Altaïr critique les religions dans son journal.
PAGE 15 (le 21 Mai 1472)
Cela fait plus d'un an et demi que j'étudie les anciennes croyances païennes, celles qui existaient avant que l'humanité ne soit obsédée par une créateur unique et divin. Elles semblaient s'intéresser plus aux forces fondamentales qui gouvernant le monde qui nous entoure qu'à des principes moraux arbitraires...
Le soleil se lève le matin et se couche le soir. La marée monte et descend. L'herbe pousse, se flétrit, meurt, avant de repousser. L'air se réchauffe et se refroidit. Une force inconnue nous retient au sol et nous empêche de le quitter.
Auparavant, chacun de ces phénomènes était représenté par une divinité. Chacune avait un visage, était identifiée comme une force distincte et d'une grande puissance. Ces forces individuelles n'étaient pas moins liées entre elles – elles formaient un panthéon d'esprits. Ainsi, une main invisible veillait au développement du monde.
Ensuite, l'humanité a tenté d'établir des catégories, d'étudier, d'expliquer et de comprendre ces mécanismes – certes de façon imparfaite. Cette époque est révolue. Aujourd'hui, on nous demande de nous satisfaire d'une explication beaucoup plus simple. Quelle naïveté de penser qu'il existe une réponse unique à chaque question, à chaque mystère. Qu'une lumière divine gouverne tout. On nous dit que cette lumière apporte la vérité et l'amour. Moi, je dis qu'elle nous aveugle et nous maintient dans l'ignorance. L'Amour, je l'ai trouvé, et pourtant, ce sont mes ténèbres qui me l'ont apporté.
Si seulement un jour, l'homme pouvait se détacher de ces monstres invisibles et adopter de nouveau une conception plus rationnelle du monde. Ces nouvelles religions sont si aisées à pratiquer, et ceux qui les rejettent sont promis à des tourments si terribles...La peur pourrait nous forcer à croire en ce qui est assurément le plus grand mensonge de tous les temps.