Moi je vais le lire! haha car c´est moi qui vait le corrigé, si momo voit pas d´inconvénient. Et j´en est un autre aussi a corrigé mais je fais tout se la dans 2 heures car en se moment de suis dans l´impossibilité!
Matboy : si tu me corriges, il serait préférable de lire mes autres récits, pour connaître mon style d´écriture, le caractère de mon personnage, comment j´envisage le réalisme etc... Et surtout pour pouvoir comparer mes textes, savoir si j´ai progressé. Enfin, je dis ça, je ne connais pas ta disponibilité.
Et j´ai quelques questions à poser.
1) Lors d´une histoire hors-mission, est-il nécéssaire que nous racontions ce qui arrive à NOTRE personnage en particulier ? Je veux dire, si je raconte une bataille dans laquelle Grunty Grutu n´est pas présent mais que ça a des conséquences énormes pour lui, est-ce grave
2) Peut-on improviser, prendre quelques libertés sur nos objectifs de mission ? Par exemple, dans mon objectif de mission qui est d´attaquer une base aérienne humaine, les appareils (Longswords et SkyHawks) ont été détruits. je précise qu´ils ont été détruit soit au combat, soit par un raid aérien Covenant qui a par ailleurs détruit la moitié de la base. Est-ce que j´ai le droit de dire des choses comme ça ? D´intégrer de nouveaux éléments dans mon briefing, en quelque sorte, sans changer la nature de la mission ?
Bon, j´espère que momo aura terminé avec son disque dur bientôt, j´ai pas envie que la Divine Blade coule
Je relis ma mission, je la posterai demain. En attendant, je vais écrire une petite hors-mission sympathique avec raids aériens, massacres et bombes nucléaires pour la prochaine opération ![]()
La divine blade va reprendre, faut juste me laisser le temps de tout récupérer, refaire (car je dois de nouveau voir qui a participé à quelle mission, qui a combien de missions à son actif etc... )
captaingalaxy :
1) ce que tu dis est bon, tant que tu racontes pas ce qui arrive à ton cordonnier c´est ok
2) ici en l´occurence ils reviennent d´une bataille au dessus d´un laboratoire scientifique des humains ( voir précédente mission ^^ ) donc faut voir...
, mais pourquoi pas ^^
je veux bien faire un hors mission mais j´ai un peu la fleme maintenant ^^ ![]()
Désolé de ne pas noter pour le moment
J´ai congé demain, donc ![]()
Critique Du Briefing
Sergent grumuf, je suis fier de vous. Vous avez accompli votre mission avec respect de tous les points. Je n’ai rien à dire sauf continuez dans cette voix.
Qualités et Défauts du récit : ( maximum 13 points d´expérience gagnés par qualité )
Aptitudes gagnées ![]()
Corps à corps passe au 2ème niveau
Expérience gagnée :
Qualités/défauts = + 85xp
1 compétence au 3ème niveau = + 10xp
Récit rendu dans un délai de trois jours : 0xp
Total = 95xp
Commentaire :
Comme je le disais plus haut, vous avez respecté tous les points mais quelques fautes presque invisibles viennent troubler le récit. La longueur du récit aussi ôte du plaisir à le lire mais sinon en général tout est bien.
moi aussi j´ai aimer!
il est
!
merci
ça me fait plaisir
Oui, c´est un excellent récit, comme je les aime ![]()
Il est très réaliste, et très bien écrit ![]()
Hé hé hé, vous serez déçus avec moi, j´ai perdu ma belle plume... ![]()
Mais non mais non, il te suffira de la retravailler un peu ![]()
Bon, je vais poster mon récit ![]()
Je ne sais pas si beaucoup d´entre vous seront assez courageux pour le lire, mais il est là ![]()
Je me suis relu, mais au bout d´un moment l´attention commence à baisser, il doit donc rester pas mal de fautes
mais ce n´est pas si grave ![]()
Allez, bon courage à momo et à boboy quand même ![]()
Un conseil : lisez-le à tête reposée, en plusieurs parties si il le faut, faites des pauses ^^
Soldat Grunty Grutu
Première mission officielle
BRIEFING DE MISSION :
Matériel supplémentaire : Aucun
Lieu : Nord de la base scientifique. Base aérienne des humains.
Objectifs : Nous avons perdu beaucoup d´Élites sur place, durant la bataille. Vous accompagnerez une centaine de Grunts par-delà les collines proches, à bord de Phantoms. Vous serez tous largués à courte distance (150 m) de la base aérienne des ennemis. La quasi-totalité de leurs chasseurs ont été éliminés, mais les pilotes des appareils qui nous ont échappés sont toujours en vie, de même que les nombreux soldats qui protègent cette base. Votre objectif est de déclencher la mesure d´urgence que les humains mettent en place pour faire sauter leurs bases menacées. Les humains auront des systèmes de défense, mitrailleuses manuelles lourdes, ainsi que des réseaux sous-terrains reliant les bâtiments de leur base assez « secrète ». Je ne sais pas si beaucoup d´entre vous survivrons. Trouvez les locaux abritant les commandes principales de la base, les humains appellent ce bâtiment « tour de contrôle ». Aucun Élite ne vous accompagnera... Bon courage
Neuvième âge de la Réclamation, unité de temps 0520 (calendrier Covenant) / révolution planétaire 2 (base de temps d´opération de la Divine Blade) / système infidèle Sol / planète-mère des humains Sol-III -Nouvelle classification : "Terre"- / Sibérie, base aérienne humaine
Suite à la catastrophique opération de sauvetage à laquelle Grunty avait participé dans New Moscow, les soldats survivants de l´équipe du lieutenant Nico ´Galaxee avaient été dispersés dans plusieurs autres unités. Grutu venait de recevoir sa mutation, et il était assez fier : il ferait désormais partie de l´unité "Occulte", unité d´infanterie légère de la troisième armée. Cela signifiait évidemment qu´il allait se retrouver avec d´autres soldats des races que les Sangheili jugeaient inférieures, des Unggoy et des Kig-yar. Bien qu´il aimait l´idée de combattre aux côtés de ses frères Unggoy, Grutu n´aimait pas particulièrement les Kig-yar et n´appréciait pas l´idée de ne plus avoir de Sangheili comme soutien. Mais depuis quand l´Etat-Major se préoccupait-il des désirs d´un simple "suceur de méthane" ?
Maintenant, mutation ou pas, il se retrouvait embarqué dans ce qu´il qualifiait tout naturellement de "mission-suicide". Lui et une centaine de Unggoy devraient charger en terrain découvert dans une base aérienne humaine hérissée de mitrailleuses. L´occasion parfaite de revenir chez lui dans une boîte. Heureusement, les humains étaient moitié moins nombreux que les Unggoy, et la plupart étaient des pilotes, inexpérimentés au combat rapproché et équipés légèrement. Ce qui était parfait, parce que les Unggoy étaient exactement dans la même situation.
Mais Grutu avait apprit à positiver, chose indispensable pour un Unggoy qui ne voulait pas devenir fou. Il avait donc relevé un point positif dans le briefing : les humains n´avaient pas de véhicules. En contrepartie, les Unggoy n´en avaient pas non plus, mais c´était déjà une bonne chose. De plus, il y avait de nouvelles armes dans les armureries, les carabines Unggoy. Fantastique nouvelle, ces nouveaux fusils étaient réservés aux gradés ! Mais ce n´était pas grave, Grutu essaierai simplement de coller aux fesses d´un sous-off.
Son phantom rempli de Unggoy survolait les collines enneigées de Sibérie dans un bourdonnement caractéristique. Cinq phantoms avaient été déployés pour la mission, chacun transportant une vingtaine de soldats Covenants. Le coeur de Grutu battait toujours aussi fort qu´à sa première mission. Ses genoux tremblaient. Il regarda les Unggoy autour de lui : il savait que la majorité d´entre eux ne reviendrait pas, peut-être même qu´aucun d´entre eux ne reviendrait. Les Sangheili avaient toujours utilisé sa race comme chair à canon ; cette fois-ci c´était flagrant. Il avait lu une fois dans un livre d´histoire que les Sangheili et les Prophètes avaient débattu longuement à la découverte des Unggoy. À la fin de ce débat, il avait été conclu que ces créatures avaient une âme, et qu´ils méritaient ainsi de les suivre dans leur quête. En cet instant et en ce lieu, Grutu aurait sincèrement préféré que les Prophètes aient décidé le contraire.
Les soldats étaient tous prêts. Ils étaient légèrement armés : pistolets et grenades à plasma, needlers. Seul le sergent vétéran de son escouade possédait une carabine Unggoy. Combien de vies seraient gâchées cette fois-ci ? Et pour quoi faire ?
-Déploiement dans trois unités de temps, annonça calmement le pilote Sangheili du phantom dans les hauts-parleurs.
Le lieutenant Carlson était inquiet. Les Covenants étaient là, tout proches, il le savait. Le contact avec la base de recherche avait été perdu, et une gigantesque bataille s´était déroulée à quelques kilomètres seulement. Presque tous les appareils, chasseurs SkyHawk et bombardiers Longswords, avaient été consumés dans la bataille, et un raid aérien Covenant avait détruit les chasseurs restants ainsi que les réservoirs de carburant et le radar longue portée. Maintenant, la moitié de la base était en flammes, et des équipes tentaient désespérément de maîtriser l´incendie. C´était le moment idéal pour une attaque surprise de la part des Covenants.
La salle de contrôle était dévastée. Un de ces salauds de Séraphs avait copieusement balayé la tour avec ses canons à plasma, emportant le capitaine et les deux tiers du personnel de commandement. Le matériel informatique avait pu être remplacé avec les ordinateurs et terminaux de rechange, jetés à la va-vite sur les tables couvertes de bouts de verre et de sang. Des câbles serpentaient dans toute la salle. L´I.A. de la base, Patton, avait été détruite. Et les derniers officiers de la base avaient dû prendre le commandement de la base au pied levé. C´était désormais lui le boss.
Mais le boss de quoi ? Plus de trente soldats et pilotes avaient été tués lors du raid Covenant, et vingt-cinq autres étaient morts au combat, envoyés dans la bataille qui embrasait la base de recherche environnante. Il n´étaient plus qu´une quarantaine pour défendre la base aérienne, dont la moitié étaient des pilotes inexpérimentés au combat au sol. Ils manquaient aussi d´armes, l´armurerie principale ayant sauté, et la majorité des soldats n´étaient équipés que de leurs pistolets M6C, qu´ils devaient porter en permanence en cas d´urgence. Et avec le brasier qui régnait dans une bonne moitié de la base, à cause de l´explosion des réservoirs de carburant, une importante part des hommes disponibles étaient occupés à la maîtrise des flammes. Leur situation était tout simplement catastrophique.
-Lieutenant ! S´écria l´opérateur radar, on a un contact sur le radar courte portée !
L´officier s´élança vers le siège poussiéreux du sergent.
-Quoi ? Qu´est-ce que c´est ?
Cinq contacts approchaient de la base, en formation standard en V inversé. Carlson, qui connaissait les bases en matière de détection radar, lu les informations affichées en bas de l´écran : 32.4 mètres de longueur.
-D´après les données, reprit l´opérateur, ce sont...
-Des phantoms Covenants. Je sais.
Carlson se redressa, s´adressant à toutes les personnes de la salle.
-Soldats, on a de la compagnie ! Cinq phantoms en approche, ils arrivent en rase-mottes. Alerte générale ! Abandonnez les flammes, dites à tous nos gens d´aller se battre !
Carlson était réellement fait pour commander. Il avait l´étoffe d´un grand officier. Cependant, alors qu´il affichait la plus parfaite assurance, personne ne vit qu´il croisais les doigts, dans son dos.
Lorsque les phantoms arrivèrent en vue de la base aérienne humaine, les pilotes furent surpris de ne pas être accueillis à coup de FLAK. Ils en devinèrent rapidement la raison en voyant le radar longue distance détruit et la moitié de la base en flammes. Des humains courraient sur les pistes de décollage éventrées. Les canons des phantoms se déplièrent et prirent pour cible les infidèles alors que les vaisseaux Covenants se posaient, rapidement, à environ cent cinquante mètres de la base.
-Allez allez allez ! Cria le pilote Sangheili.
L´ascenseur gravitationnel du compartiment de transport s´activa, et les Unggoy s´y abandonnèrent un par un, en bon ordre.
Grunty Grutu se retrouva subitement les pattes en l´air, à cinq mètres du sol, descendant rapidement vers le sol. Les canons à plasma du phantom tonnaient à côté de lui, tirant sur les mitrailleuses fixes que les humains essayaient d´atteindre, au loin, sur les pistes. Les Unggoy se déployèrent rapidement sur le sol et se mirent immédiatement en route.
Les phantoms ne restèrent pas longtemps et, dès leurs cargaison de soldats arrivée à bon port, ils quittèrent l´espace aérien en vitesse, laissant les Unggoy à leur sort. Les petits Covenants galopaient dans la neige, s´aidant parfois de leurs pattes antérieures pour gagner de la vitesse. L´escouade dont Grunty faisait partie comportait vingt Unggoy, dont une poignée d´artilleurs de couleurs verte équipés de tourelles à plasma portatives ou de canons à combustible. Regardant furtivement sur ses côtés, Grutu aperçut les autres groupes, qui avaient été largués plus loin. Certains avaient déjà pris de l´avance. Soudain, les canons d´une mitrailleuse humaine M247 GP tonnèrent, crachant des flots de balles sur une des escouades Covenantes. Les Unggoy des autres escouades poussèrent des cris de panique et redoublèrent d´efforts pour courir plus vite alors que leurs camarades de combat se faisaient faucher impitoyablement. Grutu était complètement paniqué, mais ne regarda pas le massacre. Seul l´objectif importait. La piste, la piste...
Lorsqu´une deuxième arme automatique humaine dirigea ses feux sur un autre groupe de Unggoy, Grutu entonna une prière. Les soldats qui courraient à côté de lui étaient tout aussi paniqués, mais un des artilleurs prit la parole :
-Attendez ! Je suis à portée de tir ! Je vais essayer d´arroser cette tourelle avec mon canon à combustible !
Le sergent du groupe fit signe aux autres Unggoy de s´arrêter, et de se baisser.
-Bien, restez ici, mais nous ne pouvons pas prendre de risques trop élevés. Je vous confie quelques soldats, et nous, nous allons continuer. Compris ?
L´artilleur Unggoy comprit tout de suite. Ils allaient attirer l´attention des mitrailleuses, et si elles n´étaient pas détruites, les tireurs Covenants seraient rapidement fauchés.
De la sueur coulait sur son front. Il ne voulait pas mourir. Il n´était plus très sûr de vouloir bombarder les positions ennemies, à présent.
-COMPRIS ? Répéta le sergent.
-Oui, oui, c´est compris.
-Bien. On a plus le temps, on doit y aller.
C´est alors qu´il désigna. Dans ce cas, Grunty ne savait pas ce qui était le mieux. En vérité, il avait autant de chance de mourir quelle que soit sa position dans la base. Au loin, des tirs de canons à combustible retentissaient déjà.
-Toi, toi, toi, toi et vous deux, vous restez ici. Les autres, en avant !
C´était fini. Grutu avait été désigné. Il resta figé, à moitié couché sur le sol, alors que le reste de l´escouade filait vers la base. Cette dernière n´était plus qu´à une cinquantaine de mètres, désormais, et les tirs de mitrailleuses humaines était assourdissants. Un des deux artilleurs Unggoy qu´il devait escorter lui fit une tape sur l´épaule et lui cria dans les oreilles.
-Allez, on se bouge ! Couche-toi !
Le Unggoy se jeta au sol, à plat ventre. Mais cette position n´était guère plus furtive à cause de son imposant réservoir de méthane saillant. Mais c´était ce qu´il y avait de mieux.
Les artilleurs, couchés à plat ventre eux aussi, épaulèrent leurs canons. Ils utilisèrent le double grossissement de l´arme pour viser la position humaine, en prenant en compte la trajectoire en arc du projectile explosif. Prenant conscience que chaque seconde passée mettait fin à la vie de plusieurs soldats Covenants, ils se hâtèrent de tirer. Le recul impressionnant de leurs armes les firent décoller de vingt centimètres alors qu´ils tiraient chacun deux fois, les projectiles zébrant la nuit. Deux barreaux de combustible atteignirent leur cible, une position humaine légèrement fortifiée au moyen de sacs de sable. L´explosion du combustible détruisit la tourelle et tua instantanément les deux servants d´armes humains de la position. Les Unggoy crièrent de joie et se relevèrent.
-Allez, on y va ! Il faut rattraper le sergent ! Dit un Unggoy de l´escorte.
La petite troupe se remit à courir. Le paysage qui s´offrait à Grutu était apocalyptique : un immense nuage de fumée couvrait le ciel, un énorme brasier envahissait la base, les bruits des armes humaines envahissaient l´air et les cadavres de Unggoy jonchaient le sol, aux endroits où galopait auparavant une escouade de vingt soldats. Il faisait une chaleur étouffante, surtout pour un Unggoy. Des soldats Covenants courraient de partout, par petits groupes, certains déjà gravement blessés. Au loin, Grutu aperçut son escouade, qui avait déjà atteint une piste d´atterrissage. Ses effectifs avaient diminué de moitié, des corps de Unggoy criblés de balles semés derrière elle comme les cailloux du petit poucet. Ils se faisaient tirer dessus depuis le sommet d´un bâtiment, mais le seul artilleur restant du groupe faisait du bon travail avec son canon.
Les huit Unggoy dont faisait partie Grutu arrivèrent bientôt sur le goudron de la piste d´atterrissage principale de la base, épuisés. Des carcasses de vaisseaux humains constituaient le seul couvert sur ce terrain totalement plat. Après avoir franchit le grillage qui délimitait la base, préalablement fondu au moyen de leurs armes à plasma, les Covenants coururent encore sur trente mètres, à bout de forces, avant de se jeter derrière un bombardier C709 Longsword carbonisé qui avait été détruit au décollage. Grutu reprit son souffle, inspirant de grosses bouffées de méthane. Il transpirait déjà abondamment. Au bout de quinze secondes, lorsque les soldats eurent repris leur souffle, un des Unggoy prit la parole :
-Bon, on doit traverser à découvert jusqu´à l´escouade du sergent. Ils ont l´air de bien s´en sortir.
-Attendez, dit un artilleur. Il reste des tourelles ennemies. On doit s´en occuper.
-Il a raison, nous sommes peut-être à l´intérieur de la base mais ce n´est pas le cas de toutes nos troupes, dit le second artilleur.
-C´est d´accord, conclua un escorteur. Avez-vous une position de tir en tête ?
Les artilleurs risquèrent un oeil au coin de l´épave de Longsword.
-Il y a deux mitrailleuses encore actives. Elles tirent au même endroit. C´est louche, nos gars doivent être sérieusement à couvert. Elles ne sont pas très loin, mais c´est à découvert tout le long.
Les Covenants sifflèrent. Sacré voyage... En enfer.
-Il y a trois humains dans ce trou à feu, continua Gluglu. Un servant la mitrailleuse et deux couvrant l´arrière.
-C´est faisable, dit un Unggoy prénommé Bozow. Les humains sont assez loin d´ici.
-Non ! J´y vais pas ! J´y vais pas ! Cria un jeune soldat.
-C´est comme tu veux, rétorqua Bozow de sa petite voix, reste ici. Tu viendra pas pleurer.
-Ne traînons pas ici plus longtemps, conclut Gluglu. Nos frères meurent !
Sur ce, les Unggoy se regardèrent. Bozow hocha la tête. Les extraterrestres prirent une longue bouffée de méthane et s´élancèrent.
Le but était de détruire la tourelle la plus proche, peut-être les deux si les Covenants avaient de la chance. Pour cela, Gluglu et Zwinwin devraient survivre avec leurs canons, et furent donc placés au milieu du groupe.
Au loin, une carcasse de chasseur atmosphérique SkyHawk achevait de se consumer. Elle offrirait un couvert excellent, et depuis lequel des frappes étaient possibles au moins sur la première tourelle ennemie. Mais il fallait parcourir plus de cinquante mètres pour l´atteindre, ce qui était éprouvant pour un Unggoy.
Dans le trou à feu ennemi, les deux marines chargés de la sécurité du servant d´arme épaulèrent leurs fusils BR55. Les soldats encore équipés de ces armes étaient rares, et ils avaient donc été envoyés en première ligne, sur des positions où la précision de leurs fusils était exigée. Les humains s´accroupirent et visèrent patiemment la tête des soldats Covenants, avant d´ouvrir le feu. Les Grunts étaient encore loin, et la précision de leurs tirs était au mieux approximative, cependant quelques tirs firent mouche, atteignant les envahisseurs dans les pattes ou dans le torse. Les marines de l´UNSC soutinrent le tir.
Les balles fusaient dans l´air à côté des Unggoy, rasant les petits corps fragiles des extraterrestres. Au bout de la sixième rafale des humains, un projectile de métal KAT 9.5X40 mm atteignit Valav, le Unggoy le plus proche de Grutu, en plein torse. Grutu s´arrêta pour essayer de traîner son compagnon sur le sol lorsqu´il fut touché à son tour au niveau de la patte postérieure droite. Il poussa un hurlement en s´effondrant au sol, du sang bleu s´échappant de la blessure.
Grutu se tortillait sur le sol, aux côtés de son frère de race. Les deux extraterrestres criaient à l´aide, mais les autres Unggoy désiraient sauver leurs vies. D´autres soldats furent touché, plus loin. Grutu et Valav étaient abandonnés en plein milieu d´une piste de décollage.
Grunty pencha la tête pour regarder Valav, agonisant. Un cratère d´impact était creusé dans son plastron, du sang suintant sur son armure jaune. Lui ne criait pas. Son corps était envahi de spasmes.
Grutu se coucha sur lui, ne sachant que faire. Sa patte lui faisait mal, et il n´était pas médecin. Mais Valav devenait de plus en plus livide, il devait agir. Essayer. Il appliqua sa main sur la blessure et appuya fortement, pour stopper l´écoulement de sang, mais un pic de douleur rayonna de sa blessure à la jambe, et il se redressa en hurlant avant de retomber sur le sol, se tordant de douleur.
Bozow voyait l´épave de SkyHawk se rapprocher, toujours plus vite. Elle était là, toute proche...
Une rafale de BR55 fit éclater la tête du Unggoy qui courait à sa droite, lui éclaboussant le visage. Il cria, la peur montant en lui, mais continua de courir droit devant lui. Les humains étaient distants d´une cinquantaine de mètres désormais, mais c´était encore trop loin pour les toucher avec leurs pistolets à plasma. Mais le SkyHawk était là, tout proche...
Soudain, une rafale acheva Gluglu, déjà sévèrement touché. Le Unggoy gémit, se tordant, avant de s´effondrer sur le sol en laissant choir son arme à barreaux de combustible. Un soldats Unggoy récupéra le canon, sans s´arrêter. Il fut abattu cinq mètres plus loin. Ce fut alors Bozow qui ramassa l´arme lourde. Elle était lourde, mais l´objectif était proche...
Parcourant péniblement les dix derniers mètres le séparant du vaisseau humain écrasé, Bozow se jeta au sol, épuisé. Il leva la tête en reprenant son souffle : seuls deux autres Unggoy se tenaient à ses côtés, sur huit. Il y avait Wadaz, l´artilleur, touché mais protégé par son armure renforcée, et Bladoum, jeune soldat qui s´était recroquevillé dans un coin, tout tremblant. Mais ils tremblaient tous. Bozow rappela Wadaz à la réalité en lui donnant une tape sur l´épaule.
-Maintenant, au boulot.
Grunty ne savait plus quoi faire, sa mort lui semblait inévitable. Il baignait dans une marre de sang bleu, son propre sang et celui de Valav, livide, qui gisait à ses côtés. Grutu aurait voulu faire quelque chose pour lui, mais il ne le pouvait tout simplement pas. Il n´avait pas de matériel de secours et, même si il en avait eu, il n´aurait pas su l´utiliser. Maintenant il lui chantonnait une berceuse Unggoy, calmement, pour le tranquilliser à l´heure de sa mort. Valav ne respirait presque plus, était couvert de son propre sang et tremblait, de plus en plus faiblement. Il souffrait atrocement mais n´avait même plus la force de crier.
Grutu réalisa subitement qu´il pouvait encore tenter quelque chose pour son compagnon. Ce serai sans doute la chose la plus difficile à faire de toute sa courte vie, mais c´était également si simple...
Il passa au deuxième couplet de la berceuse, chantonnant lentement, doucement.
-Le Unggoy est mort ce soir...
Il s´approcha de Valav, le prenant dans ses bras.
-Loin de chez lui...
Il approcha sa main du visage de son camarade. Il tremblait autant que lui à présent. Il n´arrivait pas à le croire, mais c´était ce qu´il y avait de mieux pour lui.
-Seul, dans le noir...
D´un coup sec, il arracha le masque respiratoire du visage de Valav, découvrant une bouche tremblante, aux lèvres blêmes, remplie de sang. Il avait peur, mais il décida d´accompagner son frère Unggoy. Des larmes se mirent à couler sur ses joues.
-Loin de chez lui.
Valav, contre toute attente, semblait serein. Il ne tenta pas de se débattre. Il laissa tomber ses bras le long de son corps, et s´abandonna à la mort. Grunty pleurait à chaudes larmes.
-Que ta seconde vie te soit douce, mon frère.
Quinze secondes s´écoulèrent, des secondes interminables. Puis Valav s´immobilisa, figé, blanc. Grutu ferma les yeux du Unggoy disparu, et s´effondra sur son corps, en pleurant.
Il fallait positiver : les humains étaient trois aussi, après tout. Le même nombre qu´eux. Seulement les Unggoy possédaient des canons à barreaux de combustible. Le tout était de coordonner l´attaque pour échapper aux tirs précis des humains. Et la coordination n´était pas vraiment innée chez les Unggoy.
Bozow se concentrai. Il n´était que soldat, et c´était la première fois qu´il tenait un canon à barreaux de combustible. Cette arme était très lourde et tirait en cloche. Wadaz lui avait rapidement expliqué les bases : tirer légèrement au-dessus de la cible et bien faire attention au recul. Il fallait faire vite. Bladoum, remotivé mais toujours tremblant, était prêt à réceptionner les canons en cas de décès d´un des tireurs. Mais Wadaz aussi bien que Bozow savaient que les nerfs du petit Unggoy ne résisteraient pas à la vue d´un autre crâne explosé, et qu´il ne ramasserai pas de canon quoi qu´il arrive.
Wadaz fit signe à Bozow, et les Unggoy grimpèrent sur l´épave du SkyHawk humain.
Dès que ses coussinets touchèrent la carcasse léchée par les flammes, Bozow aligna son oeil avec le système de visée de son arme, pointa en direction de la mitrailleuse malgré son tremblement, et tira deux projectiles. Wadaz l´imita. Les humains avaient tiré une rafale chacun lorsqu´ils virent les projectiles verts s´élancer dans les airs puis dessiner une courbe dont ils étaient le point de chute.
Les deux projectiles de Wadaz, le professionnel, atteignirent leur cible et détruisirent la tourelle, vitrifiant le trou à feu humain. Un seul des deux projectiles de Bozow toucha un humain, le faisant voltiger dans les airs, à moitié carbonisé. Le troisième et dernier humain ralentit sa course, effectua une roulade, regarda rapidement autour de lui et commença à tirer en direction des Unggoy. Les rafales de son fusil de combat sifflèrent près des oreilles des Covenants, et Bozow se jeta à l´abri derrière le SkyHawk. Wadaz, lui, ajusta le réticule de visée de la lunette de son arme aux pieds de l´humain. Il allait appuyer sur la détente lorsqu´une rafale l´atteignit au niveau de l´abdomen, le faisant violemment reculer. Deux rafales plus tard, le Unggoy était mort.
Bozow poussa un cri de surprise en voyant son frère s´effondrer. Bladoum, se trouvant à côté de lui, trembla, immobile, sur ses jambes pendant cinq secondes avant de courir dans tous les sens en hurlant. Puis il s´arrêta subitement pour se rouler en boule sous un train d´atterrissage de l´épave humaine. Bozow tenta de recharger son canon mais il tremblait trop pour insérer de nouveaux barreaux de combustible.
Il regarda au coin de l´épave, terrorisé. C´était bien ce qui lui avait semblé : les tirs de la seconde mitrailleuse s´était également tue. Et des tirs Covenants convergeaient vers sa position depuis l´intérieur de la base.
Le lieutenant Jajaw avait les oreilles en bouillie. Depuis dix minutes, les humains tiraient sur sa position avec leurs mitrailleuses primitives. Il avait perdu tout espoir, lui comme les dix autres Unggoy qui avaient couru assez vite pour atteindre le couvert de cette colline. Accroupis, les mains repliées sur sa tête, il avait lâché sa carabine et entonné sa prière. Il acceptait désormais son destin, assuré d´accéder à l´au-delà par ses nombreux héroïsmes passés et sa mort au combat. Il ne criait même plus.
Soudain, les feux ennemis se réduisirent de moitié. Il se demanda ce qu´il se passait lorsque les feux des mitrailleuses cessèrent totalement. Un silence irréel, inespéré s´instaura. Après quelques secondes d´hésitation, les Unggoy ôtèrent leurs mains de leurs oreilles, encore toutes bourdonnantes. Une intervention du saint esprit !
Lorsque les Unggoy commencèrent à regarder ce qu´il se passait en soulevant leurs têtes à découvert, Jajaw se mit à hurler. Il avait tant vu cette ruse humaine auparavant !
Mais il ne se passa rien. Rien du tout.
-Reculez, reculez ! Ils sont en train de recharger ! Cria Jajaw.
-Mais chef, ce sont des Unggoy là-bas !
-Quoi ?
Le lieutenant utilisa la lunette à double grossissement de son arme pour éclaircir cette affaire. Un groupe d´une demi-douzaine de Covenants leur faisaient de grands signes de la main.
-Les forerunners soient loués ! En avant, soldats !
Les Unggoy, encore à moitié sourds, ramassèrent leurs armes et se ruèrent vers leurs sauveteurs en criant leur joie. Ils sautillèrent dans la neige, libérés.
-n se calme ! Cria le lieutenant. La bataille n´est pas terminée !
Bien que ses hommes le respectaient, il n´était pas un Sangheili et avait donc moins d´autorité. Les Unggoy continuèrent à courir.
Lorsqu´ils eurent parcourus les trente mètres les séparant des trous à feu ennemis, ils s´agitèrent autour de ceux qui leur avaient sauvé la vie. Le lieutenant arriva en dernier, calmement. Il reconnut directement le chef des Unggoy qui les avaient sauvé en attaquant les deux occupants d´une tourelle ennemie par derrière et en achevant le dernier survivant de la dernière tourelle. Il s´approcha de lui.
-Eh bien, sergent, vous nous avez sauvé la vie à tous, lui dit-il de sa petite voix.
-Nous n´avons aucun mérite, nous les avons attaqué dans le dos.
Jajaw regarda autour de lui. À ses dix Unggoy venaient s´ajouter les six du sergent et deux invités surprise équipés de canons à barreaux de combustible, qui leur seraient bien utiles.
-Vous avez des nouvelles des autres escouades ? Questionna Jajaw.
-Non, nous en avons juste aperçue une s´approchant de la tour de contrôle. Les autres sont en général divisées en groupes plus petits, et résistent dans toute la base contre les humains. Ceux-ci sont mal armés, grâce aux dieux, et leurs seuls véritables soldats avaient été envoyés dans les tourelles.
-Vous avez rencontré beaucoup de survivants en chemin ?
-Non, juste aperçu de loin. Il y a pas mal de cadavres un peu partout. C´est une véritable boucherie.
Un des Unggoy équipés de canon à combustible s´approcha.
-Chef, chef, on a laissé des blessés derrière nous. Nous devrions les récupérer et les emmener dans un endroit sûr.
Jajaw réfléchi un peu.
-Et les envoyer où ? On ne peut pas s´en occuper.
-On pourrais les laisser dans un hangar, ou derrière une carcasse ! Cela augmenterai déjà leurs chances de survie !
-Tu as raison... C´est d´accord. Il faut faire vite, et attaquer les dernières poches de résistance des infidèles.
Le lieutenant regarda en direction de la tour de contrôle de la base, saillante au-dessus des hangars.
-On vous suit.
Carlson n´en pouvait plus. Ses hommes se faisaient décimer par les petits gnomes. Les pertes humaines s´élevaient déjà à près de trente, contre soixante-dix chez l´ennemi. Intolérable ! Si seulement il avait eu plus de soldats et de matériel...
Il ne lui restait que treize soldats, en réalité des pilotes armés de pistolets, repliés au sens large autour de la salle de contrôle. Bien sûr, il restait encore quelques soldats, dispersés dans toute la base, pris pour cible par de petits groupes de Grunts. Ils n´avaient plus rien à défendre, à part leurs vies. Toute la base était détruite. Au nord par les flammes, au sud par les Covenants, au centre par les raids aériens.
La tour de contrôle se trouvait entre une piste de décollage défoncée et une ligne de hangars. Heureusement, les Covenants n´avaient pas pu débarquer directement face à la tour, car la piste qui lui faisait face était en flammes. Les Grunts devraient donc passer par les hangars, où étaient placés des hommes. Si seulement ils avaient des fusils, des grenades, des mitrailleuses !
Carlson baissa les yeux sur un ordinateur portable posé sur une table couverte de bout de verre. Il songea un instant enclencher la procédure d´autodestruction à la base, mais ne bougea pas. Pour détruire quoi ?
Non. Ils allaient se battre. Si il devrait détruire cette base, ce serait pour envoyer ces aliens en enfer.
Grutu vit des formes s´avancer vers lui. Enfin ! Il leva la tête, péniblement.
Sa patte l´avait empêché de marcher, mais il avait réussi à se traîner sur dix mètres vers l´épave du SkyHawk. À bout de forces, il s´était laissé tombé sur le bitume, désespéré. Mais apparemment les Dieux en avaient décidé autrement.
Une escouade de Unggoy arriva autour de lui. Grutu vit rapidement que ses frères portaient un autre blessé que lui, un autre membre de son escouade, touché à l´abdomen alors que son groupe courrait à l´abri du SkyHawk.
-Tu m´entends ? Réponds-moi ! Cria un soldat à Grunty.
-Bien sûr qu´il t´entend, crétin ! Il est blessé à la patte ! Se moqua un second Unggoy.
-Tu crois que c´est grave ?
-Je sais pas, le médoc s´est fait descendre, mais j´ai déjà vu des types s´en sortir avec plus grave que ça.
-Lieutenant ? Qu´est-ce qu´on fait des blessés ? Demanda une voix plus lointaine.
-Emmenez-les à l´abri, derrière une colline. Laissez-leurs leurs armes et postez deux Unggoy à leurs côtés pour les garder. Ils seront évacués au retour des phantoms.
-Bien chef ! Les gars, vous avez entendu ?
Deux Unggoy saisirent Grutu, au niveau des pieds et des bras, et il fut transporté en dehors de la base.
Les Grunts allaient et venaient, récupéraient leurs blessés. ça le dégoûtait. Si seulement il avait un SRS99C standard des marines à la lace de ses jumelles...
Une poignée de Grunts déposait deux blessés derrière une colline. Et vas-y que ça parlote... Deux restent. Quel gâchis. Parfaitement dans sa ligne de tir. De quoi faire un joli carton. Vraiment dommage.
Les autres se réunissaient... Ils étaient deux fois plus nombreux que les humains, et avec des pistolets M6C, les arrêter serait difficile. Surtout que certains étaient équipés d´une nouvelle arme qu´il n´avait jamais vue auparavant. Une sorte de fusil, assez encombrant pour un Grunt.
Lorsque deux des Covenants qui avaient transporté les blessés hors des zones de combat rejoignirent le reste de leur escouade, les Grunts se mirent en route. Un enseigne vint interrompre le lieutenant dans ses observations à ce moment là :
-Chef, mouvements Covenants à l´Est.
-À l´Est ?
-Oui, mon lieutenant.
-On en a aussi au nord alors, dit-il en pointant du doigt l´escouade de Grunts qu´il avait observée. Préparez le comité de réception.
-Oui, chef !
-On va peut-être y passer, mais on va bien vous plomber le cul au passage, mes jolis, ajouta-il une fois que l´enseigne se soit retiré.
Les dix-huit Unggoy sous le commandement du lieutenant Jajaw arrivèrent à l´entrée d´un hangar, après avoir traversé les deux pistes principales parallèles de la base. Les énormes portes coulissantes étaient entrebaillées, et Jajaw fit signe à ses Unggoy de s´engouffrèrent à l´intérieur.
Le hangar contenait exclusivement des caisses de matériel pour les chasseurs. Aucun appareil ne s´y trouvait, mais une place y était destinée. À l´autre bout de la pièce, cinq humains attendaient d´intercepter les Covenants en ce point stratégique.
Les pilotes braquèrent leurs pistolets M6C Magnums, ajustèrent leurs tirs pendant un quart de seconde et ouvrirent le feu. Deux Covenants furent abattus d´entrée de jeu, pris pour cible par tous les humains de concert. Les autres Unggoy s´élancèrent derrière des caisses environnantes, ou prirent la fuite hors du hangar en agitant leurs bras dans les airs. L´un d´eux fut abattu.
Jajaw constata qu´il avait eu une bonne idée en laissant passer ses subalternes en premier. Il se jeta dans la pièce, tremblant d´entrée de jeu, et réussi à courir derrière une caisse alors que les humains changeaient de position pour éviter d´être pris pour cible par des grenades. Le lieutenant Unggoy se mit en position, prêt au tir. Il tenta de se maîtriser pour éviter de trembler et ainsi pouvoir viser ; il y arriva partiellement. Lorsque les humains pointèrent leurs armes pour tirer, il tira cinq coups, dont un arracha le casque d´un impie. Il se remit rapidement à couvert.
Deux Unggoy lancèrent des grenades à plasma derrière les caisses. Des cris humains retentirent -un avertissement, sans doute- puis une explosion. Des caisses volèrent, faisant apparaître un humain à découvert. Jajaw saisit cette opportunité et jaillit de sa cachette pour mitrailler le malheureux pilote. Aucun tir ne fut mortel à cause de la piètre visée du Unggoy, mais les nombreux tirs handicapèrent sérieusement la cible, qui fut traînée à couvert.
-Continuez à lancer des grenades ! Ordonna Jajaw.
Les Unggoy qui avaient fui hors du hangar revinrent dans la pièce, ce qui eut pour effet de faire jaillir les canons des humains. Huit détonations retentirent et trois des cinq Unggoy rescapés tombèrent sur le sol.
Trois grenades à plasma furent lancées derrières les caisses. Durant trois secondes, les Unggoy qui ne paniquaient pas trop s´immobilisèrent, prêts au tir. Un humain roula sur le côté pour échapper à l´explosion d´une grenade, mais tous les Covenants ouvrirent le feu sur lui. Son casque vola, son armure noircit, il fut blessé aux deux bras et lâcha son arme, mais il réussit à retourner à couvert. C´était très frustrant.
-Fusées ! Ordonna Jajaw.
Trois grenades retombèrent dans le camp ennemi, emportant cette fois deux infidèles dans les flammes de l´enfer. Il en restait donc trois, dont deux sérieusement blessés.
Jajaw ausculta les Unggoy de son escouade : ils étaient presque à cour de grenades. Elles leur seraient utiles par la suite. Il jugea donc bon de lancer les Unggoy dans ce que les Sangheili leur faisaient toujours faire :
-Chargez !
Les trois quarts des Covenants répondirent promptement, les autres restèrent figés sur place par la peur. Un magnum sortit au-dessus des caisses et ouvrit le feu à l´aveuglette, touchant trois Unggoy. Puis ceux-ci contournèrent les caisses et lâchèrent toute leur fureur sur les humains. Ouvrant le feu dans un dernier effort, les hérétiques abattirent trois soldats Covenants supplémentaires avant de rendre l´âme.
Jajaw sortit de derrière les caisses et essaya de remotiver les Unggoy apeurés qui n´avaient pas chargé. Regardant le sol autour de lui, il remarqua que neuf des siens étaient décédés et quatre autres blessés. Ils n´étaient plus que neuf... Et les humains ? Combien pouvait-il en rester ?
-Le groupe Alpha a signalé un contact, mon lieutenant !
-C´est la deuxième équipe de Grunts qui arrive des hangars !
Un tir de plasma passa juste au-dessus de la tête de Carlson, qui était posté derrière un bureau de la tour de contrôle. De là, lui et six autres pilotes avaient une vue d´ensemble sur le champ de bataille en contrebas. Enfin, champ de bataille était un bien grand mot, il s´agissait en fait plus d´une escarmouche. Un premier groupe d´une douzaine de Grunts les avaient attaqués par l´Est, et ils étaient en cours d´élimination. Mais trois humains avaient déjà succombé, par faute de posséder des grenades M9 HE-DP... Ou quelque chose de plus puissant qu´un Magnum. Carlson abattit un Grunt en contrebas d´une rafale semi-automatique, alors que l´un des pilotes défendant la tour de contrôle se faisait atteindre à la tête par un tir d´une de ces nouvelles armes Covenantes.
Jajaw regarda au coin du mur : depuis cette porte de derrière, ils pourraient prendre les humains à revers alors qu´ils concentraient leurs tirs sur... Des Unggoy !
-Soldats, surveillez vos tirs, on a des alliés en train de combattre !
-Ouais ! S´exclamèrent quelques Covenants.
-On va prendre les humains à revers avec nos grenades. Préparez-vous à lancer tout ce que vous avez !
Cinq Unggoy saisirent leurs dernières grenades. C´était peut, mais ce serait peut-être suffisant.
Jajaw se remit à évaluer la situation. La tour était relativement proche, à une vingtaine de mètres seulement. Ils devaient monter à l´intérieur et neutraliser les humains qui la défendaient. Le lieutenant grogna.
-On va devoir courir jusqu´au pied de la tour de contrôle, tenez-vous prêts !
Les Unggoy resserrèrent davantage leur prise sur leurs armes.
-On y va !
Jajaw s´élança, suivit de plus ou moins près par le reste de ses troupes. Un humain au sommet de la tour les aperçut, le signala à ses frères d´armes et ouvrit le feu. Un Unggoy fut touché à la tête et effectua un salto arrière, un autre fut touché par quatre projectiles et s´effondra. À trois, les pilotes abattirent cinq Covenants au moyen de leurs M6C.
Lorsque Jajaw s´arrêta au pied de la tour et qu´il regarda ses troupes, il constata qu´il n´avait plus que quatre Unggoy sous son commandement. Ils étaient terrorisés , mais il leur fallait effectuer une dernière action.
-Soldats ! Lancez vos grenades !
Les petits Covenants ne possédaient pas tous des grenades, mais ceux qui en avaient les lancèrent sur les humains qui leur tournaient le dos, à dix mètres seulement de distance, et qui étaient en train d´ouvrir le feu sur un autre groupe d´Unggoy. La grenade à plasma : la seule vraie force du Unggoy.
Trois grenades partirent vers les huit marines qui étaient en train de mitrailler, à couvert. Une grenade adhéra au pied d´un des humains ; lorsqu´il s´en rendit compte, il se mit à courir en hurlant mais ne pu pas décoller l´explosif de son armure. L´explosion emporta un autre marine avec lui. Les autres grenades tuèrent chacune un marine.
-Continuez à lancer, jusqu´à ce qu´il ne vous en reste plus !
Deux grenades filèrent vers les ennemis : l´une d´elle tua un humain, l´autre explosa sans dommages à cause de la vivacité de sa cible. Il ne restait donc plus que trois soldats ennemis.
-À couvert ! Mettez-vous à couvert !
Les Unggoy de Jajaw coururent se cacher, mais deux d´entre eux furent abattus avant, un autre fut blessé par une balle de pistolet. Une grenade à plasma, venant de l´autre groupe de Covenants qui tirait sur les humains, atterrit au pied des soldats ennemis. Son explosion entraîna la mort d´un autre infidèle.
Les Unggoy mitraillaient. Leurs ennemis étaient maintenant vulnérables, ils n´avaient nulle part où se cacher. Jajaw épaula sa carabine, visa précautionneusement, et tira de multiples fois en direction d´un soldat. celui-ci, atteint en même temps par des tirs de plasma, rendit rapidement l´âme après avoir abattu un dernier Unggoy qui n´appartenait pas à l´escouade de Jajaw. Le dernier humain tenta de se replier dans la tour de contrôle, mais il fut touché par une dizaine de tirs de needler. L´explosion qui s´ensuivit le disloqua en morceaux, son corps éclatant et son sang couvrant le sol comme une tomate trop mûre lancée avec force.
Les Unggoy bondirent de joie.
Carlson essuya le sang qui suintait de sa bouche avec le revers de sa manche et inséra un nouveau chargeur dans son pistolet. Son dernier.
Autour de lui, il ne restait plus que trois pilotes. D´après ce qu´il avait vu, il restait une quinzaine de Grunts autour de la tour de contrôle. C´était incroyable : plus ils en tuaient, plus il en venait. Mais désormais, ils avaient une position stratégique. Ils étaient en haut d´un escalier. Cependant il doutais fort de pouvoir l´emporter.
-Les gars, dit-il à ses trois derniers hommes présents dans la salle de contrôle, je crois que notre dernière heure est arrivée.
Les pilotes avaient le visage grave. Ils avaient juré de défendre l´humanité, et avaient décidé de le faire jusqu´au bout.
-Tâchons donc de mourir dans l´honneur.
Il leva une courte clef de couleur rouge pour illustrer ses propos. Les pilotes acquiescèrent, déterminés.
-Très bien mon lieutenant, dit un sergent de la Navy. Nous tâcherons de vous laisser assez de temps.
Jajaw vit les Unggoy de la seconde escouade courir vers lui, au pied de la tour de contrôle. À sa grande surprise, aucun officier ou sous-officier n´avait survécu. Il prenait donc naturellement le commandement tactique de l´opération. Il entr´aperçut la position qu´occupaient les Unggoy alors que ceux-ci se déplaçaient : elle était jonchée de cadavres sanguinolents de Covenants.
Il restait approximativement quinze soldats à sa disposition, et il y avait une quantité inconnue d´humains à exterminer dans la tour. Il faudrait faire attention au gaspillage, ce qui était difficile avec des Unggoy. Un nombre inconnu de Covenants se trouvait encore dispersé dans toute la base, c´était certain, mais il n´avait pas les moyens de les rassembler.
Jajaw analysa longuement la situation tactique et prit en compte tous les éléments qui pouvaient lui faire gagner cette bataille. Après avoir pesé le pour et le contre de chacune de ses possibles actions et avoir réfléchi aux conséquences de ses actes, il décida d´ordonner à ses troupes de rentrer en force tête baissée dans la tour et de faire ainsi ce que les Unggoy savaient faire le mieux : ne pas penser. Évidemment, il rentrerai en dernier.
Carlson se dépêchait. Il naviguait d´un programme de sécurité à un autre, entrant mots de passes et codes dans son terminal informatique. Jonglant avec les contre mesures et les directives de sécurité, il dégageait peu à peu la voie vers l´ordre d´autodestruction de la base. Durant une seconde, alors qu´un court temps de téléchargement lui permit enfin de ne pas penser aux réseaux informatiques, il se rendit compte qu´il se battait pour précipiter sa propre mort.
Les Unggoy tentaient d´escalader les marches de la tour de contrôle sous une pluie de balles. Haletants, ils gagnaient peu à peu du terrain au prix de très lourdes pertes. L´usage des grenades à plasma des Covenants était interdite pour ne pas détruire les terminaux informatiques susceptibles de déclencher l´autodestruction de la base. Ils devraient prendre la tour à coup de pistolets à plasma et de needlers.
Vague après vague, les tirs successifs des Unggoy vinrent à bout du caporal de la Navy Eliott Vegas, marié et père de deux enfants. Son corps sans vie roula dans les escaliers, piétiné par les coussinets des soldats Covenants. Le première classe Thomasson tenta de s´opposer à la vague d´assaillants, abattant quatre Unggoy de sang froid, la rage dans le regard, mais il s´effondra à son tour sous les assauts incessants des extraterrestres. L´avant-dernier défenseur humain, le sergent Edwards, recula marche par marche en abattant Unggoy sur Unggoy. Il recula jusqu´à la salle de contrôle où le lieutenant Carlson tentait désespérément d´enclencher l´explosion immédiate de toute la base, déjà réduite à l´état de ruine.
-Chef ! Ils sont trop nombreux ! Dépêchez-vous !
-Je fais ce que je peux !
ALERTE 23-BGX
VEUILLEZ ENTRER LE CODE D´ACCÈS LIMITÉ :
•••••••
CODE D´ENTRÉE VALIDE
ALERTE !
VOUS N´AVEZ PAS L´AUTORISATION D´ACCÉDER AU FICHIER D´AUTODESTRUCTION. VOUS NE POSSÉDEZ PAS...
Editer paramètres
Administrateur réseau
Une douzaine d´aiguilles de needler vinrent se planter dans l´abdomen de Thomasson. Celui-ci cria, abattit le tireur d´une balle de Magnum et explosa dans une gerbe de sang.
MISE À JOUR ADMINISTRATEUR EN COURS...
TERMINÉ
VOUS ÊTES LE NOUVEL ADMINISTRATEUR RÉSEAU
Fichier d´autodestruction
VOUS ÊTES DANS UN LOGICIEL LIMITÉ DE...
Oui
ATTENTION, VOUS ÊTES SUR LE POINTS DE...
Confirmer autodestruction
VOULEZ-VOUS INITIALISER UN COMPTE À REB...
Non
VEUILLEZ VALIDER LE...
•••••••
MOT DE PASSE CONFIRMÉ
LIEUTENANT J. CARLSON
PROCÉDURE EN COURS
Déjà des tirs de plasma grésillaient autour du lieutenant Carlson. Il se retourna, enfin assuré d´avoir accompli son devoir. Il tendit son magnum et descendit les trois Unggoy qui se trouvaient dans la pièce, attendant que les autres arrivent. Mais il savait qu´ils n´aurait pas le temps de les voir arriver.
-Je vous ai eu, fils de putes !
Grunty Grutu entendit un bruit énorme, qui le fit sursauter de vingt centimètres. Il poussa un petit cri, imité par les trois Unggoy se trouvant autour de lui, et leva la tête, oubliant momentanément sa douleur. Ce qu´il vit lui glaça le sang :
http://www.nikhef.nl/~h73~h73/kn1c/ELSTAT/Explosion.jpg
Une vague de chaleur intense lui frappa la figure, le faisant immédiatement plonger à l´abri derrière sa motte de terre. Le bruit lui déchira les tympans. Toute la neige fondit brusquement autour de la base. Il criait, mais sa voix était couvert par la détonation titanesque de l´explosion. Le souffle qu´il ressentit lui fit faire un bond en arrière de trente centimètres, et il roula en boule jusqu´au pied de la colline. Lorsqu´il se stabilisa enfin, criant toujours, le bruit avait cessé. Des morceaux de métal et de béton cribla le sol tout autour de lui.
On ne voyait pas à dix mètres sur le lieu de l´explosion encore fumant. Des soldats Unggoy survivants il ne restait même pas les carcasses. Tout avait été littéralement réduit en poussière.
Lorsque Malhap revint des ruines de la base, il avait le regard triste du soldat ayant était témoin des monstruosités de la guerre. Des cent Unggoy qui étaient partis à l´assaut de la base aérienne, il n´en restait que quatre.
Grutu était affaibli, blessé. Blessé à la patte, mais bien plus encore à l´âme. Il n´aurait pas passé beaucoup de temps dans cette compagnie. Il avait à peine eu le temps de se faire des amis qu´il les avait déjà perdus. Et le seul soldat qu´il avait tué durant cette mission avait été un autre Unggoy, mutilé et blessé à mort, qu´il avait achevé. Il regardait le champ de ruines fumantes maintenant, le regard vide. Perdu dans ses pensées, noir de saleté et à moitié couvert de sang Unggoy, il ne prêta même pas attention au phantom qui se posa derrière lui, qui les sortirai de l´enfer.
La guerre, c´était sale. Rien à voire avec les histoires légendaires de héros invincibles qu´on racontait aux civils. L´image du Unggoy fier qui servait pour les Dieux était une chimère. Sur le front, il n´y avait que mort, ruines et cadavres. Même pas d´amis, juste des compagnons de combat qui pouvaient déjà être considérés comme morts.
La seule chose que lui avait apporté cette mission était la certitude que jamais il ne reverrait son monde natal. Lorsqu´il rentrera à la base et si il était convenablement guéri, il serai renvoyé dans une autre mission suicide par des Élites confortablement installés dans leurs vaisseaux de guerre, trois-cent kilomètres au-dessus du champ de bataille. Lorsque les nouvelles recrues arriveraient à la base au sol du Devotion, il ne répondrait pas à leurs saluts, ne leur porteraient pas leurs sacs de matériel, ne leur adresserai même pas un regard. Pour éviter de le croiser à nouveau sur un corps mort lors de la prochaine mission.
je vais lire ca avec joie ![]()
Super ton message hors-sujet cronos XD
theriendutout : merci, ça me touche beaucoup
J´ai relu quelques passages et j´ai déjà découvert des fautes, zut ![]()