Chapitre 26
Pour mon père
« Vadym : Allez Ghis, debout. Ce soir, on joue les écossais. »
Les écossais, j’en ai de mauvais souvenirs, et cette sordide histoire qui ressort à une époque où je commençais à pouvoir vivre malgré le drame ce couteau, cette guerre, mon père gisant sur le sol, mort…
Militaire, mon père m’a toujours dit : « Un homme qui n’a rien à se reprocher ne meurt jamais ». Il n’avait rien à se reprocher, sauf peut-être d’être français…
Lors d’une rigoureuse soirée d’hiver 1999, il nous annonçait qu’il partait en guerre. Son régiment parti au Kosovo, lui va partir au front pour mourir et verser son sang au service de la France. Ma mère en était bien sûr plus inquiète que moi, j’avais 5 ans et pas encore l’âge de comprendre. A sa tête j’ai compris qu’il pensait revenir mort. Pourtant, il était là-bas pour la paix, pas pour se battre, une mission qui devait être « sans danger » mais qu’il savait à risque, si j’avais su, j’aurais crié, seulement j’étais petit et je croyais que mon père partait en vacances…
Bientôt 2 semaines sans nouvelles, et les journées d’hiver se faisaient de plus en plus longue.
Le journal de Pernault faisait office de nouvelles, mais jamais on ne parlait de lui, qu’il soit mort ou pris en otage, on ne savait rien.
Jusqu’à ce jour qui s’annonçait comme tous les autres, 13h, Pernault présente la tragique nouvelle :
« 12 morts ce matin dans un attentat contre les pacifistes français. 3 sont originaires de Tarbes. »
Au fond de moi, je devinais ce qui s’était passé. Je tournai la tête vers ma mère, dont les yeux, rivés sur l’écran, ne demandaient qu’informations…
Et ces images, des images amateures de l’attentat, ces corps gisant sur le sol, baignant dans leur propre sang, et cet homme, une brute épaisse aux cheveux blonds, un épais sabre à la main, qui finissaient les corps à qui il restait encore une once d’âme.
Et puis mon père, ensanglanté, se relavant devant le monstre, le coup de sabre fusa. Mon père tomba, mort. Les images furent terribles, ma mère comprit de suite, alors que j’avais du mal à réaliser les faits. Je ne compris qu’après…
A la fin de la vidéo, l’homme criait :
« Scotland will vanquish!!! »
Avant qu’une bombe, explosant à ces pieds, le fasse sauter, et déclencha l’arrêt de la vidéo…
Depuis ce jour, et surtout depuis que j’ai su la traduction des paroles ci-dessus, je déteste les écossais.
« Je te vengerais, Papa, tu m’entends, je te vengerais !! ! »