Etrange sensation que celle d´ouvrir les yeux le jour de votre premier match européen. C´est exactement ce que je redoutait en fait. Une sensation de ... routine.
Oui oui, c´est ca, la routine.
Comme le jour de votre anniversaire en fait.
Vous attendez ca toute l´année, d´avoir une année de plus. Enfin surtout quand on est jeune. Il y a un age ou on aurait tendance à ne pas vouloir passer à l´unité supérieure. Surtout quand on est une femme. Donc, ca fait cette même sensation. Celle de savoir que c´est un jour spécial, mais dont on se fout royalement, puisque on en a fait tout un foin, et qu´au final, on se sent tout pareil que la veille. Sauf que moi, les jours ( nuits ? ) de mon anniversaire, je me prends une bûche. Donc en ce jour de match Européen, je me sens pareil que tout les matins, la gueule de bois en moins.
C´est peut être la même chose pour moi, mais pour les gens ca a pas l´air d´être ca. Rien qu´à les voir me dévisager, limite m´aduler, on sent bien que pour eux, c´est un jour différent. C´est mon rôle de leur offrir ce genre de tension que seul le foot peu offrir. On sent son équipe invincible. Capable de battre le Barça, le Réal et Lyon en 3 jours de temps. Sans sourciller, ni être inquiété. On croit au miracle, que notre équipe va jouer un match de folie, genre Lyon-Werder ou Monaco-Réal, et anéantir toutes chances adverses. Mais d´un autre coté, on craint l´adversaire. On est tendu jusqu´à ce qu´on voit son équipe dominer les débats. Ou si on se fait lâchement dominé, on reste tendu, croyant au miracle jusqu´au bout. C´est beau le foot.
Autre chose qui change dans un jour comme celui là, c´est la vitesse du temps. Déjà 14h45, j´ai l´impression que j´ai avalé mon bol de café du matin, celui avec deux sucres, il y a à peine une petite demi-heure. Mais non, dans un quart d´heure, mes gars partent au casse pipe. Dans 15 minutes, Israël tout entière ( enfin presque, je suppute que des gens on des choses un tantinet plus urgente à régler, genre sauver leurs maisons et leurs familles d´éventuelles explosions de bombes artisanales non Corses ) va connaître le terrible Inter Turku. Le Maccabi est habitué aux joutes européennes. Nous pas. Mais à l´expérience et à la finesse technique, j´oppose mes arguments, à savoir physique et ... euh .... ben ... physique. Bon la finesse technique du Maccabi, c´est pas non plus les pays bas haute époque, mais par rapport à nous et à ce que je peux voir chaque week-end, on va avoir l´impression que ce sont tous des Ronaldinho.
Même pas peur d´abord.
Tendu, oui, peur, non.
L´arbitre est Anglais.
Bon point pour nous.
La rudesse des contacts, c´est son pain quotidien.
Le temps est beau, un peu de vent.
Mauvais point, jouer sous le soleil, c´est pas le genre de trucs qui va aider mes joueurs.
Il fait chaud, 18°. ( Oula, chui en Finlande depuis trop longtemps moi ... chaud à 18°, rien ne va plus )
Le stade est plein, la pelouse a peu prés en bonne état ( on a retrouvé le jardinier ivre mort dans son cabanon, c´est le directeur technique, qui a fort heureusement comme seconde passion le jardinage, qui s´est occupé de la pelouse aujourd´hui, et qui a fait fuir les taupes ).
Ca promet un bon match de foot. La télé finlandaise est là. David Astorga aussi, venu interroger les petits Français pour téléfoot. Si t´existe toi là haut, s´il te plait, pas des reportages bidons du genre "l´aventure des indomptables Finlandais sur la scène européenne", feuilleton à suivre toute les semaines le dimanche matin à l´heure de la messe.
Les 10 dernières secondes avant le coup d´envoie.
Etrange sensation.
Encore.