La soirée touchait à sa fin. Et j´aidais ma femme à ranger la cuisine. "Finalement, nous avons passé une bonne fête, dommage que tu n´aies pas goûté à ton gâteau d´anniversaire" . Je ne lui avais pas répondu, du moins, je ne lui avais pas répondu par des mots. "Ce n´est pas grave, tu arriveras, j´en suis sure" m´avait-elle dit. Je lui avais alors dit que je réfléchirais à tout cela le lendemain, et qu´une nuit de sommeil me ferait le plus grand bien. En fermant les yeux, je me disais que j´avais beaucoup de chance d´avoir une femme qui me supporte. Et que si j´arrivais à quelque chose, je n´oublierai pas de la remercier.
Le lendemain, j´étais parti à la banque pour retirer un peu d´argent. J´avais alors oublié que je n´avais plus de source qui m´en générerait et que je m´approchais du rouge. Il fallait donc que je me résumes à abandonner ma carrière pro-ratée d´entraineur pour revenir à la communication. Après tout, cela ne faisait que trois mois que j´avais quitté mon emploi. Je pouvais toujours croire à postuler et retrouver ma place. Je m´étais donné sept jours pour trouver un club. J´avais annoncé à mes enfants Joan et Ruuda, mes deux jumeaux de six ans, que papa allait retrouver son travail, chose qui leur a déplu fortement.
Et pendant sept jours, j´ai dû envoyé des CV dans les quatres coins de la Hollande mais aussi des Pays-Bas afin être embauché. J´avais même envoyé un CV au PSV Eindhoven, le rival, sans succès. Et les jours passèrent... un puis deux puis trois et puis sept. Mais aucune réponse. Tous ceux à qui j´avais envoyé une lettre ne m´avait pas répondu. Bien sûr, je n´avais pas cherché que des grands clubs, mais des clubs très moyens, mais en vain.
En ce septième jour, je règlais mes derniers papiers pour retrouver ma place dans un bureau. Il était Vendredi, et je devais reprendre le travail dès le Mercredi suivant, renonçant ainsi à toutes mes envies de devenir un manager. Cependant, mes jumeaux en ce jour voulaient absolument que je les enmènne à la Poste. Ils avaient un colis urgent à donner "C´est pour l´école" disaient-ils... Joan essayait de cacher avec son pouce l´adresse ... Je ne pouvais appercevoir qu´un "GNE" à la fin du mot.
Lundi soir, nous dinions quand le téléphone avait sonné. "Qui peut nous appeler à cette heure-ci ? disais-je à ma femme? " . Je décrochai alors l´appareil, et je sentais que cet appel était différent des autres: "Allo, bonjour. Monsieur Martins? Je m´appelle Joan Laporta, et je suis le président du FC Barcelona, je voudrais vous voir si vous le permettez vous voir le plutôt possible. Ne vous inquiétez pas, les charges de votre transport sont à mon compte... Demain matin un coursier va vous ramener à l´Aeroport où vous trouverez M. Ibanez qui vous guidera vers nous" .
Le lendemain, ma femme, mes enfants et moi avons embarqué dans l´Avion vers Barcelone. Le chauffeur de taxi portait le maillot du FC Barcolone où était graphé "Ronaldinho" ainsi que son fameux numéro dix. Tous les passants, de tout âge et de tout sexe étaient passionnés par le football. Arrivé à l´Hôtel, je demandais à ma femme pourquoi M. Laporta nous appelait et comment savait-il que je recherchais un club. C´est alors que le sourire de mes jumeaux me répondit. C´était donc eux qui avait contacté le FC Barcelone. Et finalement, mon père avait travaillé dans un club qui ne l´avait pas oublié. Pas moins de trente minutes dans la salle du président pour conclure. J´étais engagé comme préparateur dans ce club mythique, contrat jusqu´à fin d´année.
J´avais bien pourtant comme idée de ne pas en rester là et de côtoyer dès l´année suivante le banc de touche en tant que manager, bien sûr, pas du FC Barcelone, mais pourquoi pas d´un bon club? Si le Barcelone faisait une bonne saison, alors peut-être qu´on me remarquerait quelque part et je pourrais alors tenter ma chance. Et pourquoi pas ainsi devenir le plus grand entraineur du siècle?
C´était décidé, M. Tobias Martins allait devenir petit à petit un digne successeur de son père
____Fin de l´épisode 