Chapitre 7: La vérité
Morzan resta quelques temps les yeux éveillés. Au bout d´un moment il prononça un mot en chuchotant:
"Polac".
Perdu dans ses pensées, Morzan contemplait Titus endormit, la tête dans ses mains. S´il avait su, s´il avait su qu´il allait retrouver le fils de Polac.
Ses pensées se brouillèrent et une scène passée s´imposa dans sa tête.
Morzan était dans une pièce sombre, une personne avec un cigare éteind dans la bouche lui donnait ses ordres. Sa tête était dans l´obscurité, mais l´épée tranchante qu´il avait à côté de lui était bien visible. Morzan écoutait attentivement:
"Nous venons de retrouver un ancien homme de main, qui nous a quitté sans notre autorisation.
-A t-il parlé? Demande Morzan.
-Il y a des chances que non, mais maintenant que nous venons de le revoir, ne prenons pas de risques. Notre espion lui a confié soi disant une mission. Le genre de mission que tu fais.
-D´accord, et qui sera la victime? S´interrogea encore une nouvelle fois Morzan.
-Aucune, tu seras son informateur, tu auras juste à faire le boulot. Il viendra avec insouciance, tu le tues et tu pars.
-Et comment se fait-il qu´il est revenu à découvert dans Rome?
-Les jeux du cirque, un hasard, il avait démennagé sans que l´on puisse le retrouver. La bouche de l´homme au cigare se transforma en un horrible rictus, puis il continua. Notre espion dans Rome l´a tout de suite reconnu, il travaillait avec lui à l´époque. Expliqua l´homme. Il lui a confiait un dernier travail, du moins lui a t-il fait croire. Une dernière victime et il recevrai un pactol, pour le reste de ses jours.
Il a mordu... il est revenu.
-Donc il lui a dit de venir me voir, et je le tuerais. Récapitula Morzan.
-Oui, ce sera ta neuvième victimes, tu sais ce que celà veut dire mon garçon.
-Oui, après lui je n´aurais plus qu´un travail à faire, et ce sera finis. Mais ne puis-je pas rester avec vous comme votre fidéle homme de main? Demande timidement Morzan, ce qui ne lui ressemblait pas.
-Evidemment que non, tu sais bien que je ne suis qu´un pion dans ce réseau. S´il s´avére qu´il y a des fuites, ce sera notre fin à tous, y compris la mienne.
-D´accord, quand est-ce que je le vois?
-Dans une heure.
-Ou?
-Les rues malfamés, dans la quartier ou est hérigé le temple de Saturne. (Cronos) Devant celui ci d´ailleurs. Termina l´homme.
-Le... temple de Cronos! Ma... mais... balbutia Morzan, tremblant de peur. Je ne peux pas!
-As tu peur? Cracha l´inconnu qui avait perdu son ton aimable. Il sortit l´épée de son fourneau, et la pointa vers Morzan.
-N... non je le ferais.
-Alors pars dès maintenant.
-D´accord, monsieur, comment s´appelle la futur victime en fait? Questionna une dernière fois Morzan.
-Polac. Répondit simplement l´inconnu. Dommage qu´il soit partis, et que l´on doit en arriver là. Ce fut un très bon pion. Un bien meilleur que toi."
Avec un regard noir que Morzan cacha à son employeur, il sortit de la pièce, croisant un homme au visage dur et l´épée maculée de sang.
C´était à lui de jouer. Ce serait un travail lâche, sans grand honneur, mais l´or qu´il toucherait avec lui permettrait de combler pas mal de ses désirs. Comment une nouvelle épée...
Morzan sortit du batiment et se retrouva dans une nuit fraîche, arpentant les rues de Rome.
Les dernières paroles de l´inconnu lui revinrent en tête. "Devant le temple de Cronos".
"Il veut me tester, voir ma fidélité!!" Se dit intérieurement Morzan.
Tout le monde savait que c´était un endroit maudit, à faire trembler les marquis et pages.
Une heure plus tards, Morzan était devant le temple. De sorte à le rassurer devant son travail il avait emporté une chêvre, dont il ouvra le ventre et lui vida les entrailles.
Puis il déposa son offrande devant la statue de Cronos, puis sortit du temple maudit. Il attendit dans l´obscurité, les sens en alertes, bondissant au moindre bruit.
Un froissement se fit entendre derrière lui, et un homme apparut.
"Polac? Demanda Morzan avec le même ton qu´il employait avec Titus.
-Lui même. Répondit celui-ci. Je n´ai pas envie de trainé ici longtemps, dites moi qui je dois tuer, j´ai arrété ceux ci il y a bien longtemps. Si la somme n´était pas aussi colossale, et si je n´en avais pas autant besoin, j´aurais refusé! J´ai une famille maintenant, des enfants! Cria Polac pour lui même.
Morzan ferma les yeux puis lança à sa victime:
-Je comprends! Sur ceux, il lança une épée venu de nulle part à Polac, et brandit la sienne. Je suis ici pour te tuer, défends toi!"
Polac ne répondit pas et le combat commença, les deux hommes fesaient entrechoquer leurs deux épées à une vitesse impressionnante. Leur adresse et leur agilité était tel que l´on avait du mal à distinguer les mouvements de leurs bras.
Finalement, avec une manoeuvre compliqué du bras droit, Morzan envoya valser l´épée de Polac quelques mètres plus loin. Sous le choc, celui ci tomba, dos contre la parois du temple de Cronos, le reste à plat sur le sol.
Morzan leva son épée bien haute et s´apprétait à donner le coup fatal quand une voix grave et gutturale sortit de la bouche de Polac:
"-Tu ne m´as pas laissé la moindre chance! Lache, tu mourras pour ta traîtrise!
-C´est faux!!! Hurla Morzan se bouchant les oreilles, en plein acte de démence. Je t´ai donné une épée pour que tu te défendes, tu as perdu!
-Tu mourras pour ta traîtrise! Répéta Polac avec cette même voix venu d´ailleurs, grave et maléfique.
De nombreuses convulsion parcouraient le corps de Morzan. Il leva son épée, et avec un cri déchirant la planta dans le coeur de Polac.
En même temps les hululements d´un loup retentit en dehors des murailles de Rome, et la voix caverneuse répéta une dernière fois, cette fois ci venant de l´intérieur du temple:
-Tu mourras pour ta traîtrise..."
Morzan, n´en pouvant plus couru, s´éloignant de se lieu effroyable.
"Ahhh!! Morzan était couvert de sueur, allongé sur le lit replié sur lui même.
-Ca va? Demanda Titus inquiet.
-Ou...oui, je me suis assoupis. J´ai cauchemardé."
Avec une extrême précaution, Morzan lança un regard derrière lui en direction du mur. Pensant voir le cadavre de Polac, lui lançant une dernière fois sa sombre prédilection.
Mais le mur était vierge, il était dans sa chambre.