Chapitre 9
Après un bon repas et une nouvelle contemplation des yeux mystérieux de Korlash, on se remit en route et, très rapidement – seulement deux douzaines d’éternuements – on pouvait voir les remparts de la ville. Un garde nous fit entrer, en nous disant :
« Je ne sais pas ce qui rôde, mais c’est immense, et il vaut mieux rentrer vite ! »
Sur ces mots, nous entrâmes par la porte principale et nous dirigèrent vers l’auberge – je suivais en fait les trois autres aveuglément – et, étrangement, il n’y avait personne dans les rues…
Dès que l’on fut entrés dans le bâtiment, les bruits que l’on entendait depuis l’extérieur s’arrêtèrent, même les musiciens avaient arrêté leur musique. Au bout de cette longue pause – durant laquelle j’entendis un éternuement depuis le fond de la salle – tout le monde – le personnel, les clients, et les musiciens – se mirent à rire ; puis reprirent tous leur occupation, que ce soit boire, parler, ou jouer de la musique.
Au début, je ne comprenais pas, puis je me dis que ce devait être mes lunettes et ma cape… Ils s’y habitueraient… Mais j’étais plutôt intrigué par le ‘‘Atchoum’’ que j’avais entendu.
« Eh bah, me dit Korlash, tu sais te faire remarquer toi.
- Hein, tu trouves ?
- L’allergique a tout de même un style vestimentaire assez… particulier. Nia. fit remarquer Milo.
- Moi ? Atchoum ! Tu m’a traité de quoi là ?
- D’allergique. Et ce n’est pas une insulte, nia, c’est ce qu’on dit d’une personne lorsque son corps réagit par rapport à une chose, comme, dans ce cas, les poils de chats.
- EH BAH IL EST PAS LE SEUL ! cria le chasseur qui avait éternué. QUI A PERMI A CE CHAT D’ENTRER ICI ? VOUS SAVEZ QUI JE SUIS ?
- Un chasseur trop bourré qui s’énerve pour rien ? »
Il se rapprocha de moi, et se plaça devant moi, comme pour me bloquer le passage. Il portait une armure complète de ce que je connaissait à présent comme étant un rathalos – elle ressemblait au bas de l’armure de Korlash – mais noir. Seul son casque était argenté, étrange… Dans son dos étaient accrochées à l’aide de puissantes sangles deux lames : un long katana noir, avec une ligne rouge, qui semblait plus tranchant que tout, excepté son deuxième katana, qui, lui, semblait émettre un espèce de lumière ou d’énergie brillante…
« JE SUIS…
- Atchoum ! arrête de crier s’il te plait, t’es juste en face de moi.
- Ah, ouais, désolé. Atchoum ! Je suis un chasseur de légende… Dans l’Est, on m’appelle le Samouraï Divin… A l’Ouest, je suis… Atchoum !
- Drôle de titre…
- Mais non idiot ! C’est ta saleté de chat qui nous fait éternuer tous les deux !
- Nia ! Je m’appelle Milo.
- Atchoum ! A l’Ouest, je suis le Maître des Démons. dit-il en ignorant le felyne.
- Si c’est pas vanta…Ah… Atchoum ! Vantard…
- J’ai pas choisi, c’est eux qui m’appellent comme ça. Atchoum ! MAIS DEGAGEZ CE CHAT DE LA !
- Je vais réserver des chambres pour la nuit, nia ! dit notre ami félin.
- Ok, lui dis-je, puis, me tournant vers l’inconnu : C’est quoi ton nom ?
- Mon vrai nom est Maximilien… Mais tout le monde m’appelle Max, à l’exception de ces trois-là qui m’appellent Maxou… »
Il pointa du doigt une table à côté de laquelle se trouvaient trois chasseurs, debout, dans des costumes moulants – ils avaient l’air gay, le fait qu’ils se tenaient par les fesses soutenait cette hypothèse – un déguisé en vélociprey, un en ce que je connaissait à présent comme étant un genprey, et le troisième portait un costume du même genre, mais rouge – et ouvert sur le devant – et son casque était plus volumineux que les deux autres. Lorsque je regardai dans leur direction, celui qui portait un costume de vélociprey me fit un clin d’œil. Je vais brûler cette cape bleu vif dès que je le peux.
« Moi c’est Kenneth, apprenti chasseur, surnommé ‘‘connard’’ par certains.
- …
- Quoi ?
- Non, rien. Et c’est qui la jeune et jolie demoiselle derrière toi ?
- Elle ? C’est…
- Je m’appelle Karen, et si tu me touches, je te jure que je te tue sur place.
- Bah voila, dis-je, t’es informé.
- Et au fond, là, c’est… Oh ! Mais c’est Korlash ! Je t’avais pas reconnu, à être en lieu public comme ça ! Tu sais que le maire t’en veut encore pour ça ? Franchement, qu’est-ce qui t’as pris de…
- J’avais mes raisons, ça s’arrête là. Je suis prêt à t’acheter une bière pour que tu te taises à ce sujet !
- Oh ! Tu dois t’en vouloir pour que tu ne veuille pas que ce boulet l’apprenne… Mais ne t’inquiète pas, je ne comptais pas raconter ça à n’importe qui, et encore moins à quelqu’un proche de toi… J’accepte ta bière, j’en veux une extra extra large.
- … Tu te souviens que la dernière fois que ça t’es arrivé t’étais tellement bourré que tas failli te noyer dans ma choppe pendant que je regardais ailleurs ?
- T’étais pas obligé de dire ça à haute voix, et cette fois, y’a ces deux là pour me surveiller. »
Il nous guida à sa table au fond de la salle, et une serveuse arriva :
« Qu’est ce que je vous sers ?
- Pour moi ce sera une bière extra extra large ! cria Max
- Une bière pimentée pour moi, dit Korlash, e ne vous retenez pas sur le piment !
- Une autre bière extra extra large pour moi. dit Karen
- Un jus de felvine pou moi, s’il vous plait. »
Encore une fois, toute la salle se tut ; et tout le monde me regarda. Le silence fut tel que tout le monde pouvait entendre notre conversation.
« Euh… Tu voudrais pas changer de boisson ? me demanda Max
- Non, pourquoi ?
- Parce que même les pédés là bas considèrent ça comme une boisson de lopette…
- A bon ?
- Ouais…
- T’es sur ?
- Ouais…
- EH BAH JE LE PRENDS QUAND MEME ! » criais-je
La serveuse me regarda bizarrement, puis s’en alla, pour réapparaître peu longtemps après avec un plateau sur lequel gisaient deux immenses choppes de bière, une choppe plus petite de bière rouge, et un verre rempli d’un liquide noir et gazeux.
Une fois nos boissons servies, je but mon verre en un clin d’œil, et en réclama un autre. A ce moment là, les gens se remirent à faire du bruit et de la musique ; à l’exception des gays qui me regardaient d’un œil cruel, mais qui finalement se retournèrent, et je préférai détourner les yeux pour ne pas avoir à les regarder.
Elle me servit un verre aussi grand que les choppes de Max et Karen, dont je but la moitié assez rapidement, puis, pensant aux regards des autres, reposa mon verre sur la table et attendit un moment avant de le finir d’une traite.
Korlash, lui, avait tout juste retiré son casque, tout comme Max – il était à peine plus âgé que moi, probablement trois ans de plus – et Karen avait déjà bu un quart de sa choppe. Korlash avala sa bière rouge en quelques secondes à peine, et Max, lui, sortit une grosse écaille blanche, et l’utilisa pour retirer toute la mousse reposant sur sa bière, puis pour jeter la mousse par terre – un chasseur glissa et jura – il plongea ensuite son visage aussi profond que la forme de la choppe lui permettait, et but à grandes gorgées le liquide brun et amer.
Lorsqu’il ne pouvait plus atteindre la bière, il retira sa tête de la choppe, et je m’aperçus qu’il avait un piercing à l’arcade gauche – je ne le vit que grâce à la bière qui en dégoulinait – puis il prit sa choppe à deux mains et but ce qu’il restait à grandes gorgées. Il était tout rouge, et décida de se lever, de chanter un air sans aucun sens, et, lorsqu’il voulait se rasseoir – Karen avait fini sa bière et montai vers sa chambre – il tomba à côté de sa chaise !
« Saleté de chaise à la con ! » jura-t-il.
Il retenta plusieurs fois, se fit mal au pied en ratant – de loin – un coup de pied dont la cible avait l’air d’être la chaise, et fini par ramper et escalader pour se rasseoir.
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