Chapitre 5 :
Il me semble que l’avion est en train de survoler les côtes californiennes. Je regarde à travers le hublot en ne souriant qu’à moitié. Je me demande ce que dira Kasumi quand nous nous verrons. En réalité seuls Kasumi et Hayate savent que je travaillais pour l’organisation. Nelson vient à ma rencontre en m’apportant une coupelle de cidre français. Je le remercie d’un hochement de tête.
Nelson est un vieil ami qui travaillait pour moi quand je faisais partie de l’organisation secrète. C’est un homme âgé (soixante-huit ans me semble-t-il), il a des cheveux gris et courts. Je l’ai contacté quand j’étais chez Hitomi, il a tout de suite accepté ma requête ; il est vrai que les méthodes qu’employait l’organisation ne lui plaisaient pas. Nelson conduit actuellement l’avion. Oh mais il est juste à côté de moi …
- NELSON, cris-je
- Que se passe-t-il madame ?
- L’AVION !
- Pilote automatique madame.
Je claque ma main contre ma tête et émet un petit rire. Ce que je suis stupide. Je me reprends, et boit une gorgée de cidre. J’ai l’impression de baigner dans le luxe. Jet privé. Cidre. En réalité, j’aime ça. Je repose mon verre et m’étire. J’ai du mal à garder les yeux ouverts.
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- Madame ?
Je me réveille, légèrement en sursaut.
- Nous sommes arrivés à destination. Dit-il
- Où as-tu atterri ?
- A quelques kilomètres du village ninja.
- Très bien je te remercie. Attends-moi dehors
Je me lève de mon siège, prend mon sac et je pars aux toilettes pour me changer. J’enfile un T-shirt blanc moulant et un minishort en jean. Pour les chaussures, je prends des ballerines noires. Une tenue très soft. Je ne vais pas m’habiller chic avec cette chaleur !
Enfin, je sors du jet et remarque que nous nous trouvons une nouvelle fois dans une jungle, ou du moins, une forêt tropicale. Me voilà en train de sourire et de penser à Hitomi quand je lui ai annoncée que j’étais une tueuse à gages. J’ai bien ri. Elle a reculé et j’ai du lui affirmer qu’à présent je ne tuerais plus, sauf ceux qui le méritent, ceux qui ont tenté de me tuer. Les tout derniers mots d’Hitomi m’ont fait un choc : « Je serais toujours là pour toi, ne l’oublie pas. »
- Madame ?
Je détourne mon regard sur Nelson.
- Dois-je vous accompagner ?
- Ce ne sera pas nécessaire. Surveille l’avion. Si je ne suis pas revenue d’ici six heures ou s’il se passe quelque chose d’anormal, laisse-moi ici, d’accord ?
- Entendu.
Sur ce, je commence ma longue route vers le village.
Je marche depuis déjà une heure environ, et j’aperçois au loin le village que j’ai déjà eu l’occasion de visiter. Je m’avance. J’ai un pistolet enfoui sous mon jean, au cas où. J’ai beau maitrisé les arts martiaux, un flingue gagne toujours.
Me voilà arrivée devant les grandes portes du village où deux gardes au visage sévère me font face.
- Je viens voir Kasumi dis-je
Aucune réponse. Je vais devoir être plus claire.
- Je suis l’ex-fiancée d’Hayate, Lisa Hamilton. Oui je suis toujours en vie, ouvrez.
Les gardes commencent à parler entre eux quand soudain j’entends :
- Lisa ?
Je me retourne et je vois Kasumi, resplendissante comme toujours, un panier de fruits à la main. Visiblement, elle s’est coupée les cheveux roux, ils arrivent à présent légèrement au dessus de la nuque. Cela lui va plutôt, ça lui donne un air plus … plus femme. Elle lâche son panier et vient me serrer dans ses bras.
- Tu es enfin revenue, me dit-elle
Elle termine son accolade et passe une main dans mes cheveux
.
- Nous avons tellement de choses à nous dire, entrons.
Nous passons les portes du village et je me retourne pour jeter un regard noir aux gardes. Kasumi me tient par le bras et nous marchons dans la grande allée principale où plusieurs maisons en bois sont alignées.
Nous nous arrêtons sur une grande place, où je peux apercevoir le petit temple en haut d’un escalier. Plusieurs personnes marchent ici et là. Kasumi décide de nous installer sur un banc, sous un magnifique cerisier. Elle entame la discussion.
- Hitomi a-t-elle bien pris soin de toi ?
- Oui, ne t’en fais pas.
- Quand est-ce que tu t’es réveillée ?
- Un mois.
- Tu t’es entrainée chez Hitomi je paris ?
- Bingo !
Ces questions ne sont que mascarade, je décide d’aller droit au but.
- Je suis désolée. Pour Hayate.
Kasumi m’offre un petit sourire.
- Ne le sois pas. Ne tourmentons pas les fantômes du passé.
- Et tentons de changer l’avenir, dis-je.
Nous nous regardons pendant de longs moments, sans un bruit, sans un souffle. Comme si le temps autour de nous s’était arrêté. Elle finit enfin par me dire.
- Donc, tu vas te venger ?
- C’est évident.
- Trop de sang a coulé Lisa, tu ne devrais pas.
Je me lève et hurle de colère.
- TU PENSES QU’HAYATE VOUDRAIT QUE JE NE FASSE RIEN ? QUE JE BAISSE LES BRAS ?
Mes yeux sont grands ouverts sur Kasumi, qui reste assise et ne détourne pas son regard.
- Lisa, tu penses qu’Hayate voudrait que tu meures à ton tour ? Cette soi-disante vengeance est plutôt personnelle.
Je me rasseye, sous le choc, essoufflée. Incapable de répondre quoique ce soit. Elle a raison. Hayate ne voudrait pas que je meure. Je reprends mon souffle et regarde Kasumi.
- Hayate me déconseillerait d’accomplir cette vengeance, il ne m’en empêcherait pas.
Je suis fière de ce que je viens de dire, pourtant un goût de bile vient dans ma bouche.
- Evitons les sujets qui fâchent, dit-elle avec douceur.
J’aimerais lui dire « Oui bien sûr ! Je suis dans le coma depuis trois ans ! Que pouvons-nous dire ? Les pêches sont bonnes à cette saison ! » Mais en réalité, nous n’avons plus rien à nous dire. Je suis venue ici pour lui expliquer les événements d’il y a trois ans et lui annoncer ma vengeance.
- Ok, acquiesce-je, mais avant, où est Ayane ?
- On avait dit pas les sujets qui fâchent, de plus, il est hors de question que tu tues qui que ce soit dans mon village, c’est compris ?
- Je sais, je sais, je te demande juste où se trouve Ayane ?
- Je n’ai jamais toléré son dévouement à l’organisation de nombreuses années. Elle a quitté le village il y a de nombreuses années, il est évident qu’à cette heure-ci elle travaille encore pour l’organisation. Tu la trouveras là-bas.
- Merci
- Tu sais, me dit-elle, si tu n’étais pas la fiancée de mon frère et ma meilleure amie, je t’aurais déjà tuée !
Je ris d’une façon très douce. Je repense à Ayane. Cette fille est antipathique. Elle déteste tout le monde. Même Hayate son demi-frère et Kasumi sa demi-sœur, sa propre famille. Ce trio a été invité à rejoindre l’organisation. S’ils refusaient, Donovan aurait détruit leur village. Hayate a accepté à une seule condition, que Kasumi reste au village et ne devienne pas une tueuse à gages.
Je pense qu’Ayane a été jalouse que Kasumi obtienne la protection d’Hayate. Et voilà comment ils sont devenus des assassins. L’une par mépris de l’être humain, l’autre pour protéger les gens qui lui sont chers. Et moi ? C’est différent.
Je lève les yeux au ciel, prête à me remémorer mes débuts dans l’organisation et pourquoi j’y suis entrée quand soudain, j’aperçois l’avion de Nelson. J’écarquille les yeux. Ca doit faire deux heures à tout casser que je suis partie du jet. Ou alors … Quelque chose d’anormal se passe. Je questionne Kasumi.
- Dis-moi, est-ce qu’il est censé se passer … un truc ici ? Aujourd’hui ?
- Oui pourquoi cette question ?
- Qu’est ce que c’est ? m’exclame-je
- Les geishas de Kyoto viennent nous rendre visite, comme chaque année.
Je suis livide. Non pas parce que me voilà coincée au Japon. Mais parce que j’ai entendu le mot « Geisha ». Qui dit Geisha dit Kokoro. Qui dit Kokoro dit Miyako. Je regarde Kasumi et lui sourit une nouvelle fois, mais cette fois-ci, ce sourire est mesquin.
L’heure de la vengeance a sonné.
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Chapitre très très long !
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Nouvelle mise en page ! Sauter une ligne entre chaque dialogue et interaction par exemple :
- Je suis désolée. Pour Hayate.
Kasumi m’offre un petit sourire.
Si la nouvelle mise en page vous plaît et si ce chapitre vous plaît, n'hésitez pas à le faire savoir ça fait toujours plaisir ! :')