CHAPITRE 5 : Possession
Une haute silhouette avançait dans la grand’rue de Cocorico. C’était un homme de grande taille, le visage mangé par une épaisse barbe. Il avait un air volontaire mais son regard exprimait un grand tourment.
Colin s’arrêta, la respiration saccadée. Il se sentait épuisé, vide, fourbu... Quand on ajoutait à ces maux cette petite voix intérieure qui lui parlait, il aurait été ravi de pouvoir rebrousser chemin. Malheureusement, c’était impossible. Il avait une tâche à accomplir.
- Ce n’est pas une tâche, c’est une traitrise, dit Link d’une voix calme.
- Tais-toi, répliqua Colin. Tu es mort, alors tais-toi !
- Je suis peut-être mort par ta main, mais je suis encore vivant dans ta tête.
Ignorant la voix, le guerrier reprit son chemin.
- Tu n’en as pas marre de faire le sale boulot des esprits ? demanda Link d’un ton narquois. Tu ne préfèrerais pas que ton travail soit révélé au grand jour ?
- Je t’ai tué parce que tu n’es qu’un sale traitre, cracha Colin avec véhémence.
- C’est pour ça que tu trahis la confiance que mon fils te porte ?
- Il est de ton accabit, rétorqua-t-il mais son ton n’était pas convaincu.
- Tu te rends compte de ce que tu vas faire ? demanda gravement la voix .
Le guerrier ne répondit pas, continuant d’avancer dans la clarté de la lune. Il arriva à un embranchement et prit la bifurquation de gauche, vers la Montagne de la Mort. Tout était calme.
- Je le fais pour la Lumière, tenta de se justifier Colin.
- Je t’en conjure, chuchota Link. Tu peux encore reculer. Va voir Zelda, elle t’aidera. Prends-la avec toi, ainsi qu’Iria.
- Tais-toi ! hurla-t-il.
Dans sa voix vibrait une rage contenue depuis des années, une rage qui s’exprimait enfin. Aussitôt, le silence se fit. Concentrant son courage, le guerrier fit encore une vingtaine de pas et s’arrêta devant un grand rocher. Colin leva une main calleuse et la posa sur la pierre qui scintilla. Il allait parler mais...
- Link ? appela-t-il d’une voix timide.
- Zelda saura te protéger assura le héros d’une voix rassurante et confiante.
Pendant un instant, pendant un court instant, Colin le crut. Il fit un pas en arrière mais une douleur intense explosa alors dans sa tête. Elle était si forte que le guerrier tomba à terre.
- Je vais le faire ! hurla-t-il à la lune. Arrêtez !
Des larmes coulaient dans sa barbe et la douleur s’atténua peu à peu. Mais même si elle n’était plus aussi forte, elle restait présente, telle un avertissement.
Une dizaine de minutes durant, il resta là, haletant sous la lumière des astres nocturnes. Il se ressaisit peu à peu et se releva prudemment. La souffrance avait raffermi sa volonté. Colin posa à nouveau sa main sur le rocher et parla.
Anna se reposait sur le canapé. Depuis deux semaines, le bébé ne cessait de s’agiter. Il ruait à l’intérieur du ventre de sa mère et donnait des coups de pieds et de poings. En ces occasions, elle disait avec un sourire:
- Tu seras un grand guerrier, comme ton oncle, ton grand-père et ton père.
Aussitôt, le bébé cessait de s’agiter, comme si ces paroles l’appaisaient. Mais depuis le départ de Kardel, même ces mots ne le calmaient plus. Anna n’arrivait plus à dormir la nuit, et elle était exténuée. Lorsqu’elle se regardait dans le miroir, elle voyait une femme aux joues creusées et aux yeux rougis de fatigue.
Mais le bébé n’atait pas la seule cause de ses insomnies. Elle se faisait un sang d’encre pour son mari qui n’était pas revenu depuis quatre jours. Elle savait qu’il lui aurait envoyé un message s’il avait pu. Quelque chose avait dû lui arriver puisque ce n’était pas le cas. Elle en était sur. Soudain, une pensée assaillit son esprit: et si Kardel était mort ? Pendant un instant, la jeune femme s’imagina son cadavre glacé, raide et inerte. Mais tout de suite après, elle le revoyait plein de vie, jouant aux cartes, s’entrainant à l’épée. Non, c’était absurde, il ne pouvait pas être mort. Il avait dû trouver quelque chose dans la cabane de son père et avait oublié de lui envoyer un message. Mais peut-être que ...? Une voix interrompit alors ses pensées.
- C’est moi Anna, dit Colin d’un ton assuré.
Le jeune femme se leva et alla ouvrir la grotte magique.
- Pourquoi vis-tu là-dedans ? demanda le guerrier d’un ton agacé en baissant la tête pour entrer.
- Kardel pense que le bébé sera plus à l’aise dans un environnement chaud. Et comme nous sommes près d’un volcan...
- Comment vas-tu ? l’interrompit son frère sans lever les yeux vers elle.
- Bien, pourquoi ? demanda Anna d’un ton inquiet.
Colin ne répondit pas et lui sourit. La jeune femme chercha à capter son regard, mais on aurait dit qu’il la fuyait.
- Anna, reprit Colin d’une voix étrange qui ne lui ressemblait pas. Tu sais que je t’aime plus que tout ?
- Enfin, qu’est-ce qui t’arrive ? demanda-t-elle, vraiment inquiète à présent.
- Pardonne-moi, chuchota son frère d’un ton implorant.
Il la regarda dans les yeux.
Aussitôt, une sensation de chaleur envahit Anna.
- Bravo Colin, dit l’esprit de la lumière qui était à l’intérieur de la jeune femme. Excellent travail.
Un long sanglot éclata, puis le silence tomba à nouveau sur la Montagne de la Mort.
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Voilà j´ai décidé d´écrire à partir d´autres points de vue. Il y aura toujours Kardel, mais je pense ajouter 3 ou 4 perso en plus de Kardel et Colin.
En tout cas j´espère que vous avez aimé et je post la suite aujourd´hui parce que demain c´est Kipour et je jeûne !
Ps : n´oubliez pas les coms
!