Chapitre 39 : Séisme !
Horacio plongea son regard froid dans le mien. Il y lut la surprise et en même temps, la tristesse de cette nouvelle si déchirante…
« Tiens, on dirait que ‘’ ton protégé ‘’ a découvert toute l’histoire sur mon grand maître, lança Ben, provocateur.
- Mêle toi de ce qui te regarde, et uniquement de ça, répliqua l’Artikodin. Et puis, même si Flamme l’ignorait, cela ne lui a fait que du bien. Qui voudrait avoir Black comme frère ? Il l’aurait découvert tôt ou tard de toute façon.
- Black gagnera. Nul ne peut le vaincre, et surtout pas son idiot de frère. N’oublie pas que le sang de Nuit Obscur lui-même coule dans ses veines !
- Dans celles de Flamme aussi.
- Tu ne… commenças l’incarnation du feu.
- Assez ! »
Malgré le combat qu’il venait de perdre contre moi et contre les chocs qu’il avait enduré, Entei s’était relevé dans un effort surhumain. Il s’était interposé entre les deux oiseaux, perché sur un gros rocher.
« N’avez-vous pas honte ? interrogea-t-il. Vous, deux frères de sang qui se battent jusqu’à la mort ? Votre conduite est d’une idiotie sans pareille !
- Tu n’as rien à faire ici, gardien du feu ! Laisse-nous seuls, mon frère Horacio et moi, nous avons un compte à régler ! Il a osé dire du mal de mon maître !
- Ben, n’as-tu pas honte ? Tu te crois tout permis ! Tu n’arrêtes pas de fanfaronner au sujet de Black et tu oses répondre à l’un des gardiens ! Dégonfle-lui la tête Enzo !
- Taisez-vous tous les deux ! Moi et mes frères, nous en avons plus qu’assez de vos chamailleries ! Vous troublez la paix de la Montagne de Feu ! Songez au passé, souvenez-vous comme vous étiez complices !
- La paix, difficile de dire la paix. Et puis, ce n’est que du passé ! » rétorqua l’oiseau de feu au tac à tac.
Enzo soupira longuement. J’étais prêt à m’interposer, quand soudain, après mûre réflexion, il reprit la parole :
« Ecoutez, puisque Flamme et Black s’affronteront bientôt, le gagnant désignera lequel de vous deux a gagné. Flamme pour Horacio, et Black pour Ben.
- Parfait.
- Parfait. »
Je voyais nettement que Ben ne faisait que mentir. Dès la première occasion, il m’affronterait pour me livrer à Black… Il avait dit que mon frère était impardonnable surtout en ce qui concernait les missions les plus importantes…
Soudain, un Nosférapti sortit des entrailles de la terre et se dirigea de toute la puissance de ses petites ailes vers l’oiseau de feu. Quelques mots à l’oreille le firent sourire. Puis, il congédia le petit messager et s’envola plein nord.
Horacio me contempla longuement puis finalement, partit dans la direction opposée de son frère.
Enzo avait disparu, nous laissant seuls, nous tout le troupeau.
J’entendis des pas se rapprocher. C’était mes amis, Tornade, Waty et Cendré qui venaient vers moi. Le bavard Kaiminus s’apprêtait à proférer une question, mais un coup de coude de Cendré le ravisa.
« Flamme, ne dis rien je t’en pris, mais je savais que tu avais un frère. Ca ne sert à rien de me faire chanter, je ne t’avouerais jamais tout ce que je sais. Les réponses viendront avec le temps… dit West, très calmement.
- Toujours la même réponse…
- C’était pour ton bien. Maintenant, fais attention, il se pourrait très bien que tu l’affrontes à tout moment. Comme Enzo te la dit, ta puissance est égale à celle des légendaires. Mais, prudence, le mal dirige le cœur de Black… »
Là-dessus, il s’éloigna, me rendant encore plus songeur qu’auparavant. La présence de mes amis était réconfortante, mais seulement si Waty se taisait. C’était un grand ami, mais quel bavard !
Tout le reste de la journée se déroula très vite. Je ne fis que discuter avec mes compères, me faisant oublier la pression qui pesait sur moi.
Sans m’en rendre compte, j’aimais de plus en plus Tornade. Elle ne fut que douceur et gentillesse auprès de moi. Elle n’hésita même pas à donner un coup de sabot à Waty, trop excité.
Quand la nuit tomba, de nombreux pokémons qui nous suivaient pour éviter de battre les gardiens, vinrent me féliciter de mon exploit. Vaincre les trois gardiens de la Montagne de Feu relevait pour eux un exploit immense !
Ils disaient aussi que j’étais très puissant, que je devrais les affronter un de ces jours, et bla bla bla…
J’en fus vite lasser, mais Tornade, Waty et Cendré, fidèles à leurs postes d’amis, vinrent s’installer tout près de moi et me racontèrent des histoires drôles pour faire passer le temps.
Tout d’un coup, nous entendîmes un grand cri, suivit d’un immense tremblement de terre. Une large crevasse dans le sol s’ouvrit, à partir d’un Tyrannocif qui nous regardait en riant.
Je fus projeté sur le côté et ma tête heurta une grosse pierre. Des poulains hennissaient de terreur, tandis que leurs mères essayaient vainement de les protéger. West se cabra, et fila près de sa compagne, blessée au postérieur droit.
Et ce fichu Tyrannocif qui riait de plus belle…
Grrr, qu’est ce qu’il pouvait rire bêtement celui-là.
Il frappa du pied le sol, et un autre séisme nous frappa.
Puis tout se déroula très vite : Tornade, à mon grand désespoir, chancela et dévala la montagne pour tomber dans la crevasse !! !
Non, ce n’était pas possible !! !
Tout s’effaçait autour de moi. Je ne songeais plus au choc d’un autre séisme, ni aux hennissements de désespoir des poulains, ni aux ricanements du débile Tyrannocif.
Vivre sans Tornade ?
Impossible !! !
Malgré mon mal de tête terrible, je dévale la montagne et saute dans la crevasse où ma fougueuse jument était tombée avec une seule pensée : retrouver ma bien-aimée !