Je sais bien que tu as pour ambition de me tuer,
Mais il te faudra briser la chaîne avant de sur moi te ruer,
Allons donc tous ils savent que ne sera point tranquille ta conscience,
Fais-moi ainsi part de ces sombres et masquées confidences,
Toi qui de pitié ou de tendresse est tout à fait incapable,
Tu dois à coup sûr sentir cet horrible et profond frisson palpable,
Alors écoute moi râler et pousser cet inévitable ultime soupir,
Regarde moi m´abandonner à l´ombre à en périr,
J´ai composé de tristes récits pour saluer cette arrivée,
Mais ma pauvre âme ne veut plus résister et s´est mise à dériver.
Shadow se pencha pour ramasser l´objet. L´orbe était bleu, des ombres se déplaçaient sur la surface de la pierre. L´hérisson croyait que c´était là le résultat d´un jeu de lumières, mais il en était tout à fait autrement. Au moment même où ses doigts rencontraient cette oeuvre magique, il y eût une lueur aveuglante, accompagnée de quelques éclats rouges. Shadow poussa un cri et tomba sur le dos, l´orbe toujours tenue dans sa main, qui était désormais brûlée. Eragon se précipita vers son compagnon, tentant de lui enlever la pierre, en vain.
Machination, conspiration ! Cette horreur l´empêchait d´ouvrir le poing, et plus il la gardait, plus elle chauffait entre ses doigts. La douleur avait commencée, lentement, comme incertaine, puis, comme un cri gagnant en puissance, avait envahi l´intégrale de son cerveau, l´inondant.
Dotez vous donc d´une faiblarde bougie. De sa flamme approchez un misérable morceau de papier, et le feu le gagnera. Jetez ce papier, naguère si sordide, au milieu d´une forêt fort boisée : voici l´éclat devenu gigantesque incendie ! Ainsi est la douleur.
Smalörth laissa échapper un rire sonore, et déclara :
- Pour le soulager, il faudra lui couper la main !
Excédé, Eragon sorti son épée et la pointa vers le mage.
- Voyons qui de lui ou de vous aura une main en moins !
Tous deux vinrent l´un vers l´autre en courant, l´un armé d´une lame, son adversaire à main nue. Le Dragonnier avait à l´esprit que le mage userait d´une quelconque ruse pour lui jeter un mauvais sort. Sinon pourquoi serait-il sans lame ? Soudain, une forme bleue surgit, comme du néant, fonçant vers Smalörth, comme si elle avait voulu le pénétrer, forcer la muraille de son corps, arracher sa conscience et ses pensées.
C´est ce qu´elle fit. Eragon stoppa sa course.
Les deux êtres, l´âme d´argent et le sorcier, entrèrent en contact. Un tourbillon de poussière s´éleva et se dispersa au gré du vent. La forme bleu-argent n´était plus visible, tandis que l´homme à la longue robe criait sa souffrance. Il ne se sentait plus maître de son corps, il avait l´impression de le partager avec un autre. Et une voix, se glissant en lui, lui murmurait des menaces, son propriétaire rongeant à chaque seconde une nouvelle parcelle de l´âme de sa victime. Le possédé se porta une main à la gorge, l´air de vouloir s´étrangler.
Les spectateurs n´osaient approcher, ils savaient qui avait agi et ce qu´il était en train de faire. Mais c´était si horrible, il leur paraissait inconcevable que LUI pouvait faire cela ! Sous quelle funeste impulsion avait-il plié ? Voulait-il soulager sa propre souffrance en la donnant à un corps fait de chair et de sang, alors que lui n´était plus qu´esprit ? Qui était le véritable tireur de ficelles ?
Shadow, la main meurtrie, avait oublié l´orbe qu´il serrait toujours en son poing. Une seule chose l´importait à présent : ce qui se passait devant lui. Finalement Smalörth fut entouré d´une gerbe d´étincelles noires et violettes, puis disparu. Un esprit le possédant.
Comme un démon.
Black Doom et six démons se trouvaient assis sur des chaises, autour d´une table. La pièce était l´une des plus reculée du château, pourvue de murs sales et froids comme la mort, décorés de peintures de guerre.
Les chaises craquaient sinistrement, tandis que la table exhibait les multiples craquelures qui la parcouraient. La seule source de lumière venait d´une petite bougie, afin de ne pas gêner les noires créatures, sensibles à la moindre lueur. Leur domaine de prédilection n´est que ténèbres.
Black Doom enleva sa cape et la jeta avec négligence dans un coin de la pièce. Il avait réuni quelques serviteurs pour prendre une nouvelle décision stratégique pour mener à bien ses ambitions.
Il avait envoyé un mage rendre visite au groupe de Sonic, après l´avoir fait évadé de la prison varden. Il songeait que ce sorcier pourrait enseigner le côté noir des esprits à l´héritier de Cinos,et cacher le positif, afin que ses compagnons n´aient des esprits qu´une mauvaise vision, et finissent par chasser Sonic. En ce jour il devait préparer une solution au cas où ce plan échouerait.
Le fils de Galiad s´éclaircit la gorge, et déclara :
- Et bien, je vous écoute.
Son regard analysa chaque individu présent.
Oèrliar, l´un deux, se leva :
- Vous n´ignorez pas que vous avez plongé tout l´Eden dans l´obscurité totale, maître...
- Et ? Je le sais bien, ça me fait une belle jambe, répondit glacialement le chef.
- Vous pourriez... Attirer Sonic là-bas, c´est l´endroit où votre pouvoir est le plus grand...
- Hum... C´est une idée, mais n´oublions pas Cinos qui pourrait nous faire barrage.
- Il suffirait de le prendre au dépourvu et de le forcer à contacter son descendant.
- Et ensuite... Nous aurons les deux sur un plateau..
Alors, tous les sept, ils laissèrent échapper un rire féroce.
A suivre...
Suite prête, postée Mercredi.