Chapitre 22 : Amour et dresseurs
La nuit fut froide malgré que les cinq fuyard se fussent collés les uns contre les autres.
Au petit matin, Link quitta l'abri de fortune après s'être doucement arraché à l'étreinte chaleureuse de ses amis. Sa fièvre était désormais entièrement tombée et il se sentait en pleine forme. Il s'étira puis s'en alla chercher du bois pour ranimer le feu, éteint sous les assauts répétés du vent frais. Ses pensées se tournèrent un instant vers l'Epée Sacrée, Excalibur, sûrement détruite par des monstres assoiffés de sang. Et surtout, il espérait que son secret n'avait pas été avalé par quelque créature. Il lui fallait de toute façon de quoi se défendre, il récupéra donc un long bâton de frêne, bien droit. Toujours mieux que rien.
De retour au camp, l'Hylien fut resurgir quelques flammes dans les cendres du feu de la veille. Il s'assit sur une buche qui trainait là et tritura les morceaux de bois qui brulaient. Un bruit attira son attention. C'était Sandra qui s'était réveillée. La jeune femme vint prendre place aux côté de Link et passa sa main sur le front du guerrier.
- Ça va. Tu a l'air guéri...
- Oui, je me sens très bien même si la disparition de mon épée m'ennuie quelque peu...
Sandra prit une grande inspiration.
- A propos de tes affaires... Je dois t'avouer quelque chose... Quand tu étais souffrant, j'ai pris une petite boite dans ton sac. Je te jure que je ne l'ai pas ouverte... Mais je voudrais te la rendre.
Elle sortit un écrin noir de sa poche et le tendit à Link. Celui-ci le saisit entre deux doigts, puis le remit dans la main de Sandra et referma les doigts graciles de la jeune fille dessus.
- C'était un cadeau pour une femme à qui je tenais énormément. Mais je pense que tu le mérites bien plus qu'elle.
À ces mots, il approcha ses lèvres de celles de Sandra et l'embrassa longuement en la prenant dans ses bras musclés. Elle répondit avec ardeur à cette démonstration des sentiments du jeune homme. Une fois leur passion refroidie, elle ouvrit la petite boite. À l'intérieur reposait une bague en or surmontée d'une émeraude. Devant ce bijou, elle se jeta au cou de Link.
- Viens, lui glissa-t-elle à l'oreille, on va trouver un coin plus tranquille pour "parler"...
Il la souleva telle une mariée et ils s'éloignèrent dans la forêt, au calme.
Plusieurs minutes après, Red sortit un visage ensommeillé de l'abri. N'apercevant les deux tourtereaux nulle part, il en conclut qu'ils récupéraient du bois, se leva, prit son sac et partit chercher de quoi se nourrir après avoir demandé aux deux enfants à moitié endormis de veiller sur le feu.
Ses pas le menèrent à une grande clairière où il trébucha sur un gros caillou qui dépassait du sol couvert d'herbe.
- Raaa.....CAILLOU !!
La pierre s'arracha à la terre, découvrant ses deux bras et ses yeux mécontents.
- Que fais-tu à mon Racaillou ?
Un autre jeune homme d'environ dix-sept ans le contemplait avec froideur. Il était vêtu d'un T-shirt vert et d'un jean délavé. Ses cheveux noirs mi-longs, étaient retenus par une casquette à l'envers, verte elle-aussi. Red ne se laissa pas surprendre.
- Rien. Il était dans le chemin et j'ai trébuché dessus. Je m'appelle Red. Et toi, qui es-tu ?
Avec un grand sourire, l'autre répondit :
- Connor. Je viens du Désert, à Solaria et je suis Dresseur Pokémon ! Alors ôte-toi de mon chemin !
Ce fut au tour de Red de sourire.
- Tu sais, j'élève aussi des Pokémon. Et chez moi, une rencontre de deux dresseurs signifie automatiquement que ceux-ci vont s'affronter.
Le jeune homme prit une Pokéball, imité par son adversaire.
- En avant Jungko !
- À toi Absol !
Les deux Pokéballs rebondirent sur le sol avant de libérer un filament rougeâtre. Deux masses en sortirent. Un grand lézard vert aux pattes avant couvertes de lames feuillues et au ventre rouge. Face à lui, une espèce de loup blanc grognait. Son front était orné d'une lame bleue et recourbée.
Les Pokémon se toisèrent du regard.
- Que le combat... Commence !