Chapitre 10 : La crise de l’Alliance
Deuxième partie
9 janvier 2552, 12 h 02 (calendrier militaire)/Système inconnu, croiseur du commandant Grunty Grutu, section transports, en orbite autour de Grande Bonté
Gruntouf attendait là un ordre de mission depuis au moins un jour et demi. Il ne savait pas pourquoi, mais pour le moment, on le tenait à l’écart des combats. Les récits qui lui parvenaient faisaient état d’une énorme catastrophe : le parasite dans l’ex-ville Sainte, des milliers de victimes, voire plus… Plus une seule trace des Brutes, on pensait qu’ils avaient abandonné les combats par crainte du parasite, mais plus exactement à cause du meurtre de leur chef : Tartarus. Il avait été tué sur le second anneau alors qu’il tentait de l’activer.
C’était une excellente nouvelle pour la flotte des Alliés, mais il restait fort à faire, et Gruntouf aurait bien aimé participer aux combats. Il aperçut un élite qu’il connaissait et lui demanda des nouvelles.
-Vous ne devriez pas être en mission ? demanda l’élite en guise de réponse.
-Personne ne m’en a donnée, répondit Gruntouf.
-Oh c’est vrai, j’avais oublié ! Le commandant Grunty Grutu voulait que je vous donne ceci, cela m’est complètement sorti de l’esprit !
-Montrez moi cela…
L’élite tendit un petit appareil holographique et Grunty Grutu apparut :
-Très cher héros-permettez que je vous appelle comme cela maintenant-ce message contient votre ordre de mission. Ecoutez attentivement. A ce que j’ai compris, le Fossoyeur se trouve quelque part dans la ville, et retient prisonnière une Intelligence Artificielle humaine en otage. Votre mission est de les retrouver tous les deux, et bien évidemment de tuer le Fossoyeur. Je sais que vous en êtes capable, je vous ai vu affronter Broyeur et je suis persuadé que vous arriverez à accomplir cette tâche. Bien sûr, vous serez accompagné lors de cette mission capitale, vous aurez avec vous tout un régiment de grunt et quelques élites. Bonne chance ! Puissent les dieux préserver votre vie !
L’hologramme de Grunty Grutu disparut, laissant un Gruntouf surexcité…
-Quand vous l’a-t-il donné ? demanda-t-il, un peu nerveux.
-Il y a à peine une demi-heure, répondit l’élite. D’ailleurs, je dois vous accompagner, me semble-t-il. Je vais vous montrer le phantom qui vous est réservé.
L’élite se dirigea vers un phantom de couleur noir, avec quelques petites dorures sur les côtés.
-Nous y voilà ! Votre phantom personnel, dédié bien sûr à l’Elu. Vous reconnaissez bien entendu la couleur noire de votre armure et l’or de votre épée, j’espère ?
-Oui, mais je ne sais pas quoi dire.
-Alors ne dîtes rien. C’est un cadeau personnel du commandant. Bien, à partir de maintenant, je suis sous vos ordres, ainsi que ceux qui attendent à l’intérieur.
-D’accord, je vais tâcher de me montrer à la hauteur. Je suis un peu anxieux, c’est la première fois que j’ai des soldats sous mes ordres.
-Tout se passera bien, fit-il avec un sourire rassurant. (si on peut appeler cela sourire)
Gruntouf embarqua dans l’appareil et se retrouva avec une quinzaine de grunts et cinq élites sous ses ordres. Il ne savait pas quoi dire et ordonna donc au pilote de décoller. Il garda ensuite le silence pendant cinq bonnes minutes, le temps que le phantom décolle. Les soldats le regardaient d’un air curieux, presque avide. Gruntouf comprit alors l’importance de chacun de ses actes, chacune de ses paroles… Il prit la parole d’un ton plus assuré :
-Bien, je suppose que vous savez qui je suis…
-Oui, vous êtes notre chef de mission, celui qui a été désigné pour rétablir la paix, d’après les légendes en tout cas, répondit un élite de couleur rouge.
-Et pensez vous que les légendes soient vraies ? questionna tranquillement Gruntouf.
-Oui, bien que je vous imaginais plus grand…
-Je ne suis pas grand par la taille, c’est vrai. Mais je suis votre chef aujourd’hui, et notre mission est d’un enjeu crucial, vous devrez donc m’obéir tous autant que vous êtes. N’oubliez pas que vous risquez vos vies aujourd’hui. Et la vie a plus de valeur devant le parasite que devant n’importe qui d’autre.
-Oui, vous avez raison, vous n’êtes pas grand par la taille, mais par le cœur ! Je suis à vos ordres ! s’exclama l’élite.
Les autres eurent un mouvement de tête approbateur et le silence se fit à nouveau. Gruntouf interrogea le pilote :
-Où allez vous nous déposer ?
-Le plus près possible du Fossoyeur, c’est à dire près des anciens quartiers des Prophètes. Une fois que vous serez au sol, mon rôle sera terminé.
Gruntouf le remercia et se rassit en attendant l’atterrissage. Il se sentait beaucoup plus à l’aise maintenant que ses soldats l’avaient reconnu.
Les parois du phantom ne permettaient pas de contempler l’horreur qui se passait au-dehors. Les combats étaient intenses et les victimes nombreuses. La ville était devenue un véritable foyer d’infection. Un foyer qu’il faudrait nettoyer rapidement, ou plutôt retenir le plus longtemps possible. Gruntouf le savait, affronter le Fossoyeur lui coûterait certainement la vie…
-Nous arrivons, annonça le pilote. Mettez vous en position pour l’atterrissage.
Une minute plus tard, tous les soldats, Gruntouf y compris, étaient au sol. Le grunt dégaina sa magnifique lame dorée et fronça les sourcils pour se concentrer.
-Ils sont déjà là… fit-il en chargeant un groupe constitué d’une cinquantaine de parasites.
-Hé, attendez ! gronda l’élite. Vous ne pouvez pas accomplir cette mission seul !
Gruntouf n’écoutait pas et chargeait, tranchait, déchiquetait ces immondices qu’il haïssait presque autant que les tueurs de ses parents. Mais il fut bientôt submergé par le nombre.
-Que se passe-t-il ? Mes mouvements sont moins fluides qu’avant.
Gruntouf fit un vol plané d’une quinzaine de mètres suite à un coup de fouet d’un parasite.
-J’y suis ! L’exo-tank ! Je l’avais totalement oublié !
Il rangea sa lame et fit jouer de ses armes lourdes. Le groupe fut balayé par les tirs combinés de Gruntouf et son groupe.
-Vous êtes complètement fou, sauf votre respect !
-Désolé, je ne le ferai plus ! s’excusa le grunt. Je me suis laissé emporter… Bien, allons y, il faut continuer dans cette direction.
-Nous allons avoir un léger problème, remarqua l’élite rouge.
La porte était effondrée, il était impossible d’entrer.
-Ecartez vous, ordonna un élite armé d’un canon à combustible. Chef, vous et moi, on peut dégager le passage, je pense…
-Vous avez raison.
Les tirs combinés de Gruntouf et du canon à combustible eurent raison des débris et les soldats se faufilèrent à l’intérieur de l’ancienne tour des Prophètes.
-L’ascenseur gravitationnel est hors service, il fallait s’y attendre, remarqua de nouveau l’élite rouge. Que faisons nous, chef ?
-Je ne me souviens pas exactement, mais je crois qu’il y a des escaliers de secours, nous pourrions les emprunter… répondit Gruntouf après un moment de réflexion.
-Très bien, alors allons-y !
Les escaliers de secours ne se trouvaient pas très loin de leur position, ils étaient en fait à gauche de l’ascenseur.
-Savons nous où se trouve le Fossoyeur ? questionna Gruntouf.
-Les détecteurs de mouvements indiquent qu’il se trouve au dernier étage, dans l’ex-salle du Grand Conseil.
-Très bien, accélérons le pas dans ce cas !
-Chef, c’est étrange, il n’y a personne ici hormis le Fossoyeur. Ne pensez vous pas qu’il puisse s’agir d’un piège ?
-Nous verrons bien.
Gruntouf continuait de monter les escaliers à grande allure…
A Suivre