Alors attention, Chapitre blabla 
Peut-être bien le plus long, mais comme les trois-quart sont des dialogues, ça devrait passer vite que même
Bonne lecture
Chapitre 8 : Deux âmes complices
« -Dante, réveille-toi, quelqu’un approche ! dit une voix à l’accent espagnol.
-Hum… Il est quelle heure au juste, et c’est qui ce quelqu’un ? répondit Dante, encore ensommeillé.
-C’est la jeune femme qui est venue cinq jours après ton arrivée parmi nous.
-Une jeune femme ? répéta-t-il, soudain plus attentif. A quoi ressemble-t-elle, Rodrigue ?
-Viens donc. Tu seras plus apte que moi à la reconnaître. »
(Dante : L’arrivée de quelqu’un est toujours une chose rare ici. Je me suis levé et je suis allé à côté de Rodrigue, un camarade de pénitence. Le temps était clair, juste un peu nuageux, un matin somme toute banal. En bas de la pente, je ne voyais que des cheveux noirs et une paire d’iris vertes. Au fur et à mesure, le corps habillé de noir gravissait la côte. Bien sûr, elle ne nous voyait pas, car les esprits ne sont pas visibles pour une grande majorité de personne. Elle avait l’air tendue et sur la défensive. J’avais dormi d’un lourd sommeil depuis que je m’étais servi de son corps pour sortir de l’église. Je n’avais pas vu grand chose d’ailleurs. Juste le chemin de l’église à chez elle et une forme bleue, au bord d’une falaise.
Arrivée devant la porte, elle prit une dernière respiration, vérifia ses revolvers et franchit le seuil anxieusement. Elle partit directement au fond du bâtiment, vers moi. Elle s’assit sur une plaque tombée du toit. Je me suis approché d’elle, et me suis assis à ses côtés. Elle regardait ma statue avec un drôle d’air. Tantôt m’admirant comme si mon corps pétrifié était une vraie statue, tantôt me regardant comme un être humain piégé dans une prison. )
« -J’espère que Trish ne s’inquiète pas trop. Avec les derniers événements, je n’en ai pas eu le temps de la prévenir.
-Quels événements ? s’interrogea Dante.
-Je savais que je ne pourrais pas te sortir de là toute seule. Je ne sais pas si c’est l’œuvre de ton père ou non, mais Vergil et Nero sont en route pour me donner un coup de main.
-Comment ça ?! Vergil, venu donner un coup de main à son frère ? Tu t’es fait rouler, Rosa ! s’énerva le chasseur.
-Ils seront là d’ici deux ou trois jours, j’espère que tout se passera bien. Nero n’est au courant de rien et j’espère qu’il ne sera pas trop en état de choc.
-Ne t’inquiètes pas pour lui, va. Par contre, je crois que c’est toi qui es en état de choc, dit-il avec l’air malin.
-Est ce que tu te sens bien, Rosa ? dit-elle pour elle-même. Tu viens parler à une statue… Il ne doit même pas t’entendre. Tu ne sais même pas s’il est encore en vie, continua-t-elle en ramenant ses jambes vers son buste.
-Mais je t’entends, je t’écoute. Ne t’amuses surtout pas à devenir folle pendant que je ne suis pas là pour t’aider. Tu n’as plus que deux jours à tenir et tu auras de la compagnie… Rosa… Pourquoi deviens-tu si fragile alors que je ne suis pas là ? pensa Dante. »
(Dante : Un amer constat. Rosa m’avait toujours parue beaucoup plus forte et déterminée quand nous voyagions ensemble. De par sa présence, elle avait un peu brisé ma monotonie de chasseur de démon solitaire. Toutefois, nous étions un peu comme chien et chat. Elle devait se douter qu’elle avait été plus souvent une aide qu’un poids, malgré tout ce que j’avais pu lui dire. De mon côté, je savais qu’elle m’appréciait plus que ce qu’elle acceptait de dire. Sa simple présence ici en témoignait. Nous avions appris des choses l’un au contact de l’autre, à force d’observation. Nous nous complétions, également. Haldryn étant relativement lourde, les dégâts que Rosa occasionnaient étaient souvent lourds. En contrepartie, elle attaquait nettement plus lentement et était beaucoup plus vulnérable. J’ai fini par palier ce défaut sans vraiment m’en rendre compte. Rosa était bien assez astucieuse d’elle-même, mais en duo, elle avait l’air de changer de dimension. Elle semblait être partout à la fois. Sa célérité, pour quelqu’un qui n’était pas un démon à la naissance, m’a toujours surpris. Sa souplesse est également assez étonnante mais j’ai tendance à croire qu’elle est aidée par Mira dans ce domaine. D’après la Nosfératu, il leur fallait au moins des moyens d’esquiver pour ne pas se blesser. Pour Mira, c’était essentiel, sinon c’était la mort assurée. Pour Rosa, l’intérêt était moindre, à moins qu’il n’ y ait quelque chose que j’ignore. Bien sûr, Rosa portait tout de même des bleus et des marques de coups, mais je ne l’ai jamais vu avec la moindre coupure.)
« -Pour le peu de fois où tu m’as parlé de ton frère, tu m’as donné un portrait tout opposé au Vergil que je connais.
-Etonnant. Je me refuse tout de même à croire qu’il est sincère, rumina Dante.
-D’après Mira, il s’entend bien avec Nero. En plus, ils ne peuvent pas rester trop éloignés l’un de l’autre. Je me demande ce que fait Mira d’ailleurs, elle est passée me donner des nouvelles et est repartie tout de suite après, s’intrigua Rosa.
-C’est bon à savoir. Si jamais Vergil tombe le masque quand je reviens, on le prive de Nero et le tour est joué.
-J’aimerais bien rester plus longtemps, mais je dois me dépêcher de repartir, dit Rosa en se levant. La nuit va bientôt tomber. Ne laisse pas trop la pluie t’user, d’accord ? On trouvera le moyen de te sortir de là, murmura-t-elle.
-Je te fais confiance. Mais méfie-toi de Vergil quand même. »
(Dante : Rodrigue est venu me voir immédiatement après le départ de ma comparse. Ce noble espagnol m’avait accueillit en tant que maître des lieux, l’église appartenant à des cousins. Tous les hommes de sa famille étaient venus pour affronter le serpent qui s’était emparé du bâtiment. C’est ainsi qu’une quinzaine de personnes a fini soit dans l’estomac du monstre, soit pétrifiées. Rodrigue était le dernier homme valide. En presque deux cents ans, une bonne dizaine d’autres personnes l’ont rejoint. Ils venaient de tous horizons, beaucoup avait du quitter leur terre d’origine. J’étais le dernier arrivé, et le précédent était ici depuis cinquante ans à peu près. Les pétrifiés formaient un groupe soudé. Ils passaient leur temps à raconter leurs combats pour partager leur expérience. Rosa était passée il y a trois heures maintenant. Au sein du groupe, elle avait fait forte impression en invalidant notre geôlier, et sa détermination à me libérer en déconcertait plus d’un.)
« -Vous vous rendez compte ? C’est la seule femme à l’avoir affronté ! Et elle l’a blessé gravement, s’enthousiasma un guerrier asiatique. Si seulement je pouvais rentrer au pays et raconter cette histoire !
-Elle avait l’air de danser avec son épée. Elle esquivait chacune des attaques du serpent avec facilité, reprit un autre. Vraiment incroyable.
-Entends-tu, Dante ? Ils parlent déjà d’elle comme une héroïne. Penses-tu qu’elle pourra vaincre celui qui nous retient ?
-Je ne sais pas, mais elle me paraît bien partie. Je regrette de ne pas l’avoir vu combattre, songea le chasseur. »
(Dante : Le soleil se couchait à travers les vitraux délabrés. Je me demandais sincèrement si Vergil avait changé. Pour son apparence physique, je ne voyais pas tellement ce qui aurait pu se modifier. Pour son caractère, je me posais déjà plus de questions. S’il était le strict opposé de ce que j’avais raconté à Rosa, il serait sans doute très proche de moi, avec son sérieux et son sang-froid en plus. Envisagé de cette façon, ce n’était pas très crédible. Qu’est ce qui aurait pu le pousser à changer à ce point ? Sa simple rencontre avec Rosa, ou bien celle avec Nero ? Peut-être un autre événement qui m’était inconnu ? Dans ce cas, quel serait ce mystérieux événement ?)