Chapitre 14
Un réveil loin de l’Allemagne
Au lendemain de la première journée, victorieuse pour nous, un petit décrassage est organisé au centre d’entraînement du club. Je me prête volontiers aux quelques tours de terrain, entouré de mon équipe, il est vrai plus pour les journalistes, venus nombreux à l’appel du président Altegoer, que pour entretenir ma condition physique.
Au cours de ce décrassage, et alors que je fixais les objectifs amassés derrière le grillage, j’aperçus deux hommes, tout deux habillés en noir, costume parfaitement taillé, arborant de grosses lunettes noires comme pour cacher leur visage. Ils étaient bruns, les cheveux courts, rendant impossible une reconnaissance dans une ruelle, leur tête étant bien trop banale. Ils me scrutaient, m’observaient, comme pour me donner rendez-vous du regard. La présence ici de deux hommes comme eux m’intriguait, avant de m’inquiéter fortement.
Que sont-ils venus faire ici ?
Me chercher (et là ce ne serait pas pour m’embrasser…) ?
Qui sont-ils ?
Des agents de la chancelière venus pour me tuer ? (Et oui, j’adore Prison Break)
Des simples journalistes ?
Non, ils n’ont rien sur eux, ni objectif ni bloc-notes.
Ces deux hommes m’inquiètent, mais je tente de rester serein devant les caméras.
Au bout d’une dizaine de minutes, les deux compères se décidèrent à partir, ils se dirigèrent d’abord vers le bureau du président. Bizarre, je ne les connais pas. Des hommes du président ? Peut-être…
Les voilà ressorti, toujours tous les deux, se dirigeant désormais vers la sortie.
Ils partirent, tous les deux casés dans une superbe SAAB noire…
A la fin du décrassage et après un salut rapide à mes joueurs et à la presse, je partis, bouleversé par la présence bizarre des deux hommes à costard.
Une fois arrivé en face de mon petit pied-à-terre loué vite fait à quelques minutes de la ville, je vis partir la même voiture qui se trouvait sur le parking du centre d’entrainement tout à l’heure, la même Mercedes noire…
Tout d’abord intrigué et penseur, je rentrai chez moi de plus stressé, inquiet des événements du jour.
Et quand le stress m’obsède, comme depuis que je suis tout petit, il me faut mon verre de jus d’orange. Je n’ai jamais su pourquoi le jus d’orange m’apaisait, mais bon…
Alors que je m’apprêtais à ouvrir le frigo, je me rendis qu’un verre de jus d’orange traînait sur la table. Bizarre, je ne me souviens pas avoir laissé un verre sur la table… enfin bon, pas de gaspillage.
« Ahhh !! ! » m’écriais-je, sentant le goût amer du jus d’orange. Je posai le verre et me résolvais à patienter un peu sur le canapé, histoire de me calmer et de calmer mes émotions.
5 minutes plus tard, je ne me sentais pas franchement bien. Ma tête tournait, le sol semblait se dérober. Plus je tentais de sortir de cet état comateux, et plus je manquais de force. Lorsque je pris conscience que le goût douteux du jus d’orange que je venais de prendre était peut-être une explication à mon état, je m’endormit, las sur mon canapé…
A mon réveil, je ne suis plus chez moi, mais dans un petit chalet. Je ne suis plus dans mon canapé, mais dans un lit. Je ne suis plus seul, mais entouré de trois personnes. Le soleil de l’heure de mon coucher n’est plus, il gèle au dehors, le paysage semble figé dans le froid. J’ai mal à la tête, je vois flou, trois têtes m’entourent et me scrutent, j’entends des « ça y est, il émerge », je distingue une voix familière dans le brouhaha, une voix de femme. C’est Nicole !! ! (Voir chapitre 4 et 5).
Doucement, ma vision s’éclaire, mon mal de ventre disparaît et je distingue alors nettement les deux autres personnes : Ce sont les deux hommes en costard de tout à l’heure.
Ma première question vînt de suite :
«Moi: Tin’, où je suis là ?
Les 3 : Tu es à Dnipropetrovsk, Ghislain
Moi : Dans le lit propre à qui ça ?
Les 3 : A Dniepropetrvsk, en Ukraine.
Moi : En Ukraine ?! Mais qu’est-ce que je fais là ?
Les 3 : Ben on t’a… légèrement amené dans nos valises…
Moi : Attendez, vous pouvez pas tout m’expliquer là, je suis un peu à l’ouest ?
Nicole : Alors voilà. Ces deux hommes m’ont contacté lorsqu’ils ont su que je vivais avec toi à Birmingham. Il voulait des renseignements sur toi, tout ça… Quand tu es parti, même si je ne t’ai pas contacté, je t’ai suivi et t’ai épié…
Moi : Ok Nicole mais ce deux gars, c’est qui ?
Nicole : Ils travaillent pour le puissant Yuriy Alexeev, homme politique du pays et président du club de Dniepropetrvsk.
Moi : Bon, ça je veux bien, mais pourquoi ils t’ont demandé ça ?
Nicole : Et bien parce que le club veut te recruter.
Moi : Quoi ?! ! Oh putain…
Nicole : Ils avaient peur que tu refuses…
Moi : Tu m’étonnes.
Nicole : Alors ils ont monté ce plan.
Moi : Quel plan ?
Nicole : Ben ils sont venus te voir, voir comment tu bossais etc.… ensuite ils sont allés convaincre le président de te laisser partir
Moi : Comment ?
Nicole : Ca, c’est secret.
Moi : Ok, continue…
Nicole : Ensuite, ils ses sont introduits chez toi, ne me demande pas comment non plus, ils ont versé un somnifère ultra-puissant dans ton jus d’orange, puis, une fois que tu étais endormi, ils t’ont pris et t’on emmené ici.
Là, je suis un peu sous le choc, imaginer un plan pareil pour recruter un entraîneur, je sais que je suis fort mais quand même !! !
Une dernière chose m’intrigue :
« Moi : Et mon fils ?
Nicole : Il a très bien compris, il a été admis à l’hôpital Serov tout à l’heure. Apparemment, il m’aime bien, le petit Jason…
Moi : Merci beaucoup de t’être occupé de lui.
Nicole : Tu sais, on fait tout pour que tu sois à ton aise ici.
Moi : Merci. Alors, quand est-ce que je commence avec Dniepr… machin là ?
Nicole : Tu as une semaine pour te reposer, ensuite tu débuteras. Vas voir le président, il te donnera toutes les infos que tu veux.
Moi : Merci beaucoup Nicole… »
Alors que les deux gaillards sortaient du chalet, j’attrapai Nicole par le bras :
« Tu sais Nicole… je voudrais bien qu’on refasse un ptit bout de chemin ensemble…
Nicole : Moi aussi, Ghis, allez, repose-toi bien… »
J’avoue, après réflexion, ce défi ukrainien m’intéresse, et puis, pour mon fils, j’irais au bout du monde (quoique l’Ukraine ça me suffit) pourvu que je la gagne, cette Ligue des Champions.