Avant de débuter ce chapitre, je voudrais vous informer du nouveau fonctionnement des chapitres :
Il y aura deux types de chapitres :
- Les chapitres « secondaires », les matchs qui sont considérés comme secondaires seront simplement racontés, avec tout de même de nombreux détails mais sans conférences de presse.
- Les chapitres « normaux », qui se feront comme d’habitude, avec un seul match, considéré comme important, deux conférences de presse et un match détaillé.
Ce nouveau fonctionnement me permettra d’aller plus vite et donc de poster plus régulièrement mes chapitres.
Bonne lecture à tous !! !
Chapitre 19
Un nouvel atout derrière
Aujourd’hui, nous recevons les étonnants promus de Karpaty, 4e au classement après la 5e journée, et à seulement deux petits points de notre deuxième place. C’est donc un match important, même si nous en sommes encore au début de la saison, je pense mes joueurs capables de triompher face à cette équipe.
C’est le message que je tente de faire passer aux joueurs, on a les moyens de l’emporter ce soir, il suffit de jouer à notre niveau, mais attention, cette équipe n’en est pas à 10 points sur 15 possibles par hasard, nous devons nous méfier de leur solidarité, de leur hargne, principal atout des promus.
C’est dans un grand froid (-4°) que débute la partie…
Mes joueurs tentent de se porter vers l’avant, de développer leur jeu mais en faisant bien attention aux contres adverses, et ce sont d’ailleurs eux qui alertent en premier la foule, et mon gardien Kernozenko, impérial, au bout de 6 minutes. Il nous faut une bonne dizaine de minutes pour trouver des failles dans leur bonne défense, 11 minutes exactement mais Bidnenko, seul à la récéption du centre de Shelaev, ne trouve pas le cadre.
Et puis plus rien, on aurait cru assister à un match de rugby :
Nous poussons, nous tentons mais sans arrêt le pack repousse, puis dégage, et ça revient, on pousse, on fait tourner le ballon jusqu’au nouveau dégagement, et ceci sans cesse…
Jusqu’à la 38e minute, un défenseur devance Kostyshin de la tête, le ballon revient vers Yezerskiy, qui, au lieu de temporiser et de relancer proprement, balance un long ballon vers la défense verte. Je me prends la tête à deux mains, me voyant vraiment devant un match de rugby. Le défenseur est à la réception, tous mes milieux se préparent à récupérer la balle au rebond du dégagement, un seul homme a cru un instant à la boulette, c’est bien sûr Konstantyn Balabanov. Je le vois courir derrière le réceptionneur, je me tord de rire, indiquant la direction future du ballon à mon joueur, toujours aussi persuadé de son coup… putain qu’il est fort. Le pauvre libéro laisse filer le ballon, Balabanov récupère et, malgré l’angle fermé, inscrit le premier but du match.
Jusqu’à la mi-temps, et même au retour des vestiaires, les joueurs de Karpaty tentent de trouver la faille, sans jamais y parvenir. Alors qu’ils se trouvaient dans une bonne passe, les visiteurs voient une de leur plaque tournante en défense se faire expulser pour un coup de coude sur Kravchenko. A partir de là, c’est reparti pour le rugby. Les verts, à 10, ne peuvent attaquer, nous on pousse mais ils sont 10 à défendre, c’est un combat de tous les instants, on aurait dit une démonstration de cuisine basque : « On rentre dans le cochon, on lui sort les boyaux… putain il se débat le bougre !! ! »
Jusqu’à ce que Balabanov montre à nouveau le bout de son nez :
Shelaev envoie un long ballon dans l’axe que Balabanov semble perdre face à son défenseur, le buteur s’arrache, devance son cerbère grâce à un modèle de contrôle orienté puis fusille le portier vert, histoire d’inscrire son 10e but de la saison. 2-0, le match est plié
Et puis encore un trou, cette fois-ci jusqu’à la fin du match, 2-0, ça nous change un peu des raclées habituelles.
Je félicite mes joueurs pour avoir remporté la bataille de ce soir, bataille qui nous a d’ailleurs coûté Bidnenko pour 3 semaines pour une entorse du pied.
Dnipro – Karpaty
Score final : 2-0
Buts : Balabanov (38e, 70e)
Affluence: 12115 personnes
Homme du match : Balabanov (8)
Nous sommes donc toujours au contact du Dynamo Kiev à la trêve internationale de septembre, premier objectif assuré. Je profite de ces 2 semaines sans match pour faire un point sur mon équipe, forces et faiblesses. J’attends toujours mon défenseur latéral, et les performances en demi-teinte de Davidson me font dire qu’il y a urgence. Ces commis de recruteurs n’ayant pas trouvé un seul latéral valable, je m’en vais, comme lors de mes 2 piges précédentes, recruter seul. Je m’informe, lis les différents journaux sportifs histoire de trouver la rumeur qui court en ce moment dans le marché. Et je trouve donc, sur un site polonais, un jeune (24 ans) défenseur polonais du nom de Pawel Golanski, un défenseur gauche qui peut aussi évoluer dans l’axe. J’apprends donc qu’il est en passe de quitter son club de Korona, première division polonaise, pour l’AS Saint Etienne. Le site dénonce également la lenteur des dirigeants stéphanois à finaliser l’opération, ce qui a le don d’agacer le joueur. Une superbe occasion pour nous ! On mentionne aussi que ce défenseur est pressenti pour être titulaire demain face au Portugal.
Je réserve un billet pour Chorsow, ville hôte du match de demain, et je pars observer et sûrement aborder ce petit défenseur qui m’a l’air déjà prometteur…
Je ne m’étais pas trompé : La Pologne s’impose 1 à 0 face aux coéquipiers d’un Nuno Gomes écoeuré par l’efficacité de Golanski devant lui. Et lorsqu’il est déplacé à gauche de la défense en fin de match, c’est Cristiano Ronaldo qui s’use sans réussite pour passer le solide latéral. Il est même dans le coup du but de Saganovski, relançant admirablement sur Mila qui dépose ensuite le ballon sur la tête du buteur troyen.
Définitivement, ce joueur me plaît et c’est sans hésitation que je l’aborde après le match. Il me répond qu’il serait tenté de venir, mais m’annonce que l’Asse est déjà sur le coup. C’est là que rentre en jeu ma force de persuasion :
« Pawel, ils n’ont pas besoin de toi à Saint Etienne, sinon ils auraient finalisé le transfert de suite. Moi je compte sur toi, je suis même venu te voir en personne… »
Ces quelques mots ont convaincu le latéral polonais, 2 jours plus tard il fût présenté à la presse, tout comme son maillot, floqué de numéro 28. Un défenseur polonais très prometteur est désormais dans nos rangs, et ce pour 900 000 €.