Je ne veulx fueilleter les exemplaires Grecs,
Je ne veulx retracer les beaux traicts d´un Horace,
Et moins veulx-je imiter d´un Petrarque la grace,
Ou la voix d´un Ronsard, pour chanter mes regrets.
Ceulx qui sont de Phoebus vrais poëtes sacrez,
Animeront leurs vers d´une plus grand´ audace :
Moy, qui suis agité d´une fureur plus basse,
Je n´entre si avant en si profonds secretz.
Je me contenteray de simplement escrire
Ce que la passion seulement me fait dire,
Sans rechercher ailleurs plus graves argumens.
Aussi n´ay-je entrepris d´imiter en ce livre
Ceulx qui par leurs escripts se vantent de revivre,
Et se tirer tous vifz dehors des monumens.
Du Bellay ?