Voici la suite
, même si c´est pas trop suivi! J´attends le topic de promotion des storys promis par stikmou... J´espère que le nouveau modo y pensera aussi
Chapitre 11 : Arbeit Macht Frei
-Merci, merci ! » Cette fois, pas de regards de travers, mes joueurs commencent à me connaître. « Aujourd’hui, j’ai vu une équipe soudée, intelligente, efficace, lucide ! Vous n’avez pas tenter de choses hors de votre portée, mais vous n’avez pas non plus baissé les bras à l’avance ! C’est admirable ! Je tiens à vous féliciter, en particulier vous deux, Jason [Marr] et Garry [Tierney, un défenseur central]. Merci de n’avoir rien lâché ! C’est comme ça qu’on y arrivera ! ».
Ouf ! Il faut dire que ce match nul, il me fait vraiment du bien. Dominés de la 1ère à la 95e minute, les joueurs n’ont jamais été en mesure d’inquiéter l’adversaire du jour, St Johnstone – qui jouaient de plus dans leur mythique stade de plus de … 5000 places à Perth, petite ville au commencement du Firth of Tay. Et puis même, il fallait voir comment le mois avait commencé…
D’abord cette désespérante défaite 2-0 face à Gretna, puis ce match nul 1-1 face à Clyde (nos principaux rivaux pour éviter la 9e place synonyme de barrages), à Cumbernauld, tout près de Glasgow, donc à deux pas de chez nous, où nous n’avons même pas été fichus de gagner malgré notre écrasante supériorité technique. Et puis ensuite, le 19 octobre, alors que l’équipe commençait à se motiver avant ce choc face au second de la ligue, la grave blessure de Bryan Prunty, un avant-centre certes capable du meilleur comme du pire mais non moins essentiel et quasi-titulaire.
Mais bon, on a réussi. Comme en témoignent les deux journalistes qui m’attendent dans la salle de conférence de presse.
-Alors, ce match, heureux ?
-Euh oui, on peut dire ça comme ça… Je suis, il est vrai, très satisfait de mes joueurs aujourd’hui. Surtout de leur état d’esprit. Je les ai vus combatifs, forts mentalement, il n’ont pas craqué sur l’avalanche d’occasions pendant les arrêts de jeu, bref, ils ont été exemplaires, surtout ma défense. Néanmoins, un match nul reste un match nul, et pas une victoire…
-Oui, enfin sans vouloir vous offenser M. McAllister, St Johnstone est tout de même une bien meilleure équipe que la –
-Sur quoi a reposé votre bonne performance cet après-midi, M. McAllister, fait une autre journaliste – très bien faite ma foi – sans prendre la peine de laisser finir le premier.
-Eh bien, réponds-je après quelques secondes passées à essayer d’imaginer un décolleté à la place du sobre col roulé de la charmante journaliste, tout d’abord, et sans vouloir me vanter, je crois que l’un des principaux ingrédients de notre performance a été la tactique. En effet, j’ai sacrifié le 4-4-2 losange que j’affectionne particulièrement pour un 4-5-1 offensif. La différence est assez subtile, puisque c’est simplement Gary [Twigg] qui a glissé en position de milieu offensif. Ceci m’a permis tout d’abord d’apporter une grosse présence derrière Gianpiero [Quintiliani] mais aussi, et surtout, d’avoir une maîtrise plus importante du milieu de terrain, car Stephen [McKeown, l’autre milieu offensif] et Gary savent revenir un peu en retrait, en position de milieu axial. Enfin, ce changement, qui paraît pourtant assez petit, a sans doute surpris mon homologue.
-Euh, vous restez quand même un entraîneur de seconde division écossaise, reprend le premier. Mais bon, on en restera là. En espérant vous revoir bientôt, pourquoi pas après une victoire ! conclut le salaud avec un sourire de gros malin.
Je ne pense même pas à l’insulter, trop occupé à élaborer un plan opportuniste dans ma tête…
Une bonne heure plus tard, dans le bureau de Jim Ballantyne… Ce mec est vraiment une enflure. Les infrastructures du club sont à chier – les fils électriques qui pendouillent du plafond de la salle de conférence de presse en témoignent – et lui, il se la coule douce dans son très chic bureau, qui sent à plein nez la peinture fraîche. Et qui abrite du délicieux whisky comme je peux le constater en sirotant mon verre.
-Oui, vous vouliez me parler, M. McAllister. Ah, au fait, je voulais vous féliciter pour la performance de tout à l’heure. Je suis content de votre boulot, me fait-il comme si le directeur sportif lui avait appris ces phrases par cœur (c’est d’ailleurs sans aucun doute ce qui s’est passé).
J’ai l’impression d’avoir l’allégorie de la phrase « I don’t care » devant moi. Il ne me regarde même pas, allume sa pipe tranquillement, baisse le dossier de son fauteuil, croise les jambes, tout en continuant à faire l’éloge de mon travail, d’une voix monocorde.
-Alors, oui, qu’est-ce que vous vouliez me dire ?
S’il avait voulu dire « cassez-vous de mon bureau, j’ai pas que ça à foutre de causer avec vous » il aurait pris le même ton.
-En fait c’était euh… Oui, parce que… Euh… (essayant de capter l’attention de M. Ballantyne, qui n’en a vraiment rien à cirer – il cherche son stylo-plume dans son tiroir) Enfin, bon, je pense que mes joueurs ont accompli pas mal d’efforts ces dernières semaines, et cela malgré des résultats qui n’ont pas toujours reflété leurs performances. Prenez par exemple le match contre Dundee…
-Oui, oui bien sûr, le match contre Dundee…
-Eh bien je pense que nous devrions peut-être, pour qu’ils récupèrent un peu, un jour de congé…
-Ah mais bien sûr M. McAllister ! Dites leur de prendre le dimanche en entier, et puis lundi aussi, dit Jim en se réveillant brutalement. Et puis vous aussi, tiens, prenez un peu de repos.
-Oh, je vous en prie, je ne pense pas que –
-Si, si, j’insiste ! Ca vous fera du bien.
Et voilà… Comme quoi, le travail ça paye… Deux jours de liberté… Je savoure déjà l’idée de dormir tout le dimanche, quand soudain, en plongeant ma main dans ma poche, je rencontre un petit bout de carton… Uh-oh… Ces vacances vont être encore plus délicieuses que je ne le pensais…