Chapitre 12
On arriva rapidement à ce que la bête utilisait comme nid : une grotte abandonnée, ouverte sur le dessus, qui abritait également une meute de vélocipreys – pas de vélocidrome cette fois – que Milo et Korlash voulurent tuer seuls, ils insistèrent bien sur ce point.
La manière dont Milo se battait était assez exceptionnelle : il frappait avec son arme, qui paralysait étrangement ses victimes, tout en sautant, afin de les frapper au ventre ou à le tête, et en tournant un peu sur lui-même des fois. Son arme était pour lui, en taille, comme un épée longue, mais était proportionnellement nettement plus légère. De plus, étant un félin, il était naturellement plus souple qu’un homme, ce qui rendait le tout plaisant à voir.
Korlash, lui, transperçait les vélocipreys avec son ‘‘Rampart’’, les retirant de sa lance à l’aide de son bouclier afin d’en tuer d’autres.
Bien que le spectacle fut intéressant, c’était un peu trop ‘‘propre’’ à mon goût… Mais une fois terminé, Korlash me dit qu’il valait mieux préparer un piège en attendant l’arrivée du kut-ku.
« Je pensais que vous alliez pas m’aider.
- Nia ! Mais on ne va pas vous aider, on va juste vous donner des conseils, mais vous devrez vous débrouiller seul. me dit Milo
- Bon, euh, c’est grand comment cette bestiole ?
- En général ça fait à peu près trois ou quatre mètres de long, me répondit Korlash, alors si tu sais pas creuser, t’es mal parti. »
Je savais creuser, mais avec une pelle… Puis je me souvint de l’écaille ‘‘empruntée’’ à Max, que je pouvais très bien utiliser comme ustensile ! Je la sorti donc de mon sac, et, au bout de deux heures d’acharnement, j’avais creusé un trou de trois mètres de diamètre et deux de profondeur. L’écaille était intacte, mais un peu sale.
« Ca ira comme ça ? demandai-je en me retournant
- Ca devrait, mais si tu laisses ça comme ça, le kut-ku tombera jamais dedans, c’est con, mais pas à ce point… » dit-il en réponse. Lui et Milo étaient tous deux assis sur une espèce de corniche, mangeant et buvant lorsque ça leur plaisait…
Je sortis donc chercher des branches, autant que je pouvais en porter, et les ramena dans le nid de ma proie. J’en taillai quelques-unes, que je plaçai en position verticale au fond du trou, et plaçai le reste au dessus du piège, afin de le cacher. Je pris ensuite des débris d’un peu partout dans la grotte et les plaça sur les branches, afin de les cacher elles aussi.
« C’est mieux comme ça ? demandai-je en me tournant encore une fois vers Milo et Korlash
- Y’a que toi pour mettre des pieux dans tes pièges, mais on verra si ça marche… » me répondit ce dernier
L’attente fut longue, et, finalement, j’entendis un cri aigu et long. Regardant en haut, je vis le yian kut-ku, rose et majestueux, descendre lentement vers le sol. Je dégainai mon arme et mon couteau de dépeçage, et je vis que le kut-ku n’était en fait pas si majestueux que ça : ce n’était vraiment rien de plus qu’un oiseau ridicule de trois mètres de long.
« Tiens, il est plutôt petit celui-là… » remarqua Korlash
Le wyvern me regarda un long moment – pendant lequel je me déplaçai lentement de manière à ce que le piège soit entre lui et moi – puis poussa un autre cri et je vis comme deux énormes oreilles se déployer juste derrière ses yeux, en haut de son crâne. Il me regarda une seconde de plus, en fonça vers moi, comme s’il n’avait pas remarqué Milo et Korlash.
Il marcha sur le piège et… Et rien, il continua de me foncer dessus, et j’eu tout juste le temps de bondir afin d’esquiver son coup.
« Loupé. » dit Korlash. Je me demande s’il parlait de mon piège ou du kut-ku…
Le kut-ku, lui, continuait de courir et fonça droit dans le mur, ce qui me laissa le temps de l’approcher. Au moment où il se retournait, je lui sautai dessus, et atterris en plein sur sa tête. S’il a de si grandes oreilles, peut-être que…
J’attrapai son oreille gauche, et, aussi fort que je le pus, je criai dedans.
« AHHHHHHHHHHHHHHH ! T’AIME PAS CA, HEIN ? »
Le kut-ku, en effet, n’avait pas l’air d’apprécier : il secoua la tête de toutes ses forces, et, comme je m’accrochais, son oreille se déchira et je parti faire un vol plané avec.
Le monstre hurla de douleur, et de la fumée s’échappait de sa bouche.
« Ah, tu l’as énervé… remarqua Korlash
- Nan ? Sans dec’ ? demandai-je ironiquement, tout en me relevant. Je viens de lui arracher une oreille, tu crois vraiment qu’il va aimer ça ? »
J’avais du mal à voir le sang sur le côté de la tête du monstre, à cause de sa couleur, mais je savais qu’il souffrait. Il me chargea à nouveau, balançant cette fois ci des boules de feu dans tous les sens – sauf sur moi et les autres chasseurs – et, une fois son coup esquivé – de peu, pour rester près de lui – je lui attrapai l’autre oreille et le trancha avec mon épée.
« Il a pas l’air con sans oreilles… dit Korlash
- Nia ! C’est bien vrai ça ! »
Après un nouveau cri, le kut-ku se tourna vers moi, et, très rapidement, commença à me flaquer des coups de bec à répétition. Je ressentais une douleur vive au niveau de l’épaule, qu’il semblait m’avoir déboîtée… Je lâchai mon couteau, car le serrer me faisait mal – plus que si je le lâchai en tout cas – et courus aussi vite que je le pouvais pour éviter une boule de feu dirigée tout droit sur moi, tout en fouillant d’une main dans mon sac pour trouver une fiole au contenu vert. Après l’avoir trouvé, je débouchonnai la fiole avec les dents, et me retournai pour voir où était le kut-ku.
A ma grande surprise, il était dans le piège, en train de crier et d’agoniser. Je commençai à boire le contenu de la fiole lorsqu’elle éclata en mille morceaux, répandant le liquide vert partout.
« ESPACE D’ENFOIRÉ, REND MOI MON ÉCAILLE ! » Je reconnaissais cette voix, c’était celle de Max.
Il couru vers moi et me donna un coup de poing dans le ventre. Le kut-ku hurla de douleur à me place.
« TA GUEULE ! lui cria Max. La bête se tût et s’immobilisa.
- Désolé, lui dis-je depuis le sol, la voilà, elle est un peu sale parce que je m’en suis servi comme pelle pour creuser le piège.
- TU L’A UTILISÉE COMME PELLE ?? ELLE EST PAS ABIMÉE AU MOINS ?
- Non, ne t’inquiète pas, elle est intacte, et s’il te plait, arrête de crier, t’es juste en face de moi. je m’était relevé
- Ah, oui, désolé, euh… Tu me la rends ? Atchoum ! OU IL EST-CE PUTAIN DE CHAT ? il avait l’air de ne pas être affecté par son allergie lorsqu’il était énervé
- Nia ! Je suis là ! lui répondit Milo pendant que je cherchais une autre fiole de potion dans mon sac
- ET LUI, COMMENT ÇA SE FAIT QU’IL ÉTERNUE PAS ? dit-il en me pointant du doigt, alors que je buvais ma potion.
- Amerinsecte dans du jus de felvine. » lui répondis-je en lu tendant l’écaille
Il la prit « Du jus de felvine ? Mais ça craint comme boisson. Atchoum ! Bon, d’accord, vous en avez avec vous ?
- Non, lui répondis-je, mais c’est quoi cette écaille au juste ?
- Une écaille de fatalis blanc que j’ai hérité de mon père. » me dit-il ; le kut-ku poussa un petit cri, comme s’il ne voulait pas qu’on l’oublie. « MAIS TA GUEULE ! lui cria Max, tout en avançant vers la bête
- N’y touche pas, lui dit Korlash, c’est pour Kenneth !
- J’M’EN FOUS ! IL M’A COUPÉ LA PAROLE ! » Il courrait vers le kut-ku, qui recommençait à gémir, en partie à cause de la peur, et, en une fraction de seconde, avait dégainé son katana – celui qui brille dans le noir – et tranché nettement la tête du kutku, juste au niveau de la jonction entre le menton et le cou.
« T’es vraiment lourd Max, lui lança Korlash, qui était descendu du rebord,
- C’est bon ! Kenneth aurait tout à fait pu le tuer lui-même sans problème vu la situation dans laquelle il était.
- Peut-être, lui dis-je, mais pas comme ça, c’est trop propre pour moi…
- Comment ça trop propre ?
- Bah ce matin, intervint Korlash, il a tué deux aptonoths en les faisant souffrir et en foutant du sang partout.
- Ouais, je vois ça… dit Max en me regardant de haut en bas
- Il en a étouffé un avec ses propres intestins. rajouta Korlash
- Ok… j’imagine pas e qu’il aurais fait au kut-ku »
Finalement, Max, Korlash et Milo m’aidèrent à dépecer sur le kut-ku les morceaux qui me serraient utiles – les écailles les plus résistantes, quelques morceaux de carapace, de la palmure, et le bec – et m’aidèrent ensuite à trouver les oreilles que l’oiseau avait ‘‘perdu’’ par ma faute.
Finalement, au bout de quelques heures de marche, on était arrivés à la ville et on retrouvait l’ambiance festive de l’auberge.
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allez, tant que j´y suis
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