(Wang) Chapitre trois : La base militaire
- « Aaargh, putain, il va me bouffer le bras ! »
Luttant comme un diable pour me tirer de cette mauvaise posture, je ne m’étais même pas aperçu que l’adolescente s’était enfuie. Putain ! Qu’est-ce que j’vais faire maintenant.
A partir de ce moment là, je me sentais abattu, abandonné, trahi par quelqu’un que je voulais aider. Merde, mon flingue est trop loin pour que je l’atteigne. Le sang coulait à flot en tâchant ma chemise d’une macabre teinte rouge.
Soudain vint s’ajouter aux deux chiens qui s’arrachaient un repas bien mérité, un autre chien, plus fin, le regard plus vide et profond, maigre et l’air aigri. Son allure provoquait une vague de chaire de poule qui gagnait rapidement mon dos.
Ne supportant plus leur haleine fétide, je mettais le paquet pour pouvoir m’échapper.
C’était vraiment dur, le moindre mouvement devait être protégé pour ne pas être saisi par la gorge ! Au terme d’une bataille acharnée, je me dégageais enfin puis regagnais les abysses de cette immense forêt. Je ramassais en route mon flingue et me mettait à la recherche de la p’tite de tout à l’heure, qui sait, je pourrais peut-être même trouver l’un de ses amis.
Ma marche était lente et prudente. Je n’avais pas envie d’attirer l’attention, et à ce que j’ai remarqué tout à l’heure, les chiens ne peuvent me détecter qu’à l’odeur, et il faut ajouter à ça une distance précise, environ quinze mètres. Je tentais de me rassurer en répétant maintes fois la croix, partant du front, finissant au pectoral droit. C’est vraiment pas accueillant !
Après quelques minutes, je gagnais le fond de la forêt, et là : Une base militaire, pas très accueillante non plus. J’avançais, les jambes tremblotantes, la sueur perlant mon front.
Je me retrouvais devant le grillage que j’escaladais sans trop de problèmes, puis après quelques pas, ramassais trois balles de 9mm. Ensuite, il fallait traverser un long terrain d’entraînement pour pénétrer dans l’enceinte de la base.
Je continuais prudemment, là, j’étais en face d’un grand grillage, et aussi d’un corps assis, horriblement démembré. Je faisais mine de l’ignorer, jusqu’à en être tellement surpris et dégoûté que je me devais de l’examiner. Il était couvert d’innombrables morsures et grimaçait à vous en paraître inhumain. Je m’apercevais d’une cartouche de balles de 9mm, dans sa main. Au moment où je glissais ma main dans la sienne, il leva la tête et s’agrippa à moi.
Je me débattais, l’envoyant valser à l’aide d’un coup de coude et gagnais une partie du terrain plus lointaine. Je visais la « chose » et sous l’effet de la pression, loupais un coup. Pah, un trou dans le mur !
Je continuais de tirer, deux, trois, quatre balles mais toujours rien, j’étais peut-être trop loin.
Ensuite, un bruit de fracas me sauta aux oreilles, je vis la mioche, une mitraillette à la main, tirer sur tout ce qui bouge, manquant par deux doigts de m’ôter la vie d’une balle perdue dans le front ! Super, pour une fois qu’elle ne s’enfuit pas ! Elle avait réussi à écarter le danger ! Je me précipitais vers elle :
- « Merci, au moins, je n’ai plus de raison pour vous crier aux oreilles, disais-je dans un sourire charmeur.
- Vous pouvez me tutoyer, et puis, il fallait bien que je me rattrape. Rétorqua-t-elle, gênée.
- Bon, alors on se tutoie tous les deux. »
Deux secondes après, on avait repris notre chemin, et avions pénétré dans la base.
Puis j’ajoutais :
- « Comment tu t’appelles ?
- … Fiona.
- Christophe, mais ce sera Chris, pas le temps de dire Christophe.
Elle souriait, gênée toujours, puis se mit derrière moi, équipée de sa mitraillette, à l’affût, tout comme moi …
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Voilà. 