Pas forcément
Le village environnant le Château Schrad était envahi des murmures de ceux qui avaient aperçu le voyageur qu’on surnommait à présent « Phantom », de par la teinte de ses cheveux et le fait qu’il était insaisissable.
Le premier à l’avoir vu était un Chasseur du nom de Jonas, qui était rattaché à la Guilde de Schrad. Il avait reçu l’ordre de vaincre le Rajang rôdant dans la région.
Il avait traqué la bête, dans l’espoir de la prendre par surprise, lorsque celle-ci jeta un rayon d’énergie en direction de la route.
C’est à ce moment qu’il avait vu Phantom, debout entre les herbes calcinées.
À présent, il racontait à qui le voulait le combat, pour peu qu’on lui paye une choppe d’hydromel.
Rinku trouvait cette agitation futile. Il était venu pour attendre que le Fatalis vienne à lui, et un monstre s’était interposé.
Il s’était installé dans une auberge miteuse, qui, depuis son arrivée, avait vu ses profits augmenter radicalement. Il faut dire qu’avec sa réputation de « sauveur de villes », il attirait les gens à lui.
La cour du château délabré était vide.
Pas un son ne venait à ses oreilles. Et pourtant, il sentait une présence.
Il continua à avancer, jusqu’à arriver à la grande porte de fer, toute rouillée. Elle devait faire au moins trois mètres cinquante de hauteur et était fermée.
Son regard descendit jusqu’à voir que la porte était bloquée, laissant un espace d’environ soixante quinze centimètres. Une roulade et il était passé de l’autre côté.
Se relevant, il apprit qu’il n’était finalement pas seul.
Un enfant au teint fantomatique et aux yeux d’un bleu perçant se tenait à quelques pas devant lui. Ses longs cheveux d’un noir de nuit contrastaient violemment avec sa longue tunique blanche.
L’enfant ouvrit la bouche et se mit à chanter d’une voix morne :
La Légende de la Mort
Mort par un Grand Dragon
A été ressuscitée
Quand le monde est plein de Wyverns
La légende est ressuscitée
Viande est dévorée, Os est croqué
Et Sang est aspiré
Il brûle la terre
Et fait fondre le fer
Il tarit les rivières
Et arrache les arbres
Il éveille les vents
Et rallume les feux infernaux
Il est nommé Fatalis
Dragon de la Destinée
Il est nommé Fatalis
Dragon de la Destruction
Appelez à l’aide
Fuyez pour vos vies
Et n’oubliez point
De prier aux cieux
Il est nommé Fatalis
Dragon de la Destinée
Il est nommé Fatalis
Dragon de la Destruction
Fatalis, Fatalis
Ciel et Terre sont tiens
Fatalis, Fatalis
Ciel et Terre sont tiens !
Là, un coup de tonnerre résonna, un cri horrible se fit entendre et tout s’arrêta.
Rinku s’éveilla en sueurs. Tout ceci n’était qu’un songe…
Malgré tout, un mauvais pressentiment s’infiltrait en lui.
Il glissa hors de sont lit et enfila son armure. Ses yeux se posèrent sur ses trois épées, et il prit Ogre Azur ainsi que son bouclier.
Il ouvrit la porte de sa chambre à la volée et courût dans le couloir pour ensuite dévaler l’escalier. Plusieurs portes s’ouvrirent sur son passage et il entendit plusieurs fois « Phantom ? », sans toutefois s’arrêter.
Une fois dehors, il sprinta jusqu’à la sortie du village et se dirigea vers le château.
Arrivé dans l’enceinte de pierres sombres, son rêve « recommença ». Il s’avança vers la porte de fer de trois mètres et demi, et vit l’espace de trois-quarts de mètre, où il roula.
Mais l’enfant n’y était pas.
Il était seul dans l’immensité de la cour du château en ruines.
La terre sous ses pieds dégageait une odeur fétide de putréfaction. Plusieurs amoncellements d’os et de pierres noires jonchaient le sol.
Chaque mur faisait deux fois et demi la taille de la porte, tant en hauteur qu’en épaisseur. Chaque pierre était de la même taille, et un mot était gravé sur chacune.
Rinku s’y intéressa un moment, lisant le même poème qu’il avait entendu dans son rêve.
Il regarda ensuite le ciel. D’énormes nuages orageux et violacés couvraient partiellement le ciel pré-auroral
Il entendit les cieux gronder, et la terre semblait hurler de souffrance.
Que se passait-il donc ?
Là, un coup de tonnerre rompit le silence, et Rinku, surpris, se tourna vers le lieux où était tombé l’éclair.
C’est alors qu’il le vit.
Le gigantesque Dragon Noir volait au-dessus du bâtiment principal.
Il était d’un noir teinté de violet, avec une soif de sang était sans pareils.
Ses yeux jaunes et féroces étaient surmontés de deux paires de cornes dont le bout était blanc.
Du dessus de sa tête partait une suite de pointes qui s’arrêtaient avec sa longue queue.
Le Dragon s’approcha dans les cieux et se mit à descendre vers le sol.
Il atterrit sur ses quatre pattes griffues.
Se dressant sur ses pattes postérieures, il hurla toute son envie de sang et de meurtres.
Il jeta un météore enflammé contre un mur et se tourna finalement vers Rinku.
Ce dernier tirait son épée, alors que le Fatalis hurlait à nouveau.
Vous en pensez quoi ?