Merci pour vos commentaires très gentils !
Je suis quand même étonné de franchir les 40 comms... C´est trop d´attention ^^
Voilà.
Je crois qu´il est temps non ?
...
Chapître 3 : Nouveau
Il se réveilla les membres encore lourd, les souvenirs confus, qui lui remontèrent bien vite à l´extrème douleur que lui causait sa main transpercée. Il devait vite la soigner, où il la perdrait, et ceci à jamais. De sa main encore valide, ses doigts portèrent à une amulette fraîche au contact froid agréable, et siffla, siffla Epona. Sa jument arriva vite comme l´éclair, répondant plus vite que d´ordinaire aux coups saccadés de son maître éreinté. Il se hissa tant bien que mal, et lui demanda de filer à Toal, rejoindre la tente du chef du village... Il était au plus mal, et avait besoin de soins immédiats, avant que son état n´empire. Il n´était plus protégé par la grâce divine, et ne pourrait récupérer aussi vite qu´avant... Il se demandait à quel prix cette nouvelle liberté serait. Son épée se faisait plus lourde à sa main. Et le ciel, de bon accord, pleuvait sur ces épaules des larmes de douleur, triste du destin à venir et de la rapidité des événements, mais de larmes libres. Il lui semblait du moins ; il avait la vague impression de ne plus obéir à une volonté supérieur, mais d´être bel et bien d´un libre arbitre total, d´être en accord avec ce qu´il faisait. Une véritable nouveauté, si il en était.
Epona galopa, galopa, jusqu´à Toal, Link sur la croupe. Il se faisait tard, le soleil rejoignait les ténèbres, avalé par la nuit impitoyable. Le monde était impitoyable. Il connaissait la valeur de sa vie, il n´en aurait pas d´autre, même alors qu´il était un soit disant héros, avant peu champion des déesses... Qui avaient voulu le tuer, pour une raison qui lui échappait encore...
Il leur résisterait, il le jurait !
Toutefois, la jument arrivait devant la hutte du chef. Epona hennit, et le chef accourut, doté d´une robe de soirée ridicule. Si jamais Link avait été ne serait ce que en état de sourire, il aurait rit aux éclats, à en perdre ses entrailles....
Mais son état était bien plus avancé que ça. Les yeux agrandis par le sang filant entre les doigts, le chef appela aussitôt la guérisseuse sorcière à ses heures, tandis que le regard de Link s´éteignait, lentement. Battant de l´oeil, il vit cependant une Iria plus qu´étonné, figé dans sa stupeur.
Quand il se réveilla, sa main était bandée soigneusement d´un pansement serré. A ses côtés, se tenait Iria et Epona à la fenêtre, aussi fidèle que de coutume. Les joues rougies et délicates d´Iria, ainsi que des cernes grossières, indiquaient à Link qu´elle avait beaucoup pleuré cette nuit. Elle était si touchante, si... Si semblable à un ange. Il lui sourit faiblement. Elle sourit à son tour, et l´embrassa du bout des lèvres, puis sortit de la pièce. Elle revint avec une vieille femme rabougrie aux yeux verts étincelants, pétillant d´une jeunesse qu´elle ne semblait pourtant point posséder. Iris les laissa seul, fermant délicatement le seuil. La femme prit la main bandée du héros, et parla tout en débandant le pansement fraîchement fait ;
- Je connais, tes blessures, Héros. Tu es maudit.
- Je ne sais ce qui me vient.
- Tu ne le sais que trop bien.
- Rien du moins dont je ne me dédis !
Elle soupira. Puis continua d´un ton compréhensif, comme si elle comprenait ;
" Je sais ce que tu as, et c´est un mal terrible pour toi, champion. Tu es un élu ! Les déesses t´ont appelé, et tu a refusé leur appel... "
Link la coupa ;
- Je proteste, elles voulaient ma mort ! J´ai parfaitement senti le risque, je l´ai cotoyé assez pour reconnaître que ma fin était proche ! Elles voulaient que je meure... Mais j´ignore pourquoi.
- Peut être justement pour ça ; car elle savait que tu allais leur désobéïr.
- Avec raison, je ne me laisserais pas tuer pour leur bon plaisir !
- Elles n´ont d´autre choix que le destin !
- A la mort je préfère un autre chemin.
Elle garda le silence un moment.
" Ta dévotion n´est plus la même, reprit t´elle d´un ton bas, ce qui faisait ta force autrefois n´est plus. Tu n´es plus le bras armé de la justice des déesses, Link... Et elles le sentent. Tu es puissant héros, trop puissant pour qu´elles te laissent vivre ; tu portes encore leur épée, et tu as en ton sang celui d´une légion d´héros avant toi. Il est évident qu´elles te tueront, et j´ignore pourquoi elles te laissent vivre en ce moment. Tu as un pied dans la tombe. "
- Je m´en doutais avant que vous me le dîtes ! Et n´auriez vous pas une solution plutôt ?
- Pourquoi ne pas te réconcilier avec tes maîtresses, proclamer à nouveau ton obéissance ? C´est si simple, que de dire " oui " !
- Mais moi, je ne veux pas dire oui ! J´ai dit oui trop longtemps ! La liberté est un met dont l´on est jamais rassassié, je veux pouvoir dire non à mon tour... Quitte à en mourir, à être un paria. Il n´y a pas de prix trop cher à cela ! La magie est une chose inconnue à ce mot, liberté, une chose inconnue, qui n´interfère en rien ! Je me suis maudit moi même, pour elle ! J´ai poignardé les déesses en poignardant le signe apposée à ma main... La Triforce ! Je ne veux pas m´opposer à elle, cependant !
- Aurais tu perdu ton courage, héros, ironisa la sorcière. Ah, c´est plus clair maintenant ! Tu as juste perdu le courage...
Link bondissa du lit, et grimaça à cause des blessures. Il empoigna tout de même la railleuse, mais celle ci le calma d´une gifle bien ajustée.
" Ce n´est pas du courage que d´attaquer une vieille sans défense ! Allez héros ; sache que je t´aie sauvée. J´ai porté cette triforce avant toi. Je t´en ai ôté l´emprise... Tu agiras seul maître de tes actes. "
Link se mit à sourire, mais elle continua, le mettant en garde ;
- Mais, tu en as perdu une part de toi même... En y gagnant ton libre arbitre, tu as laissé de côté ta puissance d´autrefois. Tu ne seras jamais plus le même.
- C´est honnête il me semble, dit t´il.
Elle le rabroua, le mit à la porte, et tout en lui souhaitant bonne chance, claqua la porte. C´était l´aube.