Chapitre 6: L´étranger
"C´est à toi me semble-t-il."
Titus put reconnaître à lueur d´un lampadaire, un enfant qui n´avait pas plus de cinq ans de plus que lui, le regard sombre et une mèche brune retombant sur son front entre les deux yeux.
Il tendit la main à la pauvre victime qui la prit avec reconnaissance puis se releva.
"Me... merci, balbuta Titus.
-De rien, je n´aime pas l´injustice, ces brigands t´ont attaqué par surprise, et le nombre n´était pas égale. Je ne pouvais continuer ma route en fermant les yeux.
Que fesais-tu ici? Continua le garçon sans laisser à Titus le temps de parler, les rues sont malfamés la nuit à Rome, y rester n´est pas prudent. Je te conseille vivement de rentrer chez toi, moi j´ai des choses à faire. Aurevoir, nos chemins se recroiseront surement un jour."
Sur ce, le sauveur de Titus s´en alla d´un pas déterminé, rengainant son épée dans sa ceinture, dont le sang immaculé avait commencé à sécher.
Titus regarda avec une expression d´hebêtement le jeune homme partir. Il ne s´était pas attendu à celà, et pensait qu´ils allaient rester ensemble un petit peu durant la nuit. Il était partis si vite, puis il n´avait aucun refuge pour aller dormir, et il ne recommencerait pas de si tôt à courir la nuit avec une épée qui attirait la convoitise.
En quelques instants il prit sa décision, et se mit à rattraper le garçon qui avait déjà pris pas mal d´avance.
"Ehh!! Eh!!! Attends moi! Cria Titus tout en courant vers lui.
-Il me semble t´avoir dit de rentrer chez toi, rétorqua celui ci quand Titus fut à sa distance.
-C´est que... je n´ai pas de chez moi.
-Alors vas dans un hôtel. Répondit celui ci avec le même ton cassant.
-C´est que... je n´ai pas d´argent! Couina Titus
Le jeune homme afficha une expression d´agacement, puis laissa tomber à contrecoeur:
-Eh bien suis moi, je dors à l´aréne, je suis gladiateur.
-C´est pour ça que tu te bats si bien? S´exclama Titus.
-Oui c´est pour ça, maintenant évites de parler, moins on attirera l´attention ici mieux ce sera."
C´est ainsi que Titus suivit l´inconnu avec insouciance. Au bout d´une demi heure de marche, ils pénétrérent dans l´enceinte d´une grande aréne, après être passé devant un garde qui s´écarta sur le côté en reconnaissant le gladiateur.
Le jeune homme accompagna Titus dans les entrailles de l´aréne, puis pénétra dans une pièce ou deux lits et une armoire fit dire à Titus qu´il était dans la chambre du garçon. Effectivement, ils avaient traversé un long couloir, ou des portes étaient alignées à intervalle régulier. Les chambres des gladiateurs.
"Pourquoi il y a deux lits? Demande Titus.
-Un pour moi et un pour mon camarade.
-Et ou est il?
-Mort, aux derniers jeux du cirque. Maintenant il n´y a plus que moi ici, et c´est bien mieux. Tu prendras son lit."
Le manque de sentiment et la façon dont il a parlé de son camarade mort avec un ton indifférent indigna Titus. Mais un gladiateur ne devait pas avoir beaucoup de pitié, sinon lors des combats il n´aurait aucune chance. C´est lui, ou l´autre qui restera en vie. Jamais les deux.
-Tu resteras là, dans le lit. Tu n´as pas le droit d´être ici logiquement. S´il s´avérait qu´on te trouve, tu serais immédiatement exécuté. Le garde a cru que tu étais un gladiateur, il n´est jamais dans l´aréne. Mais le formateur lui le verra, et tu mourras.
-D´accord, je ne bougerais pas. Assura Titus.
-Bien, maintenant dors, moi j´ai des choses à faire. Que j´aurais certainement fini si tu n´étais pas venu avec moi. Cracha l´inconnu avec une nouvelle fois ce ton cassant.
-Je peux t´accompagner? Suggéra Titus.
-Hors de question, trancha l´étranger. Maintenant dors!
Sur ce, il sortit de la chambre à pas de loup, laissant Titus à ses méditations.
Cet homme avait quelque chose de mystérieux et de cassant, mais il lui avait sauvé la vie. Titus lui était redevable.
D´un coup ses pensées s´estompérent pour laisser place à une autre, bien plus importante. Son père. Son visage remplit les pensées de Titus, et des larmes commencérent à tomber sur ses joues.
C´est ainsi que Titus s´endormit, pour la première fois depuis son arrivé à Rome.
Un faible grincement réveilla Titus, alors que le soleil ne s´était toujours pas lever. Il entre ouvrit les yeux, les sens en alerte et reconnu une nouvelle fois l´étranger qui rentrait. Qu´avait-il bien pu faire?
Il nettoyait son épée qui était maculée de sang... de sang frais! Il jeta un regard en direction de Titus et vit celui ci les yeux ouverts en trein de le fixer.
"Tu ne dors pas? Commença-t-il avec ce même tom aimable.
-Si, mais tu m´as réveillé... que fesais tu?
L´inconnu fronça les sourcils:
-Celà ne te regarde pas, nous devons avoir une petite discussion toi et moi.
-Je suis assez d´accord, tu m´as sauvé la vie après tout.
-Moui... je commence à le regretter."
Sur ces sombres paroles, l´étranger prit une chaise et la plaça devant Titus.
"Assis toi. Ordonna-t-il. Alors déjà qui es tu, que fais tu ici et pourquoi?
Titus s´exécuta de répondre:
-Je m´appelle Titus, mon pére et moi sommes venus à Rome..."
Titus raconta toute l´histoire, la première apparition du marchand, le départ de son père; les plaintes de sa mère ect... En même temps les yeux de l´inconnu s´écarquillaient un peu plus. Il demanda à quoi ressemblait le marchand, et Titus le détailla en rassemblant ses souvenirs du mieux possible. Puis Titus l´informa de sa deuxième venue à Rome pour retrouver son père. Quand de nouveau l´étranger voulut connaître le physique de son père et qu´il eut la réponse. Il fallit s´étrangler. Titus s´intérrogea mais le jeune homme reprit son air impassible et fit mine de rien.
Puis, une fois que Titus eut rassembler tout ce qu´il savait, il demanda à l´inconnu son prénom.
"Morzan. Maintenant dors, dans quelques heures tu devras partir rechercher ton père. Tu ne peux pas rester. Tu partiras donc quand tout le monde sera au centre de l´aréne occupait à combattre.
-D´ac... d´accord répondit Titus."
Puis il s´endormit aussitôt.
Morzan resta quelques temps les yeux éveillés. Au bout d´un moment il prononça un mot en chuchotant:
"Polac".