Major Pliskin,
- Colonel Hawkins ?
- Oui ? Vous devez sûrement être le major Pliskin.
- En effet. Enchanté, lui dis-je en lui tendant ma main.
- De même, fit-il en la serrant.
Je n´aimais pas l´expression de son visage ; une expression joviale mais hypocrite, d´un homme qui vous sourit en temps normal et vous poignarde dans le dos quand vous ne vous y attendez pas.
- Alors ? Comment s´est passé votre congé ? me demanda-t-il.
- Pas terrible. J´ai essayé tant bien que mal d´oublier cet épisode.
- Vous parlez de votre mission ?
- Exacte.
- Et ?
- Je n´ai bien évidemment pas réussi... Le général m´a envoyé comme cadeau d´anniversaire le petit Drop qui nous avait aidé.
- Quelle charmante intention ! fit-il avec son sourire hypocrite.
- En effet, je l´en remercie d´ailleurs, dis-je de façon ironique.
- Vous a-t-il embêté tant que ça ?
- Non, il ne m´a pas embêté du tout... c´est juste que j´ai du annuler ma lune de miel, qui m´a coûté une fortune soit dit en passant, sous prétexte que mon congé a été détourné pour servir les intérêts de l´état. Mais il ne m´a pas embêté du tout...
- Ainsi donc, l´état vous l´a confié pour l´étudier ?
- Pas lui, mais sa civilisation. Je suis anthropologue, je vous rappelle, pas un psy.
- J´ai entendu dire que vous deviez présenter une thèse, non ?
- C´est ça, oui.
Je m´arrêtai un court instant, puis reprit :
- Décidément, vous ne voyez pas l´ironie de la chose... ce n´est qu´une fois détruite qu´on daigne s´intéresser à une civilisation disparue, et pas avant. Je trouve ça pathétique, mais je suis bien obligé de participer à cette mascarade, je n´ai pas le choix.
- Mais pourquoi vous ?
- Je ne suis pas le seul. De nombreux scientifiques participent à ce projet. Je fais partie de la section anthropologie.
- Vous êtes en train de me dire qu´on étudie le gamin sous tous les angles ?
- De son système immunitaire à ses capacités intellectuelles en passant par sa faculté de transformation moléculaire. Oui, c´est ça.
- Mais pourquoi ?
- Allez leur demander...
- Ils n´espèrent tout de même pas copier leur faculté de...
- Oh, je ne sais pas s´ils comptent vraiment là dessus, mais s´ils y arrivent ils n´hésiteront sûrement pas.
Il posa sa tasse de café finie. Moi, je venais à peine de commencer. Les petits déjeuners ne sont pas ce qu´il y a de mieux au SG-C. J´en venais même à regretter les repas copieux qu´on me servait à l´hôtel...
- Il faut que j´y aille, me dit-il en se levant. On se voit plus tard.
Les couloirs du SG-C étaient ce que j´ai vu de plus sobre. Aucune décoration, aucune fausse note qui venait égayer ces couloirs métalliques sombres et ternes.
Je devais me rendre chez le général, je ne l´avais pas encore vu depuis mon retour.
- Bonjour, major.
- Bonjour Walter.
- Le général est occupé pour le moment.
- Qu´est ce qui l´occupe, à part boire sa tasse de café ?
Il s´approcha pour me chuchoter quelque chose à l´oreille. Je compris que c´était sérieux.
- Le NID, major, dit-il doucement.
- Le NI quoi ?
À ce moment précis, la porte s´ouvrit et un homme en sortit, un homme que je n´avais jamais vu auparavant. La voix du général se fit entendre :
- Walter, demandez à ce qu´on conduise Drugson dans...
Mais il s´arrêta dès qu´il me vit.
- Major, que faîtes vous ici ? Déjà revenu ?
- Je préfère travailler dans les locaux du SG-C plutôt que chez moi...
- Ahh... euh, excusez moi. Bonjour !
- Bonjour Général.
J´avais le visage tourné vers cet homme, et Colson le remarqua :
- Euh... je vous présente le lieutenant Kyle Drugson.
- Enchanté, lui dis-je en lui proposant de serrer ma main.
- Et vous êtes ? répliqua-t-il.
- Major Pliskin.
- Pliskin ? Drôle de nom ... Vous êtes d´origine extraterrestre ? Haha.
Il pouffa de rire, mais la blague ne fit personne à part lui.
Il ne prit même pas le temps de serrer ma main. Je la rangeai en faisant attention à ce que les autres ne me voient pas.
- Euh... enfin bref (^^). Enchanté Pliskin.
- Vous êtes nouveau ici ? lui demandai-je. Il en arrive des masses ces derniers temps. Je peux vous le confirmer, j´en suis moi même un.
- Euh... commença-t-il mais le général l´interrompit :
- Le lieutenant Drugson n´a pas été engagé, major.
- Ah ? Et quel est l´objet de sa visite ?
- Inspecteur à l´USAF, répondit-il immédiatement.
- L´USAF ? On est tous de l´armée de l´air ici à ce que je sache... Je voulais dire : qu´est ce qui vous amène ici ?
- Je vous l´ai dit : je dois inspecter la base.
Le lieutenant Drugson s´en alla et je rejoignis le général.
- Alors ? dit-il.
- Alors quoi ? lui fis-je.
- Comment se porte notre Zek ?
- Il se porte à merveille !
- N´essayez pas de dériver, major. Je voulais dire: qu´en est-il de votre mission ?
- Je dois reprendre mon travail demain. D´autres anthropologues, plus expérimentés que moi je dois le dire, me rejoindront ici au SG-C. Je crois que ça ne posera pas problème, je me trompe ?
- Non, faîtes comme chez vous. Vous avez carte blanche, ce sont les ordres du gouvernement.
Il alla s´asseoir et reprit :
- Ces scientifiques font partie du projet ?
- Oui, bien entendu. Je leur ai dit que les conditions de travail au SG-C étaient nettement mieux et ils ont accepté de me suivre.
- Tant mieux.
- En quoi est-ce mieux ?
- Écoutez, j´ai besoin de vous...