03 janvier 2007 à 20:24:41

Comme l´a dit fan, ma fic en est au même point sur tous les forums de jeuxvideo.com :ok: .

Fandesoad88
Fandesoad88
Niveau 10
07 janvier 2007 à 18:23:16

Doit-on laisser nos impressions ici ou plutôt sur HP 4? :ok:

tati11
tati11
Niveau 10
07 janvier 2007 à 18:59:34

cela fait plaisir que ce soit sur tous, je crois.
Je répète donc ce que j´ai mis sur hp4, superbe, mais... quand va-t-on voir les sages et la prophétie?

Fandesoad88
Fandesoad88
Niveau 10
07 janvier 2007 à 19:02:53

Ben comme tu es une écrivaine, je pense que tu comprends bien ce que peut ressentir jim ^^ donc je laisse mon commentaire ici aussi :noel:

Toujours aussi bien écrit Jim :content:
Par contre t´as pas interêt à faire du mal aux Jumeaux :diable:

L´attitude de Tonks m´inquiète beaucoup, va-t-on encore rejeter la faute d´un crime sur la tête de Harry? Si Tonks lui en veut, ça serait totalement injustifié :/

Et quand vas-tu enfin me faire ressortir Harry et Ginny ensemble? :-( :(

Sinon excellent, continue :)

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
08 janvier 2007 à 14:38:33

Vous mettez vos impressions où vous voulez :-) . Mais si vous les mettez partout c´est cool :p) .

Tati :d) Si tu veux tout savoir, c´est le prochain chapitre (à ne pas confondre avec la prochaine suite qui appartiendra au chapitre actuel) que tout ceci refera surface :ok: .

Fan :d) Advienne que pourra :p) .

Et :merci: à vous deux :ange:

:ange:

RookWood
RookWood
Niveau 7
13 janvier 2007 à 13:30:48

Je vien de finir de lire ta fic , j´étais malade disolé donc je lisais plus .
Ba c´est bien , j´espere que Gin et Harry vont se remettre ensemble et j´ai la mauvaise impression que Tonks va faire une betise :s

Fandesoad88
Fandesoad88
Niveau 10
13 janvier 2007 à 16:59:11

Erf j´ai copié mon commentaire pour rien !!

Y´A LA SUITE SUR HP4 :-)))

972cent
972cent
Niveau 10
13 janvier 2007 à 17:23:39

vos fic sont trop longue sa m´enerve
sa me donne pa envie de lire
mais je vais essayé kand j´aurais le temps :ok:

RookWood
RookWood
Niveau 7
13 janvier 2007 à 18:40:49

Fan , tu penses qu´il va la mettre quand ici ? :s

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
13 janvier 2007 à 19:58:54

Maintenant :) . Bonne lecture^^ :

24
Le cadeau de Voldemort (suite et fin du chap)

Ron éclata de rire, et Harry s’irrita à son tour. Il se promit que si l’elfe lui envoyait les mêmes immondices que l’an passé, il lui ordonnerait clairement de ne plus jamais lui offrir de cadeau – ni à Noël, ni à son anniversaire, ni à n’importe quelle occasion propice aux présents.
Il hurlait sur Kreattur : ce vieil imbécile d’elfe venait de lui apporter une boîte remplie de Veracrasses. Tandis qu’il le menaçait du poing, furieux, Kreattur éclata de rire, et Harry ne put le supporter. Cette sale petite vermine était déjà responsable de la mort de Sirius, et maintenant il osait rire…
Mais, étrangement, le rire de l’elfe devenait de plus en plus froid et aigu. Une baguette magique apparut entre ses doigts qui s’allongeaient, et Harry vit un éclair de lumière verte passer devant lui et frapper… Dobby. Non, c’était impossible, pas lui… Dobby, qui avait toujours été si fidèle, bien que rien ne l’y obligeait, et qui avait toujours été si innocent, si naïf… Dobby était mort.
Une succession d’images défila alors devant ses yeux : Fred et George, le visage en sang, inconscients sur un sol de pavés ; Mme Guipure, la vendeuse de vêtements du Chemin de Traverse, à genoux, les mains jointes en signe de prière ; des dizaines de silhouettes noires encagoulées, avançant parmi une foule se dispersant dans les cris, les chutes… des centaines de formes semblables flottant dans le ciel… des serpents rampant sur le sol… des jets de lumière, des étincelles et des éclairs verts éblouissants… des cadavres… et la Marque des Ténèbres… Un rire glacial, suraigu, aussi froid et cruel que la mort… Un visage d’un blanc macabre, étiré dans un sourire sans lèvre…
Une femme maigre, extrêmement maigre, les yeux exorbités derrière d’énormes lunettes rondes, proférait des paroles dénuées de sens… Puis Harry se tournait sur sa gauche, et dans un magnifique miroir au cadre d’or, se reflétait de nouveau le visage de Lord Voldemort.
Mais il fut immédiatement remplacé par un éclair rouge sang… non, plutôt une cicatrice… Une fine coupure en forme d’éclair, qui s’était rouverte, et Harry, les yeux vides, le teint laiteux, mort…
Et encore ce rire maléfique et insupportable…
Une terrible migraine… Une sensation de brûlure intense…
Harry se réveilla en sursaut, se redressa, roula sur le côté et se retrouva empêtré dans ses draps, la main plaquée sur le front, hurlant de douleur.
– Harry ! Qu’est-ce qu’il y a ?
C’était la voix, paniquée, de Ron. Harry aperçut un court instant son visage horrifié entre ses doigts, puis eut un nouveau et brusque saut de douleur.
Il entendit des bruits de pas précipités : Ron était sans doute parti chercher de l’aide. La douleur commençait à s’atténuer, maintenant. Elle devenait moins insupportable. Il cessa de crier.
Quelques secondes plus tard, Ron, accompagné d’Hermione, Neville, Ginny, Charlie et ses parents entrèrent en trombe dans la pièce. Mrs Weasley se rua vers Harry et s’accroupit. Elle était très pâle.
– Qu’est-ce qui ne va pas, mon chéri ? demanda-t-elle sur un ton maternel. Tu as mal quelque part ? Où ? A ta cicatrice ?…
Harry se releva péniblement mais Mrs Weasley l’obligea tout de suite à s’asseoir sur le matelas.
– Qu’est-ce qui ne va pas ?
– Un cauchemar, répondit Harry d’un ton vaseux. Vous savez que chez moi ils sont plus expressifs que chez les autres, dit-il en essayant vainement de plaisanter.
– Harry ! s’exclama Ron, les sourcils froncés. Tu te tordais sur le sol comme si quelqu’un te torturait et tu avais les mains plaquées sur le front ! Ne me dis pas que ça ne veut rien dire !
– Ça veut juste dire que Harry Potter reste Harry Potter, celui qui a toujours mal à sa cicatrice et qui prétend avoir des visions des agissements de Voldemort ! s’emporta Harry.
Il y eut un silence. Neville, Hermione et les Weasley restaient debout dans l’encadrement de la porte sans rien dire. Mrs Weasley s’était assise à droite de Harry et continuait de l’observer avec anxiété.
Soudainement, des coups étouffés retentirent. Harry mit un certain temps avant de comprendre que quelqu’un frappait à la porte d’entrée
– Je vais voir qui c’est, dit Charlie avant de quitter la pièce.
Harry se demanda qui pouvait bien venir au beau milieu de la nuit – avant de se rendre compte que dehors, les premiers rayons du soleil hivernal perçaient déjà les nuages.
Mrs Weasley reprit la parole :
– Harry, mon chéri…, hésita-t-elle. Quand tu disais que tu faisais des rêves… Est-ce que cela veut dire que tu as vu quelque chose avant de te réveiller ? Une agression, comme lorsque tu as vu Arthur se faire attaquer ? ajouta-t-elle avec une douceur effrayée.
– Je… Je ne sais pas, répondit Harry, ce qui était parfaitement vrai.
Il n’avait pas la moindre idée de ce que pouvait signifier son rêve. Il ne savait pas comment discerner le vrai du faux – en admettant qu’il y eût du vrai. Tout ce qu’il avait vu, il l’avait aperçu par bribes ; il n’y avait rien vu de net, sinon le fait que cela n’avait rien d’un bon présage… Son malaise du lundi matin et de la veille était revenu, accompagné d’une peur dont il ignorait la raison, et cela le rendait furieux contre lui-même.
Au bout d’un long moment, Charlie revint dans la chambre. Il avait l’air très préoccupé.
– Descendez vite dans la cuisine. Nous avons des invités surprises, annonça-t-il.
Mais cela ne semblait guère le réjouir.
– Harry, ce serait mieux si tu pouvais venir aussi, continua-t-il. Nous avons besoin de l’Ordre au complet pour… enfin, vous verrez par vous-même.
– Qu’est-ce qui se passe, Charlie ? s’intrigua Mr Weasley, les sourcils froncés.
– Vous le saurez bien assez tôt, lui assura sombrement Charlie. Harry, tu penses que ça ira ?
– Très bien, affirma Harry, qui n’avait presque plus mal à la tête. C’est passé.
Il voulait surtout savoir ce qui les attendait en bas et qui pouvait bien nécessiter une réunion de l’Ordre du Phénix au complet.
Ils sortirent et dévalèrent l’escalier du Terrier avant de se retrouver dans la cuisine où, à la grande surprise de tous (sauf Charlie), le reste de l’Ordre les attendait. La présidente, ainsi qu’Abel et les jumeaux Weasley, pointaient leurs baguettes magiques sur…
– Malefoy !? s’écrièrent Harry et Ron au même instant.
Et, en effet, Drago Malefoy était assis à la table, les yeux dirigés vers le bas. Assise à sa droite, également sous la menace des quatre baguettes magiques, il y avait Narcissa Malefoy, sa mère, qui avait passé un bras consolateur autour des épaules de son fils. Ils étaient tous deux vêtus de leur robe noire de Mangemort.
Harry sentit un accès de fureur monter en lui, mais il regarda Ron et vit que son ami paraissait bien plus en colère que lui. Quant à Hermione, elle ne disait rien. Elle se contentait de fixer l’assassin de ses parents en tremblant d’une rage certainement contenue.
– Qu’est-ce qu’ils font là ? demanda froidement Ron.
– Ils sont venus cette nuit dans notre boutique, répondit tout de suite Fred d’un ton impassible. Environ une heure après que Lucius Malefoy ait essayé de nous tuer…
– Comment ? s’exclama sa mère, horrifiée.
– Quand nous sommes rentrés dans notre appartement, Lucius Malefoy et… lui – il montra Drago de sa baguette – nous attendaient, expliqua George. Tu-Sais-Qui leur avait ordonné de nous tuer.
– Mon Dieu…, murmura Mr Weasley tandis que sa femme lui pressait fortement le bras.
– Qu’est-ce qui s’est passé ? demanda Neville.
– Eh bien, je ne sais pas ce qui serait arrivé dans d’autres circonstances, mais nous avons réussi à nous défendre, poursuivit George.
– Comment ça, « dans d’autres circonstances » ? s’étonna Harry, en essayant de ne pas faire trembler sa voix malgré ce qui lui en coûtait de revoir Malefoy.
– Malefoy – Drago – n’a rien fait, déclara Fred en jetant un œil perplexe au prisonnier. Apparemment, il avait peur de nous tuer. Ou plutôt, il avait peur de tuer tout court, rectifia-t-il sans tenter de cacher le doute qu’exprimait sa voix.
C’est alors qu’Hermione sortit de son silence en laissant échapper une exclamation dédaigneuse. Tout le monde se tourna vers elle ; tout le monde sauf Malefoy.
– Ça le dérange de tuer des sorciers, dit-elle sur un ton ironique mêlé d’un profond dégoût. Mais tuer mes parents Moldus, ça… ÇA NE LUI A PAS POSE DE PROBLEME ! hurla-t-elle.
Et elle voulut se jeter sur Malefoy, mais Harry, Neville et Mr Weasley la retinrent difficilement.
– IL A TUE MES PARENTS ! s’écria-t-elle en essayant hargneusement mais vainement d’échapper à la prise des trois hommes. C’EST UN MEURTRIER ET IL DOIT PAYER !! POURQUOI L’AVEZ-VOUS AMENE ICI !? IL A TUE MES PARENTS…
Malefoy ne réagissait pas. Ron, lui, ne faisait pas le moindre geste pour retenir la fureur de sa petite amie qu’il semblait approuver totalement. Soudain, Narcissa Malefoy se leva d’un bond. Elle affichait un air de dément, les yeux grands ouverts. Elle rappelait tellement sa sœur Bellatrix que Harry sentit sa colère monter encore plus. Les jumeaux se tinrent prêt à la neutraliser mais apparemment, la mère de Malefoy n’allait rien tenter.
– Tais-toi, imbécile ! dit-elle à l’adresse d’Hermione. Drago n’a jamais tué qui que ce soit, il en aurait été incapable ! Ce n’est pas un meurtrier, il est bien trop jeune !
Elle marqua une courte pause puis continua :
– Ce n’est pas mon fils qui a tué tes sales Moldus de parents, jeune fille. C’est moi !
Cette déclaration fut suivie d’un très long silence. Hermione finit par cesser de se débattre, et Ron la prit dans ses bras – elle pleurait. Fred obligea la femme Mangemort à se rasseoir.
– Et Drago n’a encore jamais tué personne ; ce n’est pas un meurtrier, répéta-t-elle. Il a encore une chance dans votre camp, mais il n’en a plus avec le Seigneur des Ténèbres, ni avec ses parents… C’est pour ça que je l’ai amené à vous.
– Que voulez-vous dire par là ? interrogea sèchement McGonagall.
– Je ne peux plus veiller sur lui, parce que soit j’irai en prison, soit je serai tuée par le Seigneur des Ténèbres pour avoir sauvé mon fils unique…, répondit-elle au bout d’un certain temps, bouleversée. Mon Maître était en colère contre Drago, raconta-t-elle. Il lui a déjà fait subir le sortilège Doloris parce qu’il n’avait pas pleinement rempli sa mission en assassinant Dumbledore – c’est Severus qui avait dû le faire à sa place.
A l’évocation de ce souvenir, Harry se surprit lui-même à éprouver non plus seulement de la colère mais aussi une vague compassion à l’égard de Malefoy. Il se souvint de cet infime mouvement que le jeune homme avait fait, au tout dernier moment, lorsqu’il avait très légèrement abaissé sa baguette après avoir écouté les paroles de Dumbledore. A ce moment-là, Harry avait pensé que Malefoy n’était pas un vrai Mangemort, qu’il n’était pas assez mauvais pour cela, malgré ses stupides convictions héritées de son père… Il avait juste eu peur de mourir, et que sa famille se fasse tuée elle aussi…
Mais Harry se rappela ensuite le sortilège Doloris que Malefoy avait infligé à Ron, au mariage de Bill et Fleur, et à Hermione, à l’auberge de Godric’s Hollow. Il repensa à Neville, baignant dans une mare de sang, et aux jumeaux, soumis à l’Imperium et forcés à aider Voldemort pendant des mois… Et il se dit avec conviction que Drago Malefoy avait déjà largement mérité le titre de criminel.
– Je suis désolée, Narcissa, mais Drago a déjà des antécédents ; et qu’il soit ou non un meurtrier n’y change rien, déclara McGonagall. Je vous rappelle que votre fils a déjà jeté des sortilèges Impardonnables sur des êtres humains. Il a torturé deux de mes élèves – et amis – au cours des quatre derniers mois, et a soumis Mrs Rosmerta ainsi que Fred et George Weasley à l’Imperium.
– Il n’y a aucune preuve que ce soit Drago qui ait soumis Rosmerta, rétorqua Narcissa Malefoy, tout comme rien ne prouve qu’il ait torturé ce garçon et cette… cette jeune fille.
Harry savait pertinemment qu’elle avait été sur le point de dire « Sang-de-Bourbe ».
– Quant à… Quant aux marchands de farces et attrapes, il ne leur a fait subir aucun dommage – ni moral, ni physique. Il leur a jeté le seul sortilège Impardonnable qui soit sans conséquence, et même s’il était déjà majeur au moment des faits, il a beaucoup de circonstances atténuantes. Par exemple, la menace du Seigneur des Ténèbres, et un père comme Lucius…
Elle avait prononcé le nom de son mari avec une hargne inexplicable.
– Vous ne manquez pas de culot ! s’exclama Harry, scandalisé par ce qu’il venait d’entendre. En fait, ce que vous voulez, c’est qu’on vous couvre, c’est ça ? Qu’on ne vous dénonce pas ?
– Ce n’est pas pour moi ! répliqua Narcissa. C’est pour mon fils ! Lui, il a encore une chance de devenir quelqu’un de bien ; pour moi c’est trop tard…, déclara-t-elle. Mais ne vous méprenez pas ! Je vous hais tous autant que vous êtes, bande de Sangs-de-Bourbe ou de traîtres à leur sang ! Mais je tiens plus que tout à mon fils, et même si je dois lui inculquer des valeurs contraires aux miennes pour qu’il survive, je le ferai ! Mais Lucius, lui, était prêt à tout, même à envoyer son propre fils à la mort ! Il était prêt à livrer Drago au Seigneur des Ténèbres pour sa propre vie, sans se soucier de celle de son fils !
Elle avait maintenant les larmes aux yeux. Beaucoup, dont Harry, parurent dégoûtés par cette vision odieuse.
– Et si je ne l’avais pas pris par surprise, je suis certain qu’il m’aurait tuée, afin que le Seigneur des Ténèbres ne le tue pas lui pour la disgrâce causée par sa femme… Mais je l’ai puni, rajouta-t-elle avec une expression malsaine ; oui, je l’ai puni pour avoir osé torturer son propre fils, notre fils…

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
13 janvier 2007 à 20:04:08

Harry préférait ne rien savoir sur ce qui avait pu finalement arriver à Lucius Malefoy. Il en avait plus qu’assez d’écouter les histoires abjectes de cette famille.
– Qu’est-ce que vous attendez de nous, exactement ? questionna Mrs Weasley d’une voix glaciale.
– Que vous nous protégiez, répondit Narcissa sans le moindre détour, et que vous couvriez le plus possible mon fils Drago quand il sera jugé.
– Vous êtes sacrément gonflés, murmura George, dégoûté.
– Mais pourquoi nous demander ça à nous plutôt qu’au ministère ? demanda Mr Weasley, les sourcils froncés.
– Parce que le ministère contient beaucoup plus d’espions du Seigneur des Ténèbres, répondit Mrs Malefoy sur un ton d’évidence. Même si au final, il faudra y aller, on devait au moins vous demander à vous de nous protéger. Mais ne vous en faites pas, nous avons quelque chose à vous donner en échange, une information qui pourrait vous intéresser.
– Pourquoi ne pas nous en avoir parlé plus tôt ? demanda McGonagall de son ton sec. Nous aurions gagné du temps.
– Parce que nous pensions, Drago et moi, que vous nous proposeriez plus facilement de l’aide, dit Narcissa avec un regard mauvais. Mais apparemment, la mort de Dumbledore a aussi changé vos manières…
– Ça suffit ! coupa la présidente de l’Ordre, dont les yeux lançaient des éclairs furieux. Et maintenant, donnez-nous cette information soi-disant si importante.
– Vas-y, Drago, dit Mrs Malefoy en serrant l’épaule de son fils d’un air maternel qui donnait une impression bien étrange de la part d’un Mangemort. Mais d’abord, vous devez nous jurer que vous essayerez de protéger mon fils.
McGonagall regarda tour à tour chaque membre de l’Ordre afin qu’il acquiesce. Tout le monde le fit, malgré une hésitation des jumeaux. Harry dut lutter contre lui-même pour ne pas refuser ; Ron et Hermione parurent accomplir un terrible effort sur eux-mêmes, mais ils finirent par hocher la tête en signe d’approbation forcée, et Neville suivit le mouvement.
– C’est d’accord, déclara McGonagall. Et maintenant, révélez-nous cette information si importante.
Malefoy, qui n’avait pas prononcé le moindre mot depuis son arrivée, releva lentement la tête, et Harry reçut un choc. Il l’avait déjà vu fatigué, voire terrifié, l’an dernier, mais cela n’avait rien à voir avec ce qu’il avait maintenant devant les yeux.
Le visage de Drago était presque aussi pâle que celui d’un Inferius, et ses yeux rouges, comme s’il avait pleuré, reflétaient un désespoir trop intense pour ne pas être sincère. Cependant, ses traits exprimaient aussi un profond ressentiment, et Harry devinait aisément que l’ancien élève de Serpentard répugnait à demander la charité – surtout à une assemblée dont Harry, Ron et Hermione faisaient parties.
– Si le Seigneur des Ténèbres nous a envoyés pour éliminer les frères Weasley, c’était à la fois pour que je commette mon premier meurtre, et pour que tout le monde sache qu’on ne s’enfuit pas comme ça de la Capitale, déclara Malefoy d’un ton impassible.
– C’est ça, ton information si importante ? lança Ron sur un ton méprisant. La raison pour laquelle Voldemort voulait tuer mes frères ? Eh bien, navré de te décevoir, mais nous étions suffisamment intelligents pour comprendre par nous-même !
– Laisse-moi finir, Weasley, ou tu t’en mordras les doigts, répliqua Malefoy, devenant tout aussi arrogant.
– C’est une menace ? s’emporta Ron.
– Ça suffit, Ronald ! s’indigna McGonagall.
Mais Malefoy répondit quand même :
– Non, pas une menace. Juste un avertissement. Donc, reprit-il, il voulait que la communauté des sorciers perde le peu de moral qu’elle avait éventuellement pu regagner quand les jumeaux Weasley s’étaient enfuis de Pré-au-Lard, et aussi se venger parce que selon lui, le nom de… Enfin, il risquait de moins inspirer la terreur. Mais il y avait une autre raison, plus stratégique – et c’est là que tu le regretterais amèrement si tu ne me laissais pas finir, Weasley. En les tuant, il voulait commencer à répandre la peur et le désespoir ; il voulait porter un coup puissant au moral des habitants du Chemin de Traverse en détruisant leur seule source d’amusement. Ainsi, il aurait considérablement augmenté les chances de réussite pour l’attaque.
– Quelle attaque ? interrogea Abelforth avec un soudain empressement.
– L’attaque du Chemin de Traverse, répondit Narcissa avant son fils, avec un sourire sans joie. Après avoir pris Pré-au-Lard et Azkaban, il veut le Chemin de Traverse. Bien sûr, avec l’influence qu’il a là-bas, il va commencer par l’Allée des Embrumes, et ensuite, il va s’occuper de son principal objectif… S’il réussit, il n’aura plus qu’à se diriger vers le ministère de la magie et il aura gagné…
Et elle éclata d’un rire mêlé de démence et de tristesse, tandis que chaque membre de l’Ordre du Phénix tentait d’assimiler ce qu’il venait d’apprendre.

– Tu ne dois pas y aller ! répéta Hermione.
– Bien sûr que si ! Je fais partie de l’Ordre du Phénix, objecta Harry ; je dois me battre !
– Tu as oublié ce qu’a dit Abel ? Nous ne devons pas participer aussi activement aux activités de l’Ordre du Phénix avant d’avoir terminé nos études ! Nous devons nous contenter de surveiller Poudlard et de nous tenir informés de la situation.
– Et rester comme ça, passivement, à attendre que l’apocalypse approche sans réagir ? demanda ironiquement Harry.
Ils s’étaient enfermés avec Neville et Ron dans la chambre de ce dernier. McGonagall était partie avec Kingsley et Tonks afin de livrer Malefoy et sa mère au ministère de la magie et d’informer le ministre de la situation. Les autres membres de l’Ordre étaient en train de discuter dans la cuisine des Weasley.
Harry avait demandé à ses amis une discussion en privé. Il ne pouvait pas se résoudre à rester au Terrier sans rien faire, pendant que le reste de l’Ordre défendait le Chemin de Traverse ; mais d’un autre côté, il ne pouvait pas obliger Ron, Hermione et Neville à se battre avec lui.
– Ecoutez-moi, reprit-il d’un ton résolu. Vous avez accepté comme moi quand Abel nous a demandé de terminer d’abord nos études avant de nous lancer pleinement dans le combat contre Voldemort. Vous n’êtes pas obligés d’y aller. Je comprendrais parfaitement que vous ne vouliez pas y aller, mais moi, je veux me battre.
– Idiot ! lança Hermione d’une voix dure. Ce n’est pas nous qui devrions nous cacher et toi te jeter dans le combat, c’est même le contraire ! affirma-t-elle avec force.
– Qu’est-ce que tu… ?
– Hermione a raison, dit Ron d’un air convaincu. Je comprends que tu veuilles faire quelque chose, mon vieux, mais nous ne sommes pas indispensables ; toi, si !
– C’est vrai, approuva vivement Neville. C’est toi la seule personne qui puisse tuer Voldemort – ils avaient pensé à insonoriser la pièce –, donc c’est toi le seul qui pourra mettre fin à tout ça. Si tu le fais, il n’y aura plus jamais d’attaque de Pré-au-Lard, ou du Chemin de Traverse, ou je ne sais quoi d’autre, mais il faut d’abord éviter que tu ne sois tué bêtement parmi des tas d’autres gens.
Clap, clap, clap.
Un bruit régulier venait de retentir. Ils se retournèrent tous les quatre vers la porte et sursautèrent en voyant Abelforth dans l’encadrement, visiblement en train d’applaudir le discours de Ron, Hermione et Neville.
– C’est bien, vous avez pensé à insonoriser la pièce, dit le professeur de défense contre les forces du Mal, non sans un sourire, mais vous avez omis de verrouiller la porte.
Il entra dans la pièce, referma la porte de la chambre de Ron, sortit sa baguette magique et murmura : « Collaporta ! ». Puis il se retourna vers ses quatre élèves.
– Je crois que vos amis ont déjà dit l’essentiel, Harry, dit-il avec satisfaction.
Harry ne répondit rien. Il était trop énervé de savoir que tout ce qu’on venait de lui dire était parfaitement vrai.
– Mais j’ai quand même une petite chose à rajouter, poursuivit Abel. Hermione, vous avez suggéré que vous avez plus de raison d’aller vous faire tuer que Harry ; Ron et Neville, vous avez approuvé. Je dois cependant vous dire que vous avez tort. Il existe d’excellentes raisons pour que vous aussi, vous preniez le moins de risques possibles. A certains abords, on peut même dire que vous êtes aussi important que Mr Potter dans le combat contre Lord Voldemort. Harry, avez-vous compris de quoi je parle ?
– Oui, répondit Harry après d’un court instant de réflexion.
Il se tourna vers ses amis.
– Vous dites que je suis indispensable parce que d’après la prophétie, je suis le seul à pouvoir tuer Voldemort. Mais vous m’êtes aussi indispensable pour que j’aille jusqu’au bout, déclara Harry. Par conséquent, vous êtes tout autant essentiels dans le combat contre Voldemort. D’ailleurs, la prophétie le dit aussi, songea-t-il : « mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore »…
Il y eut un silence gêné. Malgré l’extrême tension qui l’habitait actuellement, Harry parvint à afficher un sourire malicieux.
– Vous voyez bien : vous aussi il faut vous garder bien au frais, jusqu’à ce qu’on ait besoin de vous, dit-il. Vous avez une meilleure idée de ce que ça fait, maintenant…
– Tu sais, nous le savions déjà. C’était juste pour te convaincre de rester, affirma Hermione d’un air digne.
– Puisque vous êtes d’accord, vous feriez mieux de redescendre, dit Abel.
Une fois qu’ils furent revenus au rez-de-chaussée, Abel prit à nouveau la parole :
– Je pense qu’il serait temps de soumettre notre décision à nos jeunes amis, dit-il. Arthur ?
– Bill, Charlie, Fred et George se sont déjà portés volontaires avec moi-même, annonça Mr Weasley. Il y a aussi Kingsley, Tonks, Dedalus et Elphias.
– Ça ne fait que neuf…, observa sombrement Harry.
– Nous ne pouvons pas demander à Molly, expliqua Mr Weasley, embarrassé. Si jamais ça tournait mal… il faudrait quelqu’un pour pouvoir s’occuper de Ginny.
– Ni à Fleur, ajouta Bill. C’est une très grande sorcière, certes, mais elle n’est pas faite pour les duels…
– Tu crois ça ? répliqua Fleur, offusquée. Je sais aussi bien me défendre que toi, Mister ! Nous n’avons pas encore d’enfant, que je sache ? Rien qui ne justifie que je survive si tu mourais ? Je viens, dit-elle d’un ton décidé à l’adresse de son beau-père.
Bill n’osa pas répondre à sa femme. Mrs Weasley paraissait fière de sa belle-fille, et Mr Weasley, pris de court, dit :
– Très bien… dans ce cas, nous sommes dix.
– Malheureusement, la directrice et moi-même ne pouvons prendre le risque d’ôter un membre au corps enseignant de Poudlard, dit Abel à l’adresse de Harry. En des temps pareils, on ne trouverait personne pour nous remplacer en cas d’accident et il est indispensable que les jeunes sorciers apprennent la magie dans de bonnes conditions si nous souhaitons qu’ils poursuivent le combat après nous – sans compter que la métamorphose et la défense contre les forces du Mal sont des matières très importantes. Je vous informe que nos quatre jeunes amis ont accepté de rester à l’écart, ajouta-t-il en direction des autres.
– Je suis rassurée, déclara alors Mrs Weasley, les yeux brillants.

L’attente était insupportable. Ils étaient tous assis autour de la table de la cuisine (Mrs Weasley avait fait apparaître quelques chaises supplémentaires) et patientaient depuis maintenant cinq longues heures, prêts à recevoir le signal qui devait les avertir que Voldemort avait débarqué sur le Chemin de Traverse. McGonagall, Tonks et Kingsley étaient revenus.
Le ministère de la magie avait pris la menace très au sérieux. Bien que l’avenue sorcière fut déjà extrêmement surveillée depuis la prise de Pré-au-Lard, de nombreux escadrons d’Aurors supplémentaires avait été déployés, ainsi que des volontaires de la Brigade de Police Magique ou parmi les habitants de la célèbre rue.
– L’avantage qu’ont les sorciers sur les Moldus, c’est que tous les sorciers disposent de talents magiques pour se défendre, commenta Tonks avec un triste sourire.
Harry n’avait pas encore ouvert les cadeaux, au pied de son lit. Il était bien trop tendu et anxieux pour penser encore à ces choses-là… Ron, Hermione et Neville ne disaient rien non plus. Il ne toucha pas, ou à peine, à son déjeuner.
Après avoir plus ou moins mangé, les dix qui s’étaient portés volontaires pour défendre le Chemin de Traverse décidèrent, sous l’impulsion d’Abel, de se rendre immédiatement à Londres, sans attendre de signal.
Encore une heure et Mrs Weasley leur suggéra, à bout de nerf, de remonter dans leurs chambres pour ouvrir leurs cadeaux.
– Ça ne sert à rien de rester là sans rien faire à attendre l’attaque, dit-elle sur un ton résolu. De toutes manières, nous n’y allons pas, alors autant essayer de reprendre notre « vie quotidienne ». En tout cas, rester assise comme ça sans bouger ni parler me rend folle !
Pour ne pas la contrarier, ils acceptèrent et regagnèrent les étages en silence. Harry, ne sachant pas quoi faire d’autre, se décida à ouvrir les paquets qui se trouvaient au pied de son lit et il fut imité par Ron. Celui-ci déchira le papier qui recouvrait un gros livre relié de cuir noir intitulé L’arithmancie pour les débutants : trente-six leçons très simples pour comprendre les propriétés magiques de nos amis les nombres.
– Hé ! fit-il. Elle se moque de moi, dit-il avec un étrange sourire – une vague expression amoureuse qui contrastait beaucoup avec Ron. Mais ce n’est pas grave, elle rira moins quand elle verra le cadeau que je lui ai offert.
De toute évidence, il parlait d’Hermione.
– Pourquoi, qu’est-ce que tu lui as offert ? lui demanda Harry en essayant d’avoir l’air intéressé malgré son inquiétude persistante.
– J’ai pris exemple sur elle, déclara Ron : je lui ai offert un livre. Comment savoir jouer convenablement aux échecs version sorcier en un temps record, ajouta-t-il.
– Très bien, répondit Harry sur un ton abattu.
Tandis que, refroidi, son ami découvrait ses autres cadeaux sans faire de commentaire, Harry déballait l’habituel pull-over de laine de Mrs Weasley – cette année, il était noir, mais la mère de Ron avait brodé une chauve-souris d’un blanc brillant qui recouvrait tout le torse et qui réchauffa un peu le cœur de Harry –, des petits pâtés de la même provenance, quatre énormes livres que lui avait offerts Hermione et dont il ne regarda même pas le titre, jugeant qu’ils devaient être assez ennuyeux rien qu’au vu de leur épaisseur, et un autre livre, lui aussi d’un calibre respectable. Mais il était différent de ceux d’Hermione : il s’agissait d’un album photo.
Une lettre l’accompagnait. Il déchira l’enveloppe – il remarqua qu’il ne s’agissait pas de parchemin mais de papier Moldu – et déplia la lettre qu’il lut silencieusement :