J´ai le temps de faire une petite suite.
L´assemblée se figea devant la mare de sang qui avait coulé, caressant cruellement la longue lame argentée de l´épée..
Des petits morceaux de chairs étaient mêlés au liquide rouge, et le corps de Gaélia restait figé sur la pointe de l´épée.
La vie était une partition de musique, elle s´achevait brutalement, constituée de notes graves et aigües, dirigée par le destin, impitoyable chef d´orchestre..
La vie était un livre ouvert, dont les pages se tournaient au souffle du vent, qui ressemblait au temps..
La vie était le plus fragile bijou, fragile donc précieux, conservée jalousement dans un écrin de chair et de sang..
Jörmundur avança sa main tremblante vers le cadavre, se demandant s´il n´était pas en plein cauchemard..
L´épée s´était trouvée là avec cruelle ponctualité, comme si elle attendait Gaélia.
Le train du destin déposait de curieux passagers..
Arya rouvrit les yeux, ils n´étaient plus verts, mais d´un horrible rouge, ponctué de quelques points noirs.
Le mal l´avait assaillie en son esprit, qui jouait le rôle d´une proie attendue par un chasseur ne ratant jamais sa cible.
L´elfe hôta ses couvertures, se saisit du carquois de flèches posés au pied du lit, et sortit de la pièce, prisonnière d´un joueur d´échec ténébreux déplaçant son pion sur un plateau..