Très bien... bonne lecture^^ :
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Londumor
Au grand désespoir de l’Ordre du Phénix, les pensées de Minerva McGonagall se révélèrent exact le lendemain matin, au petit déjeuner. Comme d’habitude, les hiboux étaient entrés par les fenêtres de la Grande Salle et avaient apporté le courrier aux élèves et la Gazette du Sorcier d’Hermione comportait cet article :
« FOL ŒIL VAINCU »
Le cadavre du célèbre Auror retraité, Alastor Maugrey, a été retrouvé hier soir dans sa résidence (emplacement confidentiel). D’après les experts du ministère de la Magie, c’est bien le sortilège de la Mort qui a fait succomber l’ex-Auror, malgré de nombreuses blessures…
- J’ai l’impression que tout le monde meurt… marmonna tristement Ron.
- C’est normal puisque c’est exactement ce qui arrive, fit sombrement remarquer Harry.
Personne ne répondit.
- Les membres de l’Ordre commencent à être décimés, continua-t-il, tout comme la première fois. C’est justement Maugrey qui me l’avait fait comprendre, il y a deux ans, il m’avait montré une photo de l’Ordre à l’époque de mes parents…
Il avait ce sentiment de culpabilité, cette impression d’être sali qu’il connaissait si bien. Mais l’expérience lui permettait toutefois d’atténuer nettement ces sensations qu’il savait injustifiées. Ce qui l’inquiétait réellement, c’était leur cause… Devait-il révéler à Ron, Hermione et Neville – et au reste de l’Ordre, qui n’était plus dans l’ignorance concernant ce genre de choses depuis sa cinquième année – ce qu’il avait vu ? Fallait-il qu’il accorde de l’importance à ce rêve si court, si vague, mais tellement explicite… ?
- Qu’est-ce qui ne va pas, Harry ? demanda Ginny, qui les avait rejoints pendant qu’Hermione lisait l’article à haute voix.
- Tu veux dire à part le fait que les gens bien soient exterminés ? ironisa-t-il.
- Ne fais pas semblant de ne pas comprendre, répliqua la jeune fille sur un ton sec, je vois bien que tu es préoccupé.
Très surpris d’entendre Ginny lui parler de cette façon – une façon qui correspondait à l’époque où elle le « connaissait » –, Harry ne répondit pas tout de suite.
Il finit par se ressaisir, avala sa salive et confia à voix très basse ce qui avait causé son retard à la dernière réunion de l’Ordre du Phénix.
- C’est pour ça que tu dormais, je me disais bien que tu ne manquerais pas une réunion… Tu crois que c’était Maugrey ? interrogea Neville.
- Oui, répondit fermement Harry. Il avait les mêmes cheveux et… en fait, je crois bien que le sol était rouge, déclara-t-il d’une voix légèrement tremblante.
Hermione se plaqua la main sur la bouche. Ron et Neville avaient l’air impressionnés – négativement. Ginny demanda :
- Mais comment peux-tu en être aussi certain ?
- Je ne l’aurais pas cru si…
Harry ne termina pas sa phrase.
- Si tu n’avais pas eu mal à ta cicatrice, acheva Hermione pour lui, l’air atterrée.
Il acquiesça d’un signe de tête.
- Mais tu m’avais dit que ça ne t’arrivait plus depuis plus d’un an ! objecta Neville.
- Je ne t’ai pas menti, répondit Harry, c’est la première fois que ma cicatrice me fait mal depuis le soir où Sirius est mort… Dumbledore pensait que Voldemort utilisait la Légilimancie contre moi pour que je ne puisse plus entrer accidentellement dans son esprit.
- Peut-être que…, commença Hermione, hésitante.
- Peut-être que quoi ? demanda Ron.
- Peut-être que ta cicatrice t’a de nouveau fait mal parce que Voldemort a lui-même tué un sorcier qu’il jugeait comme très dangereux ?
- Si c’était possible, j’aurais sans doute ressenti quelque chose de pire que le Doloris le soir de la mort de Dumbledore, et ce, même si Voldemort ne l’a pas tué lui-même, dit Harry.
- Tu as sûrement raison… marmonna Hermione.
- Moi j’ai une autre théorie, déclara Ron, excité. Et si tes pouvoirs grandissaient, Harry ? Et si à cause de ça, Voldemort ne pouvait plus utiliser l’occlumancie contre toi comme l’année dernière ?
- Quoi ? fit Harry, très surpris par cette suggestion.
L’air songeur, Hermione fronçait les sourcils.
- Ce n’est pas si bête, Harry, finit-elle par dire. Peut-être que Voldemort n’est plus assez puissant pour t’empêcher complètement d’accéder à ses pensées, ça expliquerait que ta vision soit floue.
Harry les observa tour à tour : ils avaient l’air sérieux.
- Ecoutez, dit-il, je sais ce qu’on raconte sur moi, l’Elu, mais je ne suis pas assez puissant pour combattre Voldemort… En tout cas, pas encore. En plus, je n’y connais strictement rien en légilimancie. Si je me suis immiscé dans l’esprit de Voldemort, c’est par accident. Il n’y a rien contre quoi il ait besoin de lutter pour m’empêcher de voir ce qu’il fait. Il a plus « coupé le lien » qu’autre chose, et en aucun cas ce n’est une question de… pouvoir magique.
Il remarqua qu’ils attiraient les regards, tous les cinq. En effet, ils murmuraient désormais à voix si basse qu’ils devaient se pencher vers le milieu de la table pour se comprendre, et cela ne passait pas vraiment inaperçu. Harry fit un signe de tête aux quatre autres qui, comprenant que la discussion devait s’achever d’urgence, s’éloignèrent.
- A tout à l’heure.
A la fin du cours de DCFM, Abel les retint une fois encore.
- Il est temps de commencer les « leçons » dont je vous ai parlé, annonça-t-il. Je vous donne rendez-vous après dîner dans mon bureau. Si vous n’êtes pas là à vingt heures sans faute et que vous n’avez pas d’excuse valable, vous aurez une retenue.
Et sans rien ajouter, il leur dit sur un ton sec de rejoindre leur prochain cours.
- Qu’est-ce qui lui arrive ? s’étonna Ron sur le chemin de la salle commune. A quoi ça sert de nous menacer de nous donner une retenue alors qu’il sait très bien qu’on sera là ! On sait bien qu’on ne doit pas manquer ce cours…
- J’imagine qu’il pense que les choses pressent, répondit Harry avant Hermione, et il a sans doute raison.
Hermione referma la bouche.
- En plus, intervint Neville, on en aura vraiment besoin pour notre prochaine so… Aïe ! (Harry lui avait donné un coup de coude) Désolé… s’excusa-t-il en se massant les côtes et en baissant la voix. On en aura besoin pour notre prochaine sortie.
- Pourquoi est-ce qu’on se ferait attaquer à l’enterrement de Maugrey ? chuchota Ron.
Il avait été décidé la veille au soir que tous les membres de l’Ordre du Phénix se rendraient aux funérailles de l’ex-Auror, qui auraient lieu le samedi suivant au cimetière sorcier de Londumor.
- Les Mangemorts frappent n’importe où et n’importe quand maintenant, Ron, répliqua sa petite amie. Sinon, Pré-au-Lard ne serait pas surnommée la « Capitale des Ténèbres », aujourd’hui. A chaque fois que nous sommes allés dehors, nous avons été attaqués, alors je crois qu’il faut qu’on accélère le pas dans l’apprentissage des sortilèges de duel. Il faut aussi qu’on accélère le pas pour ce qui est des (elle acheva sa phrase dans un murmure à peine audible) Horcruxes…
Elle jeta un regard oblique à Harry.
- Il faut vraiment qu’on s’y mette, Harry, on y a pas beaucoup réfléchi, ces derniers temps – et pourtant nous avions prévu de le faire.
- Je le sais bien… répondit celui-ci.
Ils se retrouvèrent devant le portrait de la Grosse Dame. Ils déposèrent une partie de leurs affaires dans leurs dortoirs respectifs (garçons et fille), et prirent le chemin de la bibliothèque. Ils avaient encore deux rédactions pour le prochain cours de défense contre les forces du Mal.
- Il faut qu’on reprenne les recherches sur Hepzibah Smith, Ha…, commença Hermione.
- Smith ! s’exclama soudain Harry en faisant sursauter les trois autres.
Quel idiot ! Comment avait-il pu oublier un détail aussi important ?
- Je dois lui parler ! Au sujet d’Hepzibah Smith, vous vous souvenez ? chuchota-t-il.
- C’est vrai ! se rappela Hermione en se tapant le front. J’avais oublié !
- Je ne suis pas sûr que Smith accepte de parler aux « perdants », bougonna Ron sur un ton méprisant.
- Oh si, il acceptera, assura Harry, moins pour les autres que pour lui-même.
- Qu’est-ce qui te fait dire ça ? s’étonna Ron en haussant les sourcils.
- Il me l’a promis…
Laissant ses amis dans l’incompréhension la plus totale, il courut le plus vite possible et franchit en en temps record les couloirs et escaliers qui le séparaient de la bibliothèque. Il avait de la chance : un jeune homme blond à l’air antipathique allait y entrer.
- Smith ! appela Harry, hors d’haleine.
Zacharias Smith se retourna et le regarda d’un œil surpris.
- Qu’est-ce qu’il y a ?
- Tu avais dit que tu voulais me rendre un service, c’est le moment, répondit Harry (il voulait être direct). J’ai besoin d’informations sur une certaine Hepzibah Smith – si comme je le pense, elle était de ta famille.
Harry s’attendait certes à voir un Smith surpris – voire méfiant – mais sûrement pas effrayé.
- Pourquoi tu me demandes ça ? interrogea-t-il d’un ton brusque.
- Et bien…, hésita Harry, qui se sentait maintenant lui aussi gêné, cette femme – Hepzibah Smith – était en possession d’un objet et… euh… enfin, bref, je dois retrouver cet objet.
- Et bien moi je te conseille de ne jamais le retrouver, répondit Smith, énervé, et de ne plus jamais me parler de ça !
Sans plus d’explication, il s’apprêta à franchir le seuil de la bibliothèque mais Harry le retint par la manche de sa robe.
- Qu’est-ce que ça veut dire ? questionna-t-il, intrigué. Pourquoi est-ce que tu es sur la défensive ?
- Ecoute, Potter, je veux bien te rendre un service, mais si tu me harcèles avec cette histoire, tu le paieras très cher !
Il se dégagea d’un geste nerveux et entra dans la bibliothèque en claquant la porte, ce qui lui valut, d’après ce que Harry entendit, les remontrances de Mrs Pince.
Quelques secondes plus tard, Ron, Hermione et Neville arrivèrent. Il leur fallut une bonne minute pour reprendre leur souffle. Pour le résultat qu’il avait obtenu, Harry se demandait s’il avait vraiment valu la peine de mettre ses amis dans cet état.
- Pourquoi tu t’es enfui comme ça ? lança Ron avec un regard de reproche. Mes jambes ne s’en remettront jamais !
- Je suis certaine qu’elles s’en remettront très bien, répliqua Hermione en levant les yeux au ciel. Mieux que les miennes, en tout cas.
J´espère que beaucoup de coms arriveront pendant que je serai chez ma grand-mère
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