Actualité (09/03/2007)
Cissé contre-attaque
Djibril Cissé n’a pas fini de faire parler de lui, la polémique liée aux sifflets du Vélodrome est toujours là. Le joueur ne veut pas se défiler mais demande du respect, en attendant des jours meilleurs...
70e minute du match OM-Lens dimanche, une bronca terrible s’abat sur Djibril Cissé, qu’Emon a décidé de se faire sortir tant l’attaquant olympien n’apportait rien de bon sur le terrain. Une décision pas vraiment appréciée par Pape Diouf : "Disons que je m’y serais pris autrement. Je l’aurais peut-être sorti à la mi-temps, ou peut être l’aurais-je laissé finir le match" s’est-il exprimé. Tout ça pour éviter les sifflets à Cissé.
Cissé a besoin de temps... et de soutien
Si le principal concerné a déclaré ne pas être touché par ces sifflets, il aimerait sentir plus d’indulgence de la part du public marseillais : "Je reviens de six mois de blessure, je fais avec ce que j’ai en ce moment. Les gens attendent bien davantage, mais ce n’est pas comme ça que ça marche" signale-t-il. Même son de cloche chez Pape Diouf qui défend son joueur : "Peut-être a-t-il précipité son retour par amour du maillot de l’OM... Il faut donc lui laisser le temps nécessaire afin de redevenir le buteur que l’on connaît. Je pense que les sifflets à son encontre sont injustes, de même que les commentaires acerbes".
Lors de la réunion jeudi à la Commanderie entre les joueurs et les supporters, Cissé a pu s’expliquer. Et il a trouvé un soutien bien venu de la part des divers clubs de supporters. Ainsi, Djamel Guedider le président des MTP a déclaré à l’issue de la discussion : "Les sifflets dont il fait l’objet sont insupportables. J’ai parlé avec Djibril. Il m’a dit : cette réunion m’a fait du bien".
Il est vrai que Cissé est un joueur qui marche à l’affectif et a besoin d’avoir beaucoup de confiance autour de lui pour réussir. Pour autant, il dit ne pas tergiverser en ce moment : "Non, je n’ai jamais douté" martèle-t-il. Mais les sifflets du Vélodrome le contrarient quand même : "C’est chiant de voir que mes propres supporters me sifflent alors que je me lève le cul pour retrouver le niveau que j’avais. J’ai refusé Lyon pour venir ici, il ne faut pas l’oublier. Je mérite un minimum de respect. Se faire siffler comme ça, c’est moyen" concède-t-il.
De l´attente à l´exaspération
Cissé ne s’attendait sûrement pas à subir un tel traitement de faveur seulement deux mois après son retour à la compétition. Accueilli comme un messie mi-décembre, l’attaquant prêté par Liverpool avait justifié la longue attente consécutive à sa blessure en marquant contre St Etienne quelques jours après avoir donné le but de la victoire à Niang contre Monaco. Son association avec Ribéry début janvier promettait énormément après des matchs réussis à Cambrai (triplé de Cissé, deux passes décisives de Ribéry) ou à Rennes (but de Cissé sur une nouvelle passe de Ribéry).
Mais la machine s’est trop vite grippée. Cissé ne convainc plus, même quand il retrouve le chemin des filets contre le PSG. Ses ratés à Bordeaux font tourner la balance du mauvais côté. Cissé exaspère aussi par ses gestes d’humeur. Son occasion ratée contre Vannes fait alors déborder la goutte d’eau. "Me faire siffler parce que j’ai loupé une occasion à 4-0, c’est franchement très limite" réagit Cissé qui oublie peut être son geste après le penalty marqué à 3-0. Il jure ne viser que les journalistes qui l’avaient critiqué dans la semaine, tout comme il "sait que ce n’est qu’une partie des supporters qui siffle". Cissé rajoute : "Il s’agit peut être de leur manière de fonctionner. Je découvre aussi le Vélodrome. Ca ne fait qu’une dizaine de matches que je joue ici. C’est dommage" lâche-t-il.
Les promesses de Cissé
Mais l’ancien protégé de Guy Roux ne va pas chercher d’excuses, il est conscient de ses piètres prestations actuelles et accepte les critiques quant à son inefficacité devant le but, "c’est la réalité" concède-t-il. Il estime avoir toutes les cartes en main pour réussir : "Je n’ai pas à me plaindre, ni des passes de mes coéquipiers, ni de l’entraîneur, j’ai la confiance du président, de José (Anigo), tout va bien, je suis très content d’être là. J’ai du respect pour mes coéquipiers, pour mes fans aussi" déclare-t-il. La motivation de Cissé est intacte, il veut prouver qu’il peut retrouver tout son talent.
Il a ainsi fait un pacte avec Albert Emon : "Je vais rendre à Albert toute la confiance qu’il m’accorde, c’est une promesse" assure-t-il. Cissé s’est même donné un objectif comptable : "Avec José, nous nous sommes fixé un total de 15 buts. J’en suis à 7, c’est envisageable, ça ne me fait pas peur" annonce-t-il. Malgré les déboires actuels de Cissé, on sait qu’ici à l’OM et plus qu’ailleurs, le vent peut très vite tourner. Une bonne prestation dimanche à Lyon pourrait déjà amorcer le processus de réconciliation. On est encore loin du divorce. Mais alors, il faut que chacun de leur côté, les deux parties fassent des efforts...
(Propos recueillis par France Football ; L´Equipe ; La Provence)
Je suis assez d´accord 