Debout les damnés de la terre
Debout les forçats de la faim
La raison tonne en son cratère
C´est l´éruption de la fin
Du passe faisons table rase
Foules, esclaves, debout, debout
Le monde va changer de base
Nous ne sommes rien, soyons tout
C´est la lutte finale
Groupons-nous, et demain (bis)
L´Internationale
Sera le genre humain
Il n´est pas de sauveurs suprêmes
Ni Dieu, ni César, ni tribun
Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes
Décrétons le salut commun
Pour que le voleur rende gorge
Pour tirer l´esprit du cachot
Soufflons nous-mêmes notre forge
Battons le fer quand il est chaud.
L´état comprime et la loi triche
L´impôt saigne le malheureux
Nul devoir ne s´impose au riche
Le droit du pauvre est un mot creux
C´est assez, languir en tutelle
L´égalité veut d´autres lois
Pas de droits sans devoirs dit-elle
Egaux, pas de devoirs sans droits.
Hideux dans leur apothéose
Les rois de la mine et du rail
Ont-ils jamais fait autre chose
Que dévaliser le travail
Dans les coffres-forts de la bande
Ce qu´il a crée s´est fondu
En décrétant qu´on le lui rende
Le peuple ne veut que son dû.
Les rois nous saoulaient de fumées
Paix entre nous, guerre aux tyrans
Appliquons la grève aux armées
Crosse en l´air, et rompons les rangs
S´ils s´obstinent, ces cannibales
A faire de nous des héros
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.
Ouvriers, paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs
La terre n´appartient qu´aux hommes
L´oisif ira loger ailleurs
Combien, de nos chairs se repaissent
Mais si les corbeaux, les vautours
Un de ces matins disparaissent
Le soleil brillera toujours.