Ah ! Voilà voilà, c'est bon, j'ai réussi
. J'ai décidé de faire cette fic en deux ou trois parti car elle est assez longue
/ lach t coms é t trp s1pa !
Voilà 6 ans que nous parcourons cette infinie espace. 6 ans que je suis partie de chez moi, quittant ma tendre Ohi. 6 ans que les mêmes lumières défilent, ces lumières dansantes et trompeuses des Etoiles. Et 6 ans que nous errons sans relâche pour le trouver. Le bout du monde.
Ohi n’avait pas voulu venir avec moi. Elle était enceinte, elle voulait que notre enfant puisse être stable et qu’il ait une vie de garçon normal. Moi je voulais réaliser mon rêve.
C’est dans un bar, à Troydon que cette idée folle germa. A l’époque j’étais jeune et fringuant, je devais avoir une quinzaine d’année. Je venais à peine de passer l’Exsule. Nous faisions justement la fête ce jour là, pour fêter mon passage au nouveau cycle. Mes autres amis n’avaient pas réussi l’Exsule. Je les plaignais un peu, mais cette soirée était MA soirée. Je voulais que l’on célèbre MA victoire, que l’on félicite le nombre d’année où MOI j’avais dû travailler comme un malade. Que l’on reconnaisse que, MOI, j’étais apte à devenir pilote. Rares étaient ceux qui réussissaient l’examen de toute façon, sur Polimée. Encore plus rare étaient ceux qui n’abandonnaient pas avant la fin, par la suite. Mais pour l’instant je ne pensais pas à ça. J’étais fier. Si fier d’être parmi les élus qui allaient pouvoir servir ma nation. J’avalai cul-sec une bière et la reposai bruyamment sur la table avec un rot encore plus bruyant.
- Oulà, ça promet le mal de crane, demain matin, railla Gerde à coté de moi.
- Je te retourne la remarque mon cher ami, fis-je en riant.
- Hé hé !
Sur ce il commanda un autre alcool. Je me tournai vers les autres. Ils riaient, dansaient, un verre à la main. Tous semblaient aller pour le mieux. Je balayai le la pièce du regard. Cà et là des gens discutaient ou se soulaient. D’autres tentaient d’oublier leurs chagrins avec une aventure d’un soir. Je m’apprêtai à commander une autre boisson quand soudain un homme capta mon attention. Il était assis au coin de la pièce. Seul, dans l’ombre. Tous les gens du bar semblaient l’ignorer. L’homme semblait fixer un point. A vrai dire il semblait me fixer moi. Je tournai la tête embarrassé, tentant d’oublier le poids de son regard. Quelques minutes passèrent. Rien à faire, la sensation de gène s’agrippait à moi. Je fixai à nouveau l’homme, un peu en colère par ce comportement si sans-gêne. Il me regardait avec temps de désinvolture que je fini par me diriger vers lui.
- Arrêtez, s’il vous plaît, c’est gênant ! Lâchai-je.
- Comment… ?
Sa voix était grave, elle raisonnait dans ma tête comme un tambour. Mais elle inspirait un très grand respect. Je déglutis.
- Stoppez de me regarder, je vous pris.
- Qu’est ce qui vous fait dire que je vous regardais ?
- Ma vu ! Crachai-je, presque impoli.
L’homme éclata de rire. Un rire sonore et irréel.
- Comment peux-tu voir le visage de quelqu’un qui est dans l’ombre ? Rit-il.
- Je… je l’ai senti, répondis-je, un peu interloqué.
- Ah ! Tu l’as senti, hein ? Est-ce que tu peux te permettre d’agresser quelqu’un juste parce que tu « sens » qu’il te regarde ?
Son ton inspirait l’autorité. Je me pris d’ailleurs en trains de rougir.
- Euh… Je… Excusez-moi.
Je fis un mouvement pour m’en aller.
- Attends. Reste ici. Ca fait longtemps que je n’ai pas parlé à quelqu’un.
Si l’air n’empestait pas son aura, j’aurais soufflé de lassitude.
- Ah… D’accord.
Je m’assis en face de lui. Puis, j’attendis, droit comme un piquet. Au bout d’un instant l’homme dit :
- Tu m’as l’air bien imbu de ta personne, jeune homme. Tu as passé ton Exsule, d’après ce que j’ai entendu ?
Je fronçai les sourcils. Assez étrange qu’il ait pu entendre quelque chose à un endroit aussi reculé de la pièce.
- Euh… et bien oui, tout à fait… bafouillai-je, de plus en plus gêné.
- Tu veux devenir pilote, donc ?
- Et bien oui…
- Tssk… Laisse-moi rire ! Ca ne veut plus rien dire, pilote !
- Qu’est ce que vous racontez ? Il en faut des nouveaux à l’Etat de Polimée pour mener des conquêtes.
- Ah, c’est donc ça ! Tu veux devenir pilote pour faire des conquêtes, pour faire la guerre, pour gaspiller des vies humaines ?!
- On peut voir ça comme ça, bien sûr, mais je…
- Mais qu’est devenu la magie de l’exploration, le frisson de l’inconnue. Qu’est devenu tous ça ? Le coupa l’homme.
- Vous avez été pilote ? Demandai-je à l’homme toujours masqué par l’ombre du mur, intrigué par ses paroles.
- Oui, mais bon, tout ça, c’est du passé… Je ne peux pas me lamenter en permanence sur mon sort, pas vrai ?
- Bien sûr, il faut vivre sa vie !
Les épaules de l’homme tressautèrent laissant deviner un petit rire.
- Pff… Et toi ? Est-ce donc comme ça que tu veux vivre ta vie ? En faisant des « conquêtes » ?
Il cracha ce mot avec dédain.
- Boh, vous savez, moi, l’aventure, tous ça…
- Ah oui… Effectivement. Vous devez surement préférer vivre dans une cage, avec un gradé pour commander vos moindres faits et gestes.
- Pff… Vous voyez tous du mauvais côté…
- Vous savez de quoi je rêve ? C’est de découvrir de nouveaux mondes. D’aller jusqu’aux frontières les plus inexplorée de l’espace, des planètes les plus froides aux soleils les plus ardents…
Il semblait pris dans sa description. Ses mains bougeaient au fur et à mesure qu’il parlait. Et, dans l’obscurité, ses yeux brillaient d’un bonheur intense.
- Je voudrais même voir à quoi ressemble le néant, voir si d’autres formes de vies que les humains existent, ou encore voir ce que donne les aurores boréales sur d’autres pôles Nord que celui de la Vieille. Ou la Terre comme on l’appelait autrefois.
- Vous m’avez tous l’air d’être un vétéran.
Mais tout en me cachant derrière ces paroles polies, une flamme s’allumait en moi. Cet homme, ce vieux pilote avait éveillé ma curiosité.
Le hasard fait bien les choses. Quelques mois plus tard, j’écoutais tout à fait normalement la radio lors de mon petit déjeuner. Un scientifique renommé parlait de l’inconnu, de tous ce que ne savait pas l’homme. Après quelques choses spirituelles dont je me fichais bien, il en vint à parler de l’espace. De l’infini. Les paroles du vieux me revinrent alors à la mémoire, bien que je ne les aie pas complètement oubliées. Je croyais entendre ses mots quand j’écoutais l’homme de la radio. Il parlait avec une telle passion, une telle ardeur. Et plus il avançait, plus je m’imaginais dans son récit, bravant les dangers et fendant l’espace à la recherche de nouveaux mondes.
Je rencontrais Ohi durant cette période. Nous étions tous les deux en classe de préparation au pilotage. Elle n’était pas comme les autres filles. Non… elle dégageait une aura différente que toutes les autres. Une aura de mystère l’entourait. Elle m’intriguait. Au début, je m’approchai très peu d’elle. Je faisais mon timide, je ne voulais pas qu’elle sache que j’avais le béguin pour elle. Mais toutes nos conversations étaient magiques. Même celles de quelques secondes seulement. Elle m’envoutait littéralement. Au fil du temps, je commençai à plus me lier avec elle. C’était fini nos conversations de politesse sur le temps qu’il faisait. Désormais nous rions ensembles de bon cœur. Elle était Uhèmienne, de la planète d’à coté mais il avait fallu qu’elle aille là pour son enseignement, faute de la nourrir là bas. En effet, sa famille était très, très pauvre. Mais elle, elle avait réussi à se hisser dans les rangs des meilleures de sa classe, et à devenir apprentie pilote. Je ne lui parlais pas encore de mon désir ardent de partir dans l’espace. J’avais honte, à vrai dire. Honte de ce qu’elle dirait en découvrant que je ne faisais pas honneur à ma nation et que je voulais la trahir en partant pour mon intérêt personnel. Ce ne fut que quelques années après que je lui dis. Nous nous étions mariés. Nous nous entendions absolument à merveille. L’annonce de mon projet ne changea rien. Elle resta tout à fait calme en m’écoutant. Elle hocha la tête. Elle me comprenait. Pire, elle désirait pouvoir rêver comme moi. Je ris en l’entendant. J’étais certains que ce que je voulais faire semblait fou, mais elle, elle me soutenait. Vraiment, je l’aimais. Je ne pouvais pas faire autrement.
Ma carrière se passait plutôt bien. J’avais 22 ans. Je n’avais pour le moment reçu aucun travail majeur, seulement quelques éliminations de créatures dans quelques secteurs dangereux. Mais je gagnais bien ma vie. Ohi et moi nous en sortions très bien.
1 an après elle fut enceinte. J’acceptai la nouvelle sans broncher. Je savais qu’elle désirait par-dessus tout avoir un bébé. Moi je ne voulais absolument pas. Mais j’allais accepter son rêve à elle comme elle avait accepté le mien. Plus que du respect c’était encore une fois de l’amour qui faisait me conduire ainsi.
Vint l’ordre d’un de mes supérieurs. Il voulait que je me rende, loin, très loin, près de la Vieille, pour lutter contre une armée de Résistant. Je pouvais très bien y rester des années ou y rester tout court. Ohi et moi nous le savions. Je décidai alors de partir à la conquête d’astres inconnus. Quitte à quitter Ohi, autant partir avec des ambitions personnelles. Je réunis un équipage et achetai le plus grand vaisseau que me le permettait mon argent. Il fallait faire vite, car la date de mon départ vers la Vieille avançait à grand pas. Tous les membres que j’engageai avaient les mêmes motivations que les miennes. Ils voulaient découvrir le monde. Il y avait tout d’abord Likmin, l’assistant au pilotage. Petit, frêle, il était extrêmement doué dans son domaine. Peut être plus que moi. Venait ensuite Fred. On peut dire que c’était tous le contraire de Likmin. Le plus costaud de l’équipage. C’était le mécanicien.
Et puis y avait le dernier membre, Oré, le cuisinier. Il avait sans cesse ce regard rêveur. Sans grande particularité physique, il avait un caractère boudeur. A vrai dire il était plutôt renfermé sur lui-même. Mais je ne les connaissais pas encore aussi bien que je les connais aujourd’hui. C’est donc avec eux que je préparai l’expédition de ma vie. J’avais supplié je ne savais combien de fois à Ohi de venir avec nous. Elle pouvait très bien s’occuper de notre fils dans le vaisseau. Elle avait pleuré. Mais elle disait toujours non. Elle ne voulait pas s’embarquer dans cette aventure. Elle disait que c’était la mienne et pas la sienne. Sa tristesse me chamboula au plus profond de mon âme. Mais je partais quand même. Il le fallait. L’espace m’attirait irrésistiblement. La veille de mon supposé départ à la Vieille mon vaisseau décolla, chargé de provision pour la moitié d’une vie. Je n’adressai pas de regard à Ohi. C’était trop douloureux. C’est sous les larmes de ma bien aimée que le vaisseau s’envola silencieusement et disparut dans les profondeur du ciel infini.
A suivre…