Voici la suite, tandis que la suite de cette suite n´est pas encore finie. ^^
(Je vous rappelle que dans l´épisode précédent, les aventuriers sont amenés à retrouver le dernier élu dans une grotte pas comme les autres ^^)
Dsolé pr lé fote dinatantion mé js8 fatigay.
- Je n’aime pas ça. fit Sen qui vit la porte se refermer derrière eux.
- Encore un peu d’effort. lui rassura Ako qui exécuta un sort pour faire d’elle une lumière magique qui éclairait l’endroit.
Les chemins possibles, désordonnés, pouvant aller de haut en bas, de gauche à droite, ne se définissaient pas. La méticulosité d‘il y a peu laissait place à des entrées en pagaille. L’on pouvait aussi bien tomber sur un cul de sac que sur un énième embranchement, sale et glauque. Quelques rats se baladaient, craignant le cri strident des chauves souris agrippées sous les stalactites préhistoriques.
- C’est un labyrinthe, on a été jetés dans un vulgaire trou qui va nous servir de tombeau.
La remarque, de Kratos, ne toucha pas la Tengu, et celle-ci ordonna au groupe de suivre les tunnels qui, au son des gouttes ruisselantes, se creusaient vers les profondeurs de la Terre. L’Ange ne parut pas enthousiaste, vu les couloirs vertigineux qui s’amincissaient continuellement, et pour un gaillard comme lui, ça n’était pas le pied. Cependant, la taille svelte et l’agilité déroutante, Yahouran se jetait déjà de part en part pour finir accrochée sur de petites cavités naturelles qui permettaient de pouvoir descendre.
- Alors, vous venez ? lança-t-elle, impatiente.
- Je la suis. répondit Hideyori qui se familiarisait vite avec la Terre, aimant sans doute cet élément.
Ako descendit à son tour et les deux derniers, plus réticents, se regardèrent, compatirent, puis se soumirent à suivre leurs pas. La Ninja prenait énormément d’avance, même trop, seul le détenteur de Kûden, muni de son grappin facilitant la tâche, pouvait la suivre. Elle bondissait sans même se maintenir contre les murs qui lui servait uniquement d’appui pour entamer d’autres sauts animal. Celle-ci connaissait trop la Nature pour ses compagnons et s’exposait au danger en toute insouciance, d’autant plus que les parois glissaient dangereusement. Bien entendu, elle fut la première à arriver en bas, dans un boyau horizontal où elle passa d’abord la tête, ses jambes maintenues dans de multiples renfoncements qui abritaient toutes sortes de bestioles. Elle imitait en fait la position d’un cochon pendu.
- Qu’est-ce que tu fais ? murmura Hideyori qui ne tarda pas à la rejoindre.
- J’observe l’ennemi…
En effet, une imposante araignée tissait avec sa toile personnelle avec « amour et dévouement ». Elle s’appliquait pour couvrir tout le couloir de son tissu macabre qui apporterait à manger et comptait six yeux, rouges comme le Styx, eux seuls visibles dans tout ce noir inquiétant. Mais au fur et à mesure qu’Ako rejoignait les deux spectateurs de ce monstre inconnu, la lumière s’intensifiait ; ils découvrirent huit pattes poilues et démembrées, ainsi qu’un abdomen encombrant marqué d‘une croix blanche, barrant presque la route. Sa paire de crochets était sans cesse en mouvement et claquait sans arrêt. Qui osait s’y frotter se retrouvait empalé avant d’être embaumé dans un cocon privé d’air bienveillant. Et en ultime recours, elle empoisonnait ses proies avec son dard aussi tranchant qu’une lame glabre. Les jambes de Yahouran la chatouillait…Elle y prenait plaisir, mais lorsqu’elle se sentit piquée, il tomba brutalement jusque dans les fil de l’arachnide !
- Ce sont ses bébés qui l’ont dégagée, Hideyori, fais quelque chose !
En effet, la mère de tous ces petits insectes hideux pondait ses œufs dans des endroits chauds et étriqués, et même si elle ne contenait pas encore de poison, la progéniture savait se défendre…Hideyori sauta jusqu’en bas pour porter secours à son amie. Dès sa réception, il se retrouva les pieds coincés dans une toile collante et visqueuse. Ne pouvant pas bouger, il s’arma de son sabre et attendit la Reine des abysses qui avait été alertée.
- Ako, illumine-moi ! cria-t-il en lançant des regards tout autour de lui.
Yahouran, carrément allongée dans le piège, ne pouvait pas agir malgré sa panique immédiate et toute son angoisse.
- Hideyori, écoute-moi bien, je vais intensifier la lumière mais cela ne durera qu’une seconde. Je le ferai plusieurs fois mais j’aurai besoin de me concentrer !
L’araignée demeurait intelligente, elle ferma les yeux qui eux seuls était visibles dans la pénombre. Elle se servait désormais de ses sens…
…Le silence total…
Puis un flash de la part d’Ako, mais rien. Où était-elle ? Noire, la repérer se révélait quasiment impossible. La peur à l’état pur. Un autre flash, éclairant à peine un instant le visage concentré d’Hideyori. Toujours invisible…Néanmoins, on pouvait l’entendre se rapprocher de plus en plus, au bruit discret de ses nombreux membres.
- Yahouran, arrête de bouger dans tous les sens, en plus de me déséquilibrer tu l’attires vers nous !
Car elle usait de son ouïe pour définir la position de son futur repas. Mais la pauvre fille, privée de ses moyens, se sentait contrainte à évacuer son stresse ; quoi de plus horrible que d’être soumise à ne rien faire…Elle finit par se taire, respirant lentement pour garder son calme. Un flash : Hideyori aperçut la bête, suspendue au plafond, aussitôt le noir revenu, il frappa dans le vide, elle était partie…Se déplaçant sans émettre le moindre signe de sa présence. Un autre éclat de lumière, le monstre se trouvait derrière le samouraï ; celui-ci ne la voyait pas. Elle tissa un fil pour se rapprocher de l‘adolescente, sa tête face à la sienne. Elle écarta doucement ses crochets et quand Yahouran sentit un souffle d’air lui caresser le visage, elle gémit de toutes ses forces. La réaction du guerrier fut imminente et il se retourna pour trancher la Reine des arachnides qui émit un cri perçant leurs tympans avant de se terrer dans d’autres tunnels…
- Je l’ai eue, Ako, descends et vite !
La magicienne obéit, elle apporta même un Ange et un Chinois à ses côtés. Tous défèrent la prisonnière de ses barreaux arachnéens. Elle se remit de ses émotions et n’éprouva pas le besoin de se faire aider pour être relevée.
- Elle a pris la fuite, poursuivit Hideyori. Elle reviendra…
- Cela servira de leçon, nous devons être unis. gronda Sen, posé. Se permettre d’affronter un démon du Néant sans faire usage de tous ses moyens est de la folie…
Ils se rendirent alors dans les tréfonds, dans l’Antiquité de la Terre, toujours plus bas…Peut-être allaient-ils atteindre les Enfers ? Mais s’engouffrer de telle façon, sans le moindre souci pour leur misérable vie onéreuse relevait de la démence. Là où ils se trouvaient coupés du reste du Monde, de leurs habitudes et du Ciel, là où l’air se faisait denrée rare, ils enjambaient les échelons, les galeries, sans même savoir s’ils y resteraient coincés le restant de leur existence…Sans même savoir si leur squelette s’ajouterait à ceux qui gisaient sur le sol.
Ils marchèrent jusqu’à une embouchure où quelque chose de taille les attendait…Un vide irrépressible, le précipice interminable. Un grand creux qui n’avait aucun sol, seulement quelques passerelles ou ponts par centaines qui menaient tout aussi bien vers un mur que vers une autre galerie. Une espèce de séparation uniforme entre tous ces tunnels éternellement en train de muter, dans une croissance, une soif de profondeur étanchement puissante.
- Il faut atteindre le bord en face de nous pour nous renfoncer dans les minces couloirs. J’espère que vous n’avez pas le vertige… soufflèrent les paroles de Hideyori qui raisonnèrent longuement.
Le vertige…Ça n’était pas le seul obstacle. Plusieurs nébuleuses d’œufs nidoreux pendaient parmi les stalactites. Yahouran sauta d’abord sur la passerelle la plus proche et s’apprêta à rattraper les autres si besoin était. Il firent de même à leur tour et progressèrent lentement sur l’étroit chemin. L’araignée avait également pondu sur la plupart des ponts, ce qui rendait le parcours glissant et tumultueux. Soudain, un fil se projeta sur la dernière de la file indienne, Ako, et un autre enroula le tour de sa bouche et de son corps. Elle se retrouva immobilisée sans un mot et fut suspendue dans les airs. Ses compagnons ne remarquant rien, continuaient leur marche et durent bondir sur une autre passerelle pour parvenir jusqu’à la prochaine galerie. Toujours en bonne première, Yahouran prit le seul pas d’élan possible quand brusquement :
- Non, ne saute pas !
Kratos voyait juste, car la bête était de retour et attendait cet instant, inerte sur un mur, pour saisir sa proie au vol. La combattante, à l’aise dans sa posture, ne se retint pas et fut violemment emportée par le monstre qui l’emmena entre ses pattes après une fulgurante projection. La Ninja se retrouva bloquée contre un mur avec, en face d’elle, un dard qui jutait déjà un poison liquéfié suite à son excitation. La guerrière sorti son arme et bloqua comme elle le pouvait ce néfaste membre agressif qui tentait de la transpercer de toute part. L’Ange déploya ses ailes nervurées par ses plumes envahissantes, fonça jusqu’à l’agresseur et l’envoya paître avec un virulent coup de pied en plein torse. Il rattrapa la victime qui chutait librement pendant l’arachnide allait cisailler le fil qui retenait Ako dans les airs. L’homme céleste reposa Yahouran auprès des autres et battit de l’aile au travers du précipice, cherchant à empêcher Ako de s‘écraser là où d‘autres avaient maladroitement péri. Il devait esquiver les passerelles toujours aussi nombreuses et faire preuve d’une cohésion parfaite. Contre toute attente, il aperçut la Tengu mais c’est à ce moment qu’il percuta douloureusement un pont ; il vit que le temps n’était pas assez généreux pour lui permettre d’esquiver cet enchevêtrement. Alors, il piqua du nez et brisa instantanément chaque obstacle lui barrant le passage. Il allait même jusqu’à les trancher à l’aide de Shippû. Les pierres tombaient avec lui, il finit même par être plus rapide. Tendant son bras vers celui d’Ako, il l’empoigna victorieusement et se stoppa net dans sa course folle. Mais les éboulements allaient les emporter tous deux ; l’Ange, au sommet de sa force, tournoya sur lui-même en dégageant des bourrasques de vents, il exploita même au péril de son énergie sa double lame pour engendrer une tornade déchaînée. Au terme de tous ces efforts, les chutes de roches ne cessaient pas : il serra Ako dans ses bras, se mit alors de dos et laissa les décombres lui arracher la peau. Il résistait, il détenait deux vies. A chaque battement d’aile, l’espoir grandissait mais les forces s’amenuisaient. Il surmonta la souffrance de la dernière pierre, les yeux dans les yeux avec la miraculée. Comment estimer la résistance d’un tel être dans ces moments là, comment y était-il parvenu ? Avec la force oui, mais surtout avec un corps véhiculée par un sentiment de détresse et d’amitié. Il venait de prouver sa valeur par-dessus tout, son dévouement extrême, sa ténacité exubérante. L’Ange de la loyauté, déjà trahi de nombreuses fois, était prêt à emmagasiner la plus grande épreuve de torture pour une seule et unique chose : ses amis.
Il volait toujours, faisant du sur place...
- Merci. lui murmura Ako, émotionnée.
…Et regagna ses camarades dans ses ultimes réserves d’endurance ainsi que dans la plainte de ses ailes lacérées et abattues.
- Bon sang, tu as été salement amoché, remarqua Hideyori. Tout va bien ?
Il ne répondit pas, occupé à reprendre son souffle.
- C’est du bon boulot en tout cas. Où est passée l’enquiquineuse ? questionna Sen à son habile conjointe.
- Je ne sais pas, je n’arrête pas de la chercher. Il faut néanmoins protéger Kratos si elle refait surface.
Étonnamment, la passerelle vacillait et se révélait instable. Ils jetèrent un œil derrière eux et virent leur adversaire en train de détruire le chemin en y creusant un trou avec ses crochets.
- Il faut se réfugier autre part !
Le pont céda et dans sa chute, engendra la destruction de tous les autres, mais ils parvinrent tous jusqu’au suivant, un peu moins haut. Il s‘agissait du seul étant resté intact. L’araignée se balançait autour du groupe en tissant sa toile et patientait pour capturer ou empoisonner l’un d’entre eux. Yahouran ne la quittait pas du regard, et la main sur le manche de sa dague, elle se frotta à un face à face avec son ennemi qui s’approchait d’elle. Toutes les deux s’attrapèrent l’un l’autre dans les airs mais la Ninja fut la plus rapide et transplanta l’abdomen de cette laideur incarnée. La tueuse de démons repartit non loin de ses compagnons en voyant l’araignée se réfugier dans un tunnel : non, elle ne s’avérait pas battue aussi facilement. Car battre la bête du Néant demandait un surpassement de l’être, et une force hors du commun.