Putain. Putain ! PUTAIN !
Je suis à l´heure.
Chapitre 3 : Qui je suis.
J’ai tout de même oublié de me décrire, ne serait ce qu’un tant soit peu. Après tout, il ne faut pas mentir et croire ce qui est dit : le physique est toujours plus important que le moral. N’importe quoi, oui ! La vérité, elle est tellement ailleurs ! Ce sont les beaux mecs, ceux avec un énorme sexe qui remportent tout sur leur passage. Adieu illusion d’enfance. De toute façon, il ne faut pas croire l’on s’en rend compte tout de même très tôt, que ce n’est pas vrai, ce conte niaiseux. Bien sur que le physique apporte plus. Pourquoi, après tout, a t’on le sexe dur lorsque l’on voit une jolie fille ? Vous avez déjà vu les femmes, les belles, qui sont pourtant vraiment timides ? Posez vous une question. Des filles comme ça, il y en a des tonnes. Alors pourquoi allez vous voir elle, et rien qu’elle, plutôt que d’aller essayer de parler à toutes ces filles qui n’osent lâcher les moindres mots. Pourquoi elle ? Le hasard ? Foutaise. Ce monde est dirigé par la beauté, c’est un fait que l’on ne peut dorénavant plus contester.
Et encore une fois, je m’égare…
Ce que je voulais vous dire vous surprendra sûrement, étant donné que la plupart du temps, les gens pensent, lorsqu’on leur parle de moi et mon attitude que je suis le profil type du véritable con, qui fut une pizza tant j’avais d’acné au lycée, et qu’aujourd’hui, j’ai des lunettes à double vitrage, et que je suis le seul habitant d’Europe à encore mettre des nœuds papillons. Détrompez vous.
Irais-je jusqu’à dire que je suis beau ? Non, tout de même pas, n’abusons point. Mais je ne suis ni laid, ni physiquement parlant caricatural et stéréotypé. Il y a beaucoup de femmes qui paraissent mal dans ma peau, et qui pourtant, lorsqu’elles arrivent au lycée, à l’aide d’un bon relooking, deviennent de très jolies créatures qui attireront dorénavant l’œil du mâle en rut. J’étais exactement dans le cas de toutes ces demoiselles ( et dorénavant Madame ) à une différence près. Moi, je n’ai jamais eu le droit au relooking.
Alors oui, il est vrai que dans le fond, j’ai l’air d’un con fini. Mais pas d’un moche, ni d’une caricature. En effet, quand les gens me voient, leur première réaction n’est pas « quel thon », mais bel et bien « c’est dommage, si seulement il faisait un effort ». Si l’on rajoute à cela que je n’ai jamais fait l’amour, que je n’ai jamais touché une goutte d’alcool, et que de ma vie, jamais je n’ai osé toucher le moindre produit illicite (j’en profite pour compter les cigarettes dans les produits illicites, d’ailleurs.), on peut dire que je suis un sacré cas. Alors voilà, vous en savez déjà un peu plus sur moi.
Ni con, ni moche, mais terriblement ringard. Je serai une des rares personnes au monde à être capable de mettre des chaussettes alors que je porte des sandales, ou de prendre un parapluie de couleur rose quand il n’y a à peine qu’une ou deux gouttes au dehors.
Et maintenant ? Oui, peut être dois je terminer ma description, pour qu’enfin, je puisse m’atteler à l’histoire de ma vie. Et bien, la encore, si peu de choses à raconter. Je ne suis pas un être particulièrement passionnant. A la grande surprise de tout le monde, à la fin de ma terminale ES, j’avais décidé d’aller en fac de médecine. J’étais un des quatre quidam de toute la Fac a avoir osé ne pas faire S, et aller dans la fac au niveau le plus élevé de France. N’étant pas un élève brillant, j’avais logiquement redoublé ma première année, avant de terminer 227e de mon amphithéâtre, me plaçant donc en légitime position pour pouvoir commencer mes études de kinésithérapeute. La, logiquement, j’avais commencé des études dans le Plat Pays d’a Côté, la Belgique, pour revenir plus tard en France. Néanmoins, mon déclic pour l’amour du football se produisit bien de ce pays qui est sans aucun doute le pays de la bonne musique, des moules, des frites, et des gaufres, mais certainement pas du football.
J’étais allé voir un match d’Anderlecht au Stade, et, hallucinant de la performance des onze joueurs (pas de ceux du club mauve, bien entendu, mais de leurs adversaires ), j’avais compris qu’en mettant à ses joueurs une bonne préparation physique pour une année entière de football, on pouvait les amener vers un véritable exploit. A ce moment, je suis devenu une véritable bête de travail. Je suis d’abord revenu en France, en Lorraine, précisément, à Nancy, pour commencer mon apprentissage du métier de kiné. Après deux ans passés dans le club au chardon, je suis parti tenter ma chance en Angleterre, au Blackburn Rovers, cette fois-ci. Ce voyage me fit un bien fou, et ceci pour deux raisons différentes :
- La première, était logiquement qu’étant né anglais, et n’ayant jamais traversé la manche pour retrouver mes origines, j’éprouvais un bien fou à l’idée de pouvoir enfin comprendre d’ou me venait cet accent pourri, et ce besoin obligatoire de cacher mes sentiments, et de refouler tout émotion que je puisse avoir, fusse t’elle positive ou négative.
- Quand à la deuxième raison, celle-ci était encore plus logique. C’est bien dans ce club de l’autre côté de la Manche que j’avais évolué, passant dorénavant de kinésithérapeute au travail de préparateur physique, ce qui impliquait donc de m’occuper de l’entraînement, et toutes tâches incombant à ce poste.
Au bout de deux années, encore une fois, j’hésitai entre deux choix : rester et devenir officiellement entraîneur adjoint, ou disparaître à la Reggina en tant que préparateur physique, et découvrir une approche différente du football, et une passion hors du commun. Je m’étais donné un mois pour prendre ma décision, et au départ, force était de constater que mon envie première était bien de rester en Angleterre. Néanmoins, durant les trente jours que je m’étais accordé pour ma réflexion, le club perdit tous ses matchs, et devint reléguable. Je partis donc.
Là-bas, nous savons tous ce qui arriva, donc je pense qu’il est inutile de m’étendre la dessus.
Passons à un autre sujet, tiens.
Ma condamnation officielle, et mes trois ans de prison.