Bon, suite.
Nasuada se leva de sa chaise, les nouvelles qu´elle venait de recevoir l´avaient quelque peu étonnée.
Après la mort des cinq espions vardens, la reine avait appris qu´un prisonnier s´était échappé des prisons de Tronjheim.
L´évadé était des plus redoutables, selon les propos qui faisaient état de ses compétences magiques et guerrières.
Le prisonnier avait sûrement fait usage de ses capacités pour sortir de sa cellule, et de la cité naine accessoirement.
Les gardiens vardens étaient pourtant fort attentifs et bien dotés, cela ne leur avait cependant guère permi d´empêcher le captif de prendre la poudre d´escampette..
En outre, personne n´avait rien vu, le prisonnier était si discret, que rien ne laissait entrevoir ne serais ce qu´un pan de ses habits..
Pour un peu, Nasuada aurait cru être victime d´hallucination quant à la capture du fugitif, la cellule de ce dernier paraissant n´avoir rien accueilli d´autre que le vide.
Le réchappé serait actuellement en pleine nature, mais où précisément, personne n´aurait pu le dire tant le mystère de cette fuite restait opaque.
La reine Nasuada avait ceci dit d´autres choses à régler, Eragon mettait pas mal de temps à parvenir aux vardens, et l´individu assoiffé de sang, dont le nom était toujours inconnu des habitants de Tronjheim, devait sûrement échaffauder un macabre plan..
Des espions, comme William ou Eodh, avaient été envoyés, aucun ne revint, et contrairement à la première fois, aucun équipement ne fut déposé aux portes de Farthen Dur.
Eragon se faisait donc attendre, Nasuada craignait qu´il n´ai fait quelque mauvaise rencontre, surtout qu´un incendie avait été signalé près de l´ancien refuge du fou sévissant dans le pays.
Massacres et meurtres semblaient rythmer le quotidien de l´ennemi actuel, ce qu´il fallait craindre, c´était que le prisonnier varden se soit joint à ce diable de folie sanguine.
Des pas résonnèrent dans les escaliers menant au bureau de la reine, bousculant les gardes postés devant l´entrée de la pièce, une femme ouvrit avec précipitation la porte du bureau.
C´était une dame mince, au corps svelte et sculpté avec soin. Elle portait un fin habit rouge qui lui descendait jusqu´aux genoux, son regard était marron de noisette, ce qui allait à merveille avec son visage un peu mat.
Ce visage portait justement une expression affolée, accablée, comme celui d´une mère oiseau devant son nid dévasté et ses petits morts.
A la vu de cette expression intriguante au possible, Nasuada sut que quelque chose n´allait pas.
- Que se passe t´il Gaélia ? Demande la reine.
La jeune femme hésita, ravala sa salive, son expression plus prononcée encore.
- C´est Tagor, il a disparut !
- Quoi ?!
Le fils de Gaélia, Tagor, était âgé de sept ans et allait bientôt fêter ses huit ans.
Dans l´agitation de la cité naine, le garçon avait échappé à l´attention de sa mère, qui était veuve depuis peu, et n´avait plus donné signe de vie.
- Je ne le trouve pas, Dame Nasuada, avec tout ce qui se passe, il peut lui être arrivé le pire !
La pauvre mère enfouit son visage dans ses mains et se mit à pleurer.
Ses yeux pleuraient, son coeur et son âme également.
Pour une mère, la perte d´un enfant était la pire chose qui soit, mais le destin volait les petits à leur géniteurs, au détriment des êtres concernés..
- Il y a combien de temps a t´il disparu ?
- Hier, je croyais qu´il s´était perdu dans la ville, comme il y a un an, mais personne ne l´a vu..
La dame eut bien des difficultées à s´exprimer tant ses sanglots étaient intenses.
Jörmundur pénétra à son tour dans la pièce, il avait visiblement lui aussi une mauvaise nouvelle à annoncer.
- Dame Nasuada, le corps d´un petit garçon vient d´être retrouvé, non loin des portes de Farthen Dur..
Alors, Gaélia, mère de Tagor, su qu´elle n´était plus mère..
Cinos considéra un instant Shehan, se demandant qui pouvait le demander.
- Qui dois je recevoir ?
- Je ne sais pas, mon roi, le visiteur affirme juste être une de vos lointaines connaissances.
L´hérisson bleu permit alors à Shehan de faire entrer le visiteur.
Lorsque l´inconnu entra dans la pièce, il était vêtu d´un manteau brun, usé par le temps, et orné d´un petit symbole, représentant une épée bleue, près du col.
- Firo !
Cinos semblait croire qu´il hallucinait, mais devant lui se tenait un Sage, Firo l´échidné.
Sonic restait tout de même assez méfiant vis à vis de Smalörth.
L´ancien mage varden avait nombre de connaissances, ce qui faisait que l´esprit craignait que l´homme n´use de quelque sort.
L´orbe que possédait Smalörth n´avait il pas provoqué une horrible "douleur" chez Sonic ?
Pour que cet objet puisse faire souffrir un esprit, il devait bien avoir au moins une once de pouvoir maléfique en lui.
Eragon, lui, s´inquiétait, Shadow et Sonic étaient sortis de l´auberge il y a une bonne demi-heure déjà.
Le dragonnier se leva, et fit part de ses intentions à ses compagnons.
- Je t´accompagne, fit Silver.
Le garçon sortit de l´auberge, l´hérisson blanc sur ses talons.
Gaélia poussa un cri de lamentation déchirant, qui brisa le coeur à Nasuada et Jörmundur.
Comme toute mère, elle espérait et espérait, mes ses espoirs furent vains, et la mort lui ria au nez.
- Mon petit, mon tout petit..
Nasuada compattit devant cette tristesse, elle aussi l´avait connu, lors de la perte d´Ajihad, son père et chef des vardens..
Les larmes de la pauvre Gaélia tombèrent et s´évanouirent sur le sol, progénitures d´un accablement maternelle.
Tagor était mort, arraché à la vie, si jeune, et déjà son âme était partie..
- Jörmundur, raccompagnez Gaélia à son domicile, je vous prie, demanda la reine.
Le conseiller aggripa la triste jeune femme par le bras et l´entraina doucement vers la sortie, les sanglots de la pauvre dame résonnant avec lourdeur.
Les autres vardens lui présentèrent leurs condoléances, ce qui ne fit que décupler les pleurs de Gaélia.
Une épée se trouva là, apportée par le triste hasard du destin.
L´arme était fichée dans la terre, manche enfouit et lame à l´air.
Son propriétaire avait du l´oublier après un entrainement, ne sachant pas ce qui allait se passer..
Dans son désespoir, Gaélia échappa à Jörmundur, et ironie du sort, trébucha sur un caillou, qui se trouvait tout près de l´épée.
La jeune femme termina sa chute sur la pointe de l´arme, elle mourut empalée.
Le sang abreuva la terre et peigna la lame de l´épée.
La mort s´était à nouveau manifesté, sous la forme d´un objet de guerre, laissé là par étourderie.
Quelle ironie, mais martyre de la vie, martyre du monde, martyre du destin..
A suivre...
J´espère que ça vous a plu !