J´ai ecrit mon test d´Armed Assault pour une raison perso, que vous découvrirez de vous même, bien assez tôt, enfin je l´espère!!
Dites moi ce que vous en pensez.
Merci
TEST ARMA
Sous le nom barbare d’ArmA : Armed Assault ne se cache que la suite officieuse du célèbre FPS, « euh ! » excusez du blasphème, de la simulation militaire Operation Flashpoint, OFP pour les intimes. Pourquoi ne pas l’avoir intitulé Operation Flashpoint 2 me direz vous ? Tout simplement parce que le studio de développement, Bohemia Interactive, a vendu la licence de son jeu à Codemaster l’éditeur, et à décider de voler de ses propres ailes. Arma déroutera les habitués des fps à la Battlefield, caractérisés par une action constante et spectaculaire. Ici la moindre erreur se paie cash et chaque situation doit être étudiée avec soin. Après avoir goûté à cet opus, il est évident que les fans d’OFP se retrouveront en terrain connu.
Qui dit jeu de guerre, sous entend, seconde guerre mondiale, boucherie du Vietnam, voire plus récemment les affrontements au Moyen Orient. Heureusement, les développeurs ont eu l’intelligence de ne pas s’engouffrer dans cette sempiternelle spirale médiatico-politique, et nous ont concocté un univers imaginaire avec son territoire, son gouvernement, ses tensions politiques…, une métaphore plutôt fine de la part des créateurs. L’île de Sharani possède une superficie de 400km², cependant n’espérez réellement n’en exploiter que la moitié, même si, vous en conviendrez, c’est largement suffisant, compte tenu de la variété des paysages, tous aussi photoréalistes les uns que les autres. L’île est donc composée de deux régions qui, comme de par hasard, sont également divisées politiquement, et par conséquent militairement. Au sud-est, la région démocratique et pro-américaine, jolie oxymore par ailleurs, et, au nord-est, les dissidents communistes qui n’ont que pour seul leitmotiv de chasser les émissaires de la paix dans le monde, hors de leurs pays. En tant que jeune soldat de l’armée américaine, ce sera à vous de faire triompher les valeurs que vous défendez par l’attaque armée (d’où le nom du jeu).
Pour un habitué, la campagne est plutôt courte, comptez une dizaine d’heures, mais, non linéaire. En effet, le choix de faire telle ou telle mission avant une autre aura une incidence sur la prochaine, vous facilitant la tâche ou l’inverse. Néanmoins, le coté intimiste qu’on pouvait ressentir avec la campagne de l’addon Resistance d’OFP a disparu, et il est ardu de s’identifier à un soldat sans originalité. Cependant, les messages véhiculés par l’histoire ne sont pas manichéens mais assez représentatifs de la situation géopolitique actuelle. Il y aussi des missions courtes indépendantes, en petit nombre, mais il est possible d’en créer rapidement grâce aux options à disposition, et surtout avec l’éditeur, dont je vous parlerai davantage par la suite.
S’il y a bien un domaine qui a fait la renommée d’OFP, c’est indiscutablement le gameplay. Par chance, ArmA fait plus que de s’inspirer de son prédécesseur, il en reproduit totalement son approche élitiste, et ses possibilités indéchiffrables. C´est-à-dire, une manière de jouer ultra réaliste où la moindre balle mets fin à la partie dans la plupart des cas, sauf exception, et le bourrinage n’est jamais la meilleure solution, quoique que cela demeure parfois envisageable. C’est en fait l’inverse d’un Call Of Duty, où la tolérance au plomb y est maximale, et tous les événements scriptés. Pour mener vos missions à terme, vous pourrez basculer d’une vue subjective classique, préférée par les vétérans, à une vue à la troisième personne à la GRAW , qui permet d’avoir une meilleure vision de son environnement proche. Le temps n’ayant plus la même importance, l’action est souvent interrompue par des trajets de plusieurs minutes ou l’attente d’un convoi, la possibilité d’accélérer la vitesse du temps est incluse. Il donc est courant de s’arrêter et de réfléchir à sa stratégie, pour débloquer une situation, tout en sachant que les plans d’action sont aussi nombreux que dans la réalité.
La grande force du jeu tient aussi à la présence de nombreux véhicules que l’on peut piloter : des quatre roues, des chars, des avions, des hélicoptères qui ont chacun un pilotage plus ou moins réussi. Evidemment, l’arsenal mis à disposition est fidèle à la réalité, chaque arme possédant une balistique qui lui est propre.
Face à tant de d’actions à réaliser, la jouabilité est logiquement assez complexe, on utilisera régulièrement au minimum une quinzaine de touches sur le clavier. Les mouvements disponibles sont donc très nombreux : roulades latérales, marcher accroupi, retenir son souffle (augmente son zoom, donc la précision)… pour ne citer que les moins courants, mais saluons l’effort de Bohemia de les avoir motion capturés (jouer par un acteur). Fort heureusement, l’interface, calquée elle aussi sur celle d’OFP, permet avec la molette de la souris, d’effectuer les actions essentielles dans de petits menus déroulants. Elle est intuitive, tout en étant dépouillée. A l’écran, ne vous attendez donc pas à voir votre barre de vie, vous ne verrez que, selon les options d’affichage qui déterminent la difficulté : le viseur, les munitions restantes, et l’identification des protagonistes à l’écran. En mode vétéran, le mode de difficulté des hardcore gamer et des passionnés du réalisme, l’interface est à son strict minimum et l’observation est essentielle pour éviter les tirs fratricides, malheureusement très fréquents dans le mode multijoueur si la communication dans l’équipe n’est pas au point.
Les modes de jeu sont assez classiques, mais le plus joué et le plus passionnant demeure le mode multijoueur, que ce soit en ligne ou en réseau local. Ce mode multiplie les possibilités stratégiques, obligent les joueurs à travailler en équipe, et fait naturellement fuir les joueurs qui ne cherchent qu’à terminer premier du classement. C’est ce qui a permis à la communauté d’être toujours aussi soudée après plusieurs années. Il est souvent conseillé de jouer entre amis ou en clan, car la communication au micro est déterminante. Le fait que ce soit une simulation militaire, suppute qu’il faille respecter la hiérarchie, donc les joueurs ne devront pas tirer sans la permission de leurs supérieurs, à l’inverse, le chef, responsables de la vie de ses soldats, leur donnera des ordres pour progresser.
L’existence d’une telle communauté est principalement due à la présence d’un éditeur de mission intégré, sans doute le meilleur que j’ai pu essayer jusqu’à présent. Ce qui renforce son statut, c’est qu’il propose une interface simple et intuitive. On peut créer une mission de destruction de convoi en hélico en quelques secondes, et une autre à objectifs multiples en moins d’une heure. Personne ne sera oublié, que ce soit les débutants ou les mappeurs/programmeurs. Sa qualité première est qu’il s’adapte en fonction de la personne, et même s’il est possible d’entrer des lignes de code pour démultiplier les possibilités, un débutant pourra, grâce à son imagination, obtenir un résultat tout à fait honorable.
La vente de la licence OFP ne leur à visiblement pas suffit pour développer un moteur 3D puissant et optimisé. Au bout du compte, on se retrouve avec une grosse mise à jour graphique de ce dernier, ce qui est, agrémenté de quelques effets Directx9, satisfaisant mais loin d’être renversant. Néanmoins, on ne peut qu’applaudir face à la diversité des paysages et aux nombres d’unités affichables simultanément à l’écran qui parfois se comptent en centaines. De plus, la gestion des LCD au format 16/9 et 16/10 est très bien gérée, et sur un 22 pouces, je peux vous assurer que l’immersion est décuplée. Cependant, on ne peut que désespérément regretter l’optimisation catastrophique, posant des problèmes de stabilité sur les anciens PC et sur Vista . Néanmoins cela s’améliore un peu avec les patchs consistants que Bohemia nous livre à intervalles réguliers, mais qui apportent leurs lots de bugs. Si chaque patch corrige les bugs du précédent, on est inquiet quant à la perspective de voir, un jour, un jeu réellement fini, crainte accentuée avec l’expérience OFP.
Au final, on se retrouve avec un titre qui n’a fait que copier qualités et défauts de son grand frère. Il y a pourtant un parfum emprunt de nostalgie, qui nous rappelle qu’il y a quelques années, les jeux étaient durs et méritoires, et que face à l’avalanche des jeux grands publics, cela est rassurant de savoir qu’il y a encore des développeurs qui osent aller à contre courant. Ainsi, les nouveaux auront certainement du mal à s’adapter à ArmA, mais l’effort en vaut la chandelle. Si vous avez l’occasion de jouer avec des joueurs sérieux, vous goûterez à une expérience ludique très particulière, où chaque action réussie est honorifique. Rompez soldat !
GRAPHISMES : 15/20
Malgré des paysages enchanteurs et des graphismes propres, ils sont bien trop proches de ceux d’Operation Flashpoint pour convaincre réellement, les effets de lumières, tantôt éblouissants, tantôt trop sombres, sont gâchés par une mauvaise gestion de l’HDR. De plus, l’optimisation est exécrable et les bugs d’affichage sont légions. Vous l’aurez compris, les patchs vont pleuvoir pendant de longs mois encore.
JOUABILITE : 17/20
La jouabilité, quant à elle, a été optimisée à son maximum, pour permettre au joueur de ne pas trop se perdre dans des dizaines de contrôles différents, hélas, des bugs de collision entravent parfois la progression. Les déplacements souffrent parfois d’un temps de réponse un peu longuet, et l’impossibilité de stopper certaines actions, comme recharger, ne pardonne pas. Les véhicules nombreux se pilotent sur les mêmes bases avec des mentions spéciales aux hélicoptères qui sont parfois vraiment trop instables. L’intelligence artificielle à coups de patchs commence à devenir plus douée, mais souffre encore de gros défauts de pathfinding et d’une vision thermonucléaire.
DUREE DE VIE : 17/20
Les modes solo lassent assez rapidement, la faute à une campagne en deçà de nos espérances, et des missions courtes plutôt quelconques. L’intérêt réside essentiellement dans le fait de pouvoir créer ses missions avec facilité et de pouvoir ensuite les tester avec ses potes.
Le mode multijoueur, si vous accrochez au genre, vous retiendra de longues nuits à votre PC.
BANDE SON : 14/20
Du Rock instrumental pas désagréable, que les puristes s’empresseront de couper pour être à l’affût du moindre bruit suspect. Pour ce qui est des effets sonores, presque tout est parfait, dont une spatialisation bien gérée. Néanmoins les sons des armes, qui ressemblent à des pétards mouillés, font peines à entendre. Les messages radios abondants risquent d’énerver certains d’entre vous.
SCENARIO : 14/20
Le scénario, quoique assez intelligent, est dévalorisé par le manque d’immersion de la campagne. Par la suite, c’est aux joueurs d’écrire les scénarios : pour le meilleur et pour le pire.
INTERÊT GENERAL : 16 / 20
Certes, ArmA s’apparente davantage à une version 1.5 d’Operation Flashpoint, toutefois il délivre une expérience de jeu élitiste qu’on ne goûte que trop peu souvent. Son mode multijoueur vivifié par le puissant mais accessible éditeur de mission, vous assurera des nuits blanches pendant de longs mois, si ce n’est des années. Pourtant, on angoisse toujours quant aux éventuelles corrections de bugs et soucis d’optimisation qui se font désespéramment attendre.