Et voilà le demi-chapitre pour vous !
Chapitre IX : Présences
« Tes coéquipiers sont là pour toi, tu devrais les écouter ! C’est bien beau toute cette histoire de protéger les gens que tu aimes, mais il faudrait que tu en fasses un peu moins à ta tête ! »
- Firior
On entendait des coups de marteaux, répétés en suivant le rythme d’une chanson folklorique des régions Nordiques. La neige recouvrait lentement l’ouvrage des hommes, tombant doucement sur le bois fraîchement coupé. Mais ceux-ci ne se décourageaient pas : ils repoussaient la poussière froide de leurs mains rudes et continuaient leur travail.
Un homme assistait à tout ce remue-ménage. Il portait une armure orangée striée de bleu, toute neuve. Elle n’encombrait aucun de ses mouvements, et elle était très belle.
Et puis, dans son dos, il y avait un fourreau. Et celui-ci n’était pas vide, non ; il était bleu, comme la lame à l’intérieur. Un long sabre taillé dans la corne d’un Lao Shan Lung Cendré. Le tranchant était redoutablement aiguisé, et la base de la lame était taillée en un motif de flammes.
Le Chasseur s’appelait Firior. Il s’avançait jusqu’au Feu du Chef. Il salua la vieille Koumi, qui le reconnut aussitôt.
- Firior ! s’exclama-t-elle en le voyant. Tu…
- Oui, j’ai survécu, lança la voix agréablement joviale.
- Comment ? Raconte ça à mes vieilles oreilles glacées, que j’aie une histoire à transmettre aux enfants !
- Mets donc ton dentier, car elle est dure à avaler, mon histoire ! blagua le Chasseur aguerri. C’était, comme tu le sais, au Volcan de Verumaï…
« La Lunastra m’avait sauté dessus, et je tombai vers un puit de lave. Je me croyais en train de mourir…
« Dans un réflexe de survie, mon bras droit se levait, et je saisissais une mince corniche. Levant les yeux, je vis la tête de Rinku pointée en ma direction, puis il se retournait et j’entendais du bruit.
« Tellement concentré que j’étais par les sons, qui comprenaient cris de souffrance et de joie, ma prise se relâchait, et je tombai à nouveau.
« Mon dos heurta une autre corniche, qui heureusement ne céda pas sous mon poids. Je respirai un coup, deux coups, sept coups…
« Puis je me relevai d’un bond. Cherchant un endroit pour revenir sur les lieux du combat, je regardai le mur pierreux et reculai pour mieux voir, et plus haut.
« C’était stupide. J’avais reculé jusqu’au bord de la corniche, et mon pied s’appuya dans le vide. Je tombai encore.
« La chaleur grandissait alors que je descendais, m’approchant de plus en plus de la mort. Puis, je sentais le sol dur contre lequel je m’écrasai. Tournant la tête vers ma gauche, je voyais clairement un « lac » de magma crépitant tout près.
« Je me relevai et buvais avidement à ma gourde de potion. Puis, je me décidai d’avancer vers le Nord, où qu’il puisse être. Ma chance habituelle m’amena à l’Ouest…
« J’étais maintenant dans le Désert Sans-Nom. Je continuai à marcher au travers du Désert, buvant à chaque oasis, chaque flaque ou même chaque goutte que je trouvais. Ce voyage doit te sembler paisible, mais une rencontre au fin fond du Désert aurait pu être ma perte.
« Deux Tigrex. Que faisaient-ils là ? Je n’en avais aucune idée ! Mais, comme tu connais les Tigrex, tu sais qu’ils m’ont attaqué à vue.
« J’en ai fauché un presque instantanément. Il faut dire qu’il était lent et faible, pour un Tigrex.
« Le second, quant à lui… Ça devait être un Tigrex de classe G. Il m’a donné bien du fil à retordre, mais j’ai fini par le tuer. Connaissant la valeur de ses composants, je l’ai dépecé. Le résultat, comme tu le vois, je le porte.
« Cette armure, je l’ai fait crafter à la ville du Désert. Puis, mon voyage m’a lentement dirigé jusqu’ici. Et nous en sommes là où j’en suis. »
- Manifestement, tu as bravé quelques dangers… murmura la Vieille.
- Oui… Au fait, où est Rinku ?
- Rinku ? Parti ! Loin, loin. Mais de ce que j’en sais, tu devrais pouvoir le trouver à Schrad.
- Bien. Et maintenant, ma route recommence…