et voici la suite tant demandée
Chapitre 4
Le déjeuner « so british »
Ah, l’Angleterre. L’Angleterre, pays de football qui abrite des clubs mythiques comme MU ou Chelsea. L’Angleterre, pays où le championnat est le plus relevé d’Europe, voire du monde. L’Angleterre, c’est Londres et son inimitable Big Ben qui résonne, c’est Buckingham Palace. L’Angleterre, c’est aussi le pays de la presse à scandale, des médias déchaînés et des journalistes qui vous sautent dessus à la première apparition. Ce pays, c’est LE lieu où j’aurais refusé catégoriquement d’aller il y a encore deux jours. Mais désormais, j’ai changé, je ne suis plus le petit homme malheureux qui traînait sa peine le long d’un périphérique mais l’homme qui a mûri, qui n’a plus peur de personne au risque de paraître arrogant, celui qu’un homme plus que haut placé dans le football anglais vient d’appeler pour l’inviter à déjeuner, sous-entendant évidemment une possible embauche au poste le plus important d’un club de football : Entraîneur.
Je reviens, un peu rêveur, chez moi après un long voyage en train.
Dés la descente de l’appareil, je ne puis penser qu’à une chose : mon fils.
Direction l’Hôpital pour lui annoncer la nouvelle…
J’entre dans la chambre, doucement et sans faire un bruit. Je le pense déjà endormi (ce qui serait normal car il est 22h) et rêvant à la gloire future de son père. Je m’approche, lentement, lui remet sa couverture en place et je le laisse, seul avec ses rêves pleins de joie et d’amour…
« A demain, fils. » Je laisse un mot explicatif et m’en vais préparer mon départ.
Le lendemain, 9 heures 30…
Me voici devant l’aéroport. Je bouquine « L’Equipe » lorsqu’une voix machinale annonce le décollage de l’avion dans 5 minutes.
Ca y est, je décolle enfin.
Un dernier coup d’œil vers l’Hôpital et l’aventure commence !! !
Nous arrivons à Birmingham vers 11h après un vol tranquille au dessus de la Manche.
A la descente, je ne peux que m’émerveiller devant un tel décor. Des immeubles à n’en plus finir, des bars qui foisonnent le long des rues, quelques ballons qui courent, un enfant derrière, ça et là dans les ruelles, un ciel bleu comme on n’en voit jamais dans cette région pluvieuse et grise, un vrai paradis quoi…
Je m’extasie devant un tel spectacle lorsqu’un ballon, propulsé par un petit gamin à peine plus haut que le flipper du bar d’en face, me ramena à la raison de mon voyage ici en me tapant au visage. Le petit garçon qui a tenté de me balafrer était brun, les cheveux bouclés, les yeux en amandes. J’observais toujours attentivement la tête de ce garçon. Il était différent des autres morpions que j’avais croisés ici en arrivant, il paraissait plus européen, plus occidental que les petits rouquins boutonneux qui traînaient dans les rues de Birmingham. J’observais même tellement sa tête que je ne vis que longtemps après son tee-shirt :
Aston Villa !! !
Surpris, je lui montrais son maillot, sans pour autant réussir à m’exprimer correctement dans la langue de Shakespeare. Alors que je tentais de me débrouiller seul avec l’anglais, le petit garçon me devança rapidement :
« Are you English ?
-No, I am french…
-Vous êtes français ?? ?”
Surpris de la réponse du petit brun, je restais sans réaction.
Le petit joueur de foot n’attendu pas ma réponse et couru à toute vitesse vers ses arrières en criant :
« Maman ! Maman ! Y a un français !! ! »
Je vis arriver une superbe jeune femme, brune aux mèches blondes, des yeux d’un brun magnifique, un petit nez…
Le petit Théo (j’ai appris son prénom en entendant sa mère) était surexcité à l’idée de rencontrer enfin un compatriote dans sa ville alors que sa mère me fixait des yeux.
Un long silence s’installa avant que la jeune femme ne le brise :
« Désolé pour mon fils, je lui ai dis de faire attention mais…
-Laissez, ce n’est rien. Il faut les laisser s’amuser à ces petits…
Nouveau silence… cette fois-ci, c’est moi qui interviens :
« Excusez-moi mais je dois déjeuner avec un ami, je dois vous laisser. A bientôt peut-être. »
Un petit salut discret et me voilà parti vers le restaurant du club d’Aston Villa pour y rencontrer le président et son staff.
Je n’ai pas de mal à trouver le lieu du rendez-vous, ni la tablée du président Lerner, tous en costard et moi en jean
Nous nous saluons respectueusement et le dîner débute.
Je décide de commander le même apéritif que mes futurs patrons puis c’est le président Randy Lerner en personne qui engage la discussion :
« Bon, je ne vous cache pas que nous souhaitons vous engager pour la saison prochaine (au moins ça a le mérite d’être clair) mais avant cela nous voulons vous parler du club et des objectifs pour la prochaine saison :
-Nous souhaitons assurer tranquillement notre maintien en Premier League cette saison
-Non !
J’ai répondu d’un ton ferme.
-Pour moi, les objectifs sont :
1-Finir dans les 4 premiers cette saison
2-Remporter la Ligue des Champions l’année suivante.
Ils me regardent tous, ébahis, les yeux grands ouverts comme le petit Théo de tout à l’heure.
Finalement, je continue mon discours :
-Je souhaiterais une seule petite chose :
Si vous pouviez faire en sorte que mon fils soit admis dans l’Hôpital Selly Oak près du Villa Park.
Le président acquiesça, mon avenir était désormais écrit en ciel et grenat, les couleurs des Villans d’Aston Villa !! !