Après un System Shock 2 culte , Irrational Games (alias 2K Boston et Australia) remet le couvert avec BioShock , un jeu à l’ambiance tout aussi stressante que son aîné. En développement depuis quelques années , beaucoup d’espoirs étaient placés en ce titre pour succéder au messie et tout laissait à le penser. On peut le dire, le jeu final surpasse tous les espoirs et atteint sans mal le statut de jeu culte.
BioShock est un jeu adulte qui s’addresse à un public de la sorte ce qui est déjà assez rare pour le signaler. En effet, le jeu prend place dans une cité sous-marine édifiée par un mystérieux personnage - répondant au nom d’Andrew Ryan - à la fin de la Seconde Guerre Mondiale dans le but de proposer une alternative aux deux Blocs durant la Guerre froide. C’est ainsi qu’en 1960, nous nous crashons en plein océan Atlantique non loin d’une tour donnant accès à cet endroit bien mystérieux. Très vite confronté au terrain, l’on découvre qu’une guerre civile s’est abattue dans ce lieu qui devait être un paradis pour ses habitants. Ceux-ci sont rongés par l’abus de substances appelés plasmides permettant d’acquérir diverses aptitudes rendues possibles grâce à l’Adam.
Dès nos premiers pas dans cet univers pour le moins atypique , on se sent immergé par l’ambiance qui s’en dégage par le biais de bruitages , musiques , voix et paroles collant parfaitement au jeu. De même que les scènes avec les Petites Sœurs -seule alternative pour se procurer de l’Adam et ainsi obtenir plasmides et fortifiants génétiques- sont incroyablement rendues et l’on se prête même à hésiter entre les sauver ou les éliminer démontrant clairement à quel point la mise en scène est parfaite. Tout au long de notre périple , on aura l’occasion de trouver des cassettes audio nous renseignant un peu plus sur le lieu - son fondement , son effondrement - et la vie de ses habitants.
Ceux-ci participent d’ailleurs grandement en l’immersion puisqu’ils agissent indépendamment , vaquant à toutes sortes d’activités avant que l’on vienne les interrompre. Leurs actions sont - souvent - angoissantes ce qui apporte encore davantage à un univers décidément ultra-travaillé et cohérent dans son ensemble.
D’un point de vu purement technique, BioShock est une réussite totale avec de magnifiques décors art déco. Mais ce que l’on retiendra surtout à ce niveau, c’est bien l’eau. C’est simple, c’est l’un des plus beaux rendus de l’eau qu’il nous ait été donné à voir dans un jeu vidéo, impressionnants et particulièrement présents dans cette épopée sous-marine. On regrettera toutefois le manque de variétés des ennemis qui malgré des aptitudes différentes se ressemblent énormément. Parlons de l’I.A , celle-ci est intelligente , mention spécial au Big Daddy qui sont de vrais démons une fois enclenchés.
Tout au long de notre aventure, on aura la possibilité d’utiliser des armes conventionnelles mais également des plasmides nous conférant de nombreuses possibilités en terme de gameplay car rendant chaque passage jouable de plusieurs manières suivant la stratégie employée. Bien sûr , on pourra jouer l’aventure comme dans un FPS basique avec les armes conventionnelles mais ce serait passer à côté d’une des grandes forces de BioShock : sa diversité. Outre ses plasmides, on pourra obtenir des fortifiants génétiques, qui , eux , contrairement aux plasmides sont passifs. Ajoutons à cela la possibilité de pirater les machines et les systèmes de sécurité, la possibilité de créer ses propres armes ou encore de procéder à des améliorations pour comprendre toute la diversité de BioShock et son potentiel d’autant plus grand.
La durée de vie, sujet délicat dans ce type de jeu est ici plus qu’honnête avec entre 15 et 20 heures pour venir à boût du jeu, suivant que l’on aime - ou pas - farfouiller dans les moindres recoins.
Irrational Games a réussi un coup de maître avec BioShock qui est bien le messie que l’on attendait, allant même jusqu’à surpasser nos attentes avec une ambiance et un scénario dantesque animés par la magnificiance d’un gameplay flirtant avec la perfection en terme de plaisir de jeu. Un chef d’œuvre.
10/10