_ C...Cha...Charlène ...
Ah ben quand même; Il était temps que ma bouche articule quelque chose . J´ai très nettement senti mes neurones se connecter, formuler un ordre très précis que j´ai senti descendre la moelle épinière jusqu´à la mâchoire. Mais rien à faire. L´activation et la coordination cordes vocales, langue, lèvres ne s´est pas faite instantanément. C´est con. Un truc aussi naturelle que parler, qui ne se fait pas. Mon esprit qui semblait s´envoler est revenue dans mon corps. Et là j´ai très nettement senti que je manquait de souffle. Respire, tocard. Inspire, expire. Tu sais le faire, ca fait 38 ans que tu le fais. Tout les jours. Naturellement. Et là, non. Ca bloque.
Putain on peut dire qu´elle a réussi son entrée cette saleté qui m´a fait souffrire. Une souffrance tellement attroce que je ne la souhaite même pas à mon pire ennemi. Très stéréotypé comme phrase. Une phrase que tout auteur, qu´il se nomme Céline ou Robert Blanchon, a dû au moins penser un jour mettre dans une de ses oeuvre. Je suis même intimement persuadé que dans les institutions publiques, genre la CAF, ou même les banques, ils doivent recevoir des lettres où cette phrase trône fièrement, comme pour élever le niveau d´inculture, égayé ça et là par des fautes d´orthographe et syntaxique à en faire sangloter un gamin qui viens d´apprendre à écrire.
Mais je m´égare.
Charlène est là, et a part son prénom, que je n´ai même pas réussi à prononcer d´un seul coup, j´avoue qu´il serait assez bienvenue que j´arrive à faire quelque chose. Parce qu´à force de rester planter comme un con, les gens vont bien finir par me voir, et pour peu qu´un amateur de football me reconnaisse, voir qu´un paparazzi en manque de scoop passe par là, et me photographie en train de fixer une jeune blonde , complètement tétaniser, et publie cette photo à la une d´un torchon, ya quand même pas loin. Bon j´avoue qu´un paparazzi en Finlande, c´est quand même rare. Faut être complètement ravager pour embrasser ce genre de carrière par ici. Ca va faire presque un an que je suis ici, et je ne connaît pas la moindre star , même de nom. Donc , un paparazzi , ca tiendrai du piratage d´un avion par des terroristes Finnois en manque de reconnaissance. Mais j´ai une telle guigne que je n´écarte jamais le pire de scénario.
_Monsieur Bartim ?
Deuxième appel de ma nouvelle star. Julien Viale, jeune joueur de Lyon, pour qui j´avais fait une offre en découvrant qu´il avait été mis sur la liste des transfères.
Elle va être belle l´image qu´il va se faire de son coach après ca. Essayez d´avoir un peu de crédibilité.
_Excusez moi, Julien, je viens d´apercevoir une vieille connaissance, je vous demande cinq minute pour aller la saluer.
Elle est sortie toute seule et d´un coup cette phrase. J´ai pas souvenir y avoir penser une seconde.
D´ailleurs je marche vers Charlène sans m´en rendre compte. Y a t´il un pilote dans Joe Bartim ? J´aimerai bien récupérer un peu de volonté et de contrôle, s´il vous plaît ! Enfin, vœu exaucé apparemment, puisque ma démarche se fait moins assuré. Relève la tête. Bombe le torse. Sois un mâle fier. T´as pas eu mal. T´as fais le deuil de votre relation. Souris. Non ? Bon, ben fais comme tu le sens.
_Chacha ...
_Jo ..
_Je...
_Je...
_Tu permet que je puisse parler en premier, et ne m´interromps pas je t´en prie. ( Bien, bien envoyé ça, c´est toi le mec, c´est toi qui a des couilles ! Et tu le montre, bordel de merde ! ) Voilà, comme tu t´en doute, le fait de te voir au lit avec Fred m´a fait mal. Mais c´est bien fait pour ma gueule. J´ai aussi couché avec Aline pendant que j´étais ici, et toi non. J´en suis désolé. Je n´aurai pas dû ( ah, là, ta fierté en prends un coup, mon vieux ) Mais ce qui est fait est fait. Tu n´as pas voulu m´accompagner ici, je le comprend très bien. Maintenant, je gagne bien ma vie, et j´ai appris à vivre sans toi. C´est la chose la plus dure que j´ai eu à faire de toute ma vie, et même si il m´arrive de pleurer certains soirs quand je suis seul dans mon lit ( Putain Jo, ta fierté bon dieu! ), je pense avoir réussis ma vie ici. Au cas ou tu ne le saurais pas, je ne suis plus le looser que tu as connu. Je vis ma passion. Sans elle je serai déjà mort, où alors je croupirai dans TON appartement, vivant de TON salaire, etc. ... Je ne sais pas ce que tu es venue faire ici, mais je pense que tu accompagnes Fred pour qu´il puisse trouver un jeune joueur naïf a qui refourger son contrat malhonnête ... Je te souhaite un bon séjour ici. JE ne compte pas souffrir encore plus que je ne souffre déjà, alors , ...
_Jo, je suis venue ici, seule. Je t´aime. C´est avec toi que je veux vivre.
Heureusement que je luia vait demander de ne pas m´interrompre .