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Harry Potter et la Guerre des Sages

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
16 décembre 2006 à 21:54:23

Mais avant qu’il n’ait pu accepté ce qu’il voyait, des bruits de pas se firent entendre et une voix terriblement familière, une voix qu’il ne voulait surtout pas entendre en cet instant, retentit.
- Ca faisait longtemps, Potter.
Il se retourna, et il vit le mage qui répandait la terreur dans le monde des sorciers. Plus livide qu’une tête de mort, les yeux rouges, les pupilles félines, le nez de serpent ; Lord Voldemort s’avançait vers lui avec son sourire sans lèvre, la baguette à la main.
- Déjà un an que nous ne nous sommes vus. Je ne tenais pas spécialement à te revoir mais, vois-tu, tu as quelque chose qui m’appartient et auquel je suis extrêmement attaché.
Il regarda autour de lui, et Harry vit que les mangemorts s’étaient regroupés en cercle autour d’eux. Une terrible sensation de déjà vu lui vint.
- Comme au bon vieux temps, n’est-ce pas, Harry ? Nous allons livré un duel, cet après midi. Un duel à mort que j’ai bien l’intention d’achever, cette fois.
- Je croyais que vous aviez pariez que vous gagneriez lorsque j’aurai atteint un niveau suffisant ? dit Harry en affichant une expression faussement étonnées. Vous avez donc peur de mes « capacités prodigieuses », maintenant ?
- Tu as le sens de l’humour, mon cher Harry, dit Voldemort sans cesser de sourire. Non, je n’ai pas peur de ton fabuleux potentiel, oh, grand élu (les mangemorts éclatèrent de rire). Mais je ne te cache pas que tu me causes de petits soucis. Comme, par exemple, voler mon cher médaillon. Il a appartenu à Salazar Serpentard et j’y tiens énormément. Un souvenir de famille, tu comprends…
Sachant qu’il était inutile de mentir face à un expert en légilimancie, Harry répliqua :
- Tiens donc ? Alors comme ça, vos mangemorts ne sont pas assez dignes de confiance pour que vous leur révéliez la véritable val…
- Silence ! ordonna le Seigneur des Ténèbres.
Il leva sa baguette, et Harry perdit soudainement sa voix. Ce dernier se demanda quel impact sa phrase avait eu sur les mangemorts dont les traits étaient cachés par leur cagoule. En tout cas, ils avaient cessé de rire.
- Tu te prends pour quelqu’un, n’est-ce pas, Potter ? C’est vrai qu’un grand pouvoir doit se cacher en toi, mais malgré cela, tu n’es rien. Jamais tu ne sauras maîtriser ce qui est en toi, parce que tu es trop naïf. En tout cas, tu l’es assez pour croire Dumbledore. Tu vois, je ne crains pas ton « fabuleux potentiel », non pas parce qu’il n’existe pas, mais parce que j’ai vu dans ta tête que jamais tu ne sauras l’exploiter à son paroxysme, comme moi, et ce, même quand tu auras plus d’expérience. Donc tu n’es pas un danger. Et vu que tu as réussi à utiliser un sortilège multiple avec un sort difficile comme le Patronus, je pense qu’on ne peut pas en attendre plus de toi. Je vais te tuer, ici et maintenant, devant mes fidèles mangemorts, qui savent parfaitement que leur maître a ses secrets qu’ils ne connaîtront que lorsque le moment sera venu. Vox ! lança-t-il.
Harry eu une drôle de sensation dans la gorge, comme si les muscles de son cou bougeaient tous seuls, et il su qu’il pouvait de nouveau parler.
- Ah oui, au fait, avant que nous ne commencions, je dois te dire pour que tu ne meures pas ignorant que c’est moi qui t’aies protégé lorsque mes mangemorts ont utilisé le sortilège de déflagration qui a tué tous ces gens dont certains étaient tes amis, je crois. N’y vois donc pas de signe de pouvoirs que tu ne saurais maîtriser. Bien, saluons-nous.
Voldemort se pencha légèrement, puis redevint droit.
- Tu refuses encore de montrer tes bonnes manières ? Très bien, dans ce cas, je vais t’y forcer de nouveau.
Il leva sa baguette, Harry aussi. Ce dernier utilisa le charme du bouclier en informulé. Mais Lord Voldemort ne se montra pas aussi stupide que son serviteur : il ne fut pas victime de sa propre magie en s’inclinant de force et dévia le sort d’un coup de baguette magique.
- Tu ne croyais tout de même pas que je ferais la même erreur que Severus ? Déjà que tu as eu de la chance avec lui, tu ne risquais pas de faire pareil avec moi qui lui suis supérieur, même si cette fois, tu as utilisé un sortilège informulé. Et si on commençait réellement ? Craccos !
Harry poussa un hurlement : il venait de sentir les os de son bras droit se briser en plusieurs endroits et il ressentit une douleur fulgurante. Sa baguette tomba, sa main n’étant plus en état de la tenir.
- Vulnero ! Vulnero ! cria Voldemort.
Il y eut deux étincelles blanches aveuglantes et les deux genoux de Harry s’ouvrirent dans un flot de sang. Il tomba face contre terre. Harry ne pouvait plus continuer, c’était trop dur. Il allait mourir, comme tous ces gens étalés dans la grand-rue.
- Je suis déçu, Harry, j’en attendais plus de toi. Je croyais que tu résisterais plus, mais tu es déjà à mes pieds…
Tandis que les mangemorts recommençaient à rire, Harry se concentra et s’efforça d’attraper sa baguette avec sa main gauche. Il ne pouvait pas mourir maintenant, si pitoyablement, alors qu’il était sensé tuer son ennemi. Il devait s’échapper d’ici, sinon il ne pourrait pas trouver les horcruxes… Il trouva son arme et leva la tête pour voir Voldemort. S’il le fallait, il l’affronterait ainsi, allongé, avec une seule main.
Voldemort éclata de rire et pointa sa baguette. Harry pensa « Expelliarmus ! », mais Voldemort para l’éclair rouge tandis qu’un sourire retroussait la bouche de son visage de serpent.
- Tu m’amuses beaucoup, Harry, dit-il. Tu ne peux plus grand chose, et nous ne ferons pas de grand duel. Mais en compensation, je vais m’amuser en te torturant ; mais lentement, sans me presser, et donc sans le Doloris. Je vais te torturer d’une manière qui se rapproche de la méthode moldue, en te blessant, en te brisant…mais avec ma baguette, bien sûr.
Un éclair, non pas vert, mais jaune, comme la foudre, et avec le bruit du tonnerre, jaillit de la baguette de Voldemort et Harry tenta désespérément de le parer…et il réussit.
Lorsque le maléfice frappa la baguette de Harry, il éclata en morceaux avant de s’évanouir. Mais il savait que c’était impossible. Oui, impossible : comment aurait-il pu anéantir le sort de Voldemort alors qu’il savait pertinemment qu’il n’avait pas mis la moindre « force » dans sa baguette ; alors qu’il était trop faible, trop endolori pour se concentrer suffisamment.
Le Seigneur des Ténèbres parut tout d’abord stupéfait, puis son visage redevint neutre.
- Tant pis, dit-il. Ce ne sera pas pour aujourd’hui. Mais je n’abandonne pas, Potter ; dès que ce petit problème de baguette sera réglé, nous en finirons tous les deux. En attendant, revenons à mon cher médaillon. Je l’avais presque oublié, mais une fois que je t’aurais tué, je l’aurais récupéré sur toi ou par tes amis. Mais puisque tu vas vivre encore un peu, je peux te le demander : où est mon médaillon ?
- Je n’en sais rien, mentit Harry.
- Ne me mens pas ! Endoloris !
Jamais Harry n’avait ressentit une telle douleur. Cette fois, son bras était cassé, ce qui rendait la douleur encore plus insupportable. Il se tordait sur le sol en poussant des hurlements assourdissants, ce qui faisait empirer l’état de son bras et de ses jambes. Puis la douleur cessa.
- Si tu ne veux pas que je recommence, dit Voldemort, tu vas devoir me dire où est ce que je cherche.
Harry se contenta de regarder son bourreau avec hargne.
- Très bien, comme tu voudras. Craccos !
Le dernier bras de Harry se brisa et il perdit tout espoir. Il se sentait vide, sans force ; il n’avait plus aucun moyen d’échapper à la mort. Il fut frappé de nouveau par le Doloris. Et cela continua, chaque torture étant pire que les autres. On ne peut s’imaginer ce que représente d’avoir tous ses nerfs excités au maximum, avec deux bras cassés, et deux genoux laminés, sans pouvoir ne serait-ce que bouger, se tordre pour tenter désespérément d’évacuer l’énergie qui torture… Harry n’avait même plus la force de crier. Il sentait qu’il devenait fou, qu’il perdait toute notion de l’endroit où il se trouvait, qui il était, et ce, même quand Voldemort levait sa baguette pour lui poser toujours la même question : « Où est mon médaillon ? ». Après la cinquième fois, Harry finit par se demander s’il ne devait pas répondre à Voldemort pour que cela cesse. Mais il devait d’abord se souvenir de quoi il s’agissait… Bien sûr, l’horcruxe, c’est ça que Voldemort cherchait. Il l’avait laissé dans sa valise, mais il ne fallait pas que Voldemort le reprenne, sinon, il ne pourrait pas le détruire… Mais la douleur était trop forte.
Lorsque son bourreau pointa pour la sixième fois sa baguette sur le sol, Harry l’interrompit :
- Attendez, murmura-t-il très faiblement. Je vais… Je vais vous dire… Ce que vous voulez…
- Bien, Harry, bien…, dit Voldemort. Tu deviens raisonnable. Alors ? Où se trouve le médaillon ?
- Il est loin d’ici… Il est dans ma chambre d’hôtel… dans ma valise…
- Dans ce cas tu vas m’y emmener. Pense très fort à l’endroit, et je m’occupe du reste. Mais je te préviens, si c’est un piège, je serais capable de nous faire revenir ici avant que quiconque n’ait pu m’en empêcher et tu le paieras très cher.
Harry sentit soudain que ses os se ressoudaient, dans ses bras. Ses genoux cessaient également de saigner et se refermaient. Il était guéri…physiquement. Il se sentait encore embrumé. Voldemort prit son bras et le releva de force.
- Occupez-vous du reste, dit-il aux mangemorts.
Harry savait ce qu’il avait à faire. Il ferma les yeux, s’efforça de penser à sa chambre, et quand il les rouvrit, il s’y trouvait, accompagné de Voldemort.
- Prends-le et apporte-le moi, ordonna le Seigneur des Ténèbres.
Harry s’accroupit près de sa valise, l’ouvrit, et commença à fouiller. Il tâta sous ses vêtements un objet dur et sut qu’il avait trouvé ce qu’il cherchait mais il continua à remuer ses affaires. Il ne savait pas trop ce qu’il faisait, il lui était difficile de penser, mais il voulait tenter quelque chose, n’importe quoi pour que son ennemi ne puisse pas reprendre une des clés de son immortalité. Il fit semblant de fouiller ses robes de sorcier et il trouva…un médaillon. Puis il se rappela : le faux médaillon laissé par RAB était resté dans la poche d’une de ses robes qu’il n’avait plus mise depuis son retour à Privet Drive. Ca c’était une idée…
Il prit les deux médaillons, en faisant en sorte que Voldemort ne le voit pas, et il se releva, difficilement. Il tendit alors le faux médaillon à Voldemort. Ce dernier observa le bijou puis leva sa baguette :
- Endoloris !
Harry tomba à terre et hurla… hurla… hurla… Sa vision, ses pensées devenaient floues… Il ne le supportait plus, c’était trop pour lui…
Tout devint noir…

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
17 décembre 2006 à 12:33:29

12
La terrible réalité

Il courait… courait… courait… Il devait à tout prix lui échapper, il devait la fuir.
Harry ressentait une peur panique. Cette chose le poursuivait. Une ombre, gigantesque, le pourchassait à travers un désert, un horrible et vaste désert, sans vie, sans personne. Un espace infini.
Elle le rattrapait. Harry n’en pouvait plus ; il s’arrêta de courir et tomba à genoux, les mains posées sur le sable brûlant. Elle l’encercla.
- Non… s’il vous plaît… laissez-moi… supplia-t-il.
- Tu as peur ? dirent plusieurs voix familières à Harry.
L’ombre se concentra alors devant lui et prit un aspect matériel. Un homme grand, squelettique, livide comme une tête de mort, se tenait désormais en face de Harry.
- Tu as peur de moi, Potter ?
- Oui, avoua Harry. Je vous en prie, laissez-moi. Je vous jure que je ne ferai rien contre vous.
Lord Voldemort éclata d’un rire sans joie et leva sa baguette.
- Endo… commença-t-il, mais Harry l’arrêta en criant.
- NON ! S’IL VOUS PLAIT ! PAS ENCORE !! !!! hurla-t-il en se protégeant la tête de ses mains.
Le Seigneur des Ténèbres s’arrêta net. Il resta figé ainsi un instant puis changea d’apparence. Des cheveux poussèrent sur son crâne chauve et son teint vira du blanc craie au jaune cireux.
- Alors ? Qui est le lâche, maintenant, Potter ? interrogea le Prince de Sang-Mêlé. Vous, qui abandonnez alors que tout repose sur vous, ou moi, qui ait accompli ma mission avec brio ?
- Vous… marmonna Harry. Vous… partez. Vous êtes abject, vous n’êtes qu’une ordure.
- Peut-être, mais moi j’assume ce que je suis, railla Rogue. Je suis un mangemort et je sers le Seigneur des Ténèbres. Vous, vous n’assumez pas d’être l’élu. Vous n’avez de toutes manières pas la force nécessaire pour l’être. Vous êtes faible, Potter.
- Taisez-vous…
- Vous vous laissez dominer par vos sentiments, par vos stupides émotions sans intérêt.
- MES EMOTIONS NE SONT PAS STUPIDES !! !!!! hurla Harry. D’ailleurs, qu’est-ce que vous y connaissez, en sentiments ? Vous n’en avez jamais éprouvé. Vous ne pensez qu’à vous-même. Vous ne vous intéressez qu’au pouvoir. Vous ne valez pas mieux que votre maître…
- Je l’ai toujours dit, approuva une voix.
Rogue avait disparu pour faire place à un autre homme au visage émacié. Il portait une robe en lambeaux.
- Sirius ? appela Harry sans comprendre.
- J’ai toujours dit que Rogue ne valait pas mieux que tous les autres mangemorts que ces imbéciles du ministère ont libérés. Il a toujours été un fervent partisan de Voldemort et il a toujours adoré la magie noire. Je ne comprends vraiment pas pourquoi Dumbledore lui a fait confiance.
- Il a ses raisons, Patmol, intervint une autre voix toujours familière.
Un homme très pâle aux cheveux châtains-gris s’avançait aux côtés de Sirius.
- Et quelles raisons ? répliqua Sirius Black d’un air dédaigneux. Il aurait pu nous le dire, à nous ! Nous faisions aussi partie de l’Ordre !
- Je suis sûr que si Dumbledore avait confiance en Rogue, c’est qu’il avait une excellente raison pour cela, répéta Lupin.
- Et bien ça n’a pas empêché que ce lâche nous trahisse.
- Certes…
Les deux amis s’évaporèrent alors dans la nature. Harry ne comprenait pas ce qui s’était passé. Sirius et Lupin avaient discuté, comme si de rien était, comme si son parrain était toujours vivant…
Mais il n’eut pas tellement le temps de réfléchir à tout cela, car un étrange bruit d’air déplacé se fit entendre. Harry leva la tête et aperçut un tuyau en caoutchouc qui tombait vers lui. Et avant qu’il ne puisse admettre l’absurdité de ce qu’il voyait, le tuyau l’enveloppa et l’étouffa.
Il ne pouvait plus respirer, le caoutchouc se resserrait autour de tout son corps mais surtout autour de sa poitrine. Il allait perdre connaissance quand le tuyau se desserra enfin et repartit dans les cieux d’où il était venu.
Harry ne se trouvait plus dans un désert brûlant mais devant une tombe. Une tombe en marbre blanc… Il y était gravé :

Albus Dumbledore
1846-1997

Mais Harry, plus que tout autre chose au monde, ne voulait pas voir ce qui y était écrit. Il ne voulait pas voir cette tombe. Il le refusait tellement que pendant le mois entier qu’il avait vécu à côté, il n’y avait même pas jeté un seul coup d’œil. Mais il n’avait plus le choix. Il n’avait définitivement plus d’autre choix que d’y penser, d’y penser sans cesse, de se remplir de tristesse…
- Tu es enfin arrivé, Harry.
Il se retourna, et vit encore un homme. C’était un homme très vieux, avec une longue chevelure et une longue barbe argentées. Il avait des yeux bleus pétillants.
- Je me demandais quand tu viendrais enfin me voir, dit Albus Dumbledore. Je pensais que tu tenais plus à moi que ça.
- Professeur… balbutia Harry.
- Non, coupa le vieillard. Non, je ne suis pas Albus Dumbledore. Tu ne verras jamais plus Albus Dumbledore de ton vivant, plus maintenant.
- Mais…
- Je sais que je lui ressemble, que je suis comme lui, que je parle comme lui, mais tout comme Voldemort, tout comme Rogue, Lupin, et Sirius, je ne suis qu’un personnage imaginaire issu de tes souvenirs de ces personnes.
- Mais…, répéta Harry, comment…
- Réfléchis : dans quelles circonstances les gens sont-ils issus de la mémoire ? Dans quels moments des évènements aussi improbables que des tuyaux géants en caoutchouc tombant du ciel se produisent-ils ?
- Je suis en train de rêver…, marmonna Harry.
- J’en ai bien peur, approuva Dumbledore.
- Mais qu’est-ce que cela signifie ? demanda le jeune homme.
- Si je le sais, tu le sais forcément, répondit le vieillard.
- Je… Je ne comprends pas ce qu’il se passe, commença Harry en bégayant, j… je…
- De quoi as-tu peur ? interrogea le rêve. Tu n’arrêtes pas de fuir depuis des jours et des jours. Tu n’as fait que ça. Il serait temps de revenir à la réalité, et d’accepter.
- Mais accepter quoi !? demanda Harry avec colère. Je ne comprends rien !
- Oh si, tu comprends. Tu le sais, je te l’ai déjà dit. La réponse à tous tes problèmes se trouve en toi. Je dois te laisser, à présent.
Dumbledore se retourna et s’en alla en direction de la forêt interdite.
Mais Harry ne pouvait pas le laisser partir… une nouvelle fois. Il devait rester et lui expliquer, comme il l’avait toujours fait…
- Attendez ! cria-t-il. Qu’est-ce qu’il faut que je fasse ? Je ne peux rien, tout seul !
- Tu n’es pas seul, Harry, dit la voix lointaine de Dumbledore tandis que ce dernier arrivait à l’autre bout du parc de Poudlard. Et je te l’ai déjà dit, la réponse se trouve en toi.
Il disparut alors dans la forêt interdite et tout autour de Harry se brouilla, le parc, la forêt, le château de Poudlard, tout devint noir et il se réveilla enfin.

Il était allongé dans un lit plutôt confortable et gardait les yeux fermés. Il avait l’esprit embrouillé et tentait vainement de reconstituer les éléments du rêve qu’il venait de faire. Ce dont il était sûr, c’est qu’il s’y était passé quelque chose qui l’avait marqué, mais il ne savait plus quoi. Comme tenter de se rappeler son rêve lui donnait un épouvantable mal de crâne, il essaya alors de se remémorer la réalité et ce qui lui était arrivé avant qu’il n’atterrisse dans ce lit.
Il se souvint. La première chose qui lui revint fut le souvenir d’une douleur atroce. Il avait vu Voldemort… Il avait vu les mangemorts, aussi. Ils s’étaient réunis comme au cimetière autour des deux adversaires. Harry avait lutté, mais Voldemort l’avait tout de suite mis à terre…
Il se rappela également de Neville, gisant dans une mare de sang ; Hagrid, étendu, formant une bosse au loin, mort… Lupin, déchiqueté, lacéré, mort également… et des gens, des aurors, des villageois innocents, tous tués par le sortilège de déflagration des mangemorts.
Il ouvrit les yeux, et poussa alors un cri, mais pas aussi perçant que celui du petit être au long nez et aux oreilles de chauve-souris que Harry n’eut aucun mal à reconnaître : Dobby, qui était penché sur lui, avait sauté du lit quand Harry avait ouvert les yeux. Il portait plusieurs chapeaux empilés les uns sur les autres, un pull-over violet avec une cravate et deux chaussettes de couleurs différentes qui lui recouvraient toutes les jambes. Bref, Dobby n’avait quasiment pas changé depuis la dernière fois que Harry l’avait vu.
- Harry Potter ! dit-il ses yeux de la taille de balles de tennis remplis de larmes brillantes. Vous êtes enfin réveillé ! Dobby a eu tellement peur que vous ne vous réveilliez pas !
Harry regarda le visage souriant et pleurant de l’elfe de maison, puis il observa l’endroit où il se trouvait. Son lit était recouvert de draps blancs sur lesquels il y avait une serviette mouillée qu’il avait fait tomber de son front en se redressant. A sa droite il y avait une fenêtre qui donnait sur la façade d’un immeuble et de toute évidence, il faisait nuit. Il se retourna vers Dobby.
- Dobby… Qu… Qu’est-ce que je fais ici, où sommes-nous ?
- Harry Potter est à Ste Mangouste Monsieur, répondit l’elfe, l’hôpital pour les maladies et blessures magiques au quatrième étage où sont traités les pathologies des sortilèges.
Il avait dit tout cela sans s’arrêter et il haletait d’une façon étrange.
- Ca va, Dobby ? demanda Harry.
- Oh, oui, Monsieur ! assura immédiatement l’elfe. Très bien ! Si vous saviez à quel point nous étions inquiets ! Les amis de Harry Potter ne voulaient pas vous laisser, ils voulaient rester pour attendre que vous rouvriez les yeux ! Mais ils devaient aller… Enfin Dobby s’est proposé pour veiller sur Harry Potter, Monsieur.
Harry remarqua qu’il avait un regard fuyant et gêné. Il avait cessé de haleter et semblait maintenant triste.
- Qu’est qu’il y a ? questionna-t-il, soupçonneux. Ils devaient aller où ?
- Ils devaient simplement aller se reposer, s’empressa de répondre Dobby.
Mais Harry sentait qu’il mentait. Il savait qu’il y avait quelque chose de louche derrière le comportement étrange de Dobby. Mais il n’avait pas la force de mener un interrogatoire, il voulait rester tranquille, il voulait qu’on le laisse seul. Il se sentait fatigué, las, mais il savait qu’il ne pourrait pas dormir : il était trop préoccupé par les récents évènements.
- Dobby, pourquoi est-ce que je suis à Ste Mangouste ? demanda-t-il. Qu’est-ce qui s’est passé ?
- Des sorciers du ministère de la magie vous ont entendu crié dans votre chambre d’hôtel pendant qu’ils jetaient des sortilèges d’amnésie à des moldus, Monsieur. Ils vous ont retrouvé évanoui avec…
Dobby frissonna. Apparemment, la chose dont il n’osait pas prononcer le nom était particulièrement effrayante. Harry n’eut pas beaucoup de mal à comprendre de qui il s’agissait, il commençait à se souvenir…
- Voldemort, acheva Harry.
L’elfe trembla de plus belle.
- Désolé, s’excusa Harry, mais il faudrait que tu t’habitues à dire ou à entendre son nom.
Dobby ne répondit pas.

jimpoter
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Niveau 10
17 décembre 2006 à 12:34:54

- Harry, dit Ginny, hésitante, il faut que tu saches que beaucoup de choses se sont passées pendant que tu étais évanoui. Ron et Hermione…
- …sont en train de se préparer pour se rendre à un enterrement, acheva Molly Weasley.
Le cœur de Harry, après son émotion due au fait de revoir sa petite amie, tomba de haut dans sa poitrine.
- L’enterrement de qui ? demanda-t-il.
- Des parents d’Hermione, répondit Ginny.
Harry reçut un choc. Il ne pouvait pas y croire. Il avait vu Mr et Mrs Granger mercredi midi, comment pouvaient-ils être morts le samedi suivant ?
- Mais… Comment… balbutia-t-il.
- Leurs corps ont été découverts jeudi soir, expliqua Mrs Weasley. Les moldus ont fait une… comment on dit, déjà ? Quand ils examinent les cadavres pour savoir ce qui a provoqué la mort…
- Une autopsie, répondit Harry d’un ton macabre.
- Oui, c’est ça, absolument épouvantables, ces médecins… Bref, ils n’ont rien trouvé. Ils ont été tués par des sorciers, déclara-t-elle, il n’y a aucun doute possible.
- Comment va Hermione ? questionna Harry, inquiet.
- Pas très bien, répondit Mrs Weasley en hochant la tête.
- Elle a appris la nouvelle en lisant l’habituelle liste de morts et de disparitions de la Gazette du Sorcier, dit Ginny. Elle est devenue toute pâle et elle s’est effondrée. Ron a tenu à l’accompagner à l’enterrement.
- Ca ne m’étonne pas, dit Harry.
Un autre évènement venait une fois de plus assombrir le tableau. Il était vrai qu’il ne venait pas de perdre à nouveau quelqu’un de cher, mais on ne pouvait pas dire que deux morts supplémentaires n’avaient aucun effet sur lui : combien de morts y avait-il encore eu et y aurait-il encore à cause de cette guerre ? Il y avait déjà la mort de Cedric, de Sirius, de Dumbledore, l’ensorcellement de Fred et George, les attaques successives contre Ron, contre Hermione, contre Neville, la mort de tous ces gens à Pré-au-Lard, la mort de Lupin… la mort de Hagrid… Et maintenant la mort des parents d’Hermione. De plus en plus, il comprenait ce qu’avait pu ressentir la communauté sorcière la première fois que Lord Voldemort avait tenté de prendre le pouvoir. Tout le monde était touché, désormais. Ron, torturé au mariage de son frère aîné, avec ses deux autres frères soumis à l’Imperium ; Hermione, d’abord ensorcelée puis torturée à son tour, même si Harry l’avait tout de suite libérée, et désormais orpheline, comme lui ; Neville, avec ses parents devenus fous à force de torture, et presque vidé de son sang simplement parce que Harry avait eu la mauvaise idée de lui demander de rester seul quelques minutes, hors de la « sécurité » de la chambre d’hôtel, seulement quelques instants seul dans un couloir…
Il ne pourrait pas supporter de recevoir encore une fois ce genre de choc, il lui fallait tout demander et tout savoir sur les évènements, aussi terribles soit-ils. Il devait rattraper la réalité et non plus être rattrapé par elle.
- Que… Qu’est-ce qui s’est passé, à Pré-au-Lard ? questionna Harry, abattu. Qu’est-ce qui est arrivé après… après le massacre ?
Il voyait au visage des deux femmes qu’il venait d’aborder un nouveau sujet sensible.
- Nous ne le savons pas vraiment, avoua la mère de Ron, attristée. Depuis mercredi soir, à minuit précise, personne,- de notre camp, en tout cas -, n’a pu rentré dans le village.
- Quoi ? s’étonna Harry. Mais pourquoi ?
- Nous l’ignorons, admit Mrs Weasley. Tout ce que nous savons, c’est qu’un champ de force entoure le village tout entier et qu’aucun sorcier du ministère ou de l’Ordre n’a réussi à le franchir.
- Mais alors… Ca voudrait dire que…
Molly Weasley resta silencieuse, ce fut sa fille qui reprit la parole :
- Il semblerait que Pré-au-Lard soit devenu la nouvelle base officielle – et impénétrable – de Voldemort et de tous ces partisans, déclara-t-elle.
- Une base officielle ? répéta lentement Harry, incrédule.
- C’est ce que craint le plus le ministère et l’Ordre aussi, d’après ce que j’ai compris.
Mrs Weasley, habituellement si réticente à révéler quoi que ce soit sur l’Ordre du Phénix, acquiesça d’un signe de tête.
- Ce que Maman a oublié de te dire c’est que, en plus du champ de force qui est certainement une protection magique créée par les mangemorts, une marque des ténèbres géante reste vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans le ciel et illumine tout le village. Hier, la gazette du sorcier parlait déjà de « Capitale des Ténèbres ». C’est pour ça que je t’ai dit base « officielle ».
- Une capitale… répéta Harry.
Il leva les yeux et croisa le regard de sa petite amie. Ils pouvaient se comprendre grâce à se simple regard. Il savait que Ginny se rendait compte tout comme lui de ce que signifiait une telle chose. Si Voldemort disposait d’un village entier comme quartier général, s’il était suffisamment sûr de lui pour ne pas s’en cacher, et s’il arrivait avec ses mangemorts à créer une protection suffisante pour déjouer les sorts des aurors du ministère et des membres de l’Ordre, cela signifiait que les choses allaient très, très, très, très, très, très bien pour lui. Il avait un avantage certain car il pouvait préparer beaucoup de choses contre le monde des sorciers dans un espace aussi grand, et ce sans être gêné. Et une autre pensée vint en lui…
- Mais s’il a pu créer une telle protection magique, il doit avoir réuni beaucoup de partisans aux pouvoirs puissants, non ?
- C’est ce que craint McGonagall, répondit Mrs Weasley avec un air sombre que Harry ne lui avait jamais vu.
La gravité des faits était bien plus grande que Harry ne l’aurait crue, mais il n’avait pas terminé, il y avait encore un sujet à aborder avant de pouvoir tout digérer…
- Mais si Pré-au-Lard est devenu inaccessible depuis deux jours, est-ce qu’il y a eu des survivants ?
Il venait de toucher un point sensible, encore une fois, car les deux femmes clignèrent plus fréquemment des yeux.
- Oh, Harry, commença Mrs Weasley, d’un ton de plus en plus gémissant, tu viens juste de te réveiller, on ne devrait pas parler de tout ça, on devrait plutôt se réjouir de te revoir guéri au lieu de te raconter toutes ces horribles choses…
- Non, Mrs Weasley, je veux savoir, je dois savoir, répliqua Harry d’un ton catégorique. Je ne pourrais pas dormir tranquille tant que je ne saurai pas tout. Vous croyez que j’ai envie d’avoir d’autres surprises du genre « les parents de ta meilleure amie sont morts » ? demanda-t-il d’un ton ironique.
- Je… bredouilla la mère de Ron. Très bien, tu as raison, je n’ai pas le droit de tout te cacher, comme si tu n’étais qu’un enfant… Très bien, répéta-t-elle, et bien… la moitié des habitants du village ont été enfermés dans le village avant de pouvoir être soignés, donc nous pensons qu’ils sont morts, ce qui représenterait environ cent cinquante sorciers et sorcières, soit cinq pour cent de la population sorcière du pays.
Harry demeura abasourdi.
- Beaucoup se sont enfuis mais de ceux de la Grand-rue, il n’y a que Hagrid qui soit rev…
- Hagrid est vivant !? s’exclama le jeune homme, encore plus abasourdi.
Mais cette fois, son incrédulité était d’une toute autre nature.
- Oui, répondit Mrs Weasley, les sourcils levés, bien sûr. Je pensais que Kingsley te l’avait dit.
- Non, je ne savais pas…
Et malgré tout ce qu’on venait de lui annoncé, malgré tous les terribles évènements survenus depuis mercredi après-midi, il ressentit une vague de soulagement. Il était absolument persuadé que son ami géant était mort, comment aurait-il pu en être autrement, après tout ce qu’il venait d’apprendre ? Mais Hagrid était quand même en vie, il avait réussi à s’échapper, Harry ne l’avait pas perdu…
- Je… bredouilla-t-il, Je l’avais vu… Il était étalé avec tous les autres…
- Comment ça, tu étais là-bas ? s’étonna Mrs Weasley.
- Vous le savez bien, dit Harry, surpris. Sinon, comment voulez-vous que je sache pour…
Mais il fut interrompu par une autre voix, une voix de femme.
- Harry, il faut que je te parle.
C’était Tonks. Elle avait les cheveux châtains clair alors qu’ils étaient habituellement de couleurs vives et variées, Tonks étant une métamorphomage, une sorcière ayant la capacité de changer d’apparence à volonté. Elle semblait extrêmement préoccupée et ses yeux étaient rougis et soulignés de cernes. La dernière fois que Nymphadora Tonks s’était retrouvée dans un état semblable, Remus Lupin avait refusé ses avances (Harry avait pensé qu’elle était amoureuse de Sirius avant de se rendre compte que le patronus de la jeune femme représentait un loup et non un chien), et Harry se doutait que le loup-garou était une nouvelle fois responsable de ses tourments.
Mrs Weasley, qui avait brusquement tourné la tête lorsque sa « collègue » de l’Ordre du Phénix était rentrée dans la chambre, se leva et tapota légèrement l’épaule de cette dernière.
- Tonks, murmura-t-elle d’un ton apaisant, il vaut peut-être mieux attendre, tu ne crois pas ? Le temps qu’il reprenne plus de forces…
- Non.
Harry avait interrompu Mrs Weasley d’une voix calme et ferme. Il ne pouvait pas la laisser le couver éternellement, il devait la vérité à Tonks et attendre davantage n’aurait servi à rien.
Molly Weasley jeta un coup d’œil embué à celui qu’elle tentait désespérément de protéger et sans un mot, sortit de la pièce. Ginny, quant à elle, se pencha pour embrasser Harry puis partit à son tour. Tonks tira la chaise vide de Mrs Weasley et s’assis en baissant les yeux. Au bout d’une minute, elle rompit son silence :
- Harry, commença-t-elle, Hagrid a dit… Hagrid a dit que tu étais là quand… quand ça s’est passé…
- C’est vrai, confirma Harry.
Il avait peur et se sentait terriblement gêné… et peiné.
- Je sais, je… je t’avais entendu derrière la porte, avoua-t-elle. Je me suis arrangé pour être affecté ici. Au début, ils pensaient que Hagrid avait pris un gros coup sur la tête parce qu’il n’a pas arrêté de répéter que tu avais jeté un sortilège multiple du patronus. Il a dit que tu en avais envoyé sept qui auraient chassé les détraqueurs dans la grand-rue.
Elle eut un petit rire nerveux ; Harry, lui, ne dit rien. Ce n’était vraiment pas le moment pour lui de se vanter…
- Si je voulais te parler, c’est parce que si tu étais également dans la grand-rue à ce moment-là, donc Hagrid n’était pas le seul témoin de ce qui s’est passé, comme nous le croyions.
Elle s’approchait de plus en plus du sujet qui la préoccupait, et ses yeux semblaient s’humidifier davantage. Harry persista dans son mutisme, en attendant l’instant où Tonks lui poserait la question qu’il redoutait.
- Tu comprends, reprit-elle, quand je lui ai demandé…certaines choses, il a été incapable de se souvenir, il disait que c’était trop flou, ou peut-être qu’il ne se trouvait tout simplement pas dans son champ de vision, ou même qu’il n’était pas là…
- Vous voulez parlez de…, commença Harry, mais il ne pouvait pas continuer, ou même prononcer son nom.
Mais il devait le faire…
- Lupin ? acheva-t-il.
Son interlocutrice acquiesça d’un signe de tête. Puis elle se retourna brusquement vers Harry, le regardant enfin dans les yeux. Elle affichait une figure grave.
- Est-ce qu’il était là-bas, Harry ?
- Oui.
- Alors… il est…
- Je pense, oui, répondit-il difficilement.
Tonks enfouit son visage dans ses mains.
- Est-ce que t…t…tu en es ab…b…bsolument sûr ? demanda-t-elle de sa voix agitée de tremblements dus, comme Harry le savait parfaitement, à des sanglots qu’elle s’efforçait de cacher.
- Je l’ai vu à une dizaine de mètres de moi, raconta Harry. Bien sûr, si Hagrid a pu s’enfuir…
- Hagrid était éloigné des mangemorts au moment où ils ont lancé leur sortilège, coupa Tonks en levant la tête. Il s’est levé quelques secondes plus tard, d’après ce qu’il nous a dit, et il a transplané. Est-ce que c’était le cas de Remus ?
- Je ne sais pas, admit Harry. Il était plus éloigné que les autres personnes qui étaient présentes et il n’avait pas les mêmes blessures, dit-il en se rappelant ces détails.
- Qu’est-ce que tu veux dire ? interrogea la jeune femme.
En voyant son regard plein d’espoir, Harry s’en voulut immédiatement. Il venait de lui donner un faux espoir.
- Enfin, il était gravement blessé, s’empressa-t-il d’ajouter. Mais je voulais dire qu’on aurait plutôt dit qu’il s’était fait attaquer par une bête sauvage que souffler par l’explosion comme les autres. Je suis désolé, Tonks, dit-il, chaque mot lui demandant un terrible effort, mais il n’était pas en état de s’enfuir et…
Il se tut en clignant des yeux à plusieurs reprises, et se tourna vers la fenêtre pour cacher le plus possible son visage. Il n’aurait jamais cru que ce serait aussi dur.
- Je te demande pardon, Harry, dit Tonks. Je sais que c’était un ami de ton père et que tu l’aimais beaucoup.
Puis, brusquement, elle se leva et sortit précipitamment. Quelques secondes plus tard, un peu plus loin dans le couloir, qulequ’un éclata en sanglots déchirants.
Harry était bouleversé, c’était comme si on venait également de lui annoncer la mort de son ancien professeur de défense contre les forces du mal…et ami. Entendre parler de lui au passé l’avait ramené à la réalité, qui l’avait finalement rattrapée, comme il voulait l’éviter.

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
17 décembre 2006 à 12:40:43

- Il m’a pris par derrière, le lâche, raconta Neville avec une once de haine dans la voix. J’ai juste eu le temps de me retourner que je perdais déjà tout mon sang. Il a dit que « ça donnerait une bonne leçon à Potter ».
- C’est à cause de l’an dernier, murmura Harry plus pour lui-même que pour son interlocuteur.
- Ce n’est pas de ta faute, assura son ami au visage joufflu, ce n’était qu’un accident.
- Ce n’est pas ma faute à cause de l’année dernière, déclara Harry en colère contre lui-même, mais ça l’est parce que je t’ai fait sortir de la chambre.
- Tu ne pouvais pas savoir.
- D’accord, mais vu ce que je voulais faire, je n’avais pas besoin de te le cacher.
- Ah… Mais justement, qu’est-ce que tu as fait ? Qu’est-ce qui s’est passé quand tu as laissé Ron et Hermione ?
Harry hésita. Mais après tout, il venait de dire lui-même qu’il n’avait pas besoin de le cacher. Donc, il raconta tout. Sa courte conversation avec Lupin, comment il avait pensé le trouver à Pré-au-Lard, comment il avait chassé les détraqueurs avec son « septuple patronus »…
- Alors c’était vrai ? s’étonna Neville, impressionné.
- Euh… Oui, répondit Harry en sentant ses joues s’empourprer.
- Ben dis donc, on pensait que Hagrid avait peut-être pris un coup sur la tête…
- Je lui ai dit devant toi qu’il ne s’était pas trompé, fit remarquer Harry.
- Oui, mais je sais bien qu’avec Ron et Hermione, vous avez parfois tendance à lui mentir pour lui faire plaisir.
- C’est vrai, admit l’alité en se sentant encore plus gêné (l’ancien professeur de Soins aux créatures magiques se trouvait derrière la porte).
…comment les aurors avaient coincé les mangemorts au beau milieu de la grand-rue, comment ceux-ci avaient jeté un sortilège de déflagration qui avait probablement tué tous ceux qui luttaient dans ce secteur, comment Voldemort l’avait protégé pour se charger lui-même de « l’élu » et de ses « prodigieux pouvoirs », et comment il avait effectivement retrouvé Remus Lupin à Pré-au-Lard avant de devoir mener un duel plus qu’inégal avec Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom… A ce stade, il s’interrompit, car la peur lui nouait l’estomac, une peur qu’il s’efforçait de combattre depuis son réveil et qui commençait sérieusement à reprendre le dessus…
- Tu as encore dû l’affronter ? questionna son ami, encore plus impressionné. Et tu lui as encore échappé ?
- Je n’y suis pour rien, j’ai simplement eu…
- Ah non, l’interrompit Neville, ne me dis pas encore que tu as eu de la chance !
- C’est pourtant vrai, il m’a tout de suite terrassé…
Il lui raconta la façon dont Voldemort l’avait mis à terre, et aussi comment il avait soudainement décidé de ne pas tuer Harry pour s’occuper du médaillon.
- Comme ça, sans raison ? s’étonna Neville.
- Il a parlé d’un « petit problème de baguette ». Quand j’ai essayé de parer son sort, le sortilège s’est brisé sans raison sur ma baguette. Ah moins que…
- Quoi ?
- Normalement, ma baguette ne peut pas combattre celle de Voldemort, expliqua Harry.
Il lui parla brièvement de la plume du même phénix que contenaient les baguettes de Voldemort et de Harry.
- C’est pour ça que j’ai pu survivre, quand il est revenu. Bien sûr, ça ne se produit que quand nos sorts se touchent, donc nous pouvions quand même livré un duel. Mais maintenant que j’y pense, c’est vrai que quand j’ai utilisé le charme du bouclier, nos baguettes n’ont pas été réunies comme la dernière fois.
Comment avait-il pu ne pas s’en apercevoir ?
- Je me demande si… s’il n’a pas découvert un moyen d’annuler ce lien. Ou plutôt s’il a essayé, parce que si son sort s’est brisé, c’est qu’il n’a pas réussi… Mais attends, peut-être que…
Il était vrai que ça expliquerait pourquoi il avait disparu… Il se tourna vers son ami.
- Et si c’était pour ça qu’il a enlevé Ollivander, il y a un an ? Il aurait pu lui demandé pourquoi ce phénomène s’était produit et comment y remédier ! Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-il en voyant l’expression incrédule de Neville.
- Harry, ça doit être pour ça qu’on a pas retrouvé ta baguette !
- Bien sûr ! Et…
Mais quelque chose n’allait pas.
- Une seconde, c’est quoi, cette histoire ? interrogea-t-il, les sourcils froncés.
- Tu sais bien qu’on n’a pas retrouvé ta baguette magique ?
- Quoi ?
C’était impossible…
- On a retrouvé toutes tes affaires dans la chambre d’hôtel mais il n’y avait pas moyen de mettre la main sûr ta baguette. Je croyais qu’on te l’avait dit.
- Non…
Pour Harry, qui ne s’était jamais séparé de sa baguette dans le monde des sorciers, c’était un coup dur. Sa peur refoulée s’intensifia.
Il poursuivit cependant son récit et raconta comment il avait remis un faux médaillon à Voldemort qui s’en était visiblement rendu compte puisqu’il avait infligé à Harry un Doloris de trop.
- Ce que je ne comprends pas, conclut-il, c’est pourquoi il ne m’a pas tué tout de suite. C’est vrai, il aurait pu récupérer le médaillon par ses propres moyens, comme il me l’avait lui-même dit, et puisqu’il tenait tant à me tuer dans un duel, il lui suffisait de prendre une autre baguette. Et aussi : pourquoi est-ce qu’il s’est enfui devant les oubliators ? Il aurait pu les tuer facilement ! Ce n’est pas que ça me dérange mais c’était stupide de sa part…
Neville, qui était devenu légèrement blême en entendant Harry raconter « l’interrogatoire » du Seigneur des Ténèbres, haussa les épaules et dit :
- Moi j’aimerais bien savoir comment il a pu savoir que son médaillon n’était plus en sécurité dans sa grotte. Tu m’as bien dit qu’il n’y était plus lié ?
- J’imagine que s’il veut le savoir, il peut se connecter de la même manière qu’il pouvait être connecté avec mon esprit par l’intermédiaire de ma cicatrice, dit simplement Harry, haussant les épaules à son tour.
- Mais dans ce cas, il aurait pu le retrouver tout seul ?
Tous deux restèrent perplexes. Le comportement de Lord Voldemort semblait en effet bien étrange, vu sous cet angle…
Ils parlèrent de Ron et Hermione, non pas en poursuivant la petite conversation qu’ils avaient eue sur les chances du couple de survivre, mais pour discuter de la jeune femme.
- Je ne sais pas vraiment comment elle va, déclara Neville. Je l’ai juste vue quand elle a appris la nouvelle en lisant La Gazette. Elle était toute pâle et elle s’est effondrée, mais Ron l’a empêchée de tomber. Il n’y a qu’à lui qu’elle accepte vraiment de parler, en ce moment. A nous, elle ne dit que « bonjour » et « bonsoir ».
- Ca recommence…
- Oui. Mais là, je dois dire que je comprends parfaitement qu’elle soit bouleversée en pensant à ses parents…
Harry approuva d’un signe de tête : il y a quelques jours, Hermione craignait de ne plus revoir ses parents, et maintenant, ils étaient fixés sur les chances qu’avaient la famille Granger de se retrouver un jour à nouveau réunie.
- En tout cas, reprit Neville, Ron se montre beaucoup plus mur et compréhensif qu’il ne l’a jamais été.
- Je crois qu’on l’est tous depuis l’an dernier, dit Harry. Est-ce que tu sais quand ils doivent rentrer ? questionna-t-il.
Neville fit non d’un signe de tête. Ils restèrent silencieux quelques instants, puis Hagrid, percevant sans doute l’absence de bruit, rentra dans la chambre. Il était suivi de près par une petite sorcière trapue qui portait un nœud noir dans ses cheveux châtains…
- Vous ! s’écrièrent aussitôt les deux parleurs.
- Bonjour, Mr Potter, dit-elle avec une voix haut perchée de petite fille. Je suis Dolores Ombrage, j’imagine que vous vous souvenez de moi ?
- Qu’est-ce que vous faîtes là ? s’indigna Harry. Sortez immédiatement d’ici ! Je ne veux pas vous voir ! Pourquoi est-ce que vous l’avez emmenée avec vous, Hagrid ? interrogea-t-il en regardant le garde-chasse de Poudlard avec fureur.
Mais Hagrid, qui avait l’air de devoir sérieusement se retenir pour ne pas frapper la nouvelle venue, ne répondit rien. Ombrage le fit à sa place :
- Je suis ici en qualité de Sous-secrétaire d’état auprès du ministre de la magie, dit-elle avec un sourire de crapaud. Mr Scrimgeour n’a malheureusement pas pu venir lui-même car il était trop occupé. Il m’a donc chargé d’interroger Mr Potter moi-même. Sortez, Mr Londubat, et c’est également valable pour vous, Mr Hagrid.
- Je n’ai plus d’ordre à recevoir de vous, vieux crapaud ! répliqua Neville, fulminant de rage. Je suis majeur et je ne suis heureusement plus votre élève.
- Peut-être, répondit calmement Ombrage, sans se départir de son sourire, mais je suis Sous-secrétaire d’état auprès du ministre et vous devriez vous estimer heureux si vous n’êtes pas poursuivis pour insulte à un haut représentant du ministère. Alors sortez, je vous pris.
Pendant plusieurs secondes, Neville sembla lutter contre lui-même, comme Hagrid, mais il finit par dire :
- Très bien.
Il se pencha ensuite sur Harry et lui fit la bise. Harry aurait pu juger ce comportement étrange (il n’avait pas l’habitude de faire la bise à ses amis, plutôt à leur dire simplement « bonjour », ou à leur serrer la main) s’il n’avait pas senti quelque chose se glisser sous son drap.
- Ca pourra servir, murmura-t-il.
Tandis que Neville sortait sur les talons de Hagrid, Harry sentit en mettant ses mains sous ses draps un objet dont la forme lui donna un sentiment de sécurité.
- Bien, Mr Potter, dit Dolores Ombrage en s’asseyant, vous avez des choses à me dire.
- Ah oui, quoi, par exemple ? demanda Harry avec un air faussement interrogateur.
- Par exemple, comment vous êtes-vous retrouvé en compagnie de Vous-Savez-Qui dans cet hôtel ?
Harry s’était certes attendu à de telles questions de la part du ministère, mais il ne voyait pas comment répondre à toutes leurs questions sans mentir.
- Il m’a attaqué quand je suis arrivé à Pré-au-Lard, expliqua Harry.
- Dans ce cas, pourquoi étiez-vous dans cet hôtel ? répéta Ombrage.
- Parce qu’il voulait me torturer dans un coin plus tranquille, dit Harry d’un ton dégagé.
- Avec tous ces moldus autour ? Ne me mentez pas, Mr Potter. Je sais très bien que vous n’étiez pas à Pré-au-Lard. Le témoignage de cet hybride ne vaut rien. Je suis sûr et certaine que vous prépariez quelque chose !
- Qu’est-ce que vous voulez que je prépare !? s’emporta Harry. Voldemort a utilisé le sortilège Doloris contre moi et vous pensez que je prépare quelque chose avec lui, peut-être ?
- J’imagine que vous ne deviez pas avoir réussi votre mission.
Harry n’en cru pas ses oreilles. On l’accusait d’être un mangemort ? Alors que c’était lui, la victime ? La haine et la fureur montèrent en lui, il avait une très forte envie de frapper Ombrage, à présent…
- Je ne suis pas à son service ! dit-il, et contrairement à ce qu’il avait prévu au départ, il disait bien entendu la vérité.
- J’en ai assez, Potter ! hurla Ombrage, avec un air de démente. Je vais moi-même m’assurer que vous ne pourrez plus me mentir comme vous l’avez toujours fait, murmura-t-elle.
Brusquement, elle se leva et pointa sa courte baguette magique sur la porte. Un cliquetis se fit entendre, puis une lumière illumina brièvement les interstices.
- Personne ne pourra ni nous entendre, ni entrer, annonça-t-elle, plus démente que jamais. Maintenant je vais vous arracher les vers du nez…
Elle leva son arme et s’écria :
- ENDOLORIS !! !!!
Mais Harry se tenait prêt.

RookWood
RookWood
Niveau 7
22 décembre 2006 à 12:47:12

Ouf je vien de finir de lire ta fic ...j´en ai mis du temps mdr .
Ba moi je trouve que c´est bien , on attend la suite a present .
Enfin moi en tout cas j´attend la suite avec impatience .

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
22 décembre 2006 à 23:09:25

:merci: beaucoup Rookwood, je ne suis pas totalement ignoré :ange: .
Je suis :desole: de ne pas avoir posté plus mais je n´ai pas pu venir de la semaine à cause de l´absorption de mes devoirs... seulement voilà... c´est les vacances !! :fete: Par conséquent, vous aurez très bientôt l´intégralité de ce que j´ai écrit pour l´instant :ok:
Aujourd´hui je poste deux gros chapitres^^.

Bonne lecture :ange:

15
Réflexions

Harry, Ron, Hermione et Neville furent abasourdis.
- Comment !? s’exclama Ron.
Même Hermione, qui était restée renfermée depuis que Harry l’avait revue, leva la tête, les yeux grands ouverts ; Neville semblait très impressionné et Ron restait bouche bée.
- Je viens de vous demander à tous les quatre, Mr Weasley, ce que vous diriez de rentrer dans l’Ordre du Phénix, répéta McGonagall avec une pointe d’impatience dans la voix.
Hermione, Ron et Neville regardèrent Harry. Ce dernier regardait le mur qui lui faisait face, quelque part à gauche du professeur McGonagall, sans le voir, perdu dans ses pensées…
Il avait toujours souhaité appartenir à l’Ordre mais on le lui avait toujours refusé, jusqu’à présent. Il fallait être majeur, avoir terminé ses études… Et maintenant, c’était le professeur McGonagall, l’une des sorcières les plus sérieuses et strictes qu’il connaissait, qui le lui proposait. Si elle lui demandait, elle qui aurait certainement été la dernière personne à pouvoir l’accepter dans l’Ordre autrefois, c’était que lui et les autres devaient vraiment le mériter, qu’elle reconnaissait leur importance et qu’ils avaient gagné le droit de participer autant que les autres, même aux yeux des sorciers adultes (enfin adultes depuis plus longtemps qu’eux).
Mais Harry le souhait-il toujours autant ? Certes, il l’avait ardemment désiré pendant sa cinquième année, puis il avait nettement été refroidi par la mort de Sirius ; ensuite, Dumbledore était mort et il avait perdu… tout son entrain. Il ne voulait plus trouver les horcruxes que par devoir, et pour se venger, aussi. Il avait quelque peu retrouvé sa motivation au cours des mois qui avaient suivi mais ce n’était plus la même chose… Il avait voulu rentrer dans l’Ordre pour se lancer dans l’action, être utile, mais maintenant… Maintenant c’était plus un « devoir civique ». Il devait vaincre Voldemort pour le salut du monde des sorciers, et même de l’humanité toute entière. Mais après tout…
Oui, après tout, sa nouvelle motivation était celle de tout membre de l’Ordre du Phénix qui se respectait, celle des sorciers majeurs, ceux qui avaient achevé leurs études…
- Bien sûr, je vous laisserai du temps pour y réfléchir et pour en discuter entre vous.
Harry sursauta. Il en avait presque oublié qu’il était dans le bureau du professeur McGonagall en compagnie de cinq autres êtres humains. Il acquiesça d’un signe de tête. Il y eut un bref silence, puis…
- Professeur, quel serait notre rôle au sein de l’Ordre si jamais nous acceptions ?
C’était Hermione qui avait posé la question. Elle ouvrait la bouche pour la première fois depuis que Harry l’avait revue, et il n’était pas sûr qu’elle eût beaucoup parlé non plus pendant qu’il était à l’hôpital, d’après le regard hésitant que lui lança Ron, le seul que, d’après Neville, Hermione avait autorisé à rester avec elle. Cette dernière avait toujours les yeux rougis, mais son regard avait le sérieux, la politesse, et le « professionnalisme », et surtout l’hermionisme habituels de la meilleure des anciens élèves de Poudlard.
- Et bien… Disons que vous formeriez une nouvelle branche de l’Ordre, une branche qui aurait une tâche… bien précise. Seulement cette fois, vous aurez des moyens à votre disposition ; vous pourrez par exemple demander l’aide de certains membres de l’Ordre pour vos missions. Vous participeriez également à nos réunions, ce qui vous donnerait une idée bien plus précise et proche de la réalité que celle que vous avez pour l’instant. Vous connaîtrez la situation exacte de notre monde, vous pourrez savoir à quoi vous attendre, et vous pourrez même envisager ce que prépare Vous-Savez-Qui. Bref, vous saurez où et quand frapper, vous aurez les moyens d’élaborer une stratégie, et ce, avec l’aide des membres de l’Ordre. Ai-je besoin de préciser que tout ceci vous ferait une situation bien plus avantageuse que celle que vous aviez dans cette petite chambre d’hôtel moldue, sans savoir comment avancer dans votre mission, et pouvant vous faire surprendre à tout moment, comme l’a prouvé votre capture par Drago Malefoy, l’agression de Neville, toujours par Drago Malefoy, et enfin le fait que vous ayiez été pris au piège par Vous-Savez-Qui, Harry ?
Harry échangea un regard avec ses amis qui, pour il ne savait quelle raison, semblaient inquiets, puis se tourna à nouveau vers son interlocuteur.
- Nous… Nous allons y réfléchir, professeur, répondit Harry.
- Bien sûr, dit McGonagall. Mais essayez de ne pas me faire trop attendre, Harry, car j’ai d’autres affaires assez importantes à régler ; des affaires qui pourraient changer bien des choses pour l’Ordre et pour… d’autres personnes. Et il serait peut-être préférable que je sache si vous voulez en faire partie avant de faire… ce que j’ai à faire. Quoi qu’il en soit, je vous souhaite à tous les trois une bonne nuit de sommeil pour réfléchir à tout ceci.
Elle se leva et raccompagna le quatuor passablement désorienté par les phrases énigmatiques du professeur à la porte.
Une fois parvenus à l’ancienne salle commune des Gryffondor, ils prirent place dans des fauteuils défoncés mais confortables, et proches du feu. Ils demeurèrent silencieux pendant quelques instants, chacun étant plongé dans ses pensées, sauf Hermione qui jetait de temps à autres un coup d’œil pénétrant à Harry qui lui faisait face.
- Vous croyez qu’elle sait ? finit par demander Neville, rompant ainsi le silence devenu de plus en plus pesant.
Cette fois, le coup d’œil d’Hermione se prolongea dans un regard plus perçant que jamais. Et soudain, Harry comprit d’où venait l’inquiétude de ses amis, il aurait dû y penser plus tôt…
- Oui, répondit-il, elle sait pour la prophétie. Elle a entendu ma conversation avec Ginny l’autre jour.
Sous le regard effaré des autres, il ajouta :
- Mais elle m’a assuré qu’elle ne ferait rien pour m’empêcher de faire ce que j’avais à faire. Dumbledore lui avait légué une lettre dans laquelle il lui disait de ne pas s’opposer à ce que je prenne… une part active dans le combat. En fait, je m’attendais à ce qu’elle soit beaucoup plus réprobatrice, mais on dirait qu’elle a compris que ce que nous faisons est sérieux et que les actions de l’Ordre n’ont aucun intérêt si nous n’arrivons pas à… accomplir notre mission. Sinon, elle ne nous aurait pas proposé de rejoindre l’Ordre, vous ne croyez pas ?
- Je ne pense pas qu’elle veuille nous dissuader de pourchasser Voldemort, Harry, dit Hermione. Mais d’après ce que tu nous as rapporté l’année dernière, Dumbledore avait l’air de penser que moins il y avait de personnes au courant, mieux ce serait.
- Je le sais bien, répliqua Harry, mais je n’y peux rien si McGonagall écoute aux portes, non ?
- Je ne dis pas que c’est de ta faute, assura Hermione, mais un peu trop de gens sont mis au courant, ces temps-ci, tu ne trouves pas ? D’abord, tu l’as dit à Ginny – je sais, tu devais lui dire pour qu’elle comprenne qu’elle devait rester à l’écart – et McGonagall t’a entendu, ce qui me déçoit quelque peu de sa part, je n’aurais jamais pensé qu’une sorcière comme elle s’abaisserait à écouter aux portes. Ensuite, tu l’as dit à Neville, ce qui est normal, puisqu’il était sur le point de nous accompagner à la chasse aux horcruxes. Et tu l’as dit à Ron et à moi bien avant cela, et je considérerai comme une insulte que tu ne nous l’aies pas dit, d’ailleurs. Ce qui nous donne en tout, en plus de toi qui est le premier concerné, cinq personnes qui savent que toi seul peux tuer Voldemort, et trois qui savent que tu essayes de détruire les fragments dispersés de son âme.
- Je te signale que tu viens de me donner raison pour chaque personne à qui j’ai révélé (que ce soit volontaire ou non) la prophétie ou les horcruxes. Alors où veux-tu en venir, exactement ?
Ron et Neville avaient l’air tout aussi déconcertés que lui, mais apparemment, ils n’osaient rien dire.
- Et bien… je crois que même si la proposition du professeur McGonagall est très alléchante, cela impliquera certainement que tu vas devoir parler de tout ça avec les autres membres de l’Ordre.
Il y eut un silence. C’était pourtant vrai, s’il rentrait dans l’Ordre, on lui demanderait sûrement de dire en quoi consistaient ses « missions pour l’Ordre », auquel cas il ne pourrait que refuser.
- Je ne peux pas, dit-il.
Hermione approuva d’un signe de tête et Neville prit un air déçu mais résigné : après être rentré dans l’équipe de Harry pour tuer Voldemort, il avait sans doute été très excité par l’éventualité de faire partie du légendaire Ordre du Phénix. Ron, lui, parut choqué.
- Alors on va refuser ? s’exclama-t-il en se levant d’un bond. On va renoncer à l’aide de l’Ordre alors qu’on sait très bien qu’on a aucune chance tous seuls !
- On n’a pas le choix ! répliqua Harry.
- Bien sûr que si ! Si McGonagall comprend l’importance de ce qu’on essaye de faire, elle doit aussi comprendre que tu ne peux rien dire, j’en suis sûr ! C’est ce qu’elle a fait quand on est partis, mardi dernier.
- C’était avant qu’elle nous demande d’entrer dans l’Ordre, fit remarquer Hermione d’une voix hésitante. Cette fois, il se peut qu’elle réclame des explications sur ce qu’on fera, et je dois dire qu’elle serait dans son droit.
- Ce n’est pas sûr, dit Harry qui avait attentivement écouté son meilleur ami. Je pense… qu’on devrait accepter.
- Harry… fit Hermione.
- Mais à une condition, ajouta-t-il, qu’elle nous autorise à cacher certaines choses. Ron a raison, nous avons besoin d’aide. Et de toutes façons, si les membres de l’Ordre refusent notre participation si nous ne leur disons rien, nous n’aurons qu’à nous retirer. L’Ordre du Phénix n’est pas comme l’Ordre des Ténèbres : on peut le quitter sans se faire tuer.
Ron se rassit ; Hermione parut hésiter, puis acquiesça d’un signe de tête ; l’expression de Neville passa de la déception au soulagement.
- Je suis crevé, finit par dire Harry. Je crois bien que je vais monter et passer une bonne nuit de sommeil, ajouta-t-il en se levant.
- Bonne idée, approuva Neville.
Ils se levèrent tous les deux et se dirigèrent vers le dortoir des garçons, mais ni Ron ni Hermione ne bougèrent.
Harry commença à grimper les marches de pierre. Il était à mi-chemin du dortoir quand une main se referma sur son épaule. Il se retourna et vit… Ginny. Neville s’empressa de dépasser et distancer le couple.
Quand son ami fut suffisamment éloigné, se soumettant à une soudaine pulsion qu’il n’avait pas la force de réprimer et que Ginny semblait avoir également, il enlaça sa petite amie et ils s’embrassèrent pendant cinq bonnes secondes, puis ils se relâchèrent.
- Décidément, dit Harry en souriant, j’aime de plus en plus ta nouvelle manière de me dire bonjour.
- Cette fois, c’est toi qui m’a embrassée, fit remarquer Ginny en haussant les sourcils.
- Tu n’as pas dit non, répliqua Harry.
- C’est vrai, admit la jeune fille. Je suis contente de pouvoir passer un peu de temps avec toi.
- Ginny…
- Quoi ? Voldemort ne peut pas nous atteindre, ici. Et d’ailleurs, on dirait que tu n’as pas sérieusement envisagé la possibilité qu’il aurait pu te surprendre dans l’escalier des dortoirs des garçons de Gryffondor, rajouta-t-elle d’un ton amusé.
Harry fut un peu surpris de cette réponse. Il était vrai que les dispositifs de sécurité mis en place pour protéger le quartier général de l’Ordre en faisaient un endroit propice à ses ébats amoureux. A Poudlard, il n’avait pas peur d’embrasser Ginny. Il l’avait même laissé l’étreindre à Ste Mangouste le matin même. Il se rendait soudainement compte que la résolution qu’il avait prise deux mois plus tôt n’avait pas été très respectée, et il ne savait pas vraiment s’il en était heureux ou non…
- Et puis… Peut-être que nous nous retrouverons plus souvent à Poudlard que tu ne le crois, dans les prochains mois, annonça Ginny.
- De quoi tu parles ? s’étonna Harry. Pourquoi est-ce qu’on serait plus souvent tous les deux ici ?
- Ca dépendra beaucoup de toi, et de ce que tu veux vraiment, et aussi de ta tendance à protéger les gens contre leur gré. En tout cas, on en reparlera plus tard, parce que je suis certaine que tu ne seras pas d’accord sur certaines choses, même si tu acceptais de rester.
- Mais enfin, de quoi tu parles ? répéta Harry.
- McGonagall veut que ça reste secret. Mais réfléchis et tu comprendras peut-être. Bonne nuit, Harry.
Et sur ces mots, elle déposa un nouveau baiser sur les lèvres d’un Harry déconcerté et elle se mit à dévaler l’escalier en colimaçon.
Harry se dit que les gens avaient décidément un comportement bizarre, depuis qu’il s’était réveillé : Dobby qui venait lui faire des reproches (il les avaient mérités mais c’était quand même étrange de la part de l’elfe habituellement si soumis et dévoué), le ministère qui osait lui envoyer Ombrage et dont les aurors le recherchaient peut-être pour avoir pratiqué des activités de mangemort (lui, Harry Potter, c’était quand même un comble !) , Ginny et ses allusions sur une éventuelle relation de longue durée à Poudlard, ce qui était certes alléchant… Et McGonagall ! Il avait complètement oublié la vieille femme et ses propres allusions sur des affaires pouvant affecter l’Ordre qu’elle présidait. Avec Ron, Hermione et Neville, ils n’avaient discuté que de la possibilité de faire partie de l’Ordre du Phénix, encore une proposition alléchante.
Quand il voulut se déshabiller pour enfiler son pyjama, il se rappela que sa valise était restée à Ste Mangouste avec toutes ses affaires. Neville lui prêta un des siens, certes un peu petit pour lui mais il ne fit rien remarquer et remercia son ami joufflu. Il se coucha et mit un certain temps avant de trouver le sommeil.

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Niveau 10
22 décembre 2006 à 23:14:19

Il était avec Ginny, dans la salle de bain des préfets. Tous deux étaient en maillots de bain et ils s’embrassaient sans cesse avec des gestes de plus en plus osés…
Puis tout à coup, il y eut un brusque bruit d’air déplacé et une lumière verte éblouissante. Il vit alors avec horreur sa petite amie tomber dans l’eau, les yeux vides, et il remarqua qu’elle n’était pas seule. Des dizaines d’autres cadavres gisaient au fond de la baignoire aussi vaste qu’une piscine. Il reconnut ceux qui étaient les plus près de lui : ses parents, Cedric, Sirius, Dumbledore, Lupin, les parents d’Hermione, et d’autres qui n’auraient pas dû y être… En effet, il voyait la famille Weasley au grand complet, avec Fleur, Hermione, Neville… En réalité, tous ceux que Harry avait connus dans sa vie, amis ou ennemis, se trouvaient morts dans cette baignoire réservée aux préfets. Il poussa alors un long cri déchirant, plein de désespoir.
- Je te l’avais dit, Potter, dit une voix glaciale et cruelle, je te l’avais dit que tu mourrais.
Harry se retourna vers la porte et vit Lord Voldemort qui marchait vers lui, la baguette levée, un sourire satisfait au lèvres.
- Mais avant, je vais m’amuser avec toi. Je vais tuer tous ceux que tu aimes, je vais tuer tout le monde, et tu seras seul. Ensuite, je te torturerai… Oui, tu m’amuses beaucoup, Harry, dit-il. Tu ne peux plus grand chose, et nous ne ferons pas de grand duel, car tu es trop faible pour me vaincre. Mais en compensation, je vais m’amuser en te torturant… mais lentement, sans me presser, et donc sans le Doloris. Je vais te torturer d’une manière qui se rapproche de la méthode moldue, en te blessant, en te brisant… mais avec ma baguette, bien sûr.
Le Seigneur des Ténèbres éclata alors de son rire suraigu dépourvu de joie et les os de Harry se brisèrent, sa peau se déchira et son sang jaillit à flots. Il poussa des hurlements, des cris qui percèrent ses poumons, qui le vidèrent de toute vie, de toute force, de toute chose…
Et l’eau prit une teinte rouge.

Harry hurla de toute la force de ses poumons, il avait l’impression que sa peau se déchirait de toutes parts. Son corps se tordait presque contre son gré dans le lit du dortoir de Gryffondor. On poussait des cris à côté de lui, des cris de filles mais aussi d’hommes…
- Harry ! HARRY ! Harry, réveille-toi ! REVEILLE-TOI !! !
- Harry, qu’avez-vous !?
- CALME-TOI, HARRY !
Mais il n’y parvenait pas, la douleur était trop forte, et la terreur… On était en train de le détruire de l’intérieur, et tout allait être détruit autour de lui… Ces gens devaient partir, cesser de se trouver en sa présence, ou ils allaient mourir et tomber dans l’eau…
- EXDOLORIS !! !! s’exclama une voix grave, mais rien ne se produisit.
Il devait leur faire comprendre, les faire partir, mais il ne parvenait qu’à crier de plus belle, et d’ailleurs, ils ne l’écoutaient pas, ils semblaient se disputer entre eux. Puis soudainement, les voix se turent et la voix grave mugit de nouveau :
- ENERVATUM !!
Et brusquement, la douleur disparut et Harry vit très nettement Ron, Hermione, Neville, Ginny, ses parents, le professeur McGonagall et Abelforth Dumbledore autour de son lit à baldaquins. Abelforth était le plus près et il baissa sa baguette qu’il avait pointée sur la poitrine de Harry. Ce dernier avait l’esprit embrouillé, il avait du mal à se rappeler les quelques secondes qui avaient précédé ce retour violent dans le monde réel. Il se trouvait dans son lit, couvert de sueur, sans savoir pourquoi.
- Harry, est-ce que ça va, mon chéri ? demanda timidement Mrs Weasley.
Tout le monde le regardait d’un air alarmé et extrêmement inquiet.
- Je… bredouilla Harry. Je ne sais pas, je… Qu’est-ce qui s’est passé ?
- Ca fait dix bonnes minutes que tu t’es mis à crier comme un dingue, mon vieux, dit Ron d’un air anxieux. Neville est allé chercher McGonagall et tu as réveillé les filles avec tout le boucan que tu faisais.
- Je n’ai pas réussi à vous réveiller ni à vous calmer alors je suis partie chercher Abel, expliqua McGonagall.
- Vous avez fait un cauchemar, n’est-ce pas ? interrogea Abelforth.
Harry confirma d’un signe de tête. Il commençait à rassembler des bribes de souvenirs qui contenaient une piscine remplie d’une foule de cadavre…
- Un simple cauchemar ? répéta McGonagall. Mais pourquoi ne pouvait-il pas se réveiller ?
- Il y a des cauchemars qui ne veulent pas toujours nous laisser en sortir, d’après ce que disait mon cher frère, déclara Abelforth. Nous devrions peut-être laisser ces jeunes gens et nous même récupérer de nos frayeurs avec une bonne nuit de sommeil.
- Oui, c’est vrai, approuva Arthur Weasley, allons nous recoucher.
Tout le monde souhaita une bonne nuit à Harry, non sans continuer de paraître inquiet, sauf Abelforth, Neville, Ron, Hermione et Ginny.
- Il faudra que l’on se voie et qu’on se parle, plus tard, Harry, dit Abelforth.
- D’accord, acquiesça Harry.
- Et bien, à la prochaine.
Sur ces mots, le frère de Dumbledore sortit et donna le champ libre aux questions qui bouillonnaient en Ron.
- Est-ce que c’est ta cicatrice ? demanda-t-il à la seconde même où Abelforth avait refermé la porte. C’est ça, le cauchemar que tu as fait ? Une vision de ce que fait Tu-Sais-Qui ?
- Non, répondit Harry.
- Alors qu’est-ce qui t’es arrivé pour que tu cries comme ça ? s’étonna Ron.
- J’ai juste fait le rêve le plus horrible de toute ma vie, et ça n’a… rien à voir avec Voldemort, mentit-il.
Les bribes de ce qui s’était passé dans son sommeil et son semi réveil si bruyant s’étaient assemblées et avaient clarifiées sa mémoire. Il savait qu’il était faux de dire que son cauchemar n’avait rien à voir avec Voldemort vu que la terreur qu’il avait ressentie en provenait directement, même si ça n’avait certes aucun rapport avec les rêves causés par sa cicatrice, car comme Dumbledore le lui avait expliqué un an auparavant, Lord Voldemort utilisait désormais l’occlumancie contre Harry pour l’empêcher de pénétrer dans son esprit. Sa terreur l’avait submergée ce soir, la terreur inscrite en lui depuis sa dernière rencontre avec le mage noir.
- Si ça ne vous ennuie pas, j’aimerais dormir, dit-il. Je n’ai pas très envie de parler maintenant.
- OK, dit Ron.
Ils se souhaitèrent encore une fois une bonne nuit et les filles quittèrent le dortoir. Ron et Neville retournèrent dans leurs lits silencieusement.
Harry se rendait compte que tout le monde trouvait son comportement très étrange, mais il n’y pouvait rien si le défi impossible que lui avait lancé le plus puissant des sorciers, il y a de cela seize ans, lui inspirait une telle panique que ses cauchemars traduisaient. Il ne savait pas s’il pourrait garder ses sentiments pour lui indéfiniment, jusqu’à ce que sa confrontation finale avec Lord Voldemort ne survienne, jusqu’à ce qu’il ne meure… Il ne savait même pas s’il allait poursuivre sa recherche des horcruxes. Après tout, si Voldemort était trop puissant pour être tué, quelle était l’utilité de le rendre mortel ? Et intégrer l’Ordre du Phénix n’aurait aucun intérêt non plus. Allait-il se battre jusqu’au bout comme ses parents ou ne tenterait-il rien dans le but de se préserver ?
Il se sentit soudain minable. Comment pouvait-il avoir de telles pensées ? Comment osait-il envisager d’abandonner le combat alors que tant de vies étaient menacées par Voldemort ? Peu importait que les chances de victoires soient infimes, il fallait tout tenter pour empêcher les mangemorts de nuire, car les enjeux étaient bien trop importants ! Et s’il était terrassé comme à Pré-au-Lard ? Harry se rappela de la résolution qu’il avait prise un soir de juin, alors que Cedric Diggory venait de mourir : se défendre, lutter jusqu’à son dernier souffle, mourir dignement, face à son ennemi. Même s’il se trouvait à terre, même s’il ne pouvait être tué debout, il pouvait toujours lutter avec la moindre once de force qu’il lui restait, comme il l’avait fait avec son dernier bras valide ce mercredi…
Avec cette volonté nouvelle bien encrée dans son esprit et un certain sentiment de honte, il finit par s’endormir, près et paré à affronter ses rêves d’apocalypse.

Le lendemain, qui était le premier dimanche de septembre (bien que cela ne changeât rien pour lui puisque Poudlard n’était plus une école), Harry se leva à huit heures, près à passer une journée bien remplie. Il avait prévu de rendre une petite visite à Dobby dans les cuisines puis de s’entretenir avec le professeur McGonagall, et peut-être avec le reste de l’Ordre du Phénix au sujet de sa proposition de la veille. Ensuite, il devait parler avec Ginny de leur relation, même s’il ne savait pas encore ce qu’il voulait. Et enfin, il irait voir Abelforth pour lui parler tout d’abord de Rogue puis de l’horcruxe à détruire.
Il enfila un jean et un tee-shirt, mit ses lunettes, et en attendant le réveil de Ron et Neville, il voulut examiner une nouvelle fois le médaillon qu’ils avaient arraché à Malefoy. Il chercha sa malle et se souvint qu’elle était restée à Ste Mangouste. Quel idiot ! Comment avait-il pu oublié quelque chose d’aussi important ? Maintenant, l’horcruxe se trouvait certainement entre les mains du ministère, car les guérisseurs avaient dû leur donner ses affaires, et s’il voulait les récupérer, il n’avait plus qu’à se rendre directement à Azkaban. Il allait devoir clarifier la situation au plus vite s’il ne voulait pas perdre définitivement la trace d’un objet sans lequel il ne pourrait jamais espérer de ne serait-ce que tenter de tuer Voldemort.
Mais en y réfléchissant, il se dit que le ministère ne cesserait pas de le rechercher simplement parce qu’on l’y pressait. Donc il n’avait pas besoin de voir McGonagall dans la seconde, il lui parlerait de tout cela quand il la verrait. En attendant, il suivrait son premier programme en allant rendre visite à Dobby dans les cuisines.
Il descendit dans la salle commune et s’assit dans un fauteuil près d’une fenêtre. Le temps n’était pas à la fête : le ciel était couvert d’une épaisseur de nuages sombres et quelques gouttes d’eau qui tombaient parfois sur le carreau indiquaient qu’une averse se préparait. Il allait attendre tranquillement que les autres descendent pour aller voir Dobby avec eux, et s’ils tardaient trop, il prendrait les choses en main en allant les secouer lui-même. Mais à peine une minute après qu’il se soit installé, une voix s’éleva dans le silence matinal.
- Ah, tu es là.
Il se retourna. Hermione se tenait devant la porte du dortoir des filles. Elle s’avança et prit place dans un siège proche d’un Harry qui ne savait pas vraiment comment se conduire. Il avait redouté ce genre de moment depuis qu’il avait appris une bien triste nouvelle la veille vers la même heure.
- Tu sais, dit Hermione, le regard vague dirigé vers le parc, on s’est fait beaucoup de soucis pour toi. D’un coup, tu nous donnes des instructions étranges et tu t’en vas on ne sait où… Enfin maintenant on sait.
- Désolé, s’excusa Harry, chaque seconde comptait, je n’avais pas le temps de vous expliquer…
- Nous expliquer quoi ? Comment tu pouvais savoir que les mangemorts se trouvaient à Pré-au-Lard ?
Harry lui expliqua toute l’histoire du miroir et de sa rapide réflexion sur l’endroit où pouvait bien se trouver Lupin.
- Ca aurait pu être n’importe où, fit remarquer Hermione. Tu as eu de la… Oh non, oublie ce que je viens de dire ! dit-elle brusquement.
- Ce n’est pas grave, assura Harry qui se doutait que son amie avait été sur le point de lui parler de « chance », un mot qui ne convenait guère après ce qu’il avait vu au village des sorciers.
- Neville nous a raconté que Voldemort t’avait attaqué.
- Oui, confirma Harry, il voulait son médaillon.
- Je ne comprends vraiment pas comment il aurait pu savoir que le médaillon n’était plus en sa possession alors qu’il était censé croire qu’il se trouvait toujours sur son île, s’étonna Hermione.
- Je ne sais pas. Il a été bizarre, ce jour là… même pour Voldemort, je veux dire.
Ils parlaient d’un ton neutre, et Harry sentait que la véritable raison pour laquelle Hermione lui parlait était sur le point d’arriver.
- Je n’arrive pas à croire que tu soies parvenu à jeter un sortilège multiple, dit Hermione, c’est prodigieux !
- Je ne l’ai pas vraiment fait exprès, avoua Harry. J’ai juste hurlé la formule du patronus en voulant de toutes mes forces chasser tous les détraqueurs de la grand-rue, et sept patronus ont surgi au lieu d’un.
- Ah…
Elle commençait à cligner des yeux un peu trop souvent.
- On a vraiment eu très peur quand les oubliators t’ont ramené à Ste Mangouste. On se demandait ce qu’il avait bien pu te faire et c’était la panique à cause de la prise de Pré-au-Lard. L’Ordre nous a ramené ici et on est allés te voir le lendemain. Mais je dois dire que je ne suis pas venu le jour suivant.
« Ca y est, se dit Harry, c’est maintenant. »
- J’ai lu la Gazette du sorcier, dit simplement Hermione.
- Je suis désolé, Hermione, dit Harry d’un ton compatissant.
- Je… Je n’arrive pas à croire qu’ils soient morts !
Et en prononçant ces mots, elle fondit en larme.
- Je n’arrive pas à croire que je ne les reverrai plus jamais, que je ne leur parlerai plus… Ils étaient tellement gentils, c’étaient des gens merveilleux. Si tu les avais mieux connus, tu penserais la même chose.
- J’en suis sûr, approuva Harry en tapotant l’épaule de son amie.

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Niveau 10
22 décembre 2006 à 23:16:04

- Tu sais, je les voyais de moins en moins souvent. Je passais de plus en plus de temps avec des sorciers, même pendant les vacances, et je leur parlai de moins en moins. Maintenant, je le regrette, mais c’est beaucoup trop tard…
- Nous sommes là pour t’aider, Hermione. Si tu as besoin de quoi que ce soit…
- Je sais, je sais, coupa-t-elle. Ron m’a dit la même chose pendant deux jours. Il a été très gentil avec moi, et très compréhensif, c’est un signe de progrès.
Harry éclata de rire et même Hermione sourit et s’essuya les yeux avec le manche de son pull.
- C’est parce qu’il t’aime, assura Harry.
- Tu crois ? demanda Hermione.
- Bien sûr. Il a parfois des réactions bizarres et il peut ne pas être très gentil mais au fond de lui, il a des sentiments pour toi. Mais je voudrais savoir… Est-ce que c’est réciproque ?
La jeune femme rougit et un tressaillement trahit un faible sourire sur ses lèvres.
- OK, je prends ça pour un oui, dit Harry. Hermione, je sais ce que c’est de ne pas avoir de parents, par contre je ne sais pas ce que ça fait de les perdre, puisque je n’étais qu’un bébé quand les miens sont morts ; mais j’ai quand même perdu pas mal de gens que je considérais comme des membres de ma famille et je pense que tu finiras par t’en remettre. La question, c’est : est-ce que tu t’en remettras suffisamment avant qu’on se remette à chercher les horcruxes ?
- Oui, assura Hermione. Je veux faire quelque chose, sinon ce sera pire. Je veux t’aider à chercher les horcruxes et à tuer Voldemort ; sans ça, je ne pourrai jamais mener une vie normale. Et j’aimerais aussi retrouver celui ou celle qui a fait ça…
- D’accord. En attendant, j’avais prévu de rendre une petite visite à Dobby dans les cuisines.
- Et à Kreattur ? questionna Hermione.
- Euh… hésita Harry qui n’avait pas vu les choses sous cet angle.
- C’est ton elfe, dit Hermione sur un ton de reproche, il faut que tu ailles le voir de temps en temps.
- Oui, marmonna Harry, je lui dirai bonjour… Mais s’il te traite encore une fois de sang de bourbe, je ne suis pas sûr que j’irai le voir régulièrement…
Une dizaine de minutes plus tard, Ron et Neville arrivèrent dans la salle commune et ils acceptèrent le programme de Harry, même si Ron affichait la même réticence que son ami pour parler à une créature qui avait l’habitude d’insulter sa petite amie. Il était presque neuf heures, c´est-à-dire l’heure à laquelle les elfes des cuisines faisaient monter le petit déjeuner dans les assiettes de l’ancienne table des professeurs.
Ils se dépêchèrent donc de dévaler les escaliers du château puis l’escalier de marbre, après quoi ils durent descendre de nouvelles marches qui menaient aux sous-sols des Poufsouffle. Ils marchèrent le long d’un couloir puis tombèrent nez à nez avec un tableau représentant une coupe de fruits. Harry chatouilla la poire qui se mit à rire et qui se transforma en la poignée d’une porte qu’il ouvrit et il entra dans les cuisines de Poudlard.
En entendant la porte, certains elfes tournèrent la tête mais il y en eut un qui se précipita vers eux. Dobby semblait ravi de les voir.
- Harry Potter ! s’exclama-t-il. Et ses amis ! Dobby est vraiment content de vous voir, il pensait que vous l’aviez oublié…
- On ne t’a pas oublié du tout, Dobby, assura Harry. On avait juste d’autres choses en tête mais… comme tu es venu me voir à l’hôpital, je me suis dit que je pourrais les mettre de côté quelques instants.
L’elfe en parut encore plus ravi et les mena au bout de la salle, près de la cheminée, pour les inviter à s’asseoir. Il s’assit avec eux. Harry remarqua que certains elfes ne travaillaient pas non plus et restaient également assis à se tourner les pouces.
- Il n’y a plus assez de travail pour tous les elfes, déclara Dobby comme s’il avait lu dans ses pensées. Le professeur McGonagall nous a conseillé de ne pas tous rester mais aucun n’a voulu partir. Alors nous nous alternons : certains font le service au petit déjeuner, d’autres au déjeuner, d’autres au dîner.
- Et les autres elfes le supportent ? s’étonna Ron. Alors qu’ils ont toujours l’air de vouloir du travail, d’habitude ?
- Il le faut bien, Monsieur, répondit Dobby d’un air triste, oui. Mais Dobby a l’impression que même avec la fortune que Dumbledore nous a légué, le professeur McGonagall devra bientôt renvoyer une bonne partie des elfes.
- Je croyais que les autres ne voulaient pas être payé ? dit Harry.
- C’est vrai, admit Dobby, et Dobby non plus, depuis qu’il connaît les problèmes du château (Hermione parut outrée), mais il faut quand même nous nourrir. Mais Dobby a entendu parler en faisant le ménage d’une idée qui pourrait arranger les choses…
Il parut soudain horrifié et se précipita vers le mur le plus proche, mais Harry qui avait l’habitude le retint par une main.
- Dobby a dit du mal de ces nouveaux maîtres, cette fois, Monsieur, il doit se punir !
- McGonagall ne voudrait pas que tu te frappes, Dobby ! s’indigna Hermione.
- Et puis tu es un elfe libre, rappela Harry, tu n’as pas de maître.
Devant ces arguments non négligeables, Dobby accepta de se rasseoir.
- Dobby ne veut quand même pas trahir les secrets de ceux qu’il sert, dit-il.
- Très bien, ce n’est pas grave, assura Harry.
Ils discutèrent pendant quelques minutes des droits des elfes jusqu’à ce que ceux dont le tour était venu de faire les repas disposent les plats sur une table et les fassent disparaître, ou plutôt, comme Harry le savait, les fassent transplaner dans la Grande salle. Ils dirent au revoir à Dobby et montèrent au rez-de-chaussée pour prendre leur petit déjeuner.
Harry constata que les seuls membres de l’Ordre à manger avec eux étaient Mr et Mrs Weasley, Abelforth et Tonks, et que chacun d’eux s’étaient assis de part et d’autre de la chaise d’or de McGonagall. Il prit place en face d’elle (et à droite de Ginny), tandis que Ron, Hermione et Neville s’asseyaient à sa propre droite.
Ils se dirent un bref bonjour avant d’attaquer leurs œufs au bacon. Ils parlèrent de choses et d’autres et Harry amena le sujet du ministère et des aurors de Ste Mangouste.
- Si tout se passe bien, nous devrions pouvoir régler cela aujourd’hui même, Harry, répondit McGonagall à sa grande surprise. Vous passerez me voir dans mon bureau avec Neville.
- D’accord.
Ils finirent de manger et McGonagall et Harry furent les premiers à se lever. Ce dernier rattrapa son ancien professeur au milieu de la Grande salle.
- Professeur McGonagall, je voudrais vous donner notre réponse à votre proposition.
- Vous avez déjà pris votre décision ? s’étonna McGonagall en haussant les sourcils.
- Oui. Nous acceptons à une condition : nous voulons pouvoir…
- Ne rien dire au sujet de vos agissements ? Ou tout du moins ne pas dire quelle est la véritable raisons de ceux-ci ?
- Euh… oui, confirma Harry, étonné à son tour.
- C’est d’accord. La prochaine réunion aura lieu ce soir dans la grande salle, juste après le dîner.
Sur ces mots, elle franchit la double porte. Harry, quant à lui, était surpris que McGonagall ait accepté si facilement mais il retint ce qu’elle lui avait dit et il quitta la salle à sa suite.
Quelques minutes plus tard, Ron, Hermione, Neville et Abelforth le rejoignirent.
- Venez avec moi dit-il simplement à Harry.
Ils grimpèrent les étages jusqu’au deuxième et après avoir parcouru quelques couloirs, ils entrèrent dans le bureau des anciens professeurs de Défense contre les Forces du Mal : apparemment, c’était là qu’Abelforth habitait depuis que Pré-au-Lard était devenu inaccessible. Ce bureau n’avait plus servi l’année dernière car Rogue avait voulu conserver son ancien bureau dans les cachots, et Abelforth ne l’avait pas encore décoré avec sa petite touche personnelle, comme tous les autre profs que Harry avait eus, mais un canapé et un fauteuil rouges à l’aspect confortable se tenaient au milieu de la pièce.
Abelforth s’assit sur le fauteuil et le quatuor dans le canapé qui faisait face.
- Alors, dit Abel, vous vous inquiétiez pour moi, d’après ce qu’on m’a dit ?
- Euh… fit Ron.
- Oui, répondit Harry. Pourquoi on ne parle nulle part de Rogue dans les journaux ? Pourquoi on ne parle nulle part de sa capture ?
- Parce qu’il n’a pas été capturé, dit simplement Abelforth.
- Mais vous l’aviez à votre merci ! s’exclama Neville.
- Oui, mais Rogue a été le plus malin et il a réussi à s’enfuir.
Harry, Ron, Hermione et Neville furent consternés.
- Que voulez-vous, s’étonna Abelforth, je ne suis pas un sorcier aussi talentueux que l’était mon frère, or mon frère a été tué par lui. J’ai déjà eu beaucoup de chance de m’en sortir vivant. Mais nous avons d’autres soucis en tête, reprit-il en prenant un air des plus sérieux. Comme vous devez vous en douter, mon frère m’a parlé de ce que vous faites – les horcruxes et Voldemort que Harry doit éliminer – et en tant que sorcier expérimenté, je suis donc bien placé pour vous aider. Je ne peux plus accomplir la mission que l’on m’avait confiée à la tête de Sanglier pour l’Ordre, alors je crois que je pourrais faire partie de la branche spéciale à laquelle McGonagall compte vous affecter (elle m’a confié ses projets vous concernant parce qu’elle se doutait des confidences que mon frère m’avait faites). Qu’en pensez-vous ? M’acceptez-vous dans votre groupe ?
- En fait, nous voulions vous le proposer, avoua Harry.
- Je vois. Et où en êtes-vous ? interrogea le nouveau membre de la « bande ».
- Nous avons retrouvé – par hasard – le médaillon de Serpentard au cou de Drago Malefoy.
Ils racontèrent l’histoire de R.A.B., comment ils avaient compris qu’il pouvait s’agir de Regulus Alphard Black et de tout ce qui était arrivé ensuite au médaillon et Abelforth en parut étrangement bouleversé.
- Et j’ai pensé que si nous n’y parvenions pas, acheva Neville dont le rôle venait enfin dans cette histoire, vous auriez peut-être plus de chance ou en tout cas que vous sauriez quoi faire.
Abelforth demeura silencieux, comme perdu dans ses pensées. Il marmonnait sans que l’on puisse comprendre ce qu’il disait.
- Monsieur ? appela Hermione d’un ton hésitant.
Il sembla soudain revenir à la réalité.
- Oh, excusez-moi, que disiez-vous ?
- Neville pensait que vous sauriez mieux que nous comment vous y prendre pour détruire l’horcruxe, répéta Harry. Nous ne sommes pas arrivés à l’ouvrir nous-même ni à le casser.
- Et bien… Je pense comme vous qu’il faut commencer par l’ouvrir pour découvrir ce qu’il cache, déclara Abelforth. Pouvez-vous me le montrer ?
- C’est-à-dire que… il est resté à Ste Mangouste, admit Harry.
- Quoi !? s’exclamèrent Hermione et Ron.
- Je vois, dit Abel. Mais comme McGonagall pense que ce sera bientôt réglé, il n’y a pas trop de soucis à se faire. Réfléchissons plutôt au moyen de le détruire. Ce médaillon appartenait à Salazar Serpentard, donc ce qui permet de l’ouvrir est sûrement en rapport avec Serpentard.
- Comment ça ? s’étonna Harry.
- Et bien, par exemple, Voldemort avait laissé la bague des Gaunt dans leur maison, parce qu’elle représentait le moment ou il avait découvert ces restes de la descendance de Serpentard. Le médaillon était lié à l’arrivée de sa mère à Londres, du début de ses problèmes qui l’ont fait échouer l’orphelinat où elle est morte en condamnant son fils à être élevé par des moldus, or le médaillon était caché dans une grotte liée à ses souvenirs de l’orphelinat.
- Mais… C’est intéressant, mais ce ne serait pas plutôt un trait de caractère de Voldemort utile à connaître pour retrouver les autres horcruxes ? demanda timidement Hermione.
- Pas seulement, assura Abelforth. Voldemort lie ses horcruxes à leur histoire, ou en tout cas leur histoire par rapport à lui. Voldemort est l’héritier de Serpentard. Pour lui, ce médaillon est un héritage de son ancêtre, donc le moyen de l’ouvrir doit être lié à cela.
- Je ne comprends pas… marmonna Harry.
Et d’après le regard qu’il échangea avec les trois autres, personne ne comprenait ce qu’Abelforth voulait dire à part lui-même.
- Réfléchissez bien.
Harry se creusa les méninges. Voldemort était l’héritier de Serpentard, oui… Il l’avait découvert à Poudlard, et il s’en était tout de suite senti encore plus supérieur, il avait dominé des élèves plus âgés que lui, comme Harry l’avait vu à l’intérieur de la Pensine, dans le souvenir de Slughorn. Il avait ouvert la Chambre des Secrets… le moyen de l’ouvrir…
- Le fourchelang ! s’exclama-t-il soudain, en se tapant la paume gauche avec son poing droit et en faisant sursauté tout le monde sauf celui qui venait de faire germé ses réflexions. Pour ouvrir le médaillon, il me suffit sûrement de lui dire « Ouvre-toi » en fourchelang !
- C’est possible, en effet, approuva Abelforth en souriant. Mais je ne peux malheureusement pas vous aider davantage avant la réunion à laquelle on annoncera votre entrée dans l’Ordre ait eu lieu et que le ministère ait cessé de rechercher Harry et Neville. Alors je vous conseille de profiter de la journée en attendant de reprendre vos recherches.
Il se leva et les raccompagna à la porte.
- Bonne journée, dit-il.

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Niveau 10
22 décembre 2006 à 23:19:28

16
Ouverture
et Réouverture

Harry, Ron, Hermione et Neville passèrent la matinée dans la bibliothèque où ils cherchaient des sorts utiles au combat ou encore pour briser les enchantements qui protégeaient un objet. Ils s’entraînèrent à utiliser quelques sortilèges mais quand arriva midi, ils finirent par se lasser et se dire qu’ils feraient mieux de profiter de leur journée de repos pour se reposer, justement, se détendre et s’amuser.
Après le déjeuner, ils convinrent qu’il n’y avait aucun danger à inviter Ginny à se joindre à eux pour une partie de Quidditch sur le terrain, ce que la jeune fille ne refusa pas. Ils changèrent plusieurs fois la composition des équipes : Harry et Ginny contre Ron et Hermione et Neville qui gardait les buts ; puis Harry et Hermione contre Ginny et Neville avec Ron, un peu plus efficace que Neville, affecté aux buts ; puis Harry et Neville contre Hermione et Ginny, etc. Le gardien ne faisait partie d’aucune équipe : tout le monde devait marquer du même côté du terrain. Cette règle avait été décidée à cause du nombre impair de joueurs.
Ils sortirent du terrain une heure et demie plus tard et Ginny leur proposa une activité qu’elle avait pu expérimenter pendant leur absence : une baignade dans le lac, chose que Mrs Weasley leur avait refusée pendant tout le mois d’août mais qu’elle avait fini par céder à sa fille qui, étant toute seule, s’ennuyait mortellement. Heureusement pour eux, le temps s’était nettement éclairci et l’orage de la matinée avait fait place à un chaud soleil d’été.
N’ayant pas de maillot de bain avec eux, les garçons se mirent en caleçon, quant aux filles, Ginny en avait acheter un avec sa mère pendant qu’elles faisaient avec prudence les courses sur le Chemin de Traverse, et Hermione avait rapporté à Poudlard ses affaires qui étaient restées chez elle, après l’enterrement de ses parents, mais elle ne s’attarda pas trop sur ce détail.
Ils nagèrent en restant toutefois près du bord (histoire de ne pas être attiré par une créature des profondeurs), s’amusèrent à se jeter de l’eau, et faire différentes figures dans l’eau. Neville faillit toutefois couler en tentant un poirier mais une fois que Harry et Ron l’eurent ramené à la surface, ils rirent de bon cœur. Ils sortirent de l’eau en fin d’après-midi et se séchèrent au soleil en se laissant bronzer sur la pelouse du parc de Poudlard.
Alors qu’ils avaient déjà remis leurs vêtements à cause de la fraîcheur de soirée, et qu’ils s’apprêtaient à rentrer dans le château pour dîner, une note de service s’envola dans la brise légère et se mit à tournoyer autour de Harry qui l’attrapa.
- Qu’est-ce que c’est ? demanda Ron.
- McGonagall me demande de venir avec Neville dans son bureau, répondit Harry. Ce doit être pour régler nos problèmes avec le ministère, elle m’avait dit que ça pourrait être fait aujourd’hui même.
- Alors on y va ? questionna Neville.
- Bien sûr.
Après un bref « A tout à l’heure ! », ils se dépêchèrent de monter au deuxième étage puis dans le bureau de McGonagall. Ils frappèrent, entrèrent, et virent une chose à laquelle ils ne s’attendaient pas du tout : Rufus Scrimgeour, le ministre de la magie, était assis sur une chaise de bois à l’aspect peu confortable en face du bureau de Minerva McGonagall.
- Harry ! s’exclama le ministre, un grand sourire aux lèvres en les voyant entrer.
Il se leva et serra la main de Harry qui s’efforçait de ne pas montrer trop de mépris dans les traits de son visage. Il serra également celle de Neville qui lui dit un timide « Bonjour, Monsieur le ministre. ».
- Asseyez-vous donc, dit Scrimgeour en faisant apparaître deux autres sièges. Je discutais avec Minerva de cette fâcheuse histoire. Je suis persuadé que vous n’avez fait que vous défendre, Mrs Ombrage a d’ailleurs été interrogée et ses déclarations sont très contradictoires… Je voulais seulement vous interroger aussi, connaître votre version des faits. Minerva, pourriez-vous nous laisser seuls, s’il vous plaît ?
- Très certainement, répondit McGonagall d’un ton sec.
Elle bondit comme un ressort et sortit de la pièce en claquant la porte.
- En fait, Mr Londubat, j’aimerais interroger Harry en premier, dit Scrimgeour d’un ton qui laissait nettement entendre qu’il voulait que Neville suive son ancien professeur.
- Euh… Oui, d’accord.
Neville partit en jetant un regard plein d’appréhension à un Harry qui n’en avait pas moins.
- Bonsoir, Harry, dit le ministre de la magie en se tournant vers lui. Je suis conscient que nous nous sommes quittés en mauvais termes il y a deux mois et… je voudrais m’en excuser.
Il attendit et Harry se décida à répondre.
- Je prends vos excuses. Mais que voulez-vous me dire ? demanda-t-il. Pourquoi est-ce que vous êtes ici ?
- Je viens pour éclaircir les choses à votre sujet, assura Scrimgeour, étonné. Je ne vois pas pour quelle autre raison je pourrais venir ici maintenant que…
Harry ne savait ni quoi dire ni quoi penser. Scrimgeour avait-il une idée de l’importance de l’endroit dans lequel il se trouvait ? McGonagall avait-elle pu le faire rentrer sans qu’il ait pu se rendre compte que cet endroit était bien trop protégé pour n’être qu’un simple édifice abandonné comme il devrait l’être ? Harry devait-il faire attention à ce qu’il disait en sa présence ?
- Tout ce que je veux, dit le ministre, c’est m’entretenir avec vous sur ce qui s’est passé quand vous étiez seul avec Mrs Ombrage.
- Il n’y a pas grand-chose à dire, répondit Harry. Ombrage voulait m’interroger et elle s’est mise à divaguer en prétendant que j’avais des rapports avec Voldemort, que s’il m’avait attaqué, c’était sans doute parce que j’avais fait une chose qui lui avait déplu et qu’elle allait m’arracher les vers du nez avec le sortilège Doloris. J’ai pris ma baguette et j’ai paré son coup, ensuite nous avons mené un duel de cinq secondes au bout duquel j’ai désarmé et immobilisé votre Sous-secrétaire d’Etat. Les aurors n’ont pas compris qu’on s’était défendus et ils nous ont attaqués, alors nous nous sommes enfuis, Neville et moi.
- Très bien, mais si vous pouviez me faire un récit un peu plus pré…
- Par contre, coupa Harry d’une voix forte, je n’ai aucune idée de ce que Hagrid est devenu.
- Rubeus Hagrid a été envoyé à Azkaban, répondit Scrimgeour d’un ton sec. Il a faillit faire étouffer un auror en la plaquant à terre.
- C’était pour nous défendre ! protesta Harry avec colère, oubliant que sa propre liberté était en jeu.
- Il n’avait pas besoin d’être aussi brutal pour ça, rétorqua le ministre. Il aurait pu blesser Dawlish très gravement, voire pire.
- Mais il l’a lâché ! s’exclama Harry. Il l’a laissé partir !
- D’après le témoignage de Dawlish, il l’a fait uniquement parc que vous le lui avez demandé, fit remarquer Scrimgeour.
- Il ne s’en rendait pas compte, il était en colère, et il y avait de quoi, vous ne croyez pas ? répliqua Harry.
- La colère ne justifie pas qu’il ait faillit tuer un auror, dit Scrimgeour d’un ton sévère.
- En fait, dit Harry, tout ce que vous voulez, c’est trouver un nouveau bouc émissaire, n’est-ce pas ? Stan Rocade ne vous suffit plus, c’est ça ? Vous avez besoin de Hagrid, maintenant ! Un demi géant, en plus, j’imagine que ça vous fera une bonne publicité auprès de la communauté magique !
- Ne parlez pas de ce que vous ne connaissez pas ! s’emporta Scrimgeour.
- Je pense m’y connaître mieux que vous ne le pensez.
- Vous ne diriez pas ça, si vous vous trouviez à ma place, Harry !
- Je préfèrerai toujours votre place à la mienne, répliqua Harry.
- Je puis vous assurer que votre place serait bien meilleure si vous acceptiez enfin la proposition que je vous ai faite.
- Je pensais bien qu’on en reviendrait là. Et bien je réponds que je ne veux pas être la mascotte d’une justice qui fait mal son travail ! répondit Harry d’un ton catégorique.
- Dans ce cas il se pourrait que je revoie mon jugement, menaça Scrimgeour.
- Si vous m’arrêtez, l’opinion publique à laquelle vous êtes tant attaché ne va pas vous être très favorable, fit remarquer Harry. Je ne pense pas que les gens apprécieraient que vous arrêtiez l’élu, n’est-ce pas ?
- Il n’y a pas que vous, Harry, répliqua le ministre. Je pensais que si nous parvenions à un accord, je pourrais me montrer plus clément avec votre ami Hagrid, mais comme ce n’est pas le cas…
- Vous me faites du chantage !? s’exclama Harry, incrédule. Vous, le ministre de la magie, vous me faites chanter pour que je vous fasse de la publicité ?
- La fin justifie les moyens, dit Scrimgeour.
- Je n’accepterai jamais ! répliqua Harry d’une voix forte mais tremblant sous la fureur.
- Tant pis pour votre ami, dit le ministre en se levant. Je vous laisse réfléchir, Harry.
Il sortit d’un pas vif du bureau en laissant un Harry à la fois incrédule, abasourdi, et furieux. Comment osait-il faire cela ? Comment pouvait-il lui faire du chantage en mettant en péril la liberté d’un être humain alors qu’il aurait dû se montrer ferme et juste face à la menace de Voldemort ?
Il se leva et sortit à son tour mais il dut s’arrêter devant cinq personnes qui donnaient l’impression de se ronger les sangs. Mais il ne consentit à parler à Ron, Hermione, Neville, Ginny et McGonagall que lorsqu’il fut installé dans la Grande salle pour le dîner.
- C’est absolument scandaleux ! s’indigna Hermione en tremblant d’une fureur que beaucoup partageaient. Comment le ministre de la magie peut-il faire une chose pareille !
- Il faudra que j’en touche un mot à Percy, annonça Mr Weasley.
- Et pourquoi est-ce que tu parlerais de ça à ce crétin ? s’étonna Ron. Il serait plutôt d’accord avec Scrimgeour…
- Ne parle pas comme ça de ton frère ! prévint Mrs Weasley. Il a compris ses erreurs et s’est excusé. Maintenant, il fait partie de l’Ordre !
- Nous aurons besoin plus que jamais de renseignements sur les actions du ministère, expliqua Arthur Weasley. Maintenant que nous savons que son chef n’hésite pas à employer de telles méthodes… Et de toutes façons, Percy n’aurait pas consenti à laisser faire de telles choses, même quand il ne nous croyait pas, admit-il avec une certaine amertume.
Ils continuèrent à ruminer sur la détention abusive de Hagrid pendant tout le repas, ainsi que de la façon pas très efficace, et un peu trop liée à son image, dont Scrimgeour gérait la guerre contre Voldemort.
- Vous savez, dit Tonks, finalement, je pense que si on avait continué à l’encadré et à lui donner des conseils, Fudge aurait peut-être été un meilleur ministre de la magie que lui.
A sa propre surprise, Harry hocha la tête en signe d’approbation, ainsi que quelques autres.
- Il ne faut rien exagérer, intervint Mr Weasley. Fudge aurait paniqué et aurait sans doute voulu faire les choses à sa manière. Bien qu’il aurait aussi pu, toujours paniqué, bombarder tout ses amis de demandes de conseils, admit-il. C’est vrai que Fudge est plus influençable que Scrimgeour qui lui est indépendant, et donc plus dangereux.
Le dîner s’acheva et tout le monde sauf les membres de l’Ordre se leva, c’est-à-dire seulement Ginny. Harry, qui se doutait que sa petite amie pourrait très bien les attendre derrière la porte de la Grande salle, la prévint qu’ils ne viendraient pas. Elle parut intriguée mais ne posa pas de question et quitta la salle.
Le professeur McGonagall s’éclaircit la gorge.
- Je…
- Mais que faites-vous encore là ? s’exclama Mrs Weasley qui fronçait les sourcils en regardant Harry, Ron, Hermione et Neville. C’est une réunion de l’Ordre, vous n’avez rien à faire ici ! All…
- Calmez-vous, Molly, l’interrompit McGonagall.
- Mais…
- Je veux attendre les autres avant de commencer, coupa McGonagall.
Une dizaine de minutes plus tard, la plupart des membres de l’Ordre qui n’avaient pas mangé là – Dedalus Diggle, Bill et Percy Weasley, Kingsley Shacklebolt, Elphias Doge, Sturgis Podmore, Hestia Jones et Alastor Maugrey – arrivèrent à Poudlard et prirent place à l’ancienne table des professeurs. Beaucoup parurent très étonnés de la présence du quatuor : même Maugrey Fol Œil fut bouche bée pendant une fraction de seconde.
Lorsque tout le monde fut assis, McGonagall s’éclaircit la gorge une nouvelle fois.
- Bonsoir et bienvenue pour notre réunion hebdomadaire, dit-elle. En tout premier lieu, je voudrais vous annoncer l’entrée de quatre nouveaux membres dans l’Ordre du Phénix.
Elle montra le quatuor d’un geste de la main.
- Harry Potter, Ronald Weasley, Hermione Granger et Neville Londubat feront désormais partie intégrante de l’Ordre, annonça-t-elle, sauf si vous vous y opposez.
- Je m’y oppose ! s’exclama Mrs Weasley en se levant d’un bond.
- Puis-je savoir pourquoi ? questionna McGonagall, qui, légèrement exaspérée, donnait nettement l’impression de déjà connaître la réponse.
Tout le monde semblait très surpris de l’annonce de la présidente de l’Ordre, mais aucun ne parlait.
- Ils sont bien trop jeunes, enfin, Minerva ! Je refuse leur faire prendre un tel risque, encore moins mon propre fils !
- Percy fait partie de l’Ordre ! protesta Ron.
- Percy est bien plus responsable que vous ! répliqua sa mère.

jimpoter
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Niveau 10
22 décembre 2006 à 23:20:35

- Tu peux dire ce que tu veux, n’empêche que Percy a donné la preuve qu’il était bien moins responsable que nous, contrairement à ce que nous avons toujours cru, et le fait qu’il se soit excusé ne l’efface pas !
- Ca suffit ! coupa McGonagall. Nous ne sommes pas là pour écouter vos querelles de famille !
Mrs Weasley se rassit. Percy, lui, ne répondit rien aux paroles que son plus jeune frère venait de proférer contre lui.
- Molly, reprit McGonagall d’un ton sec, votre fils et ses amis sont majeurs et responsables, et sont parfaitement conscients des risques qu’ils encourent.
- Fred et George ont intégré l’Ordre tout de suite après leur sortie de Poudlard, dit Mrs Weasley les larmes aux yeux, et regardez le résultat !
- Molly, dit Mr Weasley en posant sa main sur l’épaule de sa femme, que crois-tu que ça aurait changé si Fred et George avaient eu l’âge d’Emmeline ?
- Rien du tout, répondit Maugrey de sa voix rocailleuse. Ils auraient quand même été soumis à l’Imperium, quelque soit leur âge.
Mrs Weasley resta silencieuse. Emmeline Vance était une sorcière qui avait fait partie de l’Ordre jusqu’à ce qu’elle soit tuée un an plus tôt par des mangemorts, et Harry en était certain, elle n’aurait rien pu faire pour échapper à son sort.
- Que ceux qui acceptent Harry, Ronald, Hermione et Neville dans l’Ordre lèvent la main.
Le professeur leva sa main, ainsi que tous les autres – même si certains, comme Mr Weasley, avaient quelque peu hésité – sauf Mrs Weasley dont les bras demeurèrent obstinément et hermétiquement croisés.
- Très bien, dit McGonagall en s’adressant au quatuor. Vous pouvez désormais vous considérer comme des membres à part entière de l’Ordre du Phénix. Quand je vous ai fait cette proposition, je vous avais dit que j’aurai souhaité que vous donniez votre réponse avant de pouvoir régler des affaires qui pourraient affecter l’Ordre. Et c’est de quoi nous allons discuter maintenant, annonça-t-elle en regardant cette fois tous les membres de l’Ordre. Ces derniers jours, le ministre et moi-même avons beaucoup discuté et nous sommes tombés d’accord sûr au moins un point : les jeunes sorciers et sorcières ne pourront pas continuer la lutte après nous s’ils n’apprennent pas sérieusement la magie. Depuis que Vous-Savez-Qui a pris Pré-au-Lard, il a un énorme avantage et vaincre les mangemorts et son armée deviendra impossible si la guerre s’éternise jusqu’à ce que toutes nos générations respectives se soient éteintes. Car à ce moment là, les jeunes sorciers qui n’auront pas fini leurs études à cause de la fermeture de cette école ne pourront combattre – ne sauront comment combattre – les mages noirs.
- Mais le conseil d’administration a été clair, objecta Mr Weasley. Tous ses membres ont voté à l’unanimité pour la fermeture de Poudlard et nous ne pouvons pas aller à l’encontre de leur décision.
- Je sais, Arthur, répliqua McGonagall. C’est pourquoi le ministre et moi-même sommes arrivés à la conclusion qu’il fallait changer le système – du moins jusqu’à la fin de la guerre. Le ministère devrait très bientôt annoncer la promulgation d’une loi qui rendra obligatoire la scolarité pour tout enfant disposant de talents magiques.
Soudain, un éclair de compréhension passa dans le regard et le cerveau de Harry. Ainsi donc, Poudlard allait être rouvert… Voilà donc pourquoi Ginny disait qu’ils pourraient bientôt se retrouver beaucoup plus souvent ici pour profiter l’un de l’autre… pour ne plus avoir à redouter qu’un mangemort ne les surprenne…
- Obligatoire ? s’étonna Hestia Jones. Mais les parents le prendront-ils bien ?
- Ils n’auront pas le choix, dit McGonagall. Nous estimons que c’est une mesure indispensable si nous voulons ne pas subir plus de dégâts au niveau des connaissances magiques des futures générations de sorciers.
- Il est vrai que si nous n’arrivons pas à gagner avant que la majorité de la population soit issue des générations qui n’ont pas eu le droit à l’éducation, nous serons perdus, approuva Kingsley Shacklebolt de sa voix apaisante. Cependant, si ça veut dire que Poudlard appartient au ministère…
- De mon vivant, ce ne sera jamais le cas, assura vivement McGonagall, je vous le garantis !
- Mais…
- Monsieur le ministre n’était pas tout à fait d’accord mais il a fini par accepter que Poudlard conserve son statut d’il y a quelques mois. La Gazette du Sorcier a commis un léger abus de langage en parlant de privatisation, cet été. Poudlard n’a jamais été public dans le sens où ce collège appartiendrait au ministère de la magie. L’école a toujours survécu grâce à ses dons, mais aussi grâce à ceux des parents d’élèves et particulièrement ceux du conseil d’administration ; et c’est ce conseil qui nomme et contrôle le directeur à qui appartient l’école.
- Les parents qui faisaient parties du conseil ne seront plus aussi généreux, si on le supprime, fit remarquer justement Sturgis Podmore.
- Le conseil d’administration ne sera pas fermé, répliqua la directrice de Poudlard. Ils n’auront simplement plus le pouvoir de fermer l’école.
Il semblait que le sujet de discussion allait changé, mais Harry avait encore deux questions importantes en tête.
- Professeur McGonagall, intervint Harry, quand j’ai survolé Pré-au-Lard en balai, j’ai vu… Enfin les élèves ne pourront certainement pas venir par le train.
- J’ai déjà réfléchi et trouvé une solution à cela. Les élèves viendront par la poudre de cheminette, expliqua McGonagall. Chacun se retrouvera dans la cheminée du bureau de son directeur de maison, et les première année se retrouveront dans mon bureau.
- Mais… Est-ce que… Est-ce que la scolarité sera aussi obligatoire pour les élèves majeurs ? demanda Harry, hésitant.
Ses trois amis semblèrent soudainement inquiets. Généralement, c’était Hermione qui pensait à ce genre de détail, mais cette fois, le chef du groupe y avait pensé en premier, car il tenait particulièrement à éclaircir ce point…
- Oui, Harry, répondit McGonagall d’un ton sec. Et l’Ordre ne vous couvrira sûrement pas si vous décidiez de ne pas respecter cela, ajouta-t-elle en fronçant les sourcils. Vous aurez vos propres missions pour l’Ordre, mais je suis certaine que vous trouverez le temps pour les accomplir. Après tout, Harry, n’était-ce pas ce que vous faisiez avec le professeur Dumbledore l’an dernier ?
Il ne répondit rien. Il retournerait donc à Poudlard, contrairement à la décision qu’il avait prise il y a de cela deux mois… On le forçait à redevenir pour un an encore un élève…
Il y eut un bref silence à l’évocation de ce si grand sorcier.
- Professeur, dit Hermione en coupant le silence, où est-ce que l’Ordre va bien pouvoir aller si Poudlard est à nouveau rempli de sorciers ?
Les autres parurent émerger de leurs pensées, sans doute destinées à leur illustre et ancien président.
- C’est pour cette raison que je voulais que vous me donniez une réponse avant d’aborder la réouverture de Poudlard, Granger, répondit McGonagall ; pour savoir si je devais vous en parler pendant cette réunion ou vous convoquer dans mon bureau. Car j’avais besoin de vous pour régler le problème de notre nouveau quartier général.
La plupart des gens assis à la table, dont Harry, Ron, Hermione et Neville, froncèrent les sourcils, l’air intrigué.
- Il y a un an et demi, poursuivit la présidente de l’Ordre, vous avez utilisé une salle de ce château pour qu’Ombrage ne vous trouve pas alors que vous tentiez de donner de véritables cours de Défense contre les Forces du Mal. Harry en était le chef, vous vous souvenez ?
- Vous voulez utiliser la salle sur demande ? s’étonna l’ancien professeur de l’Armée de Dumbledore.
McGonagall acquiesça.
- Seulement, parmi nous tous, il n’y a que vous quatre qui sachiez vraiment comment y entrer.
- Vous parlez de cette salle qui se transforme selon les besoins de celui qui y entre ? demanda Kingsley.
- C’est une excellente idée ! approuva vivement Hestia Jones.
- Mais le fils Malefoy avait pu y pénétrer à votre insu, non ? grogna Maugrey Fol Œil.
- Oui mais l’amie de Cho – Marietta – nous avait trahi, dit sombrement Harry.
Ils discutèrent encore un peu de la salle sur demande, parlèrent de ses nombreux avantages et finirent par se mettre d’accord pour aller la visiter à la fin de la réunion.
Après les affaires intérieures de l’Ordre, ils en vinrent enfin à parler directement de la bataille contre Voldemort, des problèmes à résoudre en ce moment, de ses plans présumés. Harry apprit ainsi que depuis jeudi matin, une véritable armée de sorciers du ministère avait mis en place une puissante barrière magique autour de celle des mangemorts pour qu’ils ne puissent pas sortir et soient pris au piège. Depuis, il n’y avait pas eu de meurtre supplémentaire mais apparemment, les sbires de Voldemort n’étaient pas du tout emprisonnés car il y avait quand même eu des traces de leurs activités habituelles. Partout dans le pays, des tombes étaient profanées et vidées, signe que des inferi étaient créés, mais il y avait également des signes inhabituels dans d’autres pays d’Europe. Il semblait en effet qu’une vaste mouvance se dessinait en direction du Royaume-Uni, un mouvement de créatures maléfiques et de mages noirs qui, quand ils arrivaient, s’évanouissaient soudain dans la nature. Il semblait que Voldemort se constituait une armée beaucoup plus importante que lors de la première guerre, une armée intouchable puisqu’elle était protégée par son dôme vert surmonté de la Marque des Ténèbres.
- Il va sûrement essayer de s’emparer des grands foyers de sorciers, expliqua Kingsley Shacklebolt. Le Chemin de Traverse pourrait être la prochaine cible.
- Cette guerre commence à ressembler à celles des moldus, dit tristement Arthur Weasley, avec à chaque coup une grande quantité de morts et des villes prises en une bataille.
- Nous ne pouvons pas laisser faire ça ! s’exclama Sturgis. Il faut que l’on surveille le Chemin de Traverse !
- C’était le rôle de Fred et George, il n’y a pas si longtemps, déclara Mrs Weasley.
Il y eut un bref silence puis la discussion reprit. On attribuait une mission à chaque membre ou groupe de membre de l’Ordre. Tonks, qui était désormais affectée en tant que garde du Chemin de Traverse, devait relever les informations et les signes inquiétants là-bas. Kingsley devait épier la façon dont le ministère agissait face aux attaques des mangemorts, Percy devait continuer à donner des informations sur Scrimgeour, etc. Cependant, aucun rôle ne fut attribué à Harry, Ron, Hermione ou Neville.
- Et que devra faire Harry et son groupe ? demanda Kingsley avec curiosité.
- Ca, c’est à eux de me le dire, répondit McGonagall.
Hermione lança un regard courroucé à Harry qui lui fit signe que tout allait bien.
- Pour l’instant – je sais, ça n’a rien d’une mission – il faudrait que je récupère mes affaires, dit Harry. Il y a un objet qui pourrait m’être utile, dans ma valise. Mais en attendant, je ne vois pas trop ce que je pourrais faire…
- Moi j’ai une idée, déclara Maugrey.
Les regards se tournèrent vers lui.
- Maintenant qu’il y a quatre élèves de Poudlard dans l’Ordre, ils pourraient nous servir pour relever des informations sur le comportement des élèves. Les Serpentard, par exemple…
- Oui, approuva McGonagall, je suis d’accord. Cela ne vous demanderait pas beaucoup d’efforts, je présume, vu votre tendance à vous mêler de tout ? demanda-t-elle en se tournant vers le quatuor.
- Euh… Non, Professeur, répondit Harry après que ses amis le lui eurent confirmé d’un signe de tête.
- Très bien. La réunion est terminée, déclara la présidente de l’Ordre. Allons voir notre nouvelle salle de réunion.
Ils se levèrent tous et montèrent au septième étage. Harry, Ron, Hermione et Neville expliquèrent au reste de l’Ordre comment utiliser la Salle sur Demande. Quand McGonagall fut passée trois fois devant le pan de mur, à côté de la tapisserie représentant la tentative saugrenue de Barnabas le Follet qui voulait apprendre la danse à un troll, une porte apparut. Elle la franchit en premier, les membres de l’Ordre du Phénix à sa suite. Ils découvrirent alors une immense pièce rectangulaire.
Les murs étaient tapissés de bibliothèques contenant des livres sur des sorts de défense, un peu comme pour l’A.D., mais pas seulement. Il y avait aussi des vieux journaux relatant des évènements ayant rapport avec les mangemorts, avec Voldemort, et des morceaux de parchemins un peu étranges…
Au centre se tenait une grande table de bois entourée de chaises en face desquelles étaient posés des blocs-notes.
- C’est absolument génial ! s’enthousiasma Tonks sur un ton quelque peu faux, signe qu’elle tentait désespérément de faire croire qu’elle avait retrouvé sa bonne humeur naturelle, chose impossible vu que son amant était mort trois jours auparavant.
- C’est parfait, approuva McGonagall sur un ton plus professionnel.
- Une salle qui devient notre quartier général en cas de besoin ? C’est pas mal pour la sécurité, grogna Maugrey d’un ton appréciateur.
- Arrête donc de penser à ça tout le temps, Fol Œil, dit Hestia Jones.
- Il a raison, commenta Sturgis Podmore, il faut bien penser à ce que notre quartier général reste secret.
- Avec Maugrey, ça peut devenir agaçant d’entendre tout le temps parler de sécurité, dit Kingsley dans un souci d’impartialité et non sans un tressaillement de sourire.
Pendant que les autres discutaient entre eux, Harry appela discrètement ses trois amis et attira leur attention sur ces parchemins si étranges à ses yeux. Il y avait lu des notes qui ne le laissaient pas indifférent.
- On dirait que la personne qui écrivait prenait des notes pour chercher quelque chose, dit Hermione, pensive.
- Regarde le nom qu’il a écrit ici, dit Harry, « Elvis ». Et là, « Gaunt ».
- Tu crois que…

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
22 décembre 2006 à 23:21:32

- Oui, ces parchemins sont des notes que prenaient Voldemort quand il était à Poudlard, déclara Harry. Je commence à comprendre un peu mieux comment fonctionne cette salle…
- Qu’est-ce que tu veux dire ? s’étonna Ron.
- Les objets qu’on y trouve quand on en a besoin, ils doivent être pris parmi ceux que les élèves ont caché là pendant des siècles.
- C’est vrai que ce serait logique, approuva Hermione.
- Pourquoi ? demanda Ron, agacé.
- Parce qu’il serait étrange que cette salle ait le pouvoir de faire apparaître des livres, des objets contre la magie noire, des vieux numéros de la Gazette…
- OK, OK… D’accord, c’est bon, assura Ron en hochant frénétiquement la tête devant l’insistance de sa petite amie.
- On devrait pouvoir se servir de ces notes pour trouver des indices sur les horcruxes, non ? dit Neville.
- C’était mon idée, acquiesça Harry.
- Alors ! Et moi qui croyais faire partie de votre branche de l’Ordre ! chuchota une voix grave.
- Oh ! Abel, nous…
- Ne vous fatiguez pas, Hermione, interrompit Abelforth Dumbledore, j’ai tout entendu. Mais la prochaine fois, n’oubliez pas que je suis au courant et que vous pouvez me faire confiance, que vous n’avez rien à me cacher.
- Oui ! Excusez-nous…
- Ce n’est rien, assura Abel avec un léger sourire qui les rassura.

Harry consacra le début de la deuxième semaine de septembre à sa tentative de destruction du fragment d’âme que contenait le médaillon de Serpentard. Ses affaires lui étaient parvenues dans la nuit de dimanche à lundi et depuis, il avait commencé sa lourde tâche.
Suivant le conseil d’Abelforth, il avait essayé de parler fourchelang mais malgré ses efforts de concentration, il ne parvint pas à utiliser le langage des serpents qu’il n’avait jamais réussi à parler sans avoir de serpent ou d’effigie de serpent devant lui.
Après le déjeuner où Mrs Weasley avait refusé de leur adresser la parole, Hermione eut l’excellente idée de chercher une revue animalière dans la bibliothèque désormais sans surveillance du château. Ils cherchèrent dans le fouillis qu’avaient laissé Harry, Ron et Hermione quand ils avaient cherché à la va-vite des livres de sortilèges, puis quand, accompagnés cette fois du nouveau membre de leur groupe, Neville, ils avaient empiré les choses le matin de la veille. Ils dénichèrent au bout de deux heures dans la réserve, un endroit qu’ils n’auraient jamais cru avoir à visiter juste pour trouver une image d’animal, un livre sur la magie noire avec un chapitre qui traitait justement du fourchelang.
- C’est vraiment horrible ! s’indigna Hermione.
- Quoi ? demandèrent les trois garçons en chœur.
- Ils décrivent les fourchelang comme des mages noirs ! s’exclama Hermione.
- Bah… Je suis un peu habitué, dit Harry.
Il avait en effet passé près d’une année à être accusé d’agressions contre des élèves d’origine moldue, avant de donner la preuve qu’il n’y était pour rien en sauvant sa chère Ginny des crochets d’un basilic.
Harry regarda une photo animée de serpent qui se trouvait au début de ce chapitre sur le fourchelang, tenta une phrase, et la réaction des autres lui montra qu’il avait réussi à parler comme les serpents. Il fit d’autres essais concluant et perçut en effet des sifflements rauques en même temps qu’il parlait. Il retourna dans la tour de Gryffondor, prit le médaillon, et tenta plusieurs phrases tout en jetant une fraction de seconde avant un regard vers le livre sur la magie noire. Cependant, il ne parvint à rien et la relique demeura intacte.
- Peut-être qu’il faut le regarder, suggéra Ron au bout de trois quarts d’heure.
- C’est ce que je fais ! s’énerva Harry.
- Non, infirma Hermione, tu commences ta phrase en regardant la photo du serpent pour pouvoir parler fourchelang. Il doit falloir que tu le regardes tout le temps.
Harry tenta alors de parler fourchelang en pensant de toutes ses forces à l’image qu’il avait regardée, et il finit par réussir après dix bonnes minutes de concentration intense. Il tenta de nouveau plusieurs formulations mais rien n’y fit. La tension de Harry monta, ainsi que l’inquiétude : et si leur hypothèse était fausse ? Neville proposa d’utiliser une baguette magique. Harry retenta tout ce qu’il avait déjà dit en pointant l’objet de sa baguette, puis en le tapotant, puis en le tapotant deux fois, puis trois fois, puis quatre, puis…
A seize heures, le médaillon de Serpentard vola à travers la pièce après à un mouvement de rage de Harry.
- Calme-toi ! s’exclama Hermione. Ce n’est pas en le cassant que tu résoudras ton problème !
- Si, justement ! fit remarquer Harry en colère. Il faut que je le casse ! Mais je n’y arrive pas !
- On a qu’à faire une pause, proposa Ron. On pourrait faire une partie de Quidditch, ou encore se baigner, comme hier.
- Nous devons détruire l’horcruxe, Ron ! protesta Hermione.
- Ca peut attendre un peu ! dit Ron. On ne va pas rester tout le temps là-dessus, il faut bien se détendre !
- On pourra se détendre quand on aura détruit l’horcruxe ! insista la jeune femme.
- On dit que la nuit porte conseil, rappela Neville. Peut-être que la détente aussi.
Hermione parut un moment très en colère, puis elle se mit à cligner des yeux avec frénésie.
- Heureusement que tous ceux qui combattent Voldemort ne sont pas comme vous, murmura-t-elle, à faire de longues pauses pendant lesquelles il peut tuer, détruire des familles, rendre des gens orphelins…
Ron sembla se décomposer face à cette allusion à la mort des Granger. Jamais Harry ne l’avait vu aussi peiné. Il s’approcha lentement d’Hermione qui avait l’air de retenir des larmes.
- Je suis désolée, dit-elle. Je ne voulais pas dire ça.
- Ce n’est pas grave, la consola Ron à voix basse en entourant tendrement les épaules de sa petite amie. Mais je parlais seulement d’une petite pause, Hermione, je ne disais pas qu’on allait prendre de longues vacances, bien que ça me tenterait bien…
Il croisa soudain le regard de ses amis et ses oreilles prirent une teinte rouge. Harry se sentait mal à l’aise, il ne voulait pas gêner son meilleur ami dans un moment pareil.
- Je crois… que la pause va commencer maintenant, dit-il. Viens, Neville.
Il vit dans le regard de Ron de la reconnaissance.
Harry et Neville descendirent les marches du château sans échanger le moindre mot. Ils parvinrent en haut de l’escalier de marbre et là, Harry s’assit sur la première marche.
- Je ne l’avais jamais vu comme ça, avoua-t-il. Je ne l’avais jamais vu si compréhensif, si prévenant envers les autres. Il a toujours plutôt été du genre à se mettre en colère pour ce genre de chose, mais là…
- Ben… disons que depuis mercredi, Ron est devenu plus sensible, dit Neville.
Harry hocha la tête. Neville avait raison, Ron avait changé, il avait été marqué par ce qui était arrivé dans la semaine. En vérité, tout le monde avait été marqué, Harry le premier, et c’était pourquoi il comprenait que son ami ait pu devenir autant adulte en si peu de temps. Il avait aussi l’impression que Ron ressentait pour la première fois de sa vie les tourments de l’amour… C’était comme Neville, qui tout d’un coup, se décidait à venir le rejoindre dans sa quête de Voldemort, affirmait sa personnalité, faisait des remarques… intelligentes. La prise de conscience frappait tout le monde…
Ils se séparèrent, partant chacun de son côté. Harry parcourut ce château qu’il avait considéré comme son foyer durant six longues années, et qui allait bientôt redevenir son école. Il n’avait pas voulu revenir à cause des horcruxes, mais aussi à cause de ce que lui rappelait cet antique collège… Mais il était revenu depuis déjà plus d’un mois et l’avait supporté… Il savait ce qu’il devait faire pour être totalement en paix avec lui-même s’il devait encore passer un an ici, et il estimait qu’à présent, il devait en avoir la force.
Après s’être arrêté au beau milieu d’un couloir du quatrième étage, il décida donc de redescendre les marches et de sortir dans le parc de Poudlard. Il longea le lac, se dirigeant vers un carré d’herbe qu’il avait soigneusement évité ces dernières semaines, mais qu’un de ses rêves lui avait montré récemment… Peut-être comprenait-il mieux maintenant le sens de ce cauchemar si étrange.
Il s’approcha et s’agenouilla en face de la tombe blanche gravée de ces mots :

Albus Dumbledore
1846-1997

Harry se mit à pleurer silencieusement, repensant à son directeur, son précepteur, son protecteur… et ami.
« De quoi as-tu peur ? »
Cela, il l’avait compris après un autre cauchemar où il avait failli devenir un lâche… Il comprenait également que jamais il ne reverrait Dumbledore, il l’avait compris depuis très longtemps déjà, mais il avait refusé de voir la peur qu’agir seul lui inspirait, face à quelqu’un comme Voldemort, une peur qu’il avait désormais décidé de combattre.
Il resta ainsi pendant il ne savait combien de minutes, il ne savait combien d’heures… jusqu’à ce qu’une petite main se pose délicatement sur son épaule, une main chaleureuse, douce, accompagnée d’un parfum de fleur tout aussi doux.
« Tu n’es pas seul… »
Harry s’emplit alors d’une joie de vivre qu’il n’avait jamais ressentie, il venait de résoudre cette énigme, de comprendre ce qu’il aurait dû comprendre depuis que cette même main s’était poser de la même manière il y a plus de deux mois de cela, pour le ramener auprès des siens… Il n’était pas seul ! Il avait des amis, des gens auquels il tenait et qui tenaient également à lui, des gens qui l’aideraient et qu’il aiderait aussi… il avait Ginny.
Il se retourna pour regarder sa petite amie qui, sans doute au cours d’une balade solitaire dans le parc, avait aperçu Harry devant cette tombe.
- Il te manque, n’est-ce pas ? dit-elle d’un ton compatissant.
- Oui, beaucoup, répondit-il. Il nous manque à tous, je présume.
Puis il sourit, pas d’un sourire forcé, mais d’un sourire vrai, naturel, un sourire de joie.
- Mais la vie continue, non ? dit Harry.
Il se leva et enlaça Ginny qui passa ses bras autour de son cou. Elle avait toutefois l’air inquiète.
- Tu es sûr que ça va ? demanda-t-elle.
- Beaucoup mieux qu’il y a quelques secondes, assura Harry.
- Et puis-je savoir pourquoi ? s’étonna Ginny en riant.
- Je viens de comprendre certaines choses. Et puis l’avantage, quand on est amoureux, c’est qu’il suffit de voir sa petite amie pour être heureux.
Ils se lâchèrent et s’assirent tranquillement dans l’herbe.
- Pourtant, Hermione n’avait pas l’air très heureuse quand je l’ai vue passer avec Ron, fit remarquer la jeune fille.
- Tu sais bien pourquoi…
- Oui, mais je ne suis pas inquiet. Ron a fait de nombreux progrès en compréhension humaine depuis qu’il s’est enfin rendu compte pour quelle raison il se mettait en colère à chaque fois qu’on lui parlait de Victor Krum.
Ils éclatèrent de rire. Jamais Harry n’avait passé une si bonne après-midi. Ils parlèrent, rirent ensemble pendant de longues heures, et quand ils étaient à cours de sujet de conversation, ils s’embrassaient. Ils rentrèrent main dans la main et les autres parurent étonnés – mais ravis – de les voir aussi radieux. Les yeux d’Hermione n’étaient pas rouges, contrairement à ce qu’on aurait pu croire, mais elle ne parla pas trop au cours du repas. Personne ne savait ce que Neville avait bien pu faire de sa journée, mais il se trouvait à table avec tout le monde, et ne semblait pas se sentir particulièrement délaissé par ses amis qui pourtant avaient passé leur journée en couples, couples dont il était exclu puisqu’il n’avait pas de petite amie. Ils mangèrent joyeusement et Harry et Ginny parvinrent à mettre de bonne humeur Mrs Weasley qui accepta enfin de leur adresser la parole, sans toutefois leur parler de l’entrée du quatuor dans l’Ordre du Phénix.
Ils s’accordèrent tous les cinq (Ginny était restée avec eux) une bonne demi-heure de laisser-aller, confortablement installé dans des fauteuils défoncés, Harry assis avec Ginny et Ron avec Hermione, cette dernière oubliant apparemment ce qu’elle avait dit presque en larme quelques heures auparavant. Puis ils montèrent dans leur dortoir après s’être dit bonsoir : Harry embrassa brièvement mais fougueusement Ginny, ce qui ne gêna nullement Ron qui échangeait dans le même temps un baiser avec Hermione. Quand il se fut mis en pyjama, Harry se souvint que le médaillon était resté sur le sol de la salle commune. Il redescendit le chercher.
Il était là, près du feu, cet héritage du plus maléfique fondateur de Poudlard. Quand parviendrait-il à le détruire ? Et comment ? Il avait essayé le fourchelang, le fourchelang avec sa baguette, mais rien n’y avait fait, à moins que… Il fut soudain saisi d’une idée, une idée que ses amis (Hermione, en tout cas) désapprouveraient sûrement à cause du danger que cela représenterait. Mais après tout, Dumbledore n’avait-il pas dû sacrifier sa main droite pour détruire la bague de Gaunt ? Il ne pourrait pas détruire beaucoup d’horcruxes s’il renonçait devant le moindre petit risque.
Comme à son idée, il mit le médaillon autour de son cou. Il risqua plusieurs formules en fourchelang mais rien ne fonctionna. Il prit alors sa baguette et recommença. Il commençait sérieusement à désespérer quand il tenta pour la énième fois la dernière phrase qu’il avait en tête, et qu’il avait imaginée en se rappelant de la façon dont un jour, un autre horcruxe avait libéré un serpent géant.
- Ouvre-toi, Serpentard, le plus grand des quatre de Poudlard ! ordonna-t-il dans un sifflement rauque.
Il ferma les yeux en priant le ciel et entendit un déclic. Il les rouvrit alors et en une fraction de seconde, il vit les deux faces intérieures du médaillon, chacune contenant un portrait.
L’un des deux lui sourit.

Voilà, d´autres chapitres devraient arriver demain^^.

jimpoter
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23 décembre 2006 à 14:02:05

17
Le duel des âmes

Harry, Ron, Hermione et Neville restèrent à Poudlard en attendant la rentrée du 1er octobre. La Gazette du Sorcier avait annoncé la promulgation de la loi rendant la scolarité magique obligatoire pour tout sorcier âgé de onze à dix-sept ans le mercredi qui avait suivi la première réunion de membres de l’Ordre du quatuor. Neville, Ron et Hermione pressaient sans cesse leur chef de groupe de tenter de détruire l’horcruxe trouvé au cou de Malefoy mais Harry répondait toujours qu’il y était presque et qu’ils n’avaient pas à s’inquiéter pour cela, une réponse qui ne convenait guère à Hermione, laissait Neville perplexe, mais rassurait quelque peu Ron. Ce dernier disait que c’était un bon temps pour les couples pour profiter des journées (parfois) ensoleillées. Il ne cessait de répéter à Neville que lorsque les cours reprendraient, il faudrait lui chercher une petite amie, une remarque qui faisait rougir le visage lunaire du jeune homme.
- Je te jure, Neville ! disait Ron. Une fois que tu sauras ce que c’est que d’avoir une petite amie, tu verras que c’est le pied ! Ca ne peut t’être que bénéfique !
- On peut savoir ce que tu en sais, Ron-Ron ? demanda Ginny. Depuis quand es-tu un expert en relations amoureuses ? Je veux bien croire que tu es un bon petit ami pour Hermione, maintenant, mais pour ce qui était de lui demander de sortir avec toi, c’était autre chose ! Ca a même pris une année entière, moqua-t-elle.
- Et puis arrête de parler des filles comme si nous étions de simples jouets ! s’exaspéra Hermione, forçant ainsi son petit ami à ravaler la réplique qu’il voulait lancer à sa petite sœur.
A la place, il lança une réplique à sa petite amie.
- Je n’ai jamais dit ça ! s’indigna-t-il. Ce n’est pas parce que tu es un être humain que t’avoir ne peut pas être bénéfique, je dirais même que c’est le contraire.
- Comment ça, m’avoir ?
- Non, ce n’est pas ce que je voulais dire ! s’empressa-t-il de rectifier. Je voulais seulement dire que… enfin…
- Je ne t’appartiens pas ! s’énerva Hermione.
- Ce n’était pas dans le sens de posséder ! Je voulais dire t’avoir auprès de moi, assura Ron, ses oreilles devenant écarlates.
- Depuis quand te laisses-tu malmener par les femmes, Ron ? ricana Harry.
- Quelle remarque de machiste ! rit Ginny.
Harry se contenta de sourire. Son regard sembla se vider pendant quelques secondes.
- Ca va, Harry ? s’inquiéta Ginny.
Il sursauta et sembla revenir à la réalité.
- Oui, oui, ne t’inquiète pas, je rêvais, dit-il d’un ton doucereux.
- En général, quand tu rêves, c’est mauvais signe, rappela Ron. Souviens-toi de la dernière fois…
- Tous les rêves ne peuvent pas être des cauchemars, dit Harry d’une voix nonchalante. Je crois que je vais aller faire un tour dans le parc.
Sur ces mots, avant que quiconque d’autre ait pu en prononcer, il se leva et sortit par le portrait de la Grosse Dame.
- Il est un peu bizarre, non ? dit Ron en observant le trou d’entrée, songeur.
- Oui, approuva Hermione, les sourcils froncés. Il n’est pas comme d’habitude.
- Je me demande si… commença Ginny avec inquiétude.
- Quoi ? demandèrent les trois autres.
Elle leur raconta alors l’étrange réaction de Harry quand il s’était recueilli devant la tombe de Dumbledore.
- Tu crois que c’est pour ça qu’il a l’air si… nonchalant ? l’interrogea Hermione, perplexe.
- Je ne sais pas, répondit Ginny. C’est possible.
Hermione ne sembla pas convaincue par cette éventualité. Les garçons, eux, ne paraissaient pas aussi troublés par le comportement de leur ami, quant à Ginny, visiblement, elle se rongeait les sangs.

Harry se réveilla dans le noir total. Il se leva et alluma sa baguette magique pour s’apercevoir qu’il se trouvait dans une toute petite pièce aux murs noirs et sans fenêtre. Si, il y en avait une ! Ou plutôt, c’était une sorte de hublot un peu plus grand que sa tête, et qui se trouvait au niveau de celle-ci.
Par cette étrange ouverture, il apercevait un visage, un visage recouvert d’une barbe noirâtre. D’après le peu qu’il voyait du cou du sombre homme, Harry devinait qu’il était vêtu d’une robe argentée et d’une cape verte comme l’émeraude. L’homme semblait immergé dans l’ennui le plus profond.
- Enfin du nouveau ! s’exclama-t-il d’une voix grave et déplaisante. Je croyais que jamais plus cela ne se produirait, depuis que mon cher descendant est venu me tenir compagnie.
- Où suis-je ? interrogea immédiatement Harry.
- Dans un portrait, bien sûr ! répondit l’homme, étonné. Comment pouvez-vous l’ignorer ? A moins que… ah oui… Finalement, contrairement à toutes les assurances de mon ex-voisin, quelqu’un est parvenu à lui prendre mon médaillon.
- De quoi parlez-vous ? demanda Harry, qui ne comprenait décidément rien à ce qui lui arrivait.
- Il m’avait assuré que jamais personne ne pourrait découvrir cet horcruxe, et que de toutes façons, si cela arrivait malgré tout, que la personne en serait grandement punie et que lui en tirerait un très net avantage. Maintenant je vois qu’il avait raison sur au moins un point : il a pris possession de votre corps et vous, vous êtes coincé ici !
Il éclata d’un rire moqueur.
- Vous voulez dire que… nous avons échangé nos places ? s’exclama Harry, désormais paniqué. Que mon âme est rattachée au médaillon et qu’il dispose de mon corps ?
- Ca m’en a tout l’air, répondit l’homme. Mais vous vous trompé sur un point : ce n’est pas au médaillon que votre âme est rattachée, mais au portrait. Mon précieux héritage n’a jamais été transformé en horcruxe : seul le portrait en est un. Vous vous êtes mis dans de sales draps ! Mais comme ça, vous allez pouvoir me tenir compagnie et me donner des nouvelles du monde magique actuel.
- Vous rêvez ! s’énerva Harry. J’ai d’autres choses à faire, Mr Serpentard, c’est ça ?
- Professeur Serpentard, rectifia le co-fondateur de Poudlard. J’étais respecté avant que je ne sois obligé de démissionner pour que les sang-de-bourbes puissent étudier la magie ! Ce Godric… je le croyais mon ami, mon frère, mais il m’a chassé.

Harry se promenait souvent seul dans les couloirs du château. Il pénétrait dans les salles de classe et y passait parfois des heures, rêveur. Il arpentait les murs, admirait les armures, et semblait avoir une certaine attirance pour les toilettes de filles du deuxième étage. Il parlait peu aux autres qui trouvaient qu’avec ses airs nonchalants et doucereux, il commençait à avoir la façon d’être de Drago Malefoy et de Rogue, à l’époque où ce n’étaient qu’un élève arrogant et un professeur, et non des mangemorts. En réponse à ces allusions, Harry répétait toujours que lui, au moins, n’était pas un serviteur de Voldemort.
Ses amis voulaient parfois lui parler des horcruxes, et comme il prétendait être sur le point de détruire le médaillon, ils lui parlaient des autres à trouver. A la fin de la semaine, même Ron s’accorda à dire qu’ils avaient pris suffisamment de repos comme cela et qu’il fallait s’y remettre. Devant l’insistance sans faille de ses amis, Harry assura qu’ils recommenceraient leurs recherches après la réunion de l’Ordre qui aurait lieu après le dîner.
Ginny voulait parfois passer un peu de temps seul avec son petit ami qui ne se montrait guère conciliant, lui répétant toujours qu’il avait des choses à faire…
- Ah ! Vraiment ? Monsieur à des choses à faire ? s’emporta-t-elle le dimanche, après le déjeuner. Et bien moi, je n’ai pas cette chance ! Et je doute que tu sois vraiment si occupé, vu que tu n’as aucune mission pour l’Ordre et que Ron, Hermione et Neville sont toujours en train de te chercher pour que vous repreniez vos petites affaires, quelles qu’elles soient !
- Et alors, je n’ai pas le droit de me reposer ? questionna Harry d’un ton poli mais où perçait une pointe d’agacement.
- J’aimerais juste savoir pourquoi tu avais l’air si heureux d’être avec moi lundi alors que maintenant tu as l’air de répugner à l’idée de passer la moindre seconde en ma présence ! répliqua la jeune rousse.
- Peut-être que j’ai besoin de vacances avec quelqu’un comme toi qui me harcèles, suggéra Harry. C’est vrai, qu’est-ce que tu crois, je ne peux pas passer mes journées à pratiquer ton activité préférer. Je ne veux pas me salir les mains en pelotant une…
Il prononça alors l’insulte la plus dévalorisante pour une femme, une insulte qui la réduisait à bien peu de choses, surtout de la part d’un homme sensé l’aimer. La main de Ginny sembla se contracter un moment puis elle se relâcha. Les yeux de la jeune femme se remplirent de larmes et elle sortit de la salle de classe où elle avait coincé son petit ami. Le visage de Harry se couvrit d’un sourire goguenard puis soudain, il se plaqua la main sur le front, comme s’il venait de ressentir une vive douleur.

Harry se réveilla en sursauts. Il avait fait un rêve bien étrange, un rêve horrible où il avait qualifié sa chère Ginny de… même dans ses pensées, il ne pouvait se résoudre à prononcer ce mot terrible dont sa petite amie ne lui pardonnerait jamais l’emploi.
Il regarda le visage éternellement las de Salazar Serpentard. D’après son souvenir le plus récent, le moins aimé des fondateurs de Poudlard lui avait fait d’étranges révélations sur ce qui lui était arrivé avant qu’il ne s’assoupisse brutalement et qu’il ne fasse ce cauchemar. Il devait sortir de ce portrait, mais comment s’y prendre ?
- Vous êtes enfin réveillé, dit Serpentard de son ton ennuyé.
- Pourquoi est-ce que je me suis endormi comme ça ? demanda Harry. Qu’est-ce qui s’est passé ?
- Comment voulez-vous que je le sache ? répliqua Serpentard. Vous aviez peut-être tout bonnement besoin de repos ?
- Je ne vois pas pourquoi une image aurait besoin de repos, rétorqua Harry. Et puis on ne s’endort pas comme ça. Même quand on perd connaissance, on met une bonne seconde pour s’évanouir !
- Peut-être que…
- Quoi, qu’est-ce qu’il y a ? demanda aussitôt l’intéressé.
- Mmm… Et puis non, finit-il par dire, je ne vois pas pourquoi je vous aiderais alors que vous êtes contre mon dernier descendant.
- S’il vous plaît ! supplia Harry. Aidez-moi ! Qu’est-ce que ça vous coûte ?
- La véritable question est : qu’est-ce que j’y gagnerais ?
- C’est dingue ! Vous, les Serpentard, vous êtes tous comme ça ! En plus, vous n’avez même pas l’air d’apprécier Voldemort tant que ça alors pourquoi vous voulez l’aider lui ?
- Ce n’est pas ça…
- Qu’est-ce que vous voulez dire ? s’étonna Harry.
- D’accord, il est devenu un sorcier des plus nobles, malgré qu’il soit de sang-mêlé, mais il a vu trop grand… Il n’a pas hésité à créer plusieurs horcruxes alors qu’un seul aurait suffi… Et en plus il ne prend même pas la peine de rester attaché à des objets si importants. Malgré mes conseils, il a décidé de mutiler son âme à répétition et maintenant, il doit être devenu inhumain…
- Vous ne croyez pas si bien dire… Mais que voulez-vous dire par « Malgré vos conseils » ? Le vrai Voldemort vous parlait, avant ?
- Non, répondit Serpentard. C’est le vrai moi qui parlait au vrai Voldemort. Son horcruxe, mon cher voisin, me l’a raconté.
- Que… C’est impossible ! s’exclama Harry, incrédule. Vous êtes mort il y a des siècles !
- Pas du tout ! J’avais une petite assurance… Avant de partir de Poudlard, j’ai déposé une partie de mon âme dans le basilic pour qu’il puisse reconnaître les ordres d’un vrai Serpentard.
- Quoi !?
- C’est moi qui aie inventé ce sortilège de l’horcruxe, mais je n’en connaissais pas tous les effets ni les conditions… Je ne savais pas que mon âme avait pu subir cette mutilation à cause du meurtre de cette sang-de-bourbe… Je ne savais pas non plus qu’en faisant ça, je m’assurais l’immortalité, une vie éternelle sous une bien faible forme… Je ne l’ai appris que quand mon ex-voisin est arrivé, mais le véritable Serpentard a dû s’en rendre compte plus tôt, le malheureux…
Ainsi donc, c’était Salazar Serpentard qui avait inventé l’horcruxe ? Il était encore en vie, sous la même forme d’ombre que Voldemort, trois ans auparavant ?

Ginny avait les yeux rouges, elle versait de temps à autres une larme qu’elle s’empressait d’essuyer. Elle était assise sur un canapé défoncé de la salle commune avec une Hermione qui avait le rôle de confidente.
- Qu’est-ce qui s’est passé ensuite ? demanda cette dernière d’un ton compatissant.
- Il m’a dit quelque chose d’horrible ! répondit Ginny.
- Qu’est-ce qu’il a bien pu dire de si terrible ? s’étonna la jeune femme brune.
- Il… Il m’a traité de… de p… p…
Elle ne semblait pas pouvoir se résoudre à prononcer ce mot si offensant. Un éclair de compréhension passa dans le regard d’Hermione. Elle parut alors incroyablement choquée.
- Il n’a quand même pas dit ça !? s’exclama-t-elle en se levant d’un bon.
Ginny confirma d’un signe de tête.
- Non, c’est impossible ! dit Hermione. Harry n’a pas pu dire une chose pareille, je ne le crois pas !
- Il me l’a dit ! s’emporta Ginny. Tu me prends peut-être pour une folle ?
Hermione ne répondit pas et se rassit.

jimpoter
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Niveau 10
23 décembre 2006 à 14:08:53

18
La renaissance de Poudlard

Lorsqu’il rouvrit les yeux, Harry était allongé dans des draps blancs. Il regarda autour de lui : que des murs blancs. « Je suis mort » se dit-il. « J’ai sans doute été tué par le basilic et je viens d’arriver au Paradis. Je vais revoir Dumbledore et mes parents, et Sirius, et Lupin… Ron et Ginny doivent être là aussi. Je dois sûrement attendre que mon tour vienne avant de les revoir. Il doit y avoir beaucoup de morts à réceptionner. »
Et en effet, une dizaine de minutes plus tard, une femme à l’air pressée s’avançait vers lui. Il reconnut aisément cette femme…
- Vous voilà réveillé, Potter, il était temps ! dit-elle avec un soupir de soulagement. Vous nous avez fait attendre !
- Mrs Pomfresh ? s’étonna Harry. Vous êtes morte, vous aussi ?
- Morte ? répéta l’infirmière, le regard douteux, comme si elle craignait pour la santé mentale de Harry ou tout simplement que ce soit une mauvaise blague. Certainement pas ! Et vous ne l’êtes non plus, mon garçon, vous vous trouvez simplement à l’infirmerie de Poudlard.
- Mais… le basilic…
- Vous lui avez flanqué une belle raclée, d’après ce qu’on raconté vos deux amis. Enfin… votre ami et votre petite amie, rectifia-t-elle un sourire en coin. Comme si toutes les rumeurs de l’an dernier ne suffisaient pas, Miss Weasley aimait bien passer des nuits entières à votre chevet, ou même vous embrasser alors que vous étiez dans le coma…
Harry sentit ses joues chauffer et il accorda un timide sourire à Mrs Pomfresh.
- Je vais chercher les autres, dit-elle. Ils vous expliqueront ces dernières semaines mieux que moi.
- Quoi !? s’horrifia Harry. Je suis resté plusieurs semaines ici ?
- Non, vous êtes arrivés ce matin, un peu avant les professeurs.
- Les professeurs ? répéta Harry, encore plus inquiet.
- Oui, vous avez passé un peu plus de deux semaines à Ste Mangouste et la guérisseuse Derwent a accepté de vous laisser sortir car votre esprit n’avait gardé aucune séquelle et que vous étiez quasiment guéri. Il ne manquait plus que votre réveil. Nous sommes le mercredi 1er octobre 1997 et la rentrée est pour ce soir. Alors, voulez-vous voir vos amis, oui ou non ? Je vous préviens, il est rare que je fasse de telle proposition !
- Bien sûr ! acquiesça vivement Harry, qui n’était que trop heureux de vivre et que ce soit également le cas pour ses amis.
Ron, Hermione, Neville et Ginny déambulèrent quelques instants plus tard dans l’infirmerie. Ron et Ginny étaient parfaitement guéris de leurs blessures. Les os et la chair réparés, il n’avait plu fallu qu’une potion de régénération sanguine pour remettre Ron sur pied ; quant à Ginny, Harry fut horrifié d’apprendre qu’en plus de ses omoplates cassés, sa colonne vertébrale avait subi plusieurs fêlures. Le fait qu’elle n’en ait conservé aucun dommage à long terme démontrait une fois de plus la supériorité de la médecine magique dans le domaine des fractures.
- Les guérisseurs ont dit que tu n’avais pas la moindre blessure quand nous les avons vu, raconta Hermione. Ils ont dit que…
- …que ton coma était dû à des dommages cérébraux, acheva Neville. A ce moment là on a eu très peur, surtout moi, parce que… Enfin, si tu devais tuer Voldemort avec un cerveau comme celui de mes parents…
Il y eut un silence pesant puis…
- La guérisseuse Derwent a fait venir un legilimens pour examiner ton esprit, poursuivit Ginny.
- Comme quoi, elle a fini par avoir ce qu’elle voulait…
- Euh… oui, confirma Ginny, légèrement décontenancée.
- Ils nous ont dit que tu avais subi un choc à cause de la présence de deux esprits dans un seul cerveau – le tien – mais que tu devrais t’en tirer sans séquelle, narra Ron ; que normalement, quand tu serais réveillé, tu serais normal.
- Et bien, en dehors du fait que je croyais être mort en me réveillant, ils avaient raison, constata Harry. Je me sens parfaitement bien.
- Je suis rassurée, dirent Hermione et Ginny en chœur.
Les deux demoiselles échangèrent un regard puis éclatèrent de rire tandis que Ron levait les yeux aux plafond et que Neville prenait un air amusé. Ah, les filles ! Ginny s’assit sur le lit de Harry, et les trois autres prirent des chaises.
- Mais comment avez-vous fait pour sortir de la chambre ? questionna Harry. Et pourquoi vous avez raconté à Mrs Pomfresh… que j’avais mis une raclée au basilic ?
- C’est ce que tu as fait ! assura Ron. D’abord, tu le bombardes d’éclairs de stupéfixion, ensuite tu lui bousilles les yeux avec un sortilège de conjonctivite, et enfin, tu finis par le stupéfixer complètement ! énuméra-t-il. Crois-moi, quand McGonagall et les autres l’ont achevé, tu leur avais bien mâché le travail ! rigola Ron.
- Mais… vous étiez blessés au point que vous ne pouviez plus bouger, objecta Harry, et moi, je ne me souviens pas avoir été conscient APRES avoir attaquer le basilic.
- Oui… Là, j’ai dû y mettre toutes mes forces pour ramper jusqu’à la baguette la plus proche – celle de Ginny – et envoyer un Patronus – ça m’a pris un bout de temps pour réussir à en faire un qui dure suffisamment longtemps.
- J’ai été intriguée par ce chat tigré et je l’ai suivi, dit Hermione les joues rosies. Le problème, c’est qu’il a disparu au quatrième étage…
- On a dû fouiller tout le quatrième, le troisième, et le deuxième étage avant de voir le tuyau dans les toilettes de Mimi Geignarde, dit Neville. On y est descendus avec McGonagall, Abel et Maugrey et on vous a trouvés puis ramenés en balai.
- Et voilà toute l’histoire, conclut inutilement Ron. Alors, c’est la rentrée, ce soir ! On va de nouveau suivre des cours ! Et on va préparer nos ASPIC, joli programme en perspective ! ironisa-t-il.
- Oui, dit tristement Hermione.
- Qu’est-ce qui t’arrive ? s’étonna son petit ami. Depuis quand la perspective de suivre un cours et de travailler à en devenir insomniaque te rend-elle triste ?
- On ne pourra plus chercher les horcruxes, expliqua-t-elle.
- Hermione ! s’exclama Harry, choqué.
- Quoi ? s’emporta la jeune femme. C’est vrai, on aura sûrement bien trop de travail pour reprendre les recherches avant les vac…
- MAIS TAIS-TOI, BON SANG ! gronda Harry.
Hermione parut offusquée par tant de grossièreté. Mais Ginny, elle, semblait plus perspicace.
- On m’a déjà tout raconté pour les horcruxes, pendant que tu étais à l’hôpital, déclara-t-elle d’un ton calme mais agacé, alors ce n’est pas la peine de te cacher pour en parler.
- Comment !?
- Désolé, dit Hermione d’une petite voix, mais elle avait déjà vu le médaillon, et comme elle connaissait la prophétie et ce que tu tentais de faire… Enfin on s’est mis d’accord sur le fait que… enfin… que ça ne changerait rien qu’elle soit au courant…
- C’est ça ! fit Harry.
- Tu ne croyais tout de même pas que j’allais rester comme une idiote sans chercher à comprendre par quoi j’avais été attaquée ? s’indigna Ginny. Tu sais bien que vous pouvez me faire confiance ! Et tu sais aussi que je ne suis pas plus en danger simplement parce que je sais pour les horcruxes !
- Qu’est-ce que tu en sais ? répliqua Harry avec colère. Maintenant tu fais partie des gens que Voldemort pourra torturer pour savoir ce que je cherche à faire ! Est-ce que vous avez pensé à ça ? demanda-t-il en se tournant vers ses amis.
Hermione fit « non » de la tête.
- Ce que tu n’as pas compris, riposta Ginny, c’est que je suis suffisamment intelligente pour avoir compris que vous cherchiez des objets semblables au journal de Jedusor ! Des objets qui contiennent… ce genre de chose. Hermione, Ron et Neville m’ont juste expliqué ce que c’était vraiment – des horcruxes, des objets contenant des morceaux d’âme créés pour avoir l’immortalité – et pourquoi vous les cherchiez. Et si Ron, mon entêté de frère qui peut être bien plus protecteur que toi en général et qui, dans une certaine mesure, je suis forcée de le reconnaître, l’est plus légitimement et qu’il est d’accord avec moi, alors je ne vois pas pourquoi tu fais toutes ces histoires !
Intérieurement, Harry devait admettre que sa petite amie marquait un point. Mais extérieurement, il se contenta de jeter un regard irrité à la jeune rousse. Ron, lui, paraissait en pleine réflexion.
- Quand tu as parlé de moi, dit-il, c’était un compliment ou…
- Ecoute, Ron, s’exaspéra Ginny, prends-le comme tu veux, d’accord ? Est-ce que vous pourriez nous laisser seuls ? demanda-t-elle aux autres.
Sans un mot et en échangeant des regards éloquents, Ron, Hermione et Neville sortirent de l’infirmerie de Poudlard.
- Qu’est-ce que tu veux ? demanda sèchement Harry.
- Que tu arrêtes.
- Arrêtez quoi ?
- De me surprotéger ! s’exclama Ginny. J’en ai assez que tu ne veuilles pas me parler de ce que tu fais ! J’en ai assez que tu m’écartes à chaque fois que vous parlez de vos affaires concernant Voldemort ! Je veux t’aider !
- Je ne veux pas que tu viennes avec moi ! dit Harry d’un ton catégorique.
- Il faudra bien, pourtant ! Quand je serai majeure, quand j’aurai terminé mes études ici, je me battrai aussi contre les mangemorts, et tant qu’à faire, je préfèrerai le faire avec toi à mes côtés parce que si je meurs, je ne veux pas que ce soit sans te revoir, sans avoir pu vivre avec toi !
Harry ne répondit rien. Il ne savait que trop bien qu’il ne pourrait pas empêcher sa fougueuse Ginny de se battre avec les aurors et l’Ordre, plus tard. Et il était vrai qu’il serait mieux, et même plus sûr, qu’elle le fasse à ses côtés. Cependant…
- En tout cas il est hors de question que tu viennes avec moi avant que tu ne sortes de Poudlard, dans deux ans !
- Ca je veux bien. Mais je te l’ai déjà dit : arrête de me surprotéger. Ca ne sert à rien de me cacher ce que tu fais ! Arrête d’essayer de rompre avec tous tes amis, tous ceux qui peuvent t’aider ou te soutenir !
- Que…
- Hermione m’a raconté comment tu avais failli refuser son aide et celle de Ron juste après l’enterrement de Dumbledore, expliqua Ginny. Mais tu m’as dit toi-même au début du mois dernier que sans eux, tu n’y arriverais pas ! Je suis navrée que ça ne soit pas pareil pour moi…
- Ecoute, je…
- Ah non, c’est vrai, je suis la jolie princesse qui doit sagement attendre dans son château que son prince charmant ait tué le méchant sorcier ! ironisa la jeune fille. Tout ça pour mon bien, évidemment ! Tu sais, si pour toi, je me résume à ça, cet horcruxe n’avait peut-être pas tort en me traitant de…
- LA FERME, GINNY ! rugit Harry.
La cadette des Weasley se figea sur place. Non, il ne pouvait pas laisser faire cela, il ne pouvait pas la laisser faire cela…
- Je suis désolé, s’excusa Harry après un bref silence. Je ne peux pas te laisser te dévaloriser comme ça. Et… il ne faut surtout pas que tu penses que je te considère de cette façon ; c’est totalement faux.
- Oui, tu aimes la Ginny enjouée, sa personnalité, son caractère bien trempé, celle qui te ressemble… Mais à cause de toi j’ai failli perdre tout ça, déclara-t-elle. Quand il m’a insultée, je suis partie en pleurant au lieu de te mettre – de lui mettre – une gifle ou de lui jeter un sort, et ça ne me ressemble pas du tout. Mais je me suis ressaisie pendant que tu étais à Ste Mangouste et j’ai décidé de mettre les points sur les i quand tu te réveillerais. Maintenant, je vais te poser un ultimatum : soit tu acceptes de sortir avec moi au grand jour dès maintenant, soit je te quitte définitivement.
Harry ne s’attendait pas à ça. Il ne pensait pas devoir faire un tel choix un jour, un choix si difficile il y a encore quelques semaines, mais…
Constatant son silence, la jeune fille tourna des talons et marcha d’un pas vif et courroucé vers la porte.
- Ginny, attends ! appela Harry.
Elle s’arrêta.
- Je t’ai donné deux possibilités, dit-elle sans se retourner. Si tu ne choisis pas l’une ou l’autre, je partirai.
- Je ne sais pas…
- Très bien ! s´irrita Ginny.
- ATTENDS ! cria-t-il. Tu ne sais même pas ce que j’allais dire !
Il se leva d’un bond et la rattrapa au beau milieu d’un couloir du troisième étage. Il se plaça devant elle.
- Laisse-moi passer, dit poliment mais froidement la jeune rouquine.
- Pas avant que je t’aie répondu, parce que j’étais en train de le faire quand tu es partie. Alors voilà : je ne sais pas ce que j’aurai répondu à l’époque où Voldemort risquait d’apprendre notre relation. Mais maintenant…
- Pourquoi ? s’étonna Ginny. Le risque a disparu ?
- Oui, reconnut Harry. Le risque a disparu parce qu’il sait déjà que je t’aime.
Ginny fut tellement interloquée par cette nouvelle inopinée qu’elle en demeura bouche bée.

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Niveau 10
23 décembre 2006 à 14:09:42

- Tu te souviens de ce qu’a dit l’horcruxe ? demanda Harry. Qu’il avait accès à toutes les informations de mon cerveau quand il habitait mon corps ? Il s’est passé la même chose en sens inverse. Son esprit a laissé dans mon cerveau des souvenirs, pas toujours très distincts, mais j’ai pu saisir certains des plus récents. Je sais qu’il a réussi à communiquer à Voldemort par la légilimancie, ou quelque chose dans ce goût là, des informations sur l’Ordre… et sur moi.
- Mais… comment auraient-ils pu communiquer de si loin et traverser les protections du château ? questionna Ginny.
- Ils disposaient chacun d’un morceau de la même âme, dit simplement Harry. Je suppose… que cela les rapprochait, en quelques sortes.
- Oui, c’est vrai… approuva Ginny. Mais alors…
- Oui, il sait que nous sortons ensembles et quoi que je fasse, je ne pourrai jamais le convaincre que ta mort… ne m’affecterait pas.
- Donc…
- Donc j’accepte de sortir avec toi au grand jour, déclara Harry d’un ton plus joyeux. Puisque ça ne changera rien, comme tu dis, autant que l’on soit côte à côte !
Sur ce, après avoir jeté de faibles coups d’oeils autour de lui, il enlaça sa petite amie et l’embrassa. Il venait de retrouver définitivement sa Ginny… du moins jusqu’à ce que Voldemort ne lui fasse du mal, trop de mal.
Mais il ne le laisserait pas faire. Il était déterminé à tuer cette être inhumain quoi qu’il lui en coûte.
Bien sûr, après le bref savon que lui avait passé Mrs Pomfresh pour être sorti d’une manière si précipitée et déraisonnable de l’infirmerie (toutefois elle n’avait pas crié pour l’arrêter dans sa course, et Harry la soupçonnait d’être une sentimentale), il dut parler à McGonagall de ce qu’avait appris Voldemort quand il était possédé. Les mangemorts connaissaient désormais l’emplacement du nouveau Quartier Général de l’Ordre, ainsi que le moyen d’y entrer. Cependant, la directrice de Poudlard le rassura.
- De toutes façons, si Vous-Savez-Qui transplanait dans ce petit bout de tunnel, il ne pourrait pas y tenir plus de quelques secondes sans subir de graves dommages – oui, oui, Harry, même lui, garantit McGonagall devant l’air sceptique de son élève. Car si ce coin du tunnel entre Pré-au-Lard et Poudlard n’est pas protégé par un sortilège anti-transplanage, il l’est bel et bien par des couches et des couches d’enchantements anti-magie noire que les membres de l’Ordre du Phénix et moi-même nous sommes appliqués à mettre en place.
Il était ensuite ressorti du bureau de McGonagall (il se disait qu’il aurait encore plus de mal, quand Poudlard serait à nouveau une école, le soir même, à ne pas l’appeler intérieurement le bureau de Dumbledore que cette pièce circulaire avait été pendant tant d’années).
Avant qu’il ne la laisse pour cette mise au point concernant l’Ordre, Ginny avait avoué à Harry qu’une surprise l’attendait pour le déjeuner. Il se demanda quel pouvait bien être ce fameux « cadeau » quand il entra dans la salle commune pour retrouver sa bien mystérieuse petite amie, ainsi que Ron, Hermione et Neville. Tous les quatre souriaient étrangement.
- Oh, salut, Harry ! dit Ron qui s’efforçait apparemment de ne pas éclater de rire.
- Qu’est-ce qui vous arrive, tous ? se méfia Harry.
- Et bien alors, Harry ? dit une voix derrière lui.
- On ne dit plus bonjour à ses amis ? dit une autre exactement semblable mais qui pour il ne savait quelle raison, lui semblait venir d’une autre personne…
Il connaissait ces voix…
D’un mouvement rapide, il se retourna et vit Fred et George Weasley lui adresser un sourire radieux, de part et d’autre du trou du portrait de la Grosse Dame. Il cligna des yeux dans le but de vérifier la réalité de ces deux visions qui s’avérèrent. A ce moment là, il ne parvint plus à prononcer le moindre mot.
- Et bien alors, dis quelque chose ! rigola Fred.
- Que… bredouilla Harry. Que faites-vous ici… ?
- Nous nous sommes échappés, bien sûr ! répondit George.
- Co… bégaya Harry. Comment…
- Comment est-ce qu’on a fait ? Disons que nous avons plus d’un tour dans notre sac, dit simplement Fred en éclatant d’un rire joyeux.
Ils s’étreignirent alors comme des frères.
- Vous êtes revenus ! s’exclama alors Harry qui commençait à réaliser l’ampleur de la nouvelle. Vous êtes revenus et vous êtes vivants ! Ginny, ça, c’était une sacré surprise, dit-il en serrant également sa petite amie mais brièvement tout de même : trois de ses frères étaient présents.
Ils s’assirent dans l’allégresse et Harry, plus heureux qu’il ne l’avait été depuis de nombreux mois, avait énormément de questions a poser. Les jumeaux se lancèrent alors dans un récit que les autres avaient visiblement déjà entendu, vu qu’ils ne prenaient pas la peine de l’écouter sérieusement. Fred et George racontèrent tout ce qui leur était arrivé depuis le jour où ils avaient été soumis à l’Imperium.
- Le soir où Dumbledore est mort, ils sont entrés dans notre boutique pour voler la poudre d’invisibilité du Pérou et ils nous ont attaqués. Nous nous sommes défendus, évidemment, mais ils étaient une dizaine contre nous alors nous n’avons pas pu faire grand-chose.
- Au début, narra Fred, après nous avoir neutralisés, ils voulaient nous tuer. Mais l’un deux a dit que nous pourrions être utiles vu que nous connaissions personnellement Harry.
- Alors ils nous ont soumis à l’Imperium, dit George, et nous ont ordonnés de ne pas bouger. Au beau milieu de la nuit, ils sont revenus avec Malefoy, et nous ont dit que nous devions servir ce petit merdeux. Il nous a demandé de t’espionner, ainsi que l’Ordre. C’est pour ça que nous avions abandonné notre magasin.
- Et puis l’occasion du mariage est arrivée. Nous avons prévenu Malefoy et t’avons entraîné dans un coin pour t’enlever. Mais nous avons été stupéfixés. Seulement les mangemorts sont arrivés et… enfin tu sais ce qui s’est passé.
- Ensuite, nous sommes restés dans ce manoir…
- Celui des Malefoy ? interrogea aussitôt Harry.
- Non, répondit George. C’était un manoir bizarre où on avait l’impression… qu’il faisait toujours nuit.
- En fait, dit Fred, je crois qu’il faisait vraiment toujours nuit. Ca devait être un tour de Tu-Sais-Qui. On pense que c’était son repère jusqu’à ce qu’il aille à Pré-au-Lard, mais on ne pouvait pas y transplaner ni en retrouver le chemin, donc il n’a pas été très utile aux aurors qu’on le leur révèle, mais on l’a fait quand même.
- Et heureusement ! s’indigna Hermione. Une information aussi capitale ! Au moins ils savent quoi chercher, maintenant !
- Si tu nous avais écoutés, rétorqua George, tu saurais que : de un, on a pas vu ce truc de l’extérieur donc non, ils ne savent pas quoi chercher.
- De deux, ils n’ont pas vraiment besoin de la chercher vu que maintenant, Tu-Sais-Qui doit vivre tranquillement dans sa capitale, rappela Fred. Et ça, c’est vraiment capital.
Ron et Ginny eurent un petit rire.
- Très drôle, répliqua Hermione d’un ton ironique.
Ginny continua à sourire mais Ron n’émit plus aucun son.
- C’était vraiment une maison bizarre, répéta George sans tenir compte de la remarque de la jeune femme. Au sous-sol, il y avait des hublots qui donnaient sur le fond d’une mare ou d’un marécage.
- Mais au rez-de-chaussée, poursuivit Fred, les fenêtres donnaient sur une plaine.
- Vous plaisantez ? s’hébéta Harry.
- Crois-moi, on ne plaisanterait pas là-dessus, même nous, dit George, très sérieux.
- Désolé…
- Ce n’est pas grave, assura Fred. Ensuite, il y avait l’étage où les fenêtres montraient une forêt de chênes. Et puis il y avait la tour où on se voyait au sommet d’une montagne.
- On aurait dit une maison composée, fit remarquer George ; comme si chaque partie se trouvait dans un endroit différent. En tout cas on est restés là-bas. Ensuite on s’est revus même si ce n’est pas un très bon souvenir… Et quand vous vous êtes enfuis de chez lui, Malefoy et nous sommes retournés à Godric’s Hollow le soir même.
- Il vous a suivis et a transplané avec nous en utilisant une technique que lui a apprise par Tu-Sais-Qui pour suivre un transplaneur peu de temps après qu’il ait disparu.
- On vous a encore suivis et on s’est installés dans un appartement qui faisait face à vos chambres d’hôtel. De là, on a pu vous voir transplaner.
- Malefoy est allé dans votre chambre et à pu suivre votre trace… déclara Fred. Il s’est jeté le sortilège de désillusion, a attendu que vous soyiez sortis et…
- Et quoi ? demanda Harry.
Fred jeta un regard oblique à Hermione qui éprouvait une certaine difficulté pour respirer. C’est alors qu’il comprit…
- Ce… C’est Malefoy qui a tué les Granger ? balbutia-t-il.
Les jumeaux hochèrent la tête d’une façon plus qu’explicite.
- Mais… c’est impossible ! Malefoy est incapable de tuer… D’accord, c’est un lâche et un minable petit mangemort ! Mais je l’ai bien vu le soir où il a essayé sur Dumbledore…
- Il est capable de tuer des animaux, j’en suis sûre, dit Hermione d’une voix chevrotante.
Ils se tournèrent tous vers elle. La jeune femme tremblait de tous ses membres et des larmes de rage coulaient de ses yeux.
- Hermione…
- C’est vrai, Ron ! s’exclama-t-elle. Pour lui, ce n’étaient que des animaux. Mes parents étaient des moldus. Alors pour lui, les tuer revenait à tuer des animaux, des êtres sans valeur, sans sentiment… des êtres non humains.
Et soudain, elle bondit et éclata :
- POUR LUI MES PARENTS ETAIENT DES ANIMAUX !! ! IL LES A TUES SANS PROBLEMES, CETTE ORDURE !! IL LES A TUES POUR S’AMUSER, COMME TOUS LES MANGEMORTS !! ! PENDANT QUELQUES SEMAINES, J’AVAIS CRU QU’IL ETAIT UNE VICTIME, QU’ON L’OBLIGEAIT A FAIRE TOUT CA ! MAIS NON ! IL LES A TUES DE SANG FROID ET IL FERAIT PAREIL AVEC MOI, JE LE SAIS, JE L’AI VU DANS SES YEUX CE JOUR-LA !
Harry savait qu’elle faisait allusion au jour où Malefoy l’avait d’abord soumise à l’Imperium puis au Doloris pendant quelques secondes. Lui et les Weasley furent passablement secoués par cette rage soudaine de leur amie d’origine moldue. Jamais Hermione n’avait parut autant en colère, tant éprouvée, si révoltée, et ce n’était pas si étonnant que cela, en fin de compte. Après tout, elle avait perdu ses parents pour découvrir qu’ils avaient été tués sans raison par un minable, et Harry avait une expérience suffisamment douloureuse en ce qui concernait la perte d’êtres chers pour comprendre sa réaction.
Il y eut un très lourd silence, puis la jeune femme se rassit, les yeux fixés sur ses genoux. Au bout d’une bonne minute de mutisme, les jumeaux décidèrent de reprendre leur récit tandis que Ron ceinturait chaleureusement les épaules de sa petite amie.
- Nous sommes partis ensuite pour Pré-au-Lard et là-bas, on ne faisait pas grand-chose, à part apporter son repas à ce petit salaud. C’est là-bas qu’on a commencé à se réveiller, déclara George.
- Cet idiot a négligé le pouvoir qu’il avait sur nous, raconta Fred. Il ne renouvelait pas l’Imperium et ça nous a permis de redevenir nous-même très vite.
- C’était il y a un peu plus de deux semaines, on a recouvert totalement le contrôle de nous-même.
- On faisait semblant d’être toujours des zombis pour ne pas éveiller les soupçons, et on réfléchissait ensemble à un moyen de s’échapper quand on a eu une idée.
- Pendant qu’il dormait (on en était sûr parce qu’on avait jeté en informulé le sort nécessaire), on a décidé d’attendre la pleine lune. C’était le lendemain soir.
- A ce moment là, il y aurait une foule de loups-garous dans la grand-rue, personne ne nous verrait parmi toutes ces créatures déchaînées.
- On a privé Malefoy qui ne se doutait de rien de sa baguette, on l’a menacé et il nous a docilement obéi en nous sortant du village, raconta George.
- Alors il est à Azkaban ? demanda Harry, ébahi.
- Parfaitement, certifia Fred. Et il ne sortira pas de si tôt, crois-moi.
- Bizarrement, dit George, il a tout de suite avoué qu’il avait torturé Ron après le mariage et qu’il avait tué les parents d’Hermione.
- Il n’y a rien de bizarre à ça, assura Harry. Il doit craindre la colère de Voldemort quand il apprendra qu’un de ses mangemorts a négligemment laissé échapper une véritable mine d’informations…
- C’est vrai, je n’avais pas pensé à ça.
- En tout cas, il a été condamné à la détention à vie à Azkaban ! annonça joyeusement Fred.
A peine eurent-ils achevé le récit de leurs péripéties qu’une note de service leur indiqua que le déjeuner était prêt.
- C’est Maman, précisa Ron. Elle est venue spécialement pour fêter ton réveil avec Bill et Fleur.
- Pourquoi ? s’intrigua Harry. Elle est partie ?
- Evidemment ! rit Ginny. Poudlard rouvre ce soir, et les professeurs sont déjà là.
- Mais… ils ne seront plus vraiment… en sécurité ?
- C’est sûr que le Terrier ne vaut pas Poudlard, dit Ron.
- Ils ne pouvaient pas dormir dans la Salle sur Demande ? questionna Harry. Si on le lui demande, la salle pourra devenir suffisamment grande.
- Le problème c’est que la salle n’a pas pu se transformer en plusieurs pièces séparées, dit Hermione un peu calmée.
- Et puis il aurait fallu que tous les matins, Papa soit toujours très discret en allant au bureau, dit Ginny. Ils auraient dû vivre cachés. Et mes parents ne voulaient pas d’une survie au lieu d’une vie. McGonagall leur a assuré que s’ils voulaient revenir, ils auraient toujours une place ici. Bon, on y va ?

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Niveau 10
23 décembre 2006 à 14:10:47

Ils descendirent dans la Grande salle où ils trouvèrent les deux couples de Mr et Mrs Weasley : Arthur et Molly accompagnés de Bill et Fleur. Les professeurs étaient également présents : Mrs Bibine, Flitwick, Chourave, Binns, Sinistra, Vector, Gobe-Planche – il eut un pincement au cœur à la pensée de Hagrid détenu à Azkaban –, Dumou, le professeur d’études des Moldus, Sands, le professeur d’études des Runes, et Slughorn. Harry avait craint que ce dernier, jugeant que Poudlard n’était plus un lieu sûr, ne quitte son poste. Mais il était bien là, tenant un verre de cognac avec sa main épaisse, riant aux éclats. Il manquait tout de même trois professeurs. Firenze, bien sûr, devait se trouver dans son placard aménagé en forêt ; mais il n’y avait ni nouveau professeur de Métamorphose, ni nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal. Ces absences l’inquiétèrent.
- Harry ! s’exclama Slughorn. Et toute sa bande de jeunes justiciers ! Asseyez-vous donc, jeunes gens, les invita-t-il.
- C’est lui, Slughorn ? chuchota George. Il n’a pas vraiment l’air d’un Serpentard.
Les jumeaux Weasley avaient quitté l’école l’année précédant l’arrivée du nouveau maître des potions. En tout cas, ils s’assirent tous face aux enseignants.
- Alors, dit joyeusement Slughorn, j’espère que vous avez bien profité de ces vacances prolongées ? Trois mois ! Ca doit faire des siècles que les élèves de Poudlard n’ont pas eu une telle aubaine ! En fait, je ne saurais dire si une telle chose est déjà arrivée ! Bien sûr, ces vacances n’ont pas été très joyeuses pour tout le monde… surtout pour les Lards-du-Pré.
- Les quoi ? s´ahurit Harry.
- Les habitants de Pré-au-Lard, expliqua Bill.
- Ah, oui, c’est vraiment triste, dit sombrement son père. La moitié des habitants sont revenus sains et saufs, et il a fallu s’occuper d’eux. Ceux qu’on hébergeait à Ste Mangouste n’ont plus de trace de blessure et comme les guérisseurs sont déjà suffisamment occupés par les blessés, les accidentés, les victimes d’objets ensorcelés et j’en passe, ils n’ont pas pu les garder. Certains sont au ministère, d’autres sont hébergés par des familles de sorciers, et il y en a aussi qui ont trouvé un petit travail au Chemin de Traverse.
- On en a engagé plusieurs dans notre boutique, déclara Fred. Comme trouver du travail sur le Chemin de Traverse est dur en ce moment, à cause de tous les magasins qui ferment, ils ont accepté nos offres comme des dons du ciel.
- Maintenant, on a un balayeur, deux vendeurs, et un caissier, annonça joyeusement George. Ils nous ont été très utiles pour relancer nos produits.
- Mais pourquoi donc tenez-vous tant à rester dans ce stupide commerce ? s’exaspéra Mrs Weasley.
- Ce « stupide commerce », c’est l’œuvre de la créativité de tes fils, répliqua froidement Fred. Ce sont nos créations et notre passion.
- Et d’ailleurs, tu n’avais pas l’air si mécontente de la voix qu’on avait choisie quand tu as vu les bénéfices de nos ventes, rétorqua son frère jumeau.
- Ne parlez pas comme ça à votre mère, dit Mr Weasley d’une voix ferme. Vous savez très bien que si elle disait ça, c’est parce qu’elle s’inquiète pour vous.
- Bien sûr que je m’inquiète pour vous ! s’exclama sa femme. Vous avez été soumis à l’Imperium sans pouvoir vous défendre ! Si vous n’aviez pas été entre les mains d’un novice, vous seriez peut-être morts ! Et maintenant vous retournez dans cette boutique… Les mangemorts vont prendre ça comme une provocation ! Vous allez vous faire tuer ! se lamenta-t-elle.
- Allons, Molly, apaisa Slughorn, vos fils sont des hommes d’affaires ! Ils font tourner l’économie magique et en plus, ils amènent de la gaieté à la communauté des sorciers ! Si j’étais vous, je serais fier d’eux.
- Je suis fière d’eux ! garantit Mrs Weasley, indignée. J’ai juste peur.
- Ne t’inquiète pas, Maman, rassura Fred d’une voix plus compatissante, nous ne nous laisserons plus prendre par surprise. Nous avons jeté des sortilèges anti-catimini sur toutes les ouvertures, nous sommes prêts à tout moment pour nous défendre contre une quelconque attaque.
- Si vos sorts sont du même niveau magique que tous vos tours d’il y a un an, couina le professeur Flitwick avec un sourire, vous ne devriez pas avoir de problèmes.
Les jumeaux poursuivirent avec animation la discussion sur des sortilèges à utiliser pour leurs produits. Pendant ce temps, le professeur Dumou demandait à Harry pour quelle raison il s’était retrouvé pendant plus de deux semaines à Ste Mangouste. En effet, le fait ne pouvait échapper à personne vu qu’une banderole au-dessus de leur table écrivait en lettres scintillantes :

Bon réveil, Harry

Le jeune homme expliqua qu’avec ses amis, il était parti en voyage et qu’on lui avait remis un objet ensorcelé, sans doute introduit par les mangemorts. Le professeur d’étude des moldus accepta cette version et Harry en fut soulagé.
Ron parlait Quidditch avec Mrs Bibine tandis qu’Hermione discutait de la difficulté de la septième année et des ASPIC avec le professeur Vector.
- Vous comprenez, Professeur, j’ai certaines choses à faire cette année et ajoutées à mes obligations de préfète-en-chef…
Ces derniers mots alertèrent Harry.
- Tu es préfète-en-chef ? demanda-t-il brusquement.
- Oui, acquiesça la jeune femme en prenant une teinte rose. Je ne te l’avais pas dit ? Le profess… J’ai reçu une lettre avec ma liste de fourniture avant-hier.
- Les fournitures ! s’exclama Harry en faisant sursauter tout le monde. Je ne les ai pas achetées !
- On a pris les tiennes quand on est allés au Chemin de Traverses, rassura Ron. Tu ne croyais tout de même pas qu’on t’avait oublié ? En tout cas, dit-il sur le ton de la conversation, moi, je ne suis plus préfet, cette année ; d’autres vont prendre le relais, annonça-t-il gaiement.
- Oui, plus de salle de bain des préfets pour toi… répliqua Hermione, songeuse.
Beaucoup, dont Slughorn, éclatèrent de rire.
Le déjeuner s’acheva et six des Weasley durent quitter le château. Fred et George échangèrent des poignées de mains chaleureuses avec leur frère, Harry, Hermione, et même Neville, serrèrent à tour de rôle leur jeune sœur dans leur bras. Molly Weasley les étreignit tous les cinq, Fleur les embrassa (avant d’embrasser son époux mais sur une partie plus intime du visage), et Bill et son père imitèrent les jumeaux. Les six partants serrèrent poliment la main des professeurs et furent raccompagnés au portail où ils transplanèrent.
Les professeurs de Poudlard retournèrent à leurs préparatifs, tandis que les cinq jeunes gens faisaient une promenade dans le parc sous le soleil d’automne. Ils entrevirent gaiement l’année qui se présentait.
Ginny avait passé ses BUSE au ministère de la magie avec tous les futurs élèves de sixième année. Elle recevrait ses résultats fin octobre, bien qu’il y eût de fortes chances qu’avec tout le travail que les employés du ministère de la magie avaient en cette période de guerre, les notes arrivassent plus tardivement.
Une année difficile se préparait, une année au cours de laquelle ils allaient devoir travailler de façon acharnée pour pouvoir décrocher leurs ASPIC. Maintenant qu’il pouvait parler librement devant sa petite amie, Harry ne s’en priva pas, et fit part de ses craintes au sujet des horcruxes. Certes, il en avait détruit un, mais il en restait toujours trois, selon les prévisions de Dumbledore, et avec tous les devoirs qu’ils auraient pour cette septième année (Ginny pouvait être au courant mais pas participer, il était catégorique), Harry doutait presque d’avoir ne serait-ce qu’un petit peu de temps pendant les vacances de Noël et de Pâques.
- On cherchera dès qu’on pourra, Harry, assura vivement Hermione. Mais on pouvait prévoir qu’avec les ASPIC, nous n’aurions que très peu de temps libre.
- Non, justement, on ne pouvait pas ! fit judicieusement remarquer le jeune homme. On ne pouvait pas parce qu’on ne savait pas qu’on retournerait en cours !
- N’empêche que s’il faut attendre la fin de l’année pour recommencer à chercher les horcruxes, ce n’est pas si terrible, dit Hermione.
Les trois garçons lui lancèrent un regard effaré.
- C’est vrai, expliqua la jeune femme, quand nous aurons fini cette année scolaire, nous serons bien mieux armés que maintenant pour détruire des objets bourrés de magie noire.
Harry fut forcé de reconnaître la sagesse de ces paroles. Il soupira sombrement.
- Bien sûr, ça ne veut pas dire que l’on doive arrêter complètement, dit Hermione. Dès qu’on aura du temps libre, on en profitera pour les chercher, les détruire, ou tout simplement y réfléchir. D’ailleurs, on peut commencer dès maintenant : réfléchissons.
- Pour ça, au moins, je pense pouvoir vous aider, dit Ginny.
- Et vous voulez qu’on réfléchisse à quoi ? questionna Ron.
- Par exemple, où va-t-on commencer à chercher ? Vers quel horcruxe va-t-on se tourner ?
Harry sortit de la poche de son jean le morceau de parchemin sur lequel il avait pris des notes. Il emprunta une plume à Hermione et corrigea certaines choses pour mettre à jour le bilan de sa quête. Il nota également toutes les possibilités qui lui venaient en tête :

1. Bague de Gaunt : détruite
2. Journal de Jedusor : détruit
3. Médaillon de Serpentard : détruit
4. Coupe de Poufsouffle : Barjow et Beurk ? Maison de Voldemort après sa sortie de Poudlard ? Chez Hepzibah Smith ?
5. ? : peut-être objet ayant appartenu à Gryffondor ou à Serdaigle.
6. ? : Sûrement le serpent de Voldemort : sûrement avec lui : Pré-au-Lard
7. Voldemort : Pré-au-lard

- Il en reste encore trois, dit Harry. Pour l’instant, je ne connais aucun moyen pour enlever Nagini à son maître, on ignore quel peut bien être l’objet ayant appartenu à Gryffondor ou à Serdaigle, donc je pencherais pour chercher la coupe de Poufsouffle.
- Et où on la chercherait ? demanda Neville.
- J’ai une petite idée là-dessus, déclara le chef de groupe. Abelfo… Abel a dit que Voldemort était du genre à lier un horcruxe à ce qu’il représente pour lui. A l’époque, il travaillait chez Barjow et Beurk et rapportait des objets de valeur appartenant à des clients. C’est ce que représente la coupe pour lui. Je pense qu’elle pourrait se trouver chez Barjow et Beurk ou l’endroit où habitait Voldemort à cette époque. Il se pourrait aussi qu’en tant qu’objet de Poufsouffle, il l’ait mise dans la maison de Smith…
- Smith ? s’étonna Ron. Qu’est-ce qu’il vient faire là-dedans ?
- Hepzibah Smith, expliqua Harry, la vieille dame que Voldemort a tué avant de lui voler la coupe et le médaillon. C’était une descendante de Poufsouffle.
- Oh… Je pensais à Zacharias Smith…
- Mais oui, bien sûr ! s’exclama Ginny en faisant sursauter tout le monde. Zacharias Smith… Il est à Poufsouffle !
Harry réfléchit quelques secondes puis l’évidence le subjuga.
- Tu penses que…
- Oui, Hermione ! dit Harry, triomphant. J’aurais dû faire le lien plus tôt ! Smith… Merci, Ginny !
Il serra brièvement la jeune fille dont le frère fit un tour complet sur lui-même. Harry estima qu’il avait peut-être exagéré sa gratitude et qu’il l’avait peut-être aussi confondue avec son envie de passer du temps avec sa petite amie. Hermione toussota, Neville regarda en l’air, et Ron reprit une position normale. Ginny resta muette et afficha une mine détendue.
- Et bien, euh… bredouilla Harry, embarrassé. On cherchera par là quand on aura le temps, hein ?
Les autres approuvèrent silencieusement.
- Et bien, vu qu’on ne pourra rien commencer aujourd’hui, je propose qu’on se défoule ! clama une voix grave et joyeuse.
Une fois de plus, malgré le fait qu’ils aient parlé de ses idées, ils avaient oublié d’inviter Abelforth Dumbledore à se joindre à leur conversation. Cependant, ce dernier ne sembla pas s’en formaliser et, avec la vivacité et la spontanéité d’un adolescent, il organisa une course de balais au dessus des tours pointues du château.
Harry était en tête, Ginny et Abelforth se disputaient la seconde place, Ron avançait un peu plus loin derrière eux tandis qu’Hermione et Neville peinaient à respecter le parcours choisi. Au bout d’une demi-heure de vol, Ginny finit par dépasser le « jeune » vieillard et fonça coude à coude avec Harry. Ce dernier accéléra de plus belle sur son Eclair de feu mais son impétueuse petite amie ne le lâcha pas d’une semelle. Au bout d’une heure, Ron, Hermione, Neville et Abel s’étaient posés depuis longtemps pour tremper leurs pieds nus au bord du lac en regardant le couple faire des acrobaties aériennes.
- On dirait qu’ils répètent pour jouer un ballet aérien, rit Neville.
- Ils ne sont toujours pas fatigués ? s’exaspéra Hermione.
Elle poussa un soupir de lassitude puis s’autorisa un sourire.
- Ces deux là sont bien les mêmes, rajouta la jeune femme.
- Et, fais attention ! hurla inutilement Ron qui ne quittait jamais sa soeur des yeux. Il va finir par la faire tomber à force de faire toutes ces feintes !
- Et alors ? plaisanta Abelforth. Il la rattrapera ! Mon feu frère m’a confié à plusieurs reprises que notre jeune Elu était l’un des meilleurs attrapeurs de Quidditch qu’il lui avait été donné de voir !
- Allez, Ron, laisse-les un peu s’amuser, dit Hermione en plaçant ses deux bras autour du cou du jeune homme.
- Et occupe-toi plus de ta petite amie… murmura Neville en pouffant de rire.
Ron le fusilla du regard et le conseiller conjugal improvisé tourna son visage lunaire vers le ciel dont les nuages parurent le fasciner. Cependant, le cadet des Weasley se leva et entraîna sa compagne rayonnante de l’autre côté du château, dans un coin du parc où on ne pouvait plus les voir.
Harry, épuisé par cette interminable course, se posa sur la tour d’astronomie et fut rejoint quelques secondes plus tard par sa poursuivante.
- Alors, déjà fatigué ? demanda la rouquine, essoufflée mais souriante.
Harry ne répondit rien. Il observait la partie du rempart qui faisait face à la porte donnant sur l’intérieur.
- Oh, ne fais pas ton mauvais joueur ! s’énerva Ginny.
- Je ne fais pas mon « mauvais joueur », dit tristement Harry en s’approchant du rempart.
- Qu’est-ce qui t’arrive, alors ?

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
23 décembre 2006 à 14:11:30

Il avait presque réussi à l’oublier, il ne faisait plus de cauchemars et il était allé jusqu’à se poser dessus sans s’en rendre compte… sans se rappeler que Dumbledore était mort ici, qu’il avait été abattu contre ce mur. Il revoyait très bien la scène.
« Severus… Severus… S’il vous plaît… »
« Avada Kedavra ! »
Dumbledore avait alors été projeté dans les airs, était resté suspendu… Non, cela ne collait pas. Avada Kedavra ne suspendait pas dans les airs. Par contre, Harry connaissait un sortilège qui avait ce pouvoir : Levicorpus, un sort inventé par Rogue lui-même. Cela signifiait-il que Rogue avait jeté un Levicorpus à Dumbledore, en même temps que l’Avada Kedavra ? Pour ensuite le libérer afin que le directeur s’écrase sur le sol herbeux ? Cela n’avait strictement aucun sens.
Derrière lui, quelqu’un s’éclaircit la gorge. Il se retourna brusquement et vit le visage inquiet de Ginny.
- Qu’est-ce que tu as ? demanda-t-elle.
- Je rêvais, répondit Harry.
- De quoi ?
- Euh… de toi !
Cette réponse ne sembla pas satisfaire la jeune fille. Harry, se disant que de toutes manières, peu importe la façon dont il s’y était pris, Rogue avait tué Dumbledore, adressa un sourire à sa petite amie et l’entraîna dans les profondeurs du château de Poudlard.

Il était huit heures du soir, McGonagall leur avait dit de se rendre dans la salle de Défense contre les Forces du Mal pour attendre la venue des élèves de Gryffondor. Abelforth, qui semblait ne pas avoir les mêmes réticences que les parents Weasley pour rester à Poudlard, allait jusqu’à accueillir les étudiants. Cela intrigua Harry : n’y avait-il pas de nouveau directeur de Gryffondor ?
- Salut, Harry ! dit Seamus Finnigan. Tu as passé de bonnes vacances ?
- Pas vraiment, répondit Harry.
- Evidemment, dit Dean Thomas, le meilleur ami de Seamus, avec tous ces morts… Tu savais que le professeur Lupin était parmi tous ces gens qui sont morts à Pré-au-Lard ?…
Heureusement, la voix d’Abelforth fit avancer la foule d’élèves qui emporta Dean et un Seamus effaré par une telle nouvelle.
- Ca va ? demanda Ginny.
- Oui, assura Harry. Mais ce n’est pas non plus spécialement agréable qu’on me rappelle ça…
Il dévala les escaliers, main dans la main avec Ginny. Il devina aisément que Ron et Hermione devaient faire de même derrière eux quand il vit le regard courroucé que Lavande Brown jetait toutes les trente secondes vers le haut des escaliers.
Ils entrèrent dans la Grande salle avec les élèves des autres maisons. En passant devant la table des Poufsouffle, ils saluèrent Ernie Macmillan et Justin Finch-Fletchley ainsi que Hannah Abbot et Susan Bones ; Luna Lovegood leur fit de grands signes de la main auxquels ils répondirent, un peu gênés, par de petits gestes timides ; Anthony Goldstein et Terry Boot leur lancèrent des « Salut ! ». Harry aperçut Cho en grande conversation avec une Marietta toujours encagoulée après sa trahison de l’A.D.
Ils s’assirent vers le milieu de la table des Gryffondor et Harry jeta un coup d’œil celle des professeurs.
- Il n’y a toujours pas de nouveau prof, dit Neville comme s’il lisait dans ses pensées.
- Slughorn n’est pas là non plus, remarqua Harry, mais McGonagall est toujours assise.
- C’est normal, dit Hermione, Slughorn est le nouveau directeur adjoint. C’est son rôle de chercher les première année.
- Mais il n’y a toujours pas de professeur de Défense contre les Forces du Mal, dit Ron, ni de professeur de Métamorphose. Je me demande qui va être le directeur de Gryffondor.
- Moi aussi… avoua Hermione.
Menés par un Horace Slughorn aux traits allègres, les nouveaux élèves, minuscules et paniqués, entrèrent dans la Grande salle. Ils la traversèrent en observant avec incertitude les étudiants déjà assis, les enseignants, et le plafond magique qui indiquait que le ciel se couvrait, dehors : apparemment, un orage se préparait. La file des première année s’arrêta entre la table des professeurs et celles des élèves. Slughorn porta devant eux un tabouret où il déposa un vieux chapeau de cuir noir et rapiécé en d’indénombrables endroits : le Choixpeau magique. La déchirure près du bord s’ouvrit et…

Il y a près de mille ans,
J’assistais à l’avènement
D’une nouvelle amitié.
Le courage de Gryffondor,
Le travail de Poufsouffle,
La science de Serdaigle
Et l’ambition de Serpentard
Furent en moi liées.
Seulement bien vite
Les tensions arrivèrent,
Chacun voulant de suite
Enseigner son univers.
Le résultat le voilà :
Serpentard est parti.
Aujourd’hui un de ses disciples,
Après avoir tué Dumbledore
Lui aussi est parti.
Mais ne laissons pas nos préjugés vaincre,
Car tel est le désir de l’ennemi !
Unissez-vous, mes amis !
Car tel est le prix
Pour vaincre
Le Seigneur obscurci.

Il y eut un silence pesant, puis les applaudissements habituels. Seulement, cette fois, ils furent beaucoup moins bruyants, et plus proches de la politesse que de l’engouement. Le Choixpeau venait de demander deux choses qui relevaient désormais de l’impossible : le pardon aux Serpentard et l’union de toutes les maisons. Harry se disait qu’une union entre les Gryffondor, les Poufsouffle, et les Serdaigle contre les Serpentard était plus concevable et raisonnable.
Slughorn, qui semblait ne pas avoir remarqué l’ambiance refroidie laissée par l’antique chapeau, prit un long rouleau de parchemin et lut le premier nom :
- Baley, Anny !
Une toute petite fille émergea de la file des nouveaux, s’assit sur le tabouret et mit le Choixpeau qui recouvrit la quasi- totalité de sa tête. Le chapeau réfléchit quelques instants puis…
- Serpentard !
Les élèves de cette maison détestée applaudirent la nouvelle, huée par ceux des autres maisons. Décidément, se disait Harry, les évènements n’étaient pas très encourageants pour ce qui était de l’avenir de Poudlard… ou ne serait-ce que l’ambiance de la soirée. La cérémonie de la répartition se poursuivit ainsi dans le malaise. Après « Zabberman, Cedric ! » « Gryffondor ! », le directeur adjoint remmena le tabouret et le Choixpeau magique dans la petite pièce, derrière les professeurs, puis revint s’asseoir à leur table, à la gauche du professeur McGonagall, elle-même installée sur son dossier d’or. La directrice se leva et de son habituel air sévère, elle dit :
- A toutes et à tous, je vous souhaite un excellent appétit pour fêter la renaissance de Poudlard !
Des applaudissements solennels surgirent de trois des tables d’étudiants et le repas concocté par les elfes de maison tomba dans les profondeurs des estomacs affamés.
Quand les toutes dernières traces du dessert eurent disparu, le professeur McGonagall se leva et le silence se fit instantanément.
- Mes chers élèves et professeurs, dit-elle, je vous souhaite un bon retour à Poudlard. Je souhaite également la bienvenue à tous nos nouveaux élèves à qui je précise qu’il est absolument interdit de pénétrer dans la forêt. Et j’aimerais bien, d’ailleurs, que certains de nos plus anciens élèves s’en souviennent enfin, ajouta-t-elle en jetant un regard perçant vers la portion de table que Harry, Ron et Hermione occupaient. La liste de tous les objets interdits est affichée sur la porte du bureau de notre concierge, Argus Rusard.
J’aimerais maintenant en venir à un autre point. Comme vous le savez tous, Poudlard, après un dramatique incident, a perdu son plus grand directeur. Un élève et un professeur nous ont quitté pour rejoindre les rangs des mangemorts. Cet évènement vous a tous marqués, et à cause de cela, parce que la plupart de vos parents estimaient que cette école n’était plus un endroit sûr, ils ont voulu vous garder chez eux, chose que je comprends aisément. Le conseil d’administration a voté à l’unanimité la fermeture. Cependant, le ministère a décidé de forcer les parents à envoyer leurs enfants ici. A ceux qui estimeraient que c’est une décision arbitraire, je réponds que si vous n’êtes pas éduqués, si vous n’avez pas une maîtrise suffisante de vos dons magiques, jamais vous ne pourrez poursuivre la lutte après nous. Gardez bien ces éléments en tête, et je vous en prie, consacrez-vous sans relâche à votre apprentissage. Je suis consciente que ce que vous a demandé notre cher chapeau est très difficile à concevoir, alors je vous demanderai au moins, si vous ne pouvez vous entendre, de ne pas vous provoquez entre élèves de maisons différentes…
- Tu parles ! murmura Ron. Il n’y a que les Serpentard qu’on ne puisse pas sacquer ! Et il n’y a qu’eux qui vont provoquer…
- Chut ! cracha Hermione.
- …J’espère vraiment que cette année, malgré la disparition de notre regretté Dumbledore (certains Serpentard eurent des sourires ironiques qui mirent Harry dans une fureur noire), nous pourrons connaître une ambiance de travail convenable.
J’en viens maintenant aux changements dans la hiérarchie des professeurs. Comme vous l’aviez sans doute compris, en tant que directrice adjointe, je suis devenue directrice à la mort de notre ancien directeur. Le conseil d’administration a décidé de maintenir mes nouvelles fonctions.
Une salve d’applaudissements approbateurs s’éleva de la table des Gryffondor. Harry, Hermione et les Weasley furent de ceux qui maltraitèrent le plus leurs pauvres mains. Le professeur McGonagall s’autorisa un de ses rares sourires et reprit :
- Nous avons donc besoin d’un nouveau directeur adjoint : le professeur Slughorn a accepté cette charge avec plaisir.
De nouveaux applaudissements s’élevèrent dans toute la salle, et Slughorn se leva avec un sourire.
- Il continuera à se charger des cours de potions, et remplacera également le profess… il remplacera Rogue en tant que directeur des Serpentard.
Il y eut des applaudissements polis des plus jeunes élèves de Serpentard, mais rares furent ceux qui saluèrent joyeusement leur nouveau directeur de maison : il était de notoriété publique qu’Horace Slughorn n’appréciait pas beaucoup les enfants de mangemorts.
- Malheureusement, poursuivit McGonagall, je n’ai trouvé personne qui accepte le poste de professeur de Métamorphose.
Il y eut un silence inquiet, puis…
- J’ai donc le très grand plaisir de vous annoncer que je continuerai à enseigner cette matière.
Il y eut des applaudissements polis, un peu plus forts à la table des Gryffondor. Ces derniers avaient certes du respect pour leur ancienne directrice de maison, mais ils auraient sans doute préféré ne pas l’avoir sur le dos en cours.
- Je précise également pour les élèves concernés que le cours de Divination sera désormais exclusivement assuré par le professeur Firenze…
Les filles faillirent faire trembler les fenêtres tant elles étaient heureuses – et le faisaient savoir.
- …étant donné la disparition du professeur Trelawney.
Parvati et Lavande affichèrent des mines affligées.
- Il n’y aura donc qu’un seul nouvel arrivant cette année, déclara McGonagall. Il assurera le cours de Défense contre les Forces du Mal et sera le nouveau directeur des Gryffondor.
Il y eut un silence attentif.
- Je vous demande de saluer comme il se doit le professeur Dumbledore !

RookWood
RookWood
Niveau 7
26 décembre 2006 à 18:09:42

Felicitation , je l´ai lu et ...ya cool la suite mdr .
J´espere que t´as passé un bon noel .

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
27 décembre 2006 à 12:52:08

- J’aurais beaucoup aimé vous interroger, Miss Granger, assura courtoisement Abel, mais comme vous répondrez à la moitié des questions posées pendant vos cours, vous ne m’en voudrez pas si je donne la parole à Mr Potter.
Certains rirent, d’autres – les Serpentard – se moquèrent méchamment. Hermione baissa la main, visiblement déçue et jeta un regard hautain à ces derniers avant d’écouter poliment la réponse de Harry.
- Alors, Mr Potter ? dit Abel.
Le jeune homme, sans se soucier des Serpentard, se rappela un après-midi à Pré-au-Lard et dit d’un ton hésitant :
- Et bien… j’ai cru comprendre qu’on pouvait jeter plusieurs sorts en une seule fois. En prononçant une fois la formule… du Patronus, par exemple, il y en a plusieurs qui… sortent de la baguette. C’est ce qu’on appelle un sortilège multiple.
Il y eut de nouveaux ricanements, et même si Harry se fichait de ce que pensaient d’anciens camarades de classes de Drago Malefoy, il se disait qu’il n’avait pas été très précis, voire minablement incompréhensible dans sa description.
- Ce n’était pas très clair, mais vous avez dit l’essentiel, dit Abel. Je dois cependant vous apprendre la définition exacte, et je suis certain que Miss Granger peut nous la donner.
Avec un air de vengeance qui amusa beaucoup Ron, Hermione prit la parole.
- Un sortilège multiple est un ensemble de sortilèges de même nature tous jetés au même instant par la même personne et avec la même baguette magique, récita-t-elle.
- En effet, approuva Abelforth, cinq points pour Gryffondor. Les sortilèges multiples relèvent d’une grande puissance magique et la plupart des sorciers n’arrivent à les utiliser que pour des sortilèges courants. Je pense notamment aux sortilèges de locomotion – Mobilicorpus, Mobiliarbus, Mobilifirmus et Locomotor Barda, bien que ce soit plus rare pour le dernier qui sert pour les objets lourds. Les sorciers qui arrivent à jeter des sorts de plus haut niveau en multiples, des sorts qui demandent un certain niveau de maîtrise magique ou des maléfices, sont très rares mais existent. De tels ennemis sont terriblement dangereux dans des batailles entre groupes de sorciers, et vous devez apprendre à les connaître et à les contrer. Nous n’aurons malheureusement pas le temps de les étudier en détail aujourd’hui. Je veux pour vendredi prochain une rédaction sur la difficulté de l’exécution des sortilèges multiples, ainsi qu’une dissertation sur les sorts sans baguette. Vous devrez me résumer et m’expliquer clairement tout ce que vous pourrez trouver sur le sujet. Ceux qui ont eu du mal pendant la révision des sortilèges informulés devront aussi s’entraîner. Vous pouvez ranger vos affaires.
Pendant quelques minutes, les élèves notèrent le commencement de l’habituelle avalanche de devoirs des années d’ASPIC sur des cahiers de textes, des agenda, des plannings de devoirs ou des rouleaux de parchemins. Puis la cloche sonna et les élèves sortirent de la classe.
- Mince ! s’exclama Ron, dépité. Je ne croyais pas qu’il nous donnerait autant de devoirs !
- Moi je trouve que c’était un très bon cours, dit Hermione. En plus, il est très impartial quand il donne ou enlève des points. Il a été bien meilleur que je ne le pensais, avoua-t-elle.
- J’imagine que tant qu’un prof te donne pleins de devoirs, tu l’aimes bien, répliqua son petit ami.
- On ferait mieux de faire tout ça tout de suite, dit Hermione sans tenir compte de son petit ami. Si on a autant de devoirs que l’année dernière et qu’on veut avoir un peu de temps libre dans la semaine sans avoir le stress des devoirs, ajouta-t-elle.
- Du temps libre pour… commença Harry, mais Hermione l’interrompit.
- Je pensais à nous détendre entre amis ou… en amoureux, précisa-t-elle en rougissant, pas pour… ce que nous avons prévu de faire pendant les vacances.
- OK, acquiesça Harry, un peu déçu.
- C’est vrai, approuva Neville. On ne va pas ne penser qu’au hor…
- Chut ! cracha Hermione.
- Désolé, s’excusa Neville. Je voulais dire qu’on ne va pas penser qu’à ça alors qu’on est entouré de tous nos amis du collège. Pendant les vacances on aura plus de temps et ce sera plus propice… Et puis on ira à fond quand on sortira de Poudlard, hein ?
- Tout à fait d’accord, dit Hermione.
- Tu n’avais pas l’air de beaucoup apprécier l’idée de s’amuser au lieu de chercher il y a quelques semaines, rappela Harry.
- A ce moment-là, tu sais très bien que je n’étais pas dans mon état normal et puis justement, nous étions en vacances, répliqua sèchement Hermione.
- Et, Harry !
Ils s’arrêtèrent et virent Dean Thomas courir derrière eux.
- Salut, Dean, dit Harry.
- Salut, répondit Dean un peu froidement et tout haletant. Je voulais te demander quand auraient lieu les essais pour choisir un nouveau poursuiveur.
- Comment ? fit Harry sans comprendre.
- Katie est partie alors il faut un nouveau poursuiveur.
Il mit quelques secondes avant de se rappeler qu’il était le capitaine de l’équipe de Gryffondor.
- Oh, euh… balbutia-t-il. Et bien la semaine prochaine, comme d’habitude. Sûrement samedi. L’heure exacte sera sûrement sur le tableau d’affichage.
- D’accord, dit Dean, toujours froidement.
Et il reparti dans la direction opposée.
- On dirait qu’il ne t’a pas encore pardonné de sortir avec Ginny, dit Hermione avec perspicacité.
- Pardonner quoi ? s’offensa Ron. Ils avaient déjà rompu et de toutes façons, Harry est bien mieux que lui !
Hermione leva les yeux au ciel, Harry et Neville préférèrent ne rien dire.
- En tout cas, ajouta Ron, j’avais complètement oublié que Katie avait quitté Poudlard. Je me demande qui va la remplacer.
- Dean était remplaçant l’année dernière, rappela Harry. Je pense qu’il sera le meilleur aux essais, déclara-t-il sur un ton sombre.
Ron renifla d’un air dédaigneux tandis qu’ils arrivaient devant le portrait de la Grosse Dame.
- Paix aux défunts, dit Hermione. C’est vraiment glauque comme mot de passe, ajouta-t-elle une fois le trou franchit. Au lieu de nous remonter le moral, elle nous rappelle tout le temps que des gens meurent régulièrement. Bon, je vais chercher quelques affaires et je vous rejoins, enfin si vous voulez aussi vous avancer pour les devoirs.
Les garçons acceptèrent et quelques minutes plus tard, le quatuor entrait et s’installait dans la bibliothèque. Ils décidèrent de commencer par les sortilèges multiples. Ils écrivaient depuis une heure déjà quand Anthony Goldstein surgit à toute vitesse pour freiner devant leur table.
- Hé, Granger ! dit-il. On peut se parler ?
- Euh… hésita Hermione.
- Qu’est-ce que tu lui veux ? interrogea Ron d’un ton méfiant.
La jeune femme lui lança un regard noir qui ferma sa bouche avant de se retourner vers le Serdaigle.
- Tu es le nouveau préfet-en-chef, non ?
- Oui, répondit Anthony. Il faudrait qu’on ait une réunion le plus tôt possible avec les nouveaux préfets pour leur expliquer leur tâche. J’ai déjà dû rappeler ceux de Poufsouffle et de Serpentard à l’ordre pour qu’ils conduisent les première année dans leur salle commune. On peut discuter de ça ailleurs ?
- Si tu veux.
Hermione se leva et suivit Anthony Goldstein hors de la bibliothèque, sous le regard irrité de Ron.
- Pourquoi est-ce qu’il a besoin de lui parler seul à seul ? dit-il. C’est vrai, on dirait qu’on ne peut pas nous faire confiance.
Harry et Neville échangèrent un regard éloquent avant de reprendre leurs devoirs. Au bout d’une demi-heure, ce dernier était déjà en proie à une véritable crise de nerfs, Hermione n’étant plus là pour l’aider.
- Je n’y arriverai jamais ! se lamenta-t-il.
- Mais si, assura Harry. Moi aussi j’ai du mal, et Ron n’a pas écrit grand-chose… Mais finalement on arrive toujours à passer, alors tu peux y arriver aussi. De toutes façons, il est presque midi, on ferait mieux de reprendre ça après déjeuner.
Soulagés de faire une pause, ils déposèrent leurs affaires dans le dortoir et allèrent déjeuner. Ginny les rejoignit dans l’escalier de marbre en compagnie de Luna Lovegood.
- Salut Harry, dit cette dernière de son habituel ton rêveur.
- Salut Luna, répondit-il.
- Alors, comment c’était, cette première matinée ? demanda Ginny après avoir embrassé Harry. Pas trop de devoirs ?
- Une rédaction et une dissertation rien que pour le seul cours qu’on a eu ce matin, énuméra sombrement Ron. Je n’aurais jamais cru qu’Abel nous donnerait autant de devoirs.
- C’est à peu près la même chose pour nous, déclara Ginny. On a eu un double cours avec McGonagall, ce matin, et elle a gardé ses vieilles habitudes.
- Et on la retrouve demain, première heure, grogna Ron.
Ils entrèrent dans la Grande Salle, Luna alla rejoindre les Serdaigle tandis que Harry, Ginny, Ron et Neville s’asseyaient à la table des Gryffondor.
- Où es Hermione ? demanda Ginny.
- Là, répondit Harry en apercevant une jeune femme brune se précipiter vers eux.
- Qu’est-ce que vous faisiez ? interrogea Ron pendant que sa petite amie se servait une part généreuse de hachis Parmentier.
- A ton avis ? riposta Hermione sur un ton irrité.
- Vous aviez besoin de tout ce temps pour fixer une date ?
- Anthony est quelqu’un de très enthousiaste, avoua la jeune femme, légèrement embarrassée. Il a plein d’idées en tête. Par exemple, il veut fixer des horaires de surveillance pour chaque section du château. On aura une réunion avec les préfets demain midi. On mangera dans une salle de classe vide et on leur expliquera leur rôle.
- Du moment que c’est bien pour les nouveaux préfets…
- Qu’est-ce que tu insinues ? s’indigna Hermione.
- Tu vois très bien ce que je veux dire, répondit sombrement Ron.
- Et bien non, je ne vois pas ! mentit Hermione. Mais à mon avis, c’est complètement stupide !
Un silence pesant s’installa et demeura jusqu’à la fin du déjeuner. Harry préféra partir avec Ginny, et Neville marmonna qu’il avait des devoirs à finir.
Harry et Ginny passèrent donc les deux heures suivantes en amoureux. Ils trouvèrent une salle de classe désaffectée, scellèrent l’entrée et purent s’embrasser en toute liberté. Ils se relâchèrent enfin au bout d’une quarantaine de minutes et arpentèrent tranquillement, main dans la main, les couloirs du château avant de faire une promenade dans le parc quand le ciel s’éclaircit. Ils s’assirent au bord du lac. Ginny raconta qu’elle avait pu prendre toutes les matières qu’elle voulait (les même que Harry) en attendant de recevoir ses BUSE. Harry lui assura avec optimisme, et il n’avait pas besoin de mentir pour le dire, qu’elle aurait certainement l’autorisation de poursuivre tout ce qu’elle avait choisi, et la jeune rousse remercia son petit ami à sa façon pour ce compliment.

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
27 décembre 2006 à 12:57:38

20
Rappel à l’ordre

Le lendemain, ses deux meilleurs amis si disaient bonjour dans un tendre baiser prolongé et se rendaient dans la Grande Salle, en cours, en bibliothèque ou dans la salle commune main dans la main. Harry ne savait pas ce qui avait bien pu les réconcilier. Après avoir disputé une longue partie d’échecs avec Neville (ce dernier emporta la partie de justesse à la grande déception de Harry qui désespérait de pouvoir un jour jouer convenablement à ce jeu), il avait dîné, puis passé une agréable vingtaine de minutes, assis sur un fauteuil confortable de la tour de Gryffondor, Ginny installée sur ses genoux, à caresser et s’amuser avec la chevelure flamboyante de la jeune fille. Il s’était ensuite endormi pour se réveiller peu avant minuit. Il n’y avait plus personne dans la salle commune : sa petite amie s’était levée sans le réveiller. Apparemment (en tout cas, c’était ce que Neville lui avait rapporté) c’était pendant son sommeil que Ron et Hermione avaient discuté à voix basse pour ensuite partir chacun de leur côté, dans les dortoirs des filles et des garçons.
En tout cas, si le jour de la rentrée, le fait n’avait apparu qu’à ceux qui, comme Lavande Brown, se trouvaient près du couple, il n’y avait désormais plus personne pour ignorer que Ronald Weasley et Hermione Granger sortaient ensembles. Certains s’amusaient en les surnommant « les amoureux » ou « les tourtereaux », ce qui les faisaient rougir mais ne les laissaient pas mécontents d’eux-mêmes ; d’autres les qualifiaient de « traîtres à leur sang », ce qui les faisaient beaucoup moins sourire. Ces mauvaises langues appartenaient évidemment à Serpentard, qui n’aimait pas voir un sorcier de sang pur avec une fille de moldus. Bien sûr, ces couples étaient loin d’être rares, il y en avait même un certain nombre à Poudlard. Mais Harry devinait que ses amis étaient des cibles prioritaires : c’étaient un Weasley et une Sang-de-Bourbe excellente sorcière doublés d’ennemis déclarés de Lord Voldemort ; en outre, il s’agissait des deux meilleurs amis de Harry Potter… Ce dernier dut retenir à plusieurs reprises, aidé de Neville et d’Hermione, un Ron qui n’avait pas l’intention de laisser sa compagne se faire insulter sans réagir.
- Un jour je leur mettrai mon poing là où je pense, à ces petits salauds ! s’énervait Ron sans avoir pu assouvir ses pulsions meurtrières. On me prenait pour un perdant, et bien je vais leur prouver que gagner me convient beaucoup mieux !
Quand il disait cela, Harry se sentait embarrassé. Il se disait qu’il avait peut-être été un peu trop dur avec son meilleur ami. D’un autre côté, cela avait porté ses fruits et Ron avait gagné en puissance depuis qu’il lui avait mis les points sur les i. Il s’était réconcilié avec sa petite amie (ce qui était d’autant plus difficile que cette petite amie était Hermione, une personne avec laquelle il avait bien du mal à ne pas se disputer) et montrait un peu plus d’assurance qu’à l’ordinaire. En tout cas, il manifesta un peu plus de bonne volonté lorsque Hermione leur proposa une fois encore d’avancer leurs devoirs ensembles (et il aimait par-dessus tout quand « ensembles » signifiait elle et lui et non le quatuor tout entier).
Jeudi, après déjeuner, Harry redoutait étrangement le cours de potions. Slughorn était un professeur bien plus efficace que Rogue mais d’un autre côté, il pensait à l’aide que ce dernier lui avait apporté l’an dernier et cela le mettait mal à l’aise…
- Tu ne vas quand même pas recommencer !? s’offusqua Hermione quand il eut confié son malaise à ses amis. Pas maintenant que tu sais qui a inventé ses sorts ?
- Certainement pas ! dit Harry sur un ton sec et catégorique. Seulement, je l’ai laissé dans la Salle sur Demande…
- Pas de soucis, assura Hermione. On t’a acheté un nouveau livre de potions sur le Chemin de Traverse, tu n’auras plus besoin de celui du Prince… enfin de celui de Rogue.
- Mais qu’est-ce que je pourrais faire de l’autre ? demanda Harry.
- Laisse-le dans la Salle, conseilla Ron.
- Ou débarrasse-t’en ailleurs, suggéra Neville.
- Mais où ? s’exaspéra Harry.
- En tout cas je crois que tu ne devrais pas le laisser dans la Salle, intervint Hermione. Il pourrait tomber en des mains innocentes qui ne connaîtront pas la dangerosité de certains de ces sortilèges.
- Ou alors entre de mauvaises mains qui pourraient utiliser ces sorts pour faire du mal à quelqu’un, ajouta judicieusement Ron.
Harry réfléchit un petit moment puis…
- Je vais le détruire, finit-il par dire. Je vais le brûler, c’est la meilleure solution.
- Mais… il peut quand même être utile, non ? objecta Ron.
- Et surtout dangereux ! riposta Hermione. Maintenant qu’on sait quel genre d’individu y notait ses sorts, on ne peut pas penser que Sectumsempra était une exception !
- De toutes façons j’ai déjà lu et expérimenté tous les sorts que j’ai pu l’année dernière, dit Harry. Et je ne supporterai pas l’idée d’avoir encore Rogue comme professeur de potions… que ce soit par l’intermédiaire d’un livre ou non !
Ils se mirent d’accord pour récupérer le livre du Prince avant le déjeuner. Pendant que les trois autres faisaient le guet, Harry pénétra dans la Salle sur Demande après être trois fois passé devant la porte en se répétant « Je veux reprendre le livre que j’ai caché… Je veux reprendre le livre que j’ai caché… Je veux… » Apparemment, la salle fonctionnait comme il l’avait pensé, car au lieu de se retrouver face à un labyrinthe d’étagères remplies d’objets dissimulés par des élèves de Poudlard, il avait atterri dans une petite pièce au centre de laquelle était installée une table. Le livre était posé dessus. Il le prit et le dissimula hâtivement sous sa robe de sorcier avant de sortir et de repartir avec ses amis.
Harry se concentra au maximum pour préparer un antidote d’urgence au venin du Basilic. Il obtint un résultat relativement satisfaisant mais cependant insuffisant pour arracher de gros compliments de Slughorn. Cette fois, ce fut Hermione qui obtint les félicitations du professeur, et son air de suffisance semblait indiquer qu’elle pensait que ce n’était que justice. Ron, lui, n’avait pas produit quelque chose de très efficace contre n’importe quel poison. Il était même probable que ce soit un poison. Ils eurent un devoir dans lequel ils devaient énumérer et décrire les ingrédients les plus courants et les plus actifs dans la préparation des antidotes en citant leurs propriétés magiques propres.
Ils avaient beaucoup de travail ce soir là, sauf Neville qui n’avait pas de cours de potions : il n’avait pas choisi cette matière pour ses ASPIC. Ron monopolisait l’aide d’Hermione, prétendant qu’il voulait s’améliorer en potions, que sans Rogue, ce n’était plus une chose impossible. Mais Harry le soupçonnait surtout de vouloir passer plus de temps seul avec sa petite amie. Celle-ci avait parfois un sourire mais s’en tenait malgré tout à son rôle d’auxiliaire scolaire.
Le lendemain, Ron avait eu le bon sens de ne pas déranger la jeune femme dans ses traductions pour le cours d’étude des anciennes runes qui la rendaient très nerveuse et susceptible.
- Ecoute, Ron, j’ai trop de travail et je n’ai pas de temps à te consacrer ce matin, s’exaspéra Hermione. Je dois travailler et me concentrer à fond si je veux décrocher mon ASPIC dans cette matière. J’ai déjà failli la rater pour les BUSE !
- Mais je n’ai rien dit ! protesta Ron.
Et c’était parfaitement vrai. Il avait embrassé Hermione après qu’elle soit revenue de son cours et il s’apprêtait à s’éloigner et rejoindre sa partie d’échecs où il tentait vainement de faire de Harry un bon joueur.
- Oh… bredouilla Hermione, désolée…
- Non mais on dirait que je l’ai cherchée alors que j’allais juste la voir trente secondes ! dit Ron, scandalisé, en se rasseyant devant Harry. Ce n’est pas comme si je lui avais demandé de passer notre vie à nous embrasser !
- C’est le complexe lavandin, rigola Harry avant de paraître beaucoup moins fier : sa reine avait été mise KO par un pion de Ron.
Un véritable miracle se produisit à la fin du cours de potions magiques : Slughorn ne leur avait pas donné de devoirs. Toutefois, ils en auraient sûrement un certain nombre à faire pour le week-end : le tout dernier cours de la semaine était celui de défense contre les forces du Mal.
Le thème du cours fut les sortilèges multiples et sans baguette, un sujet qu’ils avaient déjà abordé en métamorphose et en Enchantements tout au long de la semaine.
- Les sortilèges multiples ne peuvent généralement pas être exécutés avec les sorts exigeant une grande puissance magique, dit Abel. On rencontre le même problème avec les sorts sans baguette ; toutefois, il est surmontable jusqu’à un certain point. La clé pour réussir un sort sans baguette, c’est la concentration. C’est plus facile pour les sorts… et bien, faciles, justement. Mais c’est aussi possible pour des sorts de plus haut niveau, à condition d’être très concentré. Mais il s’agit malgré tout d’une pratique que les sorciers utilisent surtout en cas d’urgence, ou s’ils sont pressés, car si cela devient une habitude, ils risquent fort d’être pris d’affreuses migraines et insomnies. Notez bien qu’il relève de l’impossible de jeter un sort sans baguette en prononçant la formule, car l’effort de concentration est si important qu’en parlant, vos efforts seraient réduits à néant. Non, les sorts sans baguettes reposent sur le même principe que les informulés, mais en beaucoup plus dur. Heureusement, pour certains sortilèges, ne pas dire la formule ou ne pas utiliser de baguette est impossible, comme les sorts mots de passe, ou ceux qui font apparaître un signe particulier – inutile de préciser à quel signe je pense. Les sorts sans baguette sont aussi impraticables pour les sortilèges les plus puissants – je pense notamment aux sortilèges impardonnables. Et maintenant, qui peut me dire quel est le problème posé par la magie sans baguette, qui peut m’expliquer pourquoi c’est si difficile pour un sorcier et non pour les autres espèces magiques ? Oui, Miss Granger ?
- A l’origine, contrairement aux autres êtres et créatures magiques, les sorciers n’ont pas la maîtrise de leurs pouvoirs, récita Hermione qui avait pour l’énième fois levé la main. Ceux-ci ne se manifestent que lorsque le sorcier est soumis à une émotion particulièrement forte. Les baguettes magiques ont été inventées pour canaliser les pouvoirs du sorcier afin qu’il puisse les maîtriser. Ensuite, une fois qu’il a une certaine expérience avec la baguette, il peut tenter de s’en séparer de temps en temps mais cela reste trop dur pour que ça fonctionne longtemps.
- C’est tout à fait ça, assura Abel, j’accorde dix points à Gryffondor. Au départ, les sorciers ne faisaient de la magie qu’avec leur baguette, ou d’autres objets inventés dans le même but. Mais certaines pratiques magiques, autres que les sortilèges, sont issues de la magie sans baguette. Des pratiques qui ne demandent pas leur usage, justement. Autrefois, le transplanage consistait sans doute à se jeter le sortilège de transplanage. De même, il y a les enchantements et les sorts n’appartenant pas – ou plus – à la catégorie des sortilèges, comme les nombreux enchantements qui protègent ce château, ainsi que la légilimancie, pour ceux qui savent de quoi il s’agit.
Ils prirent des notes pendant tout le cours et eurent des recherches à faire sur quelques créatures pour des révisions qu’ils feraient lors du prochain cours.
Hermione parvint à convaincre les garçons de s’avancer une nouvelle fois pour leurs devoirs ce soir-là au lieu de profiter du temps qu’offrait le week-end. Mais quand un beau soleil de fin d’été entra par les fenêtres du dortoir des garçons de septième année, Harry remercia intérieurement sa meilleure amie : il allait en profiter, du temps ! Après avoir ingurgité leurs œufs au bacon, Harry, Ron, Hermione et Neville, rejoints par Ginny, Luna et Colin Crivey, se hâtèrent de sortir dans le parc.
- Oh non, dit soudain Hermione, j’ai oublié quelque chose ! Je reviens tout de suite.
- Je peux venir avec toi ? demanda Ron.
- Si tu veux mais dépêche-toi ! dit Hermione qui courait déjà.
- Tu crois qu’ils vont vraiment chercher quelque chose où qu’ils voulaient juste rester tous les deux, Harry ? questionna Colin dont la présence laissait Harry perplexe, tandis que Ron se hâtait derrière sa petite amie.

jimpoter
jimpoter
Niveau 10
27 décembre 2006 à 13:00:08

- … parce que je lui ai effacé tous ses souvenirs de toi, et de qui ou quoi que ce soit, d’ailleurs, acheva Nott. C’est dur, n’est-ce pas ? Mais je ne pouvais pas vous laissez de quoi dire qu’on était venu là. Crabbe, Goyle, que diriez-vous de vous occuper d’apprendre la politesse à Potter ?
Les deux meilleurs amis de Malefoy, qui semblaient s’être mis au service de quelqu’un d’autre, s’avancèrent lentement vers Harry. Crabbe le prit par le col et le plaqua violemment contre le mur, avant de lui décocher un énorme coup de genou qui cassa certaines côtes de Harry, qui poussa un hurlement de douleur. Crabbe le retourna ensuite, lui maintint les bras derrière le dos et dirigea Harry vers Goyle qui lui asséna plusieurs crochets du droit et du gauche, dans l’estomac (et aussi plus bas, ce qui donna l’impression à Harry que la douleur se propageait et circulait comme un poison dans cet endroit si sensible), des deux côtés de la mâchoire, ce qui fit vaciller dangereusement les dents de Harry, lui donnant un goût de sang dans la bouche, et sur le nez qui se cassa dans un flot sanguinaire.
Après ce douloureux passage à tabac, Crabbe laissa retomber Harry sans ménagement sur le ventre. Ce dernier avait terriblement mal, ses côtes cassées le faisaient souffrir et son nez ensanglanté se pliait un peu plus sous le poids de sa tête sur le sol dur.
- Qu’est-ce qu’il y a, Pansy ? entendit-il en reconnaissant la voix de Zabini. Serais-tu trop sensible ?
- Je… Je ne suis pas habituée à voir ça, c’est tout, répondit faiblement Parkinson. Et tout ça me fait peur. C’est normal, non ? Drago aussi avait peur !
- C’est vrai, admit Nott. Et pourtant il est devenu un mangemort efficace… Enfin, hormis la fois où il a laissé partir les jumeaux Weasley, rectifia-t-il. Maintenant, ils ont rouvert leur stupide magasin… Mais je vais t’aider, Pansy, ricana Nott ; je vais te montrer l’exemple. Endoloris !
Nott ne fit pas de mystère quand à la personne visée. La douleur de Harry s’intensifia au point qu’il avait l’impression que tous ses nerfs étaient en feux. Il se tordit sur le sol en poussant des hurlements assourdissants.
Nott n’avait aucune réticence dans ce qu’il faisait… Il n’avait rien de la peur de Malefoy, Harry le sentait très bien… C’était un vrai Doloris qu’on lui soumettait. Et cela dura… dura… Cela ne s’arrêtait plus, cela continuait ; une longue minute s’était déjà écoulée, une minute insupportable…
Et soudain, tout s’arrêta. Enfin pas tout, il y avait toujours les blessures infligées par Crabbe et Goyle. Des bruits secs et violents avaient alerté Nott. Harry se trouvait désormais sur le dos, haletant et tremblant, et il pouvait voir Crabbe, Goyle, et Millicent Bulstrode qui retenaient la porte. Visiblement, quelqu’un avait un besoin urgent d’entrer et frappait de toutes ses forces contre le panneau.
- REDUCTO !! ! rugit quelqu’un.
La porte vola en éclat, projetant les trois imposantes carrures sur le sol. Deux éclairs de stupéfixion frappèrent immédiatement Nott et Zabini de plein fouet et ils s’affalèrent l’un sur l’autre. Ron et Hermione se tenaient tous deux dans l’encadrement, baguettes brandies. Sans avoir eu le temps de réagir, Pansy Parkinson se retrouva sous un maléfice du saucisson informulé de Ron. Mais Crabbe, Goyle et Bulstrode bondirent et le plaquèrent au sol. Heureusement, Hermione avait eu la bonne idée de rentrer dans la pièce et d’enjamber les gros bras.
- Impedimenta ! lança-t-elle.
Il y eut une lumière puis Ron parvint à se dégager et il s’empressa de se placer à côté de sa sauveuse. Ils jetèrent le maléfice du saucisson à toute la bande des Serpentard (même ceux qui étaient stupéfixés, au cas où ils se réveilleraient, chose rare mais pas impossible). Paniqué, Ron se pencha ensuite sur Ginny, et Hermione s’occupa de Harry.
- Episkey, murmura-t-elle.
Harry sentit les blessures de son visage se refermer, bien qu’il eût toujours très mal. Quant à ses côtes, elles restèrent fracturées. Il se releva tant bien que mal, le bras passé autour des épaules d’Hermione qui le soutenait.
- Ca va, Ginny ? demanda Ron avec inquiétude.
- Oui, ça peut aller, répondit-t-elle, encore plus pâle que Ron.
- Qu’est-ce qui s’est passé ? interrogea Hermione.
- On vous racontera tout plus tard, ou sur le chemin de l’infirmerie, répondit faiblement Harry.
- D’accord.
Ils descendirent donc péniblement les quatre étages qui les séparaient de l’infirmerie de Poudlard et Harry leur raconta toute l’histoire.
- Ils préparaient quelque chose, c’est sûr, dit Harry.
Il avait achevé son récit et ils venaient d’atteindre le quatrième étage. Harry était toujours soutenu par Hermione et Ron tenait fermement l’épaule gauche de Ginny, qui n’avait plus dit un seul mot. Elle était pâle et semblait terrifiée.
- Nott voulait que ça reste secret, expliqua Harry. Ce n’est pas par hasard qu’il avait réuni toute une bande pour aller dans la Salle sur Demande. La première réaction qu’il a eue…
Il avait tu un détail.
- … c’est de jeter un sortilège d’amnésie.
Il y eut un bref silence anxieux puis…
- Mais j’ai utilisé le charme du Bouclier. Je ne pensais pas que ça avait marché mais apparemment, tu te souviens de nous, Ginny ?
Cette dernière confirma d’un signe de tête, mais son silence obstiné inquiéta beaucoup Harry.
Ils parvinrent à l’infirmerie où Mrs Pomfresh les accueillit de mauvaise humeur.
- Qu’est-ce que vous êtes encore allé faire, Potter ? demanda-t-elle. Une bagarre, c’est ça ?
- On peut dire ça comme ça, dit Harry, le souffle court.
Hermione l’aida à s’installer sur un lit.
- Où avez-vous mal ?
- Aux ventre… répondit Harry, ou à l’estomac, plutôt. Je crois que j’ai des côtes cassées.
- Je vois. Allongez-vous. Doucement… voilà. Et maintenant, ne bougez plus. Souddoss, prononça-t-elle en pointant sa baguette sur la cage thoracique de Harry.
Ce dernier sentit aussitôt ses os reprendre leur place habituelle et se recoller et la douleur disparut lentement.
- Je pense qu’on peut aussi peaufiner ça, ajouta Mrs Pomfresh en montrant le visage de Harry. Episkey.
La douleur de son visage s’en alla également mais il se sentait encore faible.
- Il faut aller voir McGonagall, déclara alors Hermione.
- Vous voulez déranger la directrice pour une bagarre ? questionna Mrs Pomfresh, choquée.
- Vous ne connaissez pas toute l’histoire, dit Harry. On a été attaqués…
- Très bien, dit l’infirmière, douteuse, mais vous avez besoin de vous reposer, pour l’instant.
- Alors je vais y aller, dit Hermione.
Elle se hâta de sortir de l’infirmerie. Il y eut un silence pesant.
- Et Miss Weasley, qu’avez-vous ? finit par demander Mrs Pomfresh, qui avait également remarqué le teint de Ginny.
- Euh… rien, répondit la jeune fille.
- Vous êtes bien sûre ?
- Oui.
- Très bien.
L’infirmière repartit dans son bureau. Ron se retourna brusquement et regarda Ginny et Harry à tour de rôle.
- Qu’est-ce que vous faisiez là-bas, tous les deux ? interrogea-t-il, les sourcils froncés. Pourquoi la Salle était… comme ça ?
Harry avait redouté cette question, surtout de la part de Ron.
- Ecoute, dit-il, ne t’imagine pas des choses, d’accord ? Ginny et moi, on cherchait juste un coin tranquille pour… Enfin, tu vois ce que je veux dire. Je me suis dit que la Salle sur Demande était idéale pour ça, alors on y est allé et… disons que la salle a un peu exagéré la notion d’intimité et la nature de nos besoins. On a voulu sortir et on est tombés sur Nott et les autres. La suite tu la connais.
Il y eut un silence, le soulagement commençait à se lire sur le visage de Ronald Weasley. Mais il fut interrompu par des reniflements. C’est alors que Harry remarqua que Ginny pleurait.
- Qu’est-ce qu’il y a ? s’inquiéta-t-il.
Ginny ne répondit rien, elle se contenta de sangloter.
- Qu’est-ce qui se passe, Ginny ? chuchota Ron.
Elle resta silencieuse encore quelques secondes puis…
- Ron, je… j’avais l’esprit embrouillé quand tu m’as réveillée tout à l’heure, gémit-elle. Je… Je croyais me souvenir que j’avais été attaquée. Mais quand on est descendus… quand vous avez parlé, j’ai compris… j’ai compris qui c’était.
- De qui tu parles ? s’étonna Harry.
Ginny se retourna vers son petit ami et elle le dévisagea comme si elle le voyait pour la première fois.
- Je me souviens que j’aime quelqu’un, que je l’aime vraiment très fort, de tout mon cœur, mais… je ne sais pas qui. Je… Je n’ai aucun souvenir de toi ! cria-t-elle.
Elle cacha alors son visage dans ses mains.
Harry se tassa sur son lit. Non, c’était impossible… Mais si. Il le voyait à son regard. Il voyait qu’elle ne le reconnaissait pas. Une immense tristesse s’exprimait dans son regard. Finalement, c’était arrivé…
On lui avait enlevé Ginny Weasley.