Trulli pense qu´il pourra vaincre Alonso en 2007, et viser le titre mondial
Jarno Trulli est longtemps resté un éternel espoir de la Formule Un. Précédé par sa réputation de remporter le moindre titre qui passait à portée de ses griffes d’ogre à quatre roues, le natif de Pescara faisait autorité avant même d’arriver en F1. Privilège des surdoués, double tranchant d’une renommée qu’il faut assumer et honorer au plus haut niveau. Jarno n’est pourtant pas arrivé au firmament du sport automobile aussi rapidement que le paddock aurait pu le croire.
La faute à une présence géographique peu heureuse en début de carrière : tout en bas du paddock en 1997 avec Minardi pour commencer, puis Prost GP, qui lui permet un coup d’éclat au Grand-Prix d’Autriche : 3è des qualifications derrière Villeneuve et Häkkinen mais devant la Williams Renault de Frentzen, Jarno connaît l’ivresse du leadership en prenant le commandement de la course l’espace de 37 tours. Ses espoirs les plus fous, entretenus jusqu’au-delà de la mi-course, s’évaporent dans les fumées de son Mugen-Honda.
Jarno a fait grosse impression ce 21 septembre 1997. Las, la carrière de l’Italien s’enlise avec celle de la seule formation française du plateau, puis avec la déclinante Jordan. Après avoir travesti son talent au sein de deux écuries de fond de grille, Jarno débarque chez Renault en 2002, sabre au clair. Il sabre le champagne à Monaco et sabre son équipier, présenté comme la star montante de la F1, un certain Fernando Alonso, ce qui lui fait aujourd’hui rappeler qu’il peut être, au moins, l’égal de l’Asturien.
« Jusqu’à la mi-saison 2004, je comptais beaucoup plus de points que lui au championnat » rappelle Jarno à la Gazzetta dello sport. « Je m’étais imposé à Monaco et j’avais presque toujours été devant lui en course. Ce sont des données indiscutables. Je m’entends bien avec lui, nous sommes amies et nous voyons en dehors des circuits, même si en piste la bagarre est grande entre nous. »
Jarno aura trois de plus pour prouver qu’il peut terrasser l’Espagnol, en route vers une deuxième couronne mondiale, au pire un titre honorifique de vice-champion assorti de nombreuses victoires en course. Avec Toyota, Trulli pense se trouver dans une structure susceptible de lui permettre de renouer avec sa réputation pré-F1.
« Je suis très heureux d’avoir signé pour trois nouvelles années avec mon équipe actuelle. Nous n’avons pas eu les moyens de vaincre cette année, mais c’est seulement une question d’expérience » estime Jarno. « Le potentiel de Toyota est énorme. En 2007 nous pourrons être des prétendants à la victoire et mon objectif final est de conquérir le titre mondial. »