Méga
pour la foule en délire...
Chapitre Sixième : Toute épopée s’arrête : Troisième Partie
Sept mois étaient passés depuis la mort du Shen Gaoren. Trois personnes marchaient dans le village de Pokke, deux hommes et une femme. Cette dernière avait un profil qui donnait à tout coup le sourire ; elle était enceinte, et presque à terme. Cette jeune femme, l’Artilleuse Jinn, avait arrêté de chasser pour ne pas mettre la vie du jeune à naître en danger. Les deux hommes qui l’accompagnaient cet après-midi étaient quant à eux en armes, deux vifs Chasseurs. Rinku et Firior, les meilleurs Chasseurs de Pokke. Le premier était vêtu d’une armure faite d’écailles bourgognes et de métal, légère et résistante. À sa ceinture pendait une épée moyennement longue, de couleur bleu océan. Elle était faite de la corne du puissant Lao-Shan Lung Cendré. Un bouclier fait du même matériau était fixé à son bras droit. Le second, Firior, avait une armure tout aussi puissante, noir et rouge. Elle était ornée de cornes. Et le long sabre accroché dans son dos était fait de la même sorte de corne que l’épée courte de l’autre.
Les deux hommes, arrivés au bout du chemin du village, se retournèrent vers la femme et la saluèrent. Elle sourit amèrement, sachant que l’homme qu’elle aimait et le meilleur ami de ce dernier partaient chasser le Kushala Daora. Cette bête était un Dragon Ancien, couvert d’écailles semblables à du métal extrêmement solide. Quatre pattes puissantes portaient ce corps massif, et une paire d’ailes tout aussi fortes pouvaient le tenir indéfiniment dans les airs. Il était porteur d’un pouvoir de contrôle sur le vent, pouvant repousser ses ennemis instantanément. Leur chasse allait être difficile.
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Il faisait nuit sur la Jungle. La pluie tombait, et les Chasseurs provoquaient tout un vacarme, les gouttes résonnant sur les plaques métalliques de leurs armures. Le Kushala Daora était en face d’eux, et il les regardait férocement de ses yeux bleus. Il préparait un jet de vent en leur direction. Les hommes l’évitèrent, roulant chacun de leur côté. Rinku vers la gauche, Firior vers la droite. Chacun courût vers la tête du monstre, et ils y frappèrent tous deux au même moment. Le sabre trancha une corne, l’épée coupa la seconde. Le Kusha se leva bien haut sur ses pattes postérieures et hurla, battant de ailes. L’aura de vent le protégeant repoussa les deux Chasseurs à quelques pas. Il décida de charger vers Firior, qui se prit le monstre de plein fouet.
Rinku jeta à Firior une potion tandis qu’il fonçait à nouveau vers le monstre, cette fois-ci l’approchant par derrière. Il bondit vers la queue, brandissant son épée et la taillada de part en part. À moitié décrochée, elle pendait misérablement. Le Dragon pivota, frappant Rinku de ses puissantes griffes au passage. Un jet de vent suivit le coup de patte, envoyant le jeune homme à sept mètres de hauteur dans les airs. Il retomba lourdement sur le côté, et roula sur le dos. Le Kushala se pencha sur lui, prêt à lui arracher quelconque membre de sa puissante mâchoire.
Mais le sabre bleu de Firior s’interposa, et s’enfonça dans la gorge du Dragon. Celui-ci poussa un cri et bondit en arrière, se mettant à battre des ailes. Firior tendit la main à Rinku, qui la prit avec fermeté pour se relever, tout en remerciant son coéquipier. Alors qu’il se tournait vers le Kusha, celui-ci fondit vers eux en rasant le sol de ses serres. Les deux se jettèrent de côté à son approche, Firior sur la gauche et Rinku sur la droite. Celui-ci lança son épée vers les ailes du monstre, et l’une d’elles fut entièrement sectionnée.
Le Dragon s’écrasa au sol, et Rinku courut reprendre son arme. Après quoi, il sectionna la tête du Dragon gigotant sur le sol.
…………………..
Il se mettait à faire froid. Sérieusement. Et le Kirin, cette licorne aux marques bleutées dansantes de foudre se tenait là, jaugeant de ses yeux complètement rouges les deux Chasseurs. Sur le sommet du mont Pokke, voilà où étaient les êtres combattant. Le Kirin était couvert d’entailles ensanglantées, preuves du combat ayant eu lieu quelques instants auparavant. Il semblait sur le point de fuir ; mais les deux hommes n’étaient pas prêts de le laisser filer.
La bête se mit à foncer vers l’espace entre eux, corne baissée. Mauvaise idée. Les deux lames bleutées se dressèrent vers ladite corne, point faible ainsi qu’arme de la bête. Et le Kirin mourut. Point final.
- Hey mon p’tit ! lança Firior au Kirin. T’es au courant ! COURANT ! Tu piges, Rinku ?
- …
…………………..
Le retour au village se fit sans incidents. Les hommes ramenaient le cadavre du Kirin comme preuve de leur victoire, le montrant à Koumi.
- Hep Rinku, ça te dérange si j’lui tranche la tête pour la foutre dans mon salon ? blagua très sérieusement Firior.
- Euh… Crétin. On va offrir son pelage à Jinn, regarde comme ça lui irait bien…
- Ouaip je vois ça le ferait d’enfer !
- Bon, on va se faire ce Chameleos ?
- Pour sûr !
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Le marais était vraiment une zone horrible pour chasser du Dragon Ancien. Il pouvait repousser n’importe qui ou quoi dans les mares d’acides empoisonnés et vous conduire lentement à la mort… Le Chameleos, un Dragon Ancien pouvant se rendre invisible à volonté, muni de jets de poisons et d’affaiblissants.
Les deux Chasseurs le « voyaient » marcher. La couche de liquide le rendant quasiment invisible luisait quelque peu, ce qui permettait aux deux hommes de le voir passer. Lui ne les voyait pas, alors que ç’aurait dû être le contraire.
Vous savez sûrement comment se bat un Chameleos ; je n’ai pas besoin de relater ce combat. Pourquoi ? Car les deux Chasseurs n’ont fait que le bourriner, voyez. Il est mort assez rapidement.
…………………….
L’impératrice des flammes, la Lunastra, se tenait là, au sommet du volcan. Une longue Dragonne bleue, aux cornes formant un bouclier par-dessus sa longue crinière, celle-ci descendant encore plus bas que ses crocs immenses. Son regard noir et froid entouré des écailles bleu-violet était intense, et au bout de sa longue queue pendaient quelques poils.
Elle se dressa sur ses pattes arrières et lança un hurlement lionesque. Retombant sur ses quatre pattes, elle bondit en avant vers les deux Chasseurs, qui se jettèrent tous deux sur la droite. La Lunastra, auparavant au bord du gouffre, était à présent accrochée à la muraille pierreuse et sombre, et tourna la tête vers les hommes. Rinku dégaina son épée, et tel lui Firior tira son sabre, et ils étaient prêts.
La Dragonne se jeta à nouveau vers eux. Le sabre se pointa vers son ventre, et le tranchant de l’épée vers la tête. Elle heurta l’épée en premier, et celle-ci lui arracha une corne tandis que son propriétaire glissa sous le poids du monstre. Il en fût de même pour Firior, qui égratigna à peine la Lunastra. Il eût le réflexe de se baisser et ne fût pas écrasé.
- Merde, s’en est fallu de peu ! s’exclama-t-il.
La Lunastra battit des ailes, répandant des étincelles dans l’air. Elle fit claquer ses crocs, et les flammèches produites firent exploser les étincelles. Les deux Chasseurs furent expédiés chacun de leur côté, à un minimum de cinq mètres de distance.
Rinku leva la tête. Firior était près du bord du gouffre, se relevant lentement. Rinku tourna ensuite la tête vers la Lunastra, qui se tournait de son côté vers son ami. Elle se prépara à bondir.
- Oh, non, putain pas ça… gémit Rinku.
La Dragonne bondit. Rinku la suivit des yeux, remarquant comment la mort pouvait avoir une beauté sauvage. Il la vit heurter de plein fouet son ami, qui glissa dans le gouffre en hurlant. Dans cet petit instant, où la bête grognait victorieusement, il bondit et regarda dans le gouffre. Il vit une main gantée s’accrocher à une pierre qui s’écroula. Tout de suite, il détourna les yeux de ce spectacle horrifiant, et fit face à la bête qui lui avait pris un être cher.
Il marcha résolument vers la bête. Il s’aperçut qu’il avait lâchée son épée et qu’elle gisait six mètres plus loin, mais il s’en foutait. La Lunastra tourna la tête vers lui et parut effrayée.
Rinku leva le poing gauche, près de la bête. Et, d’une force imprégnée de rage, il lui enfonca entre les yeux. Il sentit avec jouissance les os se fracturer. Les siens ou ceux de la bête ? Il n’aurait pu savoir, mais le monstre émit un vague feulement de douleur. La Dragonne leva sa patte griffue pour lui rendre son coup, mais Rinku sauta sur sa tête meurtrie. Il regarda les doigts griffus de sa main gantée et les enfonça dans le globe oculaire gauche de la bête. Avec bonheur, il l’arracha, et recommença l’opération avec les os de la cavité oculaire.
Il arrachait des morceaux de boîte crânienne, gros, faisant souffrir la bête. Et à chaque bout arraché avec une force surhumaine, la bête hurlait, et il lui donnait un nouveau coup de poing pour la faire taire.
Après une dizaine de morceaux arrachés, il s’aperçut que la bête était morte. Il descendit de ce qui restait de la tête et, usant une nouvelle fois de cette force incroyable, poussa le corps dans le gouffre où Firior était tombé.
Il se retourna, alla ramasser son épée et but une gorgée de Sérum Psy. Là, il sentit que le partenaire de la Lunastra approchait. Le Teostra… Ce serait à son tour de souffrir pour Firior !
Le magnifique Dragon rouge se posa tout près. Il avait exactement la même crinière que sa compagne, et une sorte de bouc lui poussait au menton. Ses yeux étaient bleus, et ses cornes ressemblaient à celles d’un mouflon, recourbées. Entre celles-ci siégeait une touffe de poils jaunes. Mais ce joli corps allait être mutilé, déchiré.
Le monstre s’aperçut que les cornes de sa compagne (et une partie de son crâne) gisaient au sol, et il gémit d’effroi. Il se tourna vers Rinku, et gémit une nouvelle fois. La pointe de l’Épée Ogre Azur était dirigée vers son front, et on voyait clairement un regard haineux au travers des fentes du casque.
Le Dragon se prépara à l’envol, mais Rinku lui bondit dessus. Le monstre félin hurla de douleur lorsque l’épée à l’élément Dragon déchira la palmure de ses ailes
Son cri se fit encore plus déchirant lorsque l’épée lui sectionna complètement l’aile droite du reste du corps. Un flot de sang coulait de la plaie, et il hurlait encore et encore. Rinku eut un rire démentiel, et il enfonça l’épée encore plus profondément, séparant les chairs.
Rinku ouvrit la plaie de plus en plus, jusqu’à voir certains organes. Il en vit un battre. Le cœur… Là, il y planta son épée.
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