a tête sur les épaules
Quelques questions à Robert Kubica
21/01/07 11:16
Zoom
Robert et la F1.07
Né en Pologne au milieu des années 80, Robert Kubica s’est rapidement destiné à une carrière de pilote automobile. Et, même si la route vers les sommets n´a pas été de tout repos, il ne regrette pas son choix.
Après de nombreux titres en Pologne, il a choisi de s´exiler en Italie pour continuer son apprentissage. En 1998, il sera le premier pilote étranger à remporter le ´International Italian Karting Championship´. L´année suivante, Kubica réussira le même exploit en Allemagne !
Passé par la Formule Renault et la F3, c’est dans les World Séries by Renault en 2005 que Robert Kubica obtenait un nouveau titre. Des performances qui allaient attirer l’œil de Mario Theissen qui lui a proposé le poste de troisième pilote. Un pari audacieux mais finalement payant.
Lancé dans le grand bain en 2006, Robert s´est rapidement montré digne de confiance - et décroché la troisième place du Grand Prix d´Italie. Confirmé au poste de titulaire en 2007 - il s´apprête à vivre pleinement son rêve !
Qui vous a aidé le plus au début de votre carrière ?
Robert Kubica : « Mes parents bien sûr. Je suis très fier d’eux et reconnaissant de tout ce qu’ils ont fait pour moi. Quand on est si jeune, on ne peut pas encore décider tout seul, on a encore besoin des parents. Mon père et ma mère ont toujours accepté et soutenu ce que j’ai fait. À l’âge de huit à dix ans, je me suis beaucoup entraîné. À Cracovie, il n’y avait pas de piste de kart, il fallait à chaque fois faire 150 kilomètres. Cela à coûté beaucoup de temps et d’argent à mon père.
»
Comment était-ce de déménager tout seul en Italie à 13 ans ?
RK : « En Pologne, je n’avais plus d’adversaires, et à l’époque, il n’y avait pas de Championnat de kart plus dur que celui d’Italie. Nous voulions voir si j’avais une chance face aux meilleurs pilotes d’Europe. Quelques autres pilotes polonais l’avaient déjà essayé, mais aucun n’avait réussi à accéder à la finale des 20 meilleurs. C’était donc notre objectif. Et puis, j’ai réussi la pole position et j’ai terminé deux fois deuxième lors de la première épreuve. C’était aussi une confirmation importante pour mon père. Cela a bien marché, mais il y avait aussi de mauvaises périodes, parce que l’argent est venu à manquer à mon père. Même si, en 1998, on avait une assez bonne situation en Pologne, ce n’était rien à l’étranger. Aujourd’hui, les revenus moyens en Allemagne ou en Italie sont toujours six ou sept fois plus élevés qu’en Pologne. Lorsque nous pouvions tout juste nous permettre encore une manche du Championnat d’Europe, j’ai eu la chance de me voir proposer le contrat chez CRG. Au début, j’ai habité dans la famille du propriétaire, puis tout seul lorsque j’avais 16 ans. Mes parents ne pouvaient pas se permettre de venir me voir souvent. Dans une telle situation, il faut vitre apprendre la vie. On devient rapidement adulte. »
Zoom
le cas Kubica
Quelle a été votre plus mauvaise expérience ?
RK : « C’était certainement l’accident de voiture, dans lequel j’ai été blessé en tant que passager avant. Mon bras était tellement cassé qu’on s’attendait à une rééducation de six mois. Plus tard, on est revenu à trois mois. Mais j’ai disputé ma toute première course de Formule 3 après un mois et dix jours et je l’ai gagnée. Je voulais me remettre au volant aussi vite que possible. L’accident s’est produit en Pologne, et j’ai été transporté en Italie après. Je suis très reconnaissant aux médecins là-bas, ils m’ont parfaitement bien soigné. »
Quel a été le meilleur moment de votre carrière ?
RK : « C’était probablement cette course de Formule 3 au Norisring. Je ne pouvais utiliser qu’un bras à 70 pour cent et avais besoin de l’autre pour passer les rapports. Le Norisring n’a pas de virages rapides, ce qui m’a bien sûr aidé. Mais cette victoire dans les F3 Eurosérie était vraiment sublime pour moi. »
Vous étiez-vous fixé la Formule 1 comme objectif ?
RK : « La Formule 1 était pour moi un rêve, pas un objectif. Mes objectifs étaient plus réalistes. Pour pouvoir accéder à cet univers, on a besoin d’une bonne dose de chance. D’autant plus quand on n’a pas d’argent. La chance, je l’ai eue lorsque Mario Theissen m’a appelé en décembre 2005 et m’a proposé le job de pilote-essayeur. »
Vous faites 1.84 mètre – cela pose-t-il des problèmes dans la voiture ?
RK : « Le cockpit de la F1.06 était conçu pour des pilotes plus petits. Ce n’était pas tout à fait simple pour moi. J’aimerais bien faire quelques centimètres de moins. Avant de signer le contrat, Mario Theissen et Peter Sauber ont exigé que je m’installe dans le baquet pour voir si cela pouvait passer. J’ai bien sûr tout fait pour que cela marche et j’ai dit que cela m’allait très bien. Après tout, on ne peut pas laisser filer une chance pareille. Peu avant la fin de la saison 2006, j’ai eu un nouveau châssis avec un cockpit un peu plus grand. »
Quels sont vos points forts ?
RK : « C’est la tête – je suis plutôt fort mentalement. J’ai appris que 50 % au moins du succès se jouent dans la tête et dépendent de la préparation mentale. »
D’après BMW Sauber F1 Team
© CAPSIS International