Chapitre 17
Premier entraînement
Après tous ces échecs au niveau des recrues, je dois composer une équipe capable de jouer le titre avec les joueurs dont je dispose. Les entraînements seront décisifs pour l’élaboration du onze type de cette saison, c’est le message que je tâche de faire passer à mes joueurs.
Alors que je pensais organiser on équipe en fonction des arrivages, je dois désormais trouver une tactique valable. Je réfléchis, activement, je me prends la tête à deux mains lors d’un échec… lorsque je me souvins d’une phrase que m’avait adressée mon professeur lors de mon obtention du diplôme d’entraîneur :
« Il n’y a pas de tactique universelle, le seul moyen de trouver une belle tactique de jeu est de composer avec les joueurs dont vous disposez. »
Et, pour cela, il me fallait repérer les cadres, les meilleurs joueurs, les leaders naturels de l’équipe. L’entraînement sera donc basé sur un fond de jeu simple : beaucoup d’opposition, des situations de match et du travail aux coups de pied arrêtés.
L’équipe fût scindée en trois parties, réunissant défenseurs et récupérateurs, créateurs du millieu de terrain et ailiers, et enfin les attaquants. J’organise également une réunion avec mes adjoints pour cerner les différents compartiments de jeu à améliorer, points forts et faibles de l’équipe.
A première vue, le meilleur joueur de l’équipe est sûrement Sergiy Nazarenko, à la fois créateur comme relayeur, c’est l’un des seuls joueurs que je connaissais avant de venir ici.
J’ai remarqué également la solidité de notre défense, à commencer par le pilier, international ukrainien et dernièrement mondialiste, Andriy Rusol. Pour moi, c’est un homme fort de l’équipe, autant sur le terrain que dans le vestiaire, qualités qui m’ont poussé en lui donner le brassard de capitaine. A ses côtés, plusieurs bons joueurs, comme Yezerskiy et Matyukhin, tous les deux régulièrement appelés en équipe nationale ukrainienne. Ce sera donc un choix difficile en cas d’une défense à quatre, option qui a ma préférence.
Car sur le côté de cette défense, il y a l’excellent Oleg Shelaev, 30 ans mais éternellement jeune, énormément actif sur les côté (il peut évoluer à gauche comme à droite), expérimenté, il sera titulaire en défense.
Au millieu, je compte trois joueurs capables d’évoluer au poste de millieu axial, outre l’indéboulonnable Nazarenko, il y a Bidnenko et Lysyts’kyi. Le premier garde mes faveurs grâce à une qualité de relance exceptionnelle, un abattage terrible et surtout sa capacité à avaler les kilomètres. Je pense qu’il sera titulaire cette saison.
Sur les ailes, nous possédons également beaucoup de bons joueurs, à commencer par le « Juninho de l’est », Konstantyn Kravchenko. Je constate qu’il excelle dans le domaine des coups de pied arrêtés, corners ou coups francs, et sur les frappes lointaines. Capable d’évoluer à gauche comme à droite, il a cette polyvalence qui, à seulement 20 ans, en fera un titulaire indiscutable cette saison. Côté gauche, une autre pépite de 20 ans, venue de Croatie, Mladen Bartulovic, capable de marquer mais surtout de faire marquer, il démontre des qualités étonnantes pour son âge, sera certainement titulaire mais sera juste pour l’Europe l’an prochain.
Devant, et après avoir beaucoup observé les forces en présence, je suis heureux de voir une complicité entre les deux meilleurs avants du club, le « serial striker » Konstantyn Balabanov, déjà 5 buts en 4 matchs cette saison, et Ruslan Kostyshin, auteur d’un but et à l’origine des deux autres à Odessa. Ils semblent bien s’entendre sur le terrain, et ça ne peut être que bénéfique à l’équipe !! !
Bien sûr, il me faut un bon gardien de but, et Vyacheslav Kernozenko me semble un dernier rempart fiable, malgré ses 30 ans. 4 sélections en équipe nationale tout de même.
Vous avez certainement remarqué qu’il manquait un poste dans la liste des forces en présences : Le pendant à Oleg Shelaev de l’autre côté de la défense. Ce sera le sujet de discussion tout à l’heure.
En passant ce problème, j’en arrive à la conclusion suivante :
On va jouer en 4-4-2
Bon, c’est la fin d’un dur entraînement, place à la réunion dans mon bureau :
« Moi : Messieurs, aujourd’hui j’ai bien observé l’équipe, les joueurs, et j’ai élaboré une tactique qui sera celle type de la saison : Le fameux, l’original, l’efficace… 4-4-2. J’ai également dans la tête une équipe type :
Vous voyez donc qu’il me manque le pendant Oleg Shelaev, je le veux. Il me faut une recrue, un bon latéral gauche de préférence.
Vadym, quel domaine devrait être consolidé selon toi ?
Vadym : Pour moi, il n’y a rien. Nous possédons une base défensive solide, un bon gardien, de bons millieux, de jeunes et vifs ailiers, deux très bons attaquants et un excellent tireur de coups de pied arrêtés. Pour moi, on doit pouvoir remporter ce titre, ou du moins ne pas être loin du Dinamo Kiev. Maintenant, c’est à vous de jouer. »
C’est armé d’une solide confiance en moi et mes joueurs que je me dirige vers l’hôpital Serov…
Comme d’habitude, Jason est allongé sur son lit, mais cette fois-ci il a l’air moins bien, peut-être rongé par le manque de sommeil, par la pensée qu’il va mourir…
« Moi : Jason, qu’est-ce que tu as ? Tu es bien blanc.
Jason : J’ai peur papa.
Moi : Peur de quoi ?
Jason : Si tu échoues, je ne te reverrais jamais, je mourrais sans t’avoir dit au revoir, papa, si seulement tu était là jusqu’au bout…
Moi : Mais je n’échouerai pas !! ! Tu m’entend, jamais je ne te laisserais tomber, jamais, quitte à devenir l’homme le plus recherché du monde, je ferais tout pour rester auprès de toi, jusqu’au bout !! ! »