CHAPITRE 8 : Révolte
Comme c’était à prévoir, Colin et ses hommes n’avaient pas trouvé le repaire des Gerudo. Ecumant de rage, le guerrier avait ordonné le repli. Non seulement il revenait bredouille, mais la disparition de cette jeune Gerudo l’intriguait. Il revoyait la scène avec exactitude : l’épée allait s’abattre quand une intense lumière les avait soudain aveuglés. L’instant d’après, plus rien.
La petite troupe avait rallié Cocorico où les attendait un petit millier d’hommes. Ils saluèrent joyeusement Colin qui se dirigea directement vers le cimetière. L’angoisse l’étreignait : si l’autre n’était pas là, c’en était fini de ses beaux plans de conquête.
Mais il n’avait pas à s’en faire. Le Zora lui tournait le dos, hypnotisé par la tombe de sa mère.
- Roi Lars, salua Colin d’une voix qu’il tenta de rendre respectueuse.
Lentement, l’intéressé lui fit face, les yeux de son visage fuyant éteincelants d’éxitation.
“ Sale traître “ pensa le guerrier avec fureur.
- Monseigneur, tout est en place. Nous n’attendons plus que vos ordres, continua le guerrier avec une pointe d’impatience.
“ Ta tête pourrira sur les remparts du chateau, sale chien “
- Contrôle-toi donc un peu, Colin ! s’exclama la voix de Link, moqueuse.
- Très bien, répondit Lars d’un air absent. Alors, allons-y. Que la Lumière nous protège.
“ Sale hypocrite “
- C’est toi qui dis ça ? demanda Link avec sarcastie.
“ Tais-toi ! “ pensa le guerrier avec force.
A son grand soulagement, la voix obéit.
Au-dehors, le soleil brillait haut dans le ciel. Un aigle volait en cercle au-dessus des troupes. Celles-ci, agitées, piaffaient d’impatience. Après vingt années d’innactivité, ils allaient enfin reprendre du service.
Colin balaya du regard les soldats massés dans la grand’rue. Beaucoup avaient une vingtaine d’années et étaient prêts à croire n’importe quoi. Il y avait également un nombre respectable d’homme d’une trentaine d’années, mais certains, enfants lors du Crépuscule, vouaient leur fidélité à Zelda. En revanche, aucun n’avait plus de quarante ans, car tous ceux-là se souvenaient bien de la sombre époque et de la façon exemplaire dont Zelda avait traité son peuple.
Malheureusement pour la reine, un grand nombre de Gorons et de Zoras s’étaient laissés abuser par la magie des Esprits de la Lumière. On comptait à peu près le même nombre de soldats de chaque côté.
La voix mélodieuse du roi tira Colin de ses pensées.
- Allons dans la tente.
Le guerrier suivit le Zora et se retrouva dans un petit espace clos au milieu duquel se trouvait une table. Sur celle-ci, une carte, et autour, cinq personnes.
Colin et Lars occupaient une de des extrêmités de la table. A leur gauche, un imposant Goron à l’air revêche.
- Chef Dorrrgone, saluèrent-ils polimment.
L’autre hocha à peine la tête et le guerrier éprouva tout de suite une violente antipathie à son égard.
A leur droite se trouvait un homme au visage dur et à la main gauche duquel manquait un doigt. Son nez était cassé et une balafre parcourait le côté droit de son visage.
- Quatre-doigts.
Le chef des bandits de la citadelle ne prit pas la peine de leur répondre. Colin n’érpouvait que du mépris pour lui mais ne le montra point. Personne ne connaissait son vrai nom mais il se promit que sa tête irait rejoindre celle du Zora.
Enfin, à l’autre extrêmité de la table se trouvait un homme à la chevelure sombre et longue qui lui tombait en bas du dos. Son oeil gauche était recouvert d’un bandeau et il portait un sabre gigantesque. Son visage semblait taillé dans le marbre.
- Maître Latouane, dirent-ils en s’inclinant profondément.
L’incarnation de l’Esprit de la Lumière sourit d’un air supérieur et leur fit signe de s’asseoir. Le conseil de guerre allait commencer.
* * *
Virgile se sentait usé. A 40 ans, en 22 ans de carrière, il n’avait jamais senti une agitation aussi intense dans la citadelle. Des querelles éclataient à répétition et une companie de gardes avait même été attaquée par une bande de voleurs notoire. Les pierres pleuvaient sur tous ceux qui portaient l’emblême de la famille royale. C’était la raison pour laquelle le soldat avait supplié la reine Zelda de ne pas sortir du château. Elle avait accepté, se fiant au jugement du capitaine de la garde royale, mais à contrecoeur. A tous ces maux venait s’ajouter la disparition de Colin qui avait une forte influence, et le fait que les Zoras, comme les Gorons, avaient coupé les ponts, n’envoyant aucun message.
Oui, Virgile, capitaine de la garde royale, se sentait usé. Mais il n’avait pas relaché son attention pour autant. Il avait doublé la protection devant la chambre de la reine et avait infiltré plusieurs de ses hommes en ville. Mais malgré toutes ses précautions, le soldat avait un mauvais pressentiment…
Virgile se regarda dans le miroir de la gallerie qu’il traversait. Il était de taille moyenne, mais bien bâti. Il avait un beau visage avec des traits finnement dessinés. Ses cheveux bruns lui tombaient juste au-dessus des yeux. Ceux-ci étaient d’un doux bleu-pâle et brillaient d’intelligence. Le capitaine attirait les femmes.
Il se sourit, rajusta son col, et reprit sa marche.
Arrivé dans la cour, il se dirigea aussitôt vers la silhouette massive et encapuchonnée qui se tenait près de la porte.
- Bonjour, Telma, lui chuchota-t-il.
- Il faut que tu fasses évacuer la reine, dit-elle abruptement. Ils s’apprêtent à attaquer le château !
- Mais… allons… c’est impossible ! s’exclama Virgile; incapable de croire ce que la tenancière lui disait.
- Ecoute-moi ! Ils ont le soutien des Zoras et des Gorons. Il faut faire évacuer la reine ! répéta-t-elle d’un ton où perçait la panique.
Le capitaine de la garde s’apprêtait à protester quand il entendit quelque chose. Un bruit, certes infime, mais un bruit qui lui semblait anormal… puis vinrent des cris.
Toute activité avait cessé dans la cour : un cheval arrivait au grand galop. Son cavalier était avachi sur l’encolure de sa monture. Tandis que bête et homme se rapprochaient, Virgile parvint enfin à distinguer ce qui faisait hurler les citadins : une flèche était plantée dans le dos du cavalier qui semblait être un garde.
Reprenant ses esprits, le capitaine courut vers les deux silhouettes et s’aperçut qu’un parchemin avait été placé dans la main du cadavre. Virgile le déroula prudemment, le coeur battant la chamade. Sur le papier, ces mots étaient inscrits.
<< Livrez-nous la reine ou nous entrerons dans la citadelle>>
Le capitaine les relut plusieurs fois, puis ce fut d’une voix très calme qu’il dit à Telma :
- Il faut faire évacuer la reine.
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La suite avec un peu d´avance, en espérant que ça vous ait plus
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Vico la Patate 